samedi, mars 12, 2011

*Événements en Libye: un aperçu de la réaction de l'UE...*

Alors que les combats se poursuivent en Libye, l'Union européenne a imposé des sanctions contre les dirigeants libyens, sanctions qu'elle étendra cette semaine.
Dans un esprit de solidarité, les États membres coordonnent le rapatriement de leurs ressortissants et mènent une opération commune de contrôle des frontières en Italie. Une aide humanitaire est acheminée dans la région.
Le 11 mars, les dirigeants de l'UE se réuniront pour examiner la réaction de l'Union aux événements en Libye et dans l'ensemble de la région.

La Libye au premier plan des préoccupations
L'UE condamne fermement le recours à la force et les violences perpétrées contre la population civile, et déplore les mesures de répression qui ont frappé des manifestants pacifiques et ont causé la mort de très nombreux civils. Sous la présidence hongroise du Conseil, les ministres de l'intérieur, de l'énergie et de la défense de l'UE se sont déjà réunis pour évaluer la situation.
Le président du Conseil européen a convoqué une réunion extraordinaire des dirigeants de l'UE à Bruxelles le 11 mars pour examiner les lignes stratégiques de la réaction de l'Union aux événements qui se déroulent en Libye et en Afrique du Nord.
Les discussions seront menées sur la base d'un document d'orientation proposant un nouveau partenariat pour la démocratie et une prospérité partagée avec le sud de la Méditerranée, présenté par le Service européen pour l'action extérieure et la Commission le 8 mars.
Les ministres des affaires étrangères de l'UE se réunissent à Bruxelles ce 10 mars, afin de procéder à un échange de vues avant la réunion du Conseil européen.
La Haute Représentante de l'UE, Mme Catherine Ashton, a mis sur pied un groupe spécial réunissant des experts du Service européen pour l'action extérieure et de la Commission en vue d'adapter les instruments existants de l'UE pour aider l'Afrique du Nord. L'objectif est de mettre en place un vaste ensemble de mesures correspondant aux besoins spécifiques de chaque pays. Une mission technique d'information s'est rendue en Libye pour évaluer la situation sur le terrain.

Embargo sur les armes et autres sanctions
Le 10 mars, l'UE devrait imposer des sanctions supplémentaires à la Libye, y compris aux principales institutions financières du pays.
Un embargo sur les armes a déjà été imposé le 28 février, conformément à la résolution adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies, interdisant le commerce avec ce pays d'équipements susceptibles d'être utilisés à des fins de répression interne. Cette décision a été prise au sein du Conseil avec une rapidité sans précédent.
L'UE a également imposé une interdiction de visa et un gel des avoirs concernant Mouammar Kadhafi et d'autres responsables de la répression violente exercée contre la population civile. Les sanctions adoptées par l'UE mettent en œuvre les mesures préconisées par les Nations unies tout en allant plus loin.
Les négociations relatives à un accord‑cadre entre l'UE et la Libye et les contrats de coopération en cours avec ce pays sont suspendus depuis le 22 février.

Accélération du rapatriement des ressortissants de l'UE
L'UE met en commun ses ressources pour évacuer ses citoyens de Libye. Les missions diplomatiques des États membres de l'UE à Tripoli travaillent jour et nuit pour rapatrier leurs ressortissants, en coordination avec l'ambassade de Hongrie, qui représente l'Union sur place. Depuis le 23 février, dans le cadre du mécanisme de protection civile, le Centre de suivi et d'information aide à recenser et à mettre à disposition les moyens nécessaires pour les opérations d'évacuation, y compris par voie maritime.
Les opérations d'évacuation menées actuellement se concentrent prioritairement sur Tripoli, Benghazi et la région de Jalu / Nafura. Le Centre de suivi et d'information prépare actuellement des plans d'urgence pour l'évacuation par voie maritime de ressortissants de l'UE depuis la région de Tripoli au cas où l'évacuation par voie aérienne deviendrait impossible.
La cellule de planification des mouvements de l'État-major de l'UE se concerte avec les États membres et le Centre de suivi et d'information pour faciliter la coordination des moyens militaires en vue des opérations d'évacuation ou à des fins humanitaires. Le Centre de situation de l'Union européenne suit la situation et soutient l'action des États membres. Le système consulaire en ligne de l'Union contribue à l'échange d'informations entre les États membres. Le Centre satellitaire de l'UE fournit l'imagerie à l'appui des opérations d'évacuation.

Opération de contrôle des frontières
En Méditerranée centrale, l'Italie et Frontex, l'agence de l'UE chargée du contrôle des frontières, mènent l'opération commune "Hermès 2011". Lancée le 20 février à la suite d'une demande officielle présentée par le gouvernement italien, cette opération a pour objectif d'aider l'Italie à faire face aux flux migratoires réels et potentiels en provenance d'Afrique du Nord. De nombreux États membres de l'UE fournissent des moyens techniques (équipements navals et aériens, notamment) et du personnel spécialisé.
Frontex et Europol ont en outre entamé une analyse des risques pour la région, afin qu'il soit possible de mieux répondre à l'évolution de la situation sur le terrain.

Aide humanitaire
La situation humanitaire en Libye demeure dans une large mesure mal connue, l'accès au pays étant très limité et la présence d'organisations humanitaires restant faible. Des experts de la Commission européenne ont été déployés dans l'est de la Libye, où ils procèdent actuellement à une première évaluation des besoins humanitaires.
Mme Enikő Győri, Secrétaire d'État au ministère hongrois des affaires étrangères, et Mme Kristalina Georgieva, commissaire européenne chargée de la coopération internationale, de l'aide humanitaire et de la réaction aux crises, se sont rendues les 2 et 3 mars à la frontière entre la Tunisie et la Libye afin de recueillir directement des informations.
La Commission a affecté une somme de 30 millions d'euros pour répondre aux besoins humanitaires en Libye et dans les pays voisins. Dans un premier temps, une aide médicale et alimentaire, des abris et autres biens de première nécessité sont fournis aux réfugiés qui arrivent en Tunisie ou en Égypte. Dès que la situation sera suffisamment sûre en Libye, une aide sera également apportée à l'intérieur du pays.
Il y a deux semaines, deux équipes d'experts de l'ECHO (aide humanitaire et protection civile de l'UE) ont été déployées aux frontières séparant la Libye de la Tunisie et de l'Égypte afin d'analyser la crise humanitaire.
À la suite de l'appel conjoint lancé par M. António Guterres, Haut‑Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, et l'Organisation internationale pour les migrations en vue d'un programme d'évacuation humanitaire massive de dizaines de milliers d'Égyptiens et d'autres ressortissants de pays tiers aux frontières avec la Tunisie et l'Égypte, la Commission européenne a déjà annoncé qu'elle réservait à ces deux organisations une partie importante de son aide financière.

Commission Européenne

Bien à vous,
Morgane BRAVO

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire