vendredi, janvier 15, 2010

*Réseaux sociaux : une charte pour encadrer les dérives sur internet*


Les signataires de la charte

***Les réseaux sociaux explosent, les dérapages numériques aussi. Pour sensibiliser les candidats à la nécessité de maîtriser leur image sur le net et les recruteurs aux règles éthiques du sourcing on line, l’association A Compétence Egale mobilise les grands acteurs de l’entreprise et du recrutement qui viennent de signer une charte de bonne utilisation des réseaux et d’internet.

Ils sont venus, ils sont tous là… De Syntec Recrutement à l’ANDRH, de l’Apec à Prisme, du Medef au CJD, de l’IMS à Etique et Recrutement… sans oublier le seul réseau, Viadeo. Une brochette impressionnante d’acteurs du recrutement (voir encadré) ont posé leur signature en bas de la charte réseaux sociaux, internet, vie privée et recrutement lancée par l’association A compétence Egale (voir encadré). Cette initiative avait été annoncée le 12 novembre dernier, au cours de la journée sur le droit à l’oubli numérique initiée par Nathalie Kosciusco-Morizet, secrétaire d'Etat chargée de la Prospection et du Développement de l'économie numérique (voir notre article).

Pour le meilleur et pour le pire d'internet

A l’heure où tout cadre qui se respecte doit avoir un profil sur Facebook, un autre sur Viadeo, blogguer éventuellement, twitter assurément, l’identité numérique prend une importance considérable. Avec ses avantages (communication sur son expertise, mise en liens professionnels, infos sur les opportunités) et les inconvénients (mélange des genres pro-perso, dérapages verbaux…). Et tout ça se paye, dans un sens comme dans un autre. Des cadres témoignent tous les jours sur le fait d’avoir été repéré par un recruteur, ou d’être tombé sur la bonne opportunité grâce à leurs réseaux sociaux. Et des recruteurs racontent comment ils ont renoncé à embaucher des candidats, au vu de certaines facettes de leur image numérique (35% des recruteurs, selon une étude américaine).

Les compétences, toujours les compétences

Il était temps à la fois de sensibiliser les candidats à leur façon de communiquer sur le web et les recruteurs dans leurs pratiques de recrutement. La sélection d’un profil pour un poste donné ne devant reposer que sur les compétences et les qualifications et ne pas tenir compte des images de la dernière fête arrosée du candidat en question. La charte invite ainsi les recruteurs à limiter le recours aux réseaux personnels de type Facebook ou Copains d’avant et de privilégier l’utilisation des réseaux pro type Viadeo ou Linkedin, de ne pas utiliser les moteurs de recherche ou les réseaux sociaux comme outils d’enquête pour s’informer sur les candidats et de sensibiliser tous les acteurs du recrutement en entreprise ou en cabinet. "Même en période de crise, les cabinets de recrutements mènent des démarches pro-actives pour chercher des talents et il leur est difficile aujourd'hui de ne pas utiliser ce sourcing complémentaire que constituent les réseaux sociaux, explique Alain Gavand, président de A Compétence Egale. Or les risques de dérapages sont nombreux car il est facile d'avoir accès à des données sur l'apparence d'un candidat, ses origines, sa vie familiale ou ses moeurs, informations qui ne doivent pas être prises en compte dans le cadre d'un recrutement."

Parler de son employeur : un exercice délicat

La charte se veut également pédagogique pour les utilisateurs en les informant de la nécessité à veiller sur la nature des informations qu’ils diffusent et au choix des personnes qui pourront y avoir accès. "Des précautions qui portent tant sur la vie privée que la confidentialité à respecter concernant son employeur, actuel ou à venir, précise Maryvonne Labeille, présidente de Syntec Recrutement. Nous venons par exemple d'embaucher un candidat et il n'était pas encore arrivé dans l'entreprise qu'il annonçait déjà sur internet sa satisfaction d'avoir été recruté. Sauf que nous n'avions pas encore diffusé l'information en interne."

Segmenter ses identités et cloisonner les informations

Pour l'Apec également, cette démarche s'inscrit naturellement dans sa mission de conseils aux cadres. "Accompagner les cadres dans leur vie professionnelle, c'est également les conseiller sur le bon usage des réseaux et les frontières à respecter entre la vie privée et la vie publique", explique Jean-Pascal Szelerski, directeur de apec.fr. Viadeo, réseau social professionnel, a toujours milité pour la séparation des genres. "Internet se segmente et il est important de segmenter également ses identités et d'utiliser les réseaux pour ce qu'ils sont, explique Olivier Fecherolle, directeur général France de Viadeo. Sur Facebook, je gère ma communauté d'amis; sur Viadeo, mon identité correspond à ma carte de visite professionnelle. Il est important de cloisonner et de maîtiser les informations que l'on diffuse sur le web."

Le droit de se contredire et de s'en aller

Les utilisateurs sont également incité à vérifier la possibilité de supprimer un jour ces données pour faire valoir leur droit à l’oubli numérique, c’est-à-dire « le droit de se contredire et le droit de s’en aller », selon les termes d’Alex Türk, président de la Cnil (Commission nationale informatique et libertés). En février, une vidéo expliquant aux utilisateurs comment mieux gérer son identité numérique sera largement diffusée par les adhérents de la charte et devrait toucher quelques millions d'internautes. Et un kit pratique d'application des articles de la charte sera mis à la disposition des recruteurs et des employeurs. Dans trois mois, un bilan consignera les premiers effets de cette initiative et permettra de faire évoluer la charte si nécessaire. Et au printemps devrait fleurir dans le calendrier parlementaire la proposition de loi visant à mieux garantir le droit à la vie privée à l'heure du numérique, proposé par le sénateur Yves Détraigne.

En attendant, tous les acteurs du recrutement peuvent apposer leur signature sur le texte, en ligne évidemment.

http://www.courriercadres.com/content/réseaux-sociaux-une-charte-pour-encadrer-les-dérives-sur-internet

15 janvier 2010

Courrier Cadres

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire