mercredi, juin 01, 2011

*La contamination à la bactérie E.coli : est un problème européen*


Lors de la réunion informelle du Conseil « Agriculture » qui s’est tenue le 31 mai 2011 à Debrecen, dans l’Est de la Hongrie, les ministres de l’agriculture de l’Union européenne ont estimé que la contamination à la bactérie E.coli survenue en Allemagne constituait un problème européen. La présidence hongroise a proposé d’organiser, le cas échéant, une réunion extraordinaire du Conseil sur la crise du concombre.

L’Allemagne avait demandé à la présidence hongroise, qui avait accédé à cette demande, d’inscrire à l’ordre du jour la question de la crise du concombre contaminé à la bactérie E.coli, le temps consacré au débat à l’ordre du jour ayant ainsi été raccourci.
A l’occasion de la conférence de presse consécutive à la réunion du Conseil, Sándor Fazekas, ministre du développement rural, a rappelé que certains Etats membres auraient souhaité une décision immédiate. M. Fazekas a souligné qu’en raison du caractère informel de la réunion de Debrecen, le Conseil n’était pas en mesure de prendre des décisions. « Ce n’est qu’à la suite des résultats des analyses que nous pourrons prendre des mesures efficaces », a affirmé le ministre du développement rural. « Il est important d’identifier sans qu’il subsiste le moindre doute l’origine de la contamination. Le Conseil attache une importance à une information correcte de la population, et ce dans l’intérêt des consommateurs et des producteurs de légumes. Nous attendons les résultats des analyses, la présidence hongroise étant disposée à convoquer un Conseil extraordinaire », a affirmé M. Fazekas.
Le ministre a qualifié le problème du concombre contaminé à la bactérie E.coli de « scandale alimentaire regrettable », en relevant comme un point positif que « le système d’alerte rapide européen avait bien fonctionné » ; il a cependant ajouté que ce dernier devait encore être perfectionné.
M. Fazekas a fait savoir que l’ensemble des Etats membres qui étaient intervenu avaient exprimé leur sympathie envers les familles des victimes.
Lors de la conférence de presse, Dacian Cioloş, commissaire en charge de l’agriculture, a évoqué une « crise de confiance des consommateurs » et une « crise du secteur des légumes ». Il a annoncé que John Dalli, commissaire en charge de la santé et de la protection des consommateurs, informerait le public au plus tard le 1er juin dans la matinée. « Nous souhaitons rétablir la confiance des consommateurs car une crise de confiance risque d’avoir des conséquences économiques importantes », a déclaré Cioloş.
Lors de la conférence de presse, le commissaire en charge de l’agriculture a souligné que la marge de manœuvre de la Commission était réduite en la matière. « Il existe certaines possibilités mais la nature exacte de ces possibilités dépend de l’interprétation juridique que l’on en fait », a-t-il déclaré, en ajoutant que la Commission procéderait à cette interprétation dans les prochains jours.
« Il ne faut pas accuser certains Etats membres de cette contamination. De nombreux producteurs respectent les normes, qui sont sévères, et ils risquent de se trouver sans raison dans une situation très grave », a souligné Cioloş, qui a plaidé pour des mesures « proportionnelles » de la part des Etats membres. M. Fazekas a déclaré à ce propos que l’opinion que se forgeaient certains Etats membres du comportement d’autres Etats membres ne relevait pas de la compétence du Conseil.
Avant la réunion, à l’occasion d’une conférence de presse improvisée, la ministre espagnole de l’agriculture, Rosa Aguilar, a exprimé son mécontentement face au comportement de l’Allemagne, qui avait informé l’opinion publique allemande avant de transmettre l’information au gouvernement espagnol. Berlin a selon elle évoqué l’origine espagnole de la contamination sans disposer de preuves, ce qui a, d’après Mme Aguilar, causé des dommages importants aux producteurs de légumes espagnols car les consommateurs n’achètent plus de légumes.
Lors de la conférence de presse consécutive à la réunion du Conseil, Robert Josef Kloos, secrétaire d’Etat allemand en charge de l’agriculture, a affirmé que l’Allemagne n’avait pas, dans ses communications officielles, désigné l’Espagne comme étant à l’origine de la contamination. Il n’a pas exclu la possibilité que la contamination soit survenue pendant la production voire plus tard, lors du transport.

Bien à vous,
Morgane BRAVO

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