lundi, octobre 10, 2011

*Déclaration commune de M. Angel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE, et de M. Juan Somavia, Directeur général de l’OIT, à l’occasion de la Ministérielle du G20 sur l’emploi...*



Alors que les ministres du Travail et de l’Emploi du G20 se réunissent, nous, Responsables de l’Organisation de coopération et de développement économiques et de l’Organisation internationale du travail, souhaitons exprimer notre inquiétude quant à la gravité de la crise de l’emploi.
Dans le monde entier, 200 millions de personnes sont actuellement sans emploi, ce qui est proche du niveau record enregistré au plus fort de la Grande récession. Aujourd’hui, la crise de l’emploi frappe plus durement les catégories de population les plus vulnérables, dans un contexte marqué par la progression du chômage de longue durée, l’augmentation du chômage des jeunes et la montée en puissance de l’emploi informel, déjà élevé. Il s’agit du visage humain de la crise et les pouvoirs publics ne peuvent rester sans réagir.

Nous saluons la Présidence française du G20 pour avoir placé l’emploi et la protection sociale au centre du débat mondial sur l’action publique. Nous réaffirmons que la création d’emplois de qualité doit plus que jamais être une priorité. La Ministérielle du G20 sur le travail et l’emploi offre une occasion unique aux pays du G20 de montrer la voie à suivre et d’affirmer leur volonté de tout faire pour résoudre la crise de l’emploi. Les recommandations des ministres du Travail joueront ensuite un rôle clé dans les conclusions du Sommet du G20 à Cannes.

La croissance économique s’essouffle dans les pays avancés du G20 et elle ralentit dans la plupart des pays émergents. La création d’emplois est très faible dans nombre de pays et insuffisante pour absorber le volume des personnes au chômage et sous-employées. Il manque encore 20 millions d’emplois dans les pays du G20 pour rétablir le taux d’emploi d’avant la crise et ce déficit d’emplois pourrait même atteindre 40 millions d’ici à la fin de l’année 2012 si la faible croissance de l’emploi (0.8 %) devait se maintenir l’année prochaine.

Pour renouer, d’ici à 2015, avec les niveaux enregistrés avant la crise, l’emploi doit progresser d’au moins 1.3 % par an. Une telle croissance permettrait de générer 21 millions d’emplois supplémentaires environ chaque année, tout en rétablissant les emplois perdus depuis 2008 et en absorbant l’augmentation de la population en âge de travailler.

Comme nous l’indiquons dans les documents de référence communs préparés pour cette Réunion ministérielle, tous les pays du G20 sont confrontés à des défis considérables en matière d’emploi.

Toutefois, la diversité des situations nationales implique des mesures différentes. Dans les pays où les perspectives de croissance restent solides, l’enjeu consiste à favoriser des emplois de qualité et à réduire l’emploi informel. Lorsque les ressources budgétaires le permettent, il faut accorder la priorité à l’investissement, notamment dans les infrastructures. En revanche, dans les pays où les ressources publiques sont limitées, l’accent doit être mis sur les mesures offrant un bon rapport coût-efficacité – comme des subventions à l’embauche bien conçues  – et ciblées sur les catégories de population les plus vulnérables. Il convient de cibler plus particulièrement les jeunes au moyen de programmes d’apprentissage et d’aide à la recherche d’emploi, afin d’éviter qu’ils ne glissent vers le chômage de longue durée et qu’ils ne perdent tout contact avec le marché du travail. Les aides au revenu destinées aux chômeurs doivent être maintenues, voire renforcées, lorsque l’aide sociale est relativement limitée. Mais il est essentiel qu’elles soient conjuguées à des mesures de retour à l’emploi afin de faciliter une réinsertion rapide.

Notre rapport montre également le rôle déterminant joué au cours de la crise par la protection sociale dans certains pays, en offrant un filet de sécurité aux populations pauvres et vulnérables. Au-delà de la crise, les dispositifs nationaux de protection sociale minimale ont montré à quel point ils sont utiles pour réduire la pauvreté et les inégalités, ainsi que pour encourager une croissance économique durable et solidaire.
L’OCDE et l’OIT collaborent afin de produire des analyses et des conseils objectifs dans le cadre de la Ministérielle. À partir des consultations menées avec les partenaires sociaux, nous nous engageons à mettre tout en œuvre pour faire avancer le processus du G20, en renforçant les possibilités de collaboration afin de suivre l’évolution des marchés du travail, d’étudier les mesures prises face à la crise de l’emploi et d’aider les pouvoirs publics, avec le concours des partenaires sociaux, à échanger leurs vues sur les actions les plus efficaces.

L’objectif de notre partenariat est de placer l’emploi et la protection sociale au cœur du débat du G20 en vue d’accroître la production. Il permettra de soutenir les efforts déployés par les gouvernements des pays du G20 pour établir des liens plus étroits entre la politique de l’emploi, la politique sociale et les politiques favorables à la croissance, avec à la clé de meilleures chances d’atteindre les objectifs communs de l’ensemble des membres du G20.

En travaillant ensemble, et en nous faisant l’écho de nos parties prenantes respectives, nous ferons de nos Organisations des alliés encore plus solides de tous les acteurs de la création d’emplois, de l’égalité des chances et de l’insertion de tous les travailleurs.
 26/09/2011 

Bien à vous,
@Morgane BRAVO

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