mercredi, février 02, 2011

*Moubarak sur le départ...*

Plus d'un million d'Egyptiens ont manifesté mardi au Caire contre leur président. Hosni Moubarak renonce toujours à partir, mais il a annoncé ne pas vouloir se représenter en septembre. Pour la presse, c'est le début d'un grand changement sur le Nil. 

Der Standard - Autriche
Le début de la fin
Avec l'annonce par Hosni Mubarak de ne pas se représenter aux élections présidentielles, commence le lent retrait d'un président âgé de 82 ans, estime le quotidien de centre-gauche Der Standard : "Le plus triste dans la déclaration par Hosni Mubarak de renoncer à une nouvelle candidature dans l'habituel plébiscite présidentiel en septembre, c'est qu'elle confirme quasiment que cela était encore - du moins sur le plan théorique - réellement envisageable. … Il faut pourtant comprendre cette annonce telle qu'elle est : un retrait. Les années de transition prévues sous le contrôle du régime se sont déjà transformées en mois de transition, et cette période ne cessera de diminuer. L'armée égyptienne et le gouvernement américain font manifestement office de porte-voix coordonné et insonorisé, directement de la place Tahrir vers le palais présidentiel - et c'est bien la nouveauté la plus surprenante pour une révolution proche-orientale. On ne peut qu'espérer désormais que personne ne craque, et que personne ne réagisse mal, au mauvais endroit et au mauvais moment." (02.02.2011)
El País - Espagne
L'UE doit soutenir la démocratisation
Après l'annonce par Moubarak de renoncer à se présenter aux prochaines élections, l'Egypte est à la veille d'un grand changement, estime le quotidien de centre-gauche El País, qui demande à l'UE de persister dans sa demande de démocratisation du pays : "Le grand bouleversement politique que connaît le monde arabe impose de choisir son camp : soit la soif de liberté des sociétés opprimées, soit le système d'intérêts internes et internationaux qui a maintenu les tyrans au pouvoir. Jusqu'à présent, les autocrates arabes qui jugent leur propre sort lié à celui du président égyptien se sont prononcés en faveur de Moubarak. De même que le gouvernement israélien de Benyamin Nétanyahou et du président Simon Peres, régis par une interprétation limitée, obtuse et assurément erronée des intérêts d'Israël. … L'Europe a mis trop de temps pour adopter cette position [la demande d'élections libres]. Maintenant qu'elle s'y est résolue, ce serait une grave erreur de ne pas s'y tenir." (02.02.2011)
De Tijd - Belgique
Un tournant en Egypte
L'annonce du départ en septembre du président égyptien Hosni Moubarak marque le début d'une difficile période de transition, estime le journal économique De Tijd : "En Egypte et dans plusieurs autres pays, on est de plus en plus conscients que le temps des vieux autocrates est révolu. Que le peuple ne doit plus endurer davantage les régimes répressifs. … Les Tunisiens ont déjà montré que personne n'est intangible. Les Egyptiens montrent désormais qu'une épreuve de force avec l'appareil étatique n'est pas perdue d'avance. … Même si le président Moubarak disparaît rapidement de la scène, la révolution n'est pas terminée. … C'est alors que commence la phase la plus critique, car la transition devra être organisée en direction plus démocratique. Moubarak a fait en sorte qu'une transition soit difficile, en réprimant obstinément ou en interdisant toute forme d'opposition. … L'Egypte est à un tournant. Comme par le passé, les répercussions ne se limiteront pas au pays sur les bords du Nil." (02.02.2011)
Nasz Dziennik - Pologne
L'adversaire de l'islamisme s'en va
L'annonce du retrait de Hosni Moubarak en tant que président égyptien est dangereuse, car il s'agit là d'un homme politique pro-occidental qui a tenu tête aux islamistes intégristes, critique le quotidien national-catholique Nasz Dziennik : "Ce régime est assurément antidémocratique. Mais il n'y a pas de régime démocratique parmi les pays arabes. Et il n'y en a jamais eu ! Moubarak est en revanche le politique le plus pro-occidental de tout le monde arabe. De par sa situation charnière entre l'Afrique et l'Asie, sa population de près de 80 millions d'habitants, le Canal de Suez et un gros potentiel militaire et économique, l'Egypte joue un rôle géopolitique majeur. Des révolutions islamiques ont lieu régulièrement en Egypte. Il y a 100 ans déjà, [l'écrivain polonais] Henryk Sienkiewicz en décrivait déjà une dans son livre Dans le desert et la forêt." (02.02.2011)
» article intégral (lien externe, polonais)


Eurotopics 


Bien à vous,
Morgane BRAVO

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