2010*50Years of Traineeships at the European Commission*

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*Creation since 2006. From Paris, France. Fondatrice du HUB UE, Morgane BRAVO* "United in diversity", that's the motto of the EU! *Mieux informer les citoyens UE! « So that Europe, as a global player, is not far from Europeans » * *Ancienne stagiaire ("Blue Book") de la Commission Européenne, au Secrétariat Général. Bruxelles* Présidente et Fondatrice du «Think Tank» Europe-Mexique.

*LES PRINCIPALES INSTITUTIONS DE L'UNION EUROPÉENNE*

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Thursday, February 28, 2008

***La force symbolique de l'euro***


***Sur les 27 Etats membres de l'UE, 15 appartiennent à la zone euro. Alors que parmi les "anciens" Etats membres, la Grande-Bretagne, le Danemark et la Suède n'en font toujours pas partie, les nouveaux membres est-européens en particulier n'attendent qu'une chose: intégrer dès que possible l'union monétaire.

Depuis le 1er janvier 2002, l'euro est la nouvelle monnaie en circulation, il est devenu en l'espace de six ans la monnaie la plus importante à côté du dollar dans le système monétaire international. L'euro a donc fait ses preuves – économiquement parlant. Mais qu'en est-il de l'avis des usagers qui le manient quotidiennement ?

L'Italie et la France continuent à étiqueter chaque produit non seulement en euros, mais aussi en francs ou en lires, un indice du fait que l'euro n'est pas pleinement entré dans les esprits. Mais en même temps les citoyens européens profitent de la monnaie commune qui facilite les voyages à travers l'Europe : les opérations de change et les calculs en monnaies étrangères sont devenus superflus.

"L'euro est certes un beau succès technique qui facilite les échanges et le sentiment d'appartenance à un espace commun", résume l'éditorialiste Pierre Haski à l'issue de cinq ans de monnaie européenne commune dans Libération du 28 décembre 2006, "mais il n'a pas eu cet effet de levier sur l'intégration que lui attribuaient ses pères fondateurs." Alors que l'euro a atteint au succès économique après les faiblesses des premiers temps, la confiance des Européens ne s'est pas renforcée, bien au contraire, à en croire les sondages et eurobaromètres de 2006. Cette tendance pourrait cependant se renverser, vu l'amélioration de la situation économique et l'émergence d'un euro fort.

La cherté, fait réel ou phénomène subjectif ?

Dès le début, le lancement de l'euro s'est accompagné dans tous les pays concernés d'une peur de l'inflation. Les citoyens ont du dire adieu à leur monnaie habituelle. La hausse des prix, qui aurait sans doute eu lieu si les monnaies nationales avaient été maintenues, paraît soudain supérieure à la normale. Un peu partout les surnoms foisonnent : les Allemands font de l'euro le "teuro", pour les Français, l'euro est "chéro". Lorsque Chypre et Malte adoptent l'euro, les mêmes craintes viennent s'ajouter à l'enthousiasme d'appartenir enfin au club si convoité : peur de la montée des prix, de l'inflation et des investisseurs étrangers.

Le quotidien chypriote Cyprus Mail commentait le 5 janvier 2008 les premières expériences face à l'euro: "Inévitablement, alors que les gens commencent à utiliser l'euro, on entend des histoires d'escroqueries par des individus peu scrupuleux…Il s'agit cependant d'incidents isolés. De plus, l'accès à un grand marché européen est susceptible de permettre une baisse des prix." Pour sa part, le quotidien anglophone Malta Independent plaidait pour un abandon délibéré des vieilles habitudes : "Plus vite nous apprendrons à estimer la valeur de l'euro et à 'oublier' la lire, plus vite nous nous habituerons à la nouvelle monnaie."

Les sceptiques de l'euro

Même parmi les "anciens" Etats membres de l'UE, la peur que leur propre économie ne devienne trop dépendante du bien-être et des décisions d'autrui a incité certains pays à refuser l'euro. Le Danemark et la Grande-Bretagne ont exigé de l'UE qu'un "opting out" leur soit garanti contractuellement : jusqu'à ce jour, ces deux Etats membres ont fait usage de leur droit de ne pas intégrer la zone euro. La Suède également s'est prononcée à 56,1 % des voix pour le maintien de la couronne suédoise lors du référendum de septembre 2003. Au Danemark, cependant, le front des eurosceptiques s'est vu quelque peu ébranlé ces derniers temps : le premier ministre Anders Fogh Rasmussen a annoncé en novembre 2007 un référendum sur l'euro, ce qui a incité les Suédois à rouvrir le débat.

En Grande-Bretagne, le pays du libéralisme économique, le scepticisme vis-à-vis de l'UE et de l'euro demeure toujours aussi virulent. La classe politique britannique mais aussi les milieux d'affaires ont exprimé tout haut, au moment du débat sur l'adoption de l'euro, leur crainte de voir la stabilité du cours de la livre britannique mise en danger par un euro souffreteux. Entre temps l'économie européenne s'est consolidée, le cours de l'euro connaît une hausse constante, tandis que l'économie britannique s'est vue acculée à un sérieux coup de frein devant la quasi faillite de la Northern Rock britannique à la suite de la crise des banques de crédit. Le quotidien libéral The Independent formulait le 2 janvier 2008 ses inquiétudes en ces termes : "La zone euro s'élargira de plus en plus dans les années à venir. Et ce faisant, elle deviendra plus forte. La décision de notre gouvernement, avec ceux du Danemark et de la Suède, de rester en dehors paraît d'autant plus étrange. Les régulateurs de la monnaie commune semblent avoir mieux fait leur boulot que nos propres administrations financières."

Les Européens de l'Est seraient-ils indésirables ?

Cela paraît absurde : d'une part certains Etats membres de l'UE se refusent à participer à l'union monétaire et d'autre part, parmi les nouveaux Etats membres de l'Europe de l'Est et de la "Mitteleuropa", certains veulent absolument rejoindre la zone euro. La Slovénie est le premier pays ex-communiste à avoir intégré l'union monétaire le 1er janvier 2007. Mary Dejevsky commentait l'évènement dans l'Independent : "Personne ne regrette l'ancienne monnaie nationale mise au rancard. Pour les Slovènes, l'euro découlait de l'adhésion à l'UE. La monnaie européenne, tout comme le drapeau, est le symbole par excellence de l'identité européenne."

Parmi les nouveaux Etats membres de l'Europe de l'Est et de la Mitteleuropa, ce sont les petits pays pleins de dynamisme tels l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie qui prennent les devants : ils ont déjà lié leur monnaie nationale au cours de change de l'euro, alors que dans les plus grands pays économiques, tels la Pologne, la Hongrie ou la Tchéquie, l'introduction de l'euro est repoussée à un avenir plus lointain en raison de leur situation économique ou du niveau élevé de la dette publique.

La Lituanie et la Slovaquie cependant se sont vu refuser par la Banque centrale européenne la date d'adhésion avisée, à savoir entre le 1er janvier 2007 et le 1er janvier 2009. La Lituanie a manqué – de 0,1 pour cent seulement – le critère de convergence en matière d'inflation. La Slovaquie pourrait, selon la Banque centrale européenne (BCE), ne pas pouvoir continuer à baisser "durablement" son taux d'inflation. Cette décision de la BCE a déclenché un tollé de critiques, non seulement dans les pays concernés. Jan Machacek concluait dans le quotidien tchèque Hospodarské Noviny du 29 juin 2007 : "C'est un signal clair : pour le moment, les pays de l'Est ne sont pas les bienvenus dans le club très fermé de l'euro."

Deux poids, deux mesures

Tout pays ayant fait la demande d'entrée dans la zone euro doit présenter une économie stable qui réponde aux critères de convergence définis par le traité de Maastricht, telle est la règle. En novembre 2004, il s'avéra cependant que la Grèce, Etat membre de la zone euro, n'avait jamais rempli lesdits critères de convergence. Les économistes Willem Buiter et Anne Sibert attirèrent l'attention dans le Financial Times du 4 mai 2006 sur la double morale des "anciens" Etats membres qui, "s'ils n'étaient pas déjà membres de la zone euro, ne pourraient pas la rejoindre aujourd'hui étant donné que les critères en matière budgétaire ne sont pas respectés." Aussi Willem Buiter et Anne Sibert plaident-ils pour un assouplissement des critères en matière d'inflation.

Alors que l'UE soumet les candidats à l'euro à une procédure de candidature serrée, certains des Etats non-membres de l'UE ont opté unilatéralement pour l'euro, dont le Monténégro, qui s'est attiré les remontrances du Conseil des ministres de l'UE et pourrait bien par là mettre en danger sa candidature européenne. Dans la Neue Zürcher Zeitung du 18 octobre 2007 Martin Woker s'interrogeait non sans provocation sur les alternatives des Monténégrins : "Inventer une monnaie ? Trop cher... Seule une adoption de la monnaie en circulation au Kosovo serait envisageable. À Pristina, les distributeurs automatiques du Kosovo sont passés depuis longtemps à l'heure de l'Europe et crachent ce que toute la région des Balkans attend : des euros."

Polémique sur la symbolique de l'euro

Ainsi l'euro a-t-il conquis une grande partie de l'Europe, voire dépassé ses frontières. Mais un billet n'est pas un billet, une pièce en euro n'est pas une pièce en euro. Les euros présentent côté face les douze étoiles européennes, l'inscription euro et une carte de l'Europe, côté pile, selon les pays, des symboles nationaux variés, emblèmes, personnalités politiques, portraits d'artistes ou édifices. L'euro offre ainsi une surface de projection aux ambitions tant nationales qu'européennes, ce qui prend parfois une tournure assez absurde.

Michael Moravec faisait part de sa stupéfaction dans le Standard autrichien du 27 septembre 2007 face à la proposition de la Commission européenne en faveur d'une nouvelle pièce en euro qui représenterait le continent européen tout entier et tiendrait compte des récentes adhésions : "La Turquie a été effacée et Chypre a été déplacée d'une centaine de kilomètres vers l'Ouest, à proximité de la Crète, pour pouvoir figurer sur la carte."

La Bulgarie est le premier pays utilisant l'alphabet cyrillique à être entré dans l'UE, le 1er janvier 2007. Avant même d'accéder au statut de membre de la zone euro, elle a d'ailleurs exigé que l'inscription euro figure sur les billets en caractères cyrilliques. Le quotidien bulgare Klassa clamait son épouvante en ces termes le 18 octobre 2007 : "Nous sommes témoins de la bataille la plus insensée que la politique bulgare ait jamais gagnée. Ewro ou euro, y a-t-il une différence ? Non."

Sabine Seifert
Eurotopics
19.02.2008

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