lundi, décembre 31, 2007

***Risque de feu : De nouvelles restrictions sur les piles au lithium en vol***


***Le département américain du Transport interdira, dès le 1e janvier prochain, aux passagers aériens de transporter des piles au lithium non enveloppées dans leur bagages à main. La décision vise à réduire le risque d’incendie à bord des avions de ligne.

Les passagers auront toujours le loisir d’enregistrer des bagages contenant des piles au lithium si ces dernières sont installées dans un appareil électronique, tel qu’une caméra, un cellulaire ou un ordinateur portable. Des piles au lithium seront permises dans les bagages à main seulement si elles sont placées dans un sac de plastique. La limite a été fixée à deux par passager.

L’interdiction affecte des piles au lithium non rechargeables, comme celles fabriquées par Energizer et Duracell.

La Federal Aviation Administration a constaté récemment que les systèmes anti-incendie dans la section cargo des avions de ligne n’est pas en mesure d’éteindre les feux amorcés par des piles au lithium.

Associated Press (AP) et Canoë
29/12/2007

***Chypre et Malte passent à l'euro***


***Les deux pays basculeront cette nuit dans la zone euro. Cette double adhésion devrait rassurer les investisseurs.

Double ration de champagne ce soir à Chypre et à Malte. C'est à 22 heures GMT pour Chypre et une heure plus tard pour Malte que ces deux États membres de l'Union économique (UE) deviendront les quatorzième et quinzième pays membres de la zone euro, un an après la Slovénie. Les sept autres pays entrés dans l'UE en mai 2004 semblent aujourd'hui mois pressés de passer à l'euro, ce à quoi ils sont ­toutefois contraints par le traité d'adhésion. Plutôt que de faire des sacrifices en termes de réductions des déficits publics, ils ont généralement opté pour la poursuite d'une croissance rapide et patienteront quelques années.

En attendant, les deux nouveaux ne changeront pas grand-chose au poids de l'euro. Chypre compte 800 000 habitants et Malte la moitié seulement, contre 311 millions dans la zone euro. Mais pour les deux îles-États, entrées dans l'UE en mai 2004, cet événement est un véritable avènement.

Le gouvernement de Malte a dû accomplir un tour de force pour satisfaire aux «critères de convergence». Les critères de Maastricht imposent en effet des seuils limites très contraignants à l'inflation, au déficit et à la dette publique des pays candidats. Or, après 2002, Malte a vu ses performances économiques se dégrader avec la concurrence de l'Asie, de l'Europe de l'Est et de l'Afrique du Nord. La fermeture des usines de jeans de l'américain Levi's a été un véritable séisme. Il a donc fallu de lourds sacrifices pour ramener dans le vert les «critères de convergence.

Le déficit public, qui atteignait 10% du PIB en 2003, est tombé à 2,5%. Et la dette publique qui s'était envolée à 70% du PIB, soit dix points au-dessus du plafond autorisé, est revenue à 64,7% à la fin de l'année dernière. En moins de deux ans, le gouvernement a ainsi réussi à redresser la barre.

En prime, Malte s'offre le luxe d'être le meilleur élève de l'UE pour la hausse des prix : il affiche un taux d'inflation de 1,6%, soit le plus faible de l'UE. Sa position centrale en Méditerranée à mi-chemin entre Gibraltar et le canal de Suez a été une aubaine au moment où les échanges entre l'Asie et l'Europe explosent. L'année prochaine, le tonnage de marchandises transitant par l'île aura doublé par rapport à 2004.


Croissance rapide

Le cas de Chypre est plus compliqué. Si la majorité des Chypriotes plébiscitent l'euro, seule la partie grecque de l'île a rejoint l'Union européenne en mai 2004 et peut adopter l'euro. L'île est divisée depuis l'invasion du nord de l'île par l'armée turque en 1974 à la suite d'un coup d'État avorté des Chypriotes grecs partisans du rattachement à la Grèce.

La partie grecque a par ailleurs voté contre la réunification lors d'un référendum avant son adhésion à l'UE en 2004. Pourtant, de nombreux Chypriotes turcs plaident déjà pour une adoption unilatérale de l'euro. D'autant que de nombreux commerces du Nord utilisent désormais l'euro pour leurs transactions, plutôt que la livre turque, plus volatile.

Pour le gouvernement chypriote, la mise en œuvre des critères de Maastricht n'a pas été non plus une sinécure. À la veille de son entrée dans l'UE, Chypre affichait un déficit public de 6,5% de son PIB, soit plus du double du taux autorisé. Il est tombé à 1,2%. Mais sa dette publique, qui atteignait 69% du PIB, n'était revenue l'année dernière qu'à 65%.

Sans être des tigres économiques, ce sont ainsi deux pays en croissance rapide (autour de 4,2% par an) qui rejoignent la zone euro. Et en rassurant les investisseurs, leur adhésion à l'euro devrait accélérer leur développement.

G. Q.
Le Figaro
31/12/2007

*L'euro maltais(Photo : ci-dessus) et l'euro chypriote seront en circulation dès demain.

dimanche, décembre 30, 2007

***Terminer en beauté***


***"C'était la plus belle façon de terminer la présidence portugaise; faire tomber les frontières est une véritable aspiration européenne", affirmait le Premier ministre portugais et président en exercice du Conseil de l'Union européenne à la fin de la cérémonie symbolique signalant l'ouverture des frontières et l'intégration de la Pologne et de la République Tchèque dans l'espace Schengen.

Pour reprendre les mots de José Sócrates, cet élargissement constitue "un moment historique", mais aussi une concrétisation des idéaux de l'Europe : "l'idéal européen se traduit par un espace de liberté et de sécurité".

L'espace Schengen, permettant la libre circulation des personnes et des marchandises, est plus vaste depuis minuit. Exception faite de Chypre, tous les pays qui sont devenus membres de l'Union européenne en 2004 en font désormais partie - Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, République Tchèque, Slovaquie et Slovénie.

L'espace de liberté et de sécurité, un tenant de l'idéal européen, s'est matérialisé grâce au SISone4ALL, une solution technologique conçue par une société portugaise - Critical Software - et qui permet d'assurer le relai jusqu'à ce que le nouveau système d'information Schengen, le SISII, puisse être conclu.

"Il eut été difficile de mieux terminer notre tour de présidence : nous vivons cet instant unique où les Europes se réunissent et nous célébrons l'avènement de l'espace européen à proprement parler", a-t-il ajouté.

UE

vendredi, décembre 28, 2007

***Déclaration de la Présidence de l'UE sur l'assassinat de Benazir Bhutto****


***La Présidence de l'UE condamne dans les termes les plus rigoureux l'assassinat de Benazir Bhutto et de 15 autres personnes dans un attentat-suicide lors d'un rassemblement électoral à Rawalpindi.

La Présidence condamne l'extrémisme dans toutes ses formes, et exprime le souhait que cet événement tragique n'affaiblisse pas le processus démocratique en cours au Pakistan.Par ailleurs, la Présidence exhorte le peuple pakistanais à s'abstenir de la violence et de l'agitation civile et à poursuivre le chemin de la réconciliation nationale.

La Présidence souhaite exprimer, en ce moment de souffrance, sa profonde sympathie aux proches de Benazir Bhutto et des autres victimes, et exprime le souhait que les responsables de cet acte barbare soient traduits en justice.

UE

2007-12-27

*Le Kosovo, le grand défi européen pour 2008*


***Le Parlement serbe a rappelé par une résolution votée mercredi 26 décembre son rejet de l'indépendance du Kosovo. Le texte lie l'éventuelle adhésion du pays à l'UE et à l'OTAN au statut du Kosovo. La Slovénie, premier pays de l'ex-Yougoslavie à assumer la présidence tournante de l'UE, aura à jouer les médiateurs dans ce dossier dès sa prise de fonction le 1er janvier 2008.

Extraits des publications suivantes:
Slovénie - Delo, Autriche - Der Standard, France - Le Monde

Slovénie - Delo
Le journaliste slovène Peter Potocnik rappelle que "Belgrade lie son destin international à son intégrité territoriale. Il est évident qu'un 'rapprochement' de la Serbie de l'UE satisferait même les plus radicaux. (...) Le président Boris Tadic a certes affirmé que la Serbie serait incapable de conserver le Kosovo ou d'offrir les fruits de la croissance économique aux Serbes en cas de guerre ou d'isolement sur la scène internationale. Toutefois, il a ajouté que l'armée était prête à protéger les Serbes du Kosovo. (...) Celui qui espérait encore que la Serbie n'imaginait pas son avenir sans l'Europe a pu constater sans ambiguïté ce que le terme pro-européen signifie pour la classe politique serbe. Tout le reste n'est qu'une illusion, comme l'ont été les vaines négociations sur le statut entre Belgrade et Pristina."
(28.12.2007)

Autriche - Der Standard
Selon Adelheid Wölfl, "la ligne politique européenne envers la Serbie se révèle non seulement incohérente et peu crédible, mais également imprudente. En effet, la question du Kosovo est étroitement liée à l'adhésion de la Serbie à l'UE. Pendant des années, Bruxelles a affirmé qu'il n'y aurait pas d'accord européen sans la remise de Ratko Mladic aux autorités." Le gouvernement serbe a récemment admis que le criminel de guerre Ratko Mladic, recherché par le Tribunal pénal international de la Haye pour l'ex-Yougoslavie, se trouve à Belgrade. "Tout cela manque de clarté. Les électeurs serbes sont également dans le flou. Un Etat qui protège un criminel de guerre présumé n'a pas compris les valeurs européennes. C'est ce qu'a dû apprendre la Croatie avec l'ex-général Ante Gotovina. (...) La question du Kosovo est différente. Le fait que la Serbie ne se prononce pas en faveur de l'indépendance est compréhensible. L'accord des Serbes n'est ni nécessaire, ni probable. La Serbie doit pouvoir comprendre que d'autres vont agir à sa place."
(27.12.2007)

France - Le Monde
Le chroniqueur en affaires européennes Thomas Ferenczi souligne que la Slovénie a fait du dialogue entre les peuples l'une des priorités de la présidence tournante de l'UE, que ce pays assumera à partir du 1er janvier 2008. "Situé au carrefour de l'Autriche, de l'Italie et des Balkans, le pays est bien placé pour servir de trait d'union entre les peuples. Il a organisé en 2007 des rencontres destinées à établir des ponts entre les groupes en conflit et les religions en concurrence. Il continuera de combattre, par la confrontation des idées, le 'choc des civilisations', à l'intérieur comme à l'extérieur de l'Union. Le Kosovo sera, bien entendu, son premier terrain d'action, mais son objectif est de contribuer, d'une façon générale, à une meilleure entente entre l'Occident et l'Islam."
(28.12.2007)

Eurotopics

mercredi, décembre 26, 2007

***Rivera ambassadeur du Mexique à Lyon...***


***L'ensemble est un peu détonnant : une façade d'immeuble aux allures de pyramide, une place publique en forme d'hacienda, trois fresques gigantesques aux couleurs du Mexique. Lyon a hérité début décembre d'un espace "Diego Rivera", au coeur d'un ensemble d'immeubles sociaux, à proximité de l'Ecole normale supérieure, dans le 7e arrondissement. Les fresques, issues des oeuvres du peintre Mexicain, ont été réalisées par la Cité de la création, un collectif lyonnais créé il y a trente ans qui s'inscrit dans la tradition des muralistes mexicains. Le projet est né d'une rencontre entre le collectif et la fille de Diego Rivera, Guadalupe, lors des Rencontres internationales de la peinture murale à Mexico, en mai 2006. Guadalupe Rivera souhaitait célébrer en Europe le cinquantième anniversaire de la mort de son père.

Elle avait d'abord pensé à Madrid, puis à Paris, où son père vécut dix ans. Mais elle s'est finalement laissé convaincre par Lyon, où la Cité de la création a déjà réalisé plus de soixante fresques et où le maître d'ouvrage du projet, la SACVL, lui offrait l'opportunité de développer un véritable espace public. Sur prescription de la Fondation Diego Rivera, propriétaire des droits moraux de l'artiste, et de l'Institut national des beaux-arts de Mexico, la Cité de la création a choisi de réinterpréter des fragments de l'oeuvre de Rivera. "Nous étions dans l'obligation de créer une oeuvre nouvelle à partir des fresques de Diego Rivera. Il nous fallait changer leurs dimensions, utiliser une technique de peinture différente", explique Gilbert Coudène, le chef du projet. Les éléments sélectionnés retracent l'histoire du Mexique, depuis les civilisations maya et aztèque, la conquête espagnole, jusqu'à la révolution. L'idée un peu kitsch de transformer la façade d'un des immeubles en "pyramide" est une allusion au musée "Anahuacalli", bâtiment en forme de pyramide créé par Diego Rivera à côté de Mexico pour abriter ses propres collections précolombiennes. En face de cette pyramide, la Cité de la création a privilégié des oeuvres plus politiques, avec notamment un portrait de Lénine extrait de L'Homme au carrefour, la fresque commandée en 1933 par le Rockefeller Center de New York et détruite en raison de la représentation du leader soviétique. On y trouve aussi un portrait d'Emiliano Zapata, l'un des chefs de la révolution mexicaine, peint à Cuernavaca par Diego Rivera en 1930, ou encore L'Arsenal : Frida Kahlo distribuant des armes, exposé à Mexico au ministère de l'éducation publique.

Enfin, sur la place, le collectif a choisi l'une des dernières fresques majeures du peintre, Rêve d'un après-midi au parc Alameda. Mais, là encore, l'oeuvre est réinterprétée : une photo intime de Diego Rivera peignant sa fille Guadalupe, son fils dans les bras, a été insérée dans la reproduction.

Sophie Landrin
Article paru dans l'édition du 26.12.07.

Le Monde

*Photo : AFP/FRED DUFOUR
Lyon a hérité début décembre d'un espace "Diego Rivera" au coeur d'un ensemble d'immeubles sociaux, à proximité de l'Ecole normale supérieure, dans le 7e arrondissement.

vendredi, décembre 21, 2007

***Les défis de la présidence slovène de l'UE...***


***Le journaliste John Palmer rappelle que la Slovénie occupera la présidence tournante de l'UE pour six mois à partir du 1er janvier. "La présidence de l'UE sera pour la première fois dans les mains de l'un des nouveaux pays membres d'Europe de l'Est, des Balkans pour être plus précis. (...) Cet événement survient à un moment critique pour les affaires de l'Union, juste après la signature du Traité de Lisbonne en décembre, alors que les nuages s'accumulent sur la planète et que le Kosovo - et la région des Balkans en général - mettent l'UE à défi avec des enjeux de taille. (...) La Slovénie a l'une des économies les plus performantes de l'UE et vient de rejoindre l'eurogroupe, au cœur du processus d'intégration. (...) Bien que des critiques notent que les débats politiques slovènes sont refermés sur le pays, il y a un soutien populaire pour les orientations pro-européennes du gouvernement."
(21.12.2007)

Royaume-Uni - Open Democracy
Eurotopics

*Article intégral (lien ci-dessus, anglais)

*Gordon Brown durcit le ton contre l'immigration*


***L'afflux d'immigrants d'Europe de l'Est pousse le premier ministre britannique à durcir sa politique migratoire.
«Des emplois britanniques pour les travailleurs britanniques.» Le slogan de Gordon Brown en septembre, lors de la conférence du Parti travailliste, était osé. Outre le fait que la légalité d'une telle mesure est douteuse à cause des lois contre la discrimination , sa sensibilité politique est explosive. «Si les travaillistes avaient fait une telle déclaration dans les années 1960, 1970, 1980 ou 1990, cela aurait provoqué une énorme controverse», affirme au Guardian Charles Clarke, ancien ministre de l'Intérieur.

Les temps changent... En cette fin 2007, la phrase de Gordon Brown a touché la corde sensible de l'opinion britannique, qui commence à sérieusement s'agacer de la vague d'immigration sans précédent que connaît la Grande-Bretagne depuis une décennie. L'immigration nette (immigration moins émigration) dépasse désormais 200 000 personnes par an, un record absolu. Cette vague, débutée à la fin des années 1990 avec le succès économique du pays, s'est accentuée avec l'élargissement de l'Union européenne. En mai 2004, la Grande-Bretagne a été l'un des trois seuls pays (avec l'Irlande et la Suède) a ouvrir ses frontières aux travailleurs de ces pays. Le gouvernement britannique en prévoyait environ 13 000 par an : près de 700 000 sont arrivés.

Initialement, cet afflux a été bien accueilli. Les nouveaux venus, Polonais en tête, venaient combler un manque de main-d'œuvre, notamment dans l'agriculture, l'hôtellerie et le BTP. Mais les dents commencent à grincer, particulièrement dans les milieux populaires blancs.


Système de migration à points

Slough, petite ville en banlieue de Londres, est en l'exemple le plus criant. Les épiceries de la rue principale proposent charcuterie et journaux polonais. Les écoles sont débordées face à l'afflux d'enfants ne parlant pas anglais. Enfin, la concurrence pour l'emploi inquiète la population locale. «Les Polonais travaillent mieux, ils prennent moins de pauses, et ils acceptent des salaires inférieurs», s'inquiète un plombier britannique.

Face à la grogne, Gordon Brown durcit sa politique migratoire. Il vient de proposer de réduire de moitié la durée des visas de tourisme. De plus, les frontières n'ont pas été ouvertes aux travailleurs roumains et bulgares, les deux derniers pays à joindre l'Union européenne. Enfin, la Grande-Bretagne introduit au début de l'année prochaine un système de migration à points (lancé par Tony Blair), prenant exemple sur le modèle australien. Chaque candidat à l'immigration obtiendra un certain nombre de points en fonction de son âge, de son niveau d'étude, de sa richesse… «Cela permettra de faire venir les gens qui ont les compétences que nous recherchons, expliquait Gordon Brown mercredi, lors de sa conférence de presse mensuelle. Mais pour ceux qui ont des compétences dont nous n'avons pas besoin, ce sera plus difficile de venir.»

Le paradoxe est que ces nouvelles mesures ne concernent ni les habitants de l'Union européenne, ni les regroupements familiaux, c'est-à-dire la majorité de l'immigration. Leur impact sera donc limité. Mais le discours politique, en revanche, a profondément changé.

À Londres, Sébastien Martin
Le Figaro
20/12/2007

*Crédits photo : Paul HERRMANN/REPORT DIGITAL-REA
Depuis 2004, de nombreux Polonais (ici, au cours d'une manifestation) ont afflué en Grande-Bretagne pour combler un manque de main-d'œuvre.

jeudi, décembre 20, 2007

***L'espace Schengen s'ouvre à l'Est***


***L'espace européen de libre-circulation, dit espace Schengen, s'élargit vendredi 21décembre de 15 à 24 pays. Cette mesure abolit les frontières entre les pays de l'Ouest et les pays de l'Est entrés dans l'UE en 2004 :

Allemagne - Der Tagesspiegel
Selon Gerd Appenzeller, "les polices frontalières allemande et scandinave sont préoccupées. Elles redoutent une hausse de la criminalité transfrontalière et une dégradation de la sécurité." Cependant, il considère ces craintes injustifiées. "Cette peur est compréhensible, mais elle est aussi un peu absurde. Elle présente de grandes similitudes avec les craintes suscitées par la levée des contrôles aux frontières en Europe de l'Ouest, le 26 mars 1995, entre la France, l'Allemagne et le Benelux, pour n'en citer que quelques-uns. La police fédérale allemande s'étant retirée des frontières, de nouvelles méthodes de surveillance frontalière ont été mises en place, ce qui a entraîné non pas une dégradation de la sécurité, mais son amélioration. De même, on ne peut pas dire que la police va disparaître du jour au lendemain aux frontières germano-polonaise et germano-tchèque."
(20.12.2007)

France - Le Figaro
Les nouvelles limites de l'espace Schengen n'enthousiasment guère Christine Fauvet-Mycia. "De fait, avec l'élargissement de l'espace Schengen, on en revient au débat qui agita les citoyens français et plus généralement les Européens lorsque fut soumis à leur jugement le projet de traité constitutionnel européen. Il se solda en 2005 par un non en France et aux Pays-Bas. Un non devant justement une Europe qui n'en finit pas de s'élargir, de s'étendre, de s'étaler sans s'affermir, sans se recentrer sur ce qui l'unit, sur ce qui la fonde, sans jouer la transparence. (...) L'UE se dilue plus qu'elle ne s'affermit, comme risque fort de se distendre le 'cordon sanitaire' autour de l'espace Schengen à mesure qu'il est étiré."
(20.12.2007)

République tchèque - Lidove noviny
Certains Allemands vivant près de la République tchèque ne sont pas les seuls à émettre des réserves sur la disparition de la frontière. Les Tchèques partagent ce point de vue. Martina Kopecká s'est attardée sur le cas du village de Krompach : "Côté allemand, la voie menant à la frontière a été rénovée, afin de se rapprocher de son voisin. Toutefois, côté tchèque, les autorités locales affirment qu'elles ne disposent pas des fonds nécessaires pour rénover leur partie de la voie. Mais ce qu'elles redoutent tout particulièrement, ce sont les voitures allemandes. Aussi la voie a-t-elle été bloquée à l'aide d'un gros rocher et les responsables locaux ont placé un panneau interdisant le passage dans la ville. (...) Certains habitants ne cachent pas leur agacement, mais les personnes qui possèdent une résidence secondaire tiennent à leur tranquillité. La question va faire l'objet d'un référendum. En attendant, la voie reliant les deux pays reste réservée aux piétons." (20.12.2007)

Slovaquie - Sme
Selon Michal Pisko, "l'entrée de la République tchèque et de la Slovaquie dans l'espace Schengen va rendre superflue la frontière séparant l'ancienne Tchécoslovaquie depuis 15 ans. Les frontaliers apprécient tout particulièrement la future disparition de la frontière, car leurs biens et leurs proches se trouvent de 'l'autre côté'. Josef Tkaldec, maire du village tchèque de Horní Lidec, confie : 'Au moment de la scission, nous ne pensions pas que la question de la frontière trouverait quelques années plus tard une issue aussi agréable'. Cette nouvelle situation revêt pour les habitants une importance significative au plan émotionnel car, sur le plan pratique, ils pouvaient déjà franchir la ligne verte séparant les deux pays."
(20.12.2007)

Autriche - Der Standard
La majorité des Autrichiens redoutent l'extension de l'espace Schengen. Wolfgang Weisgram déplore que les journaux à sensation 'Kronen Zeitung' et 'Österreich' attisent les peurs, notamment dans les villes. "Ce n'est rien d'autre qu'une campagne orchestrée par des sociaux-démocrates désorientés. Un coup d'oeil dans les villes proches de la frontière montre que les membres de ce parti ne sont pas tous d'accord. C'est le cas de Schattendorf, ville dirigée par des sociaux-démocrates qui se trouvent à la frontière hongroise et qui n'a pas été touchée par la campagne du 'Kronen Zeitung'. Cette ville se prépare très sérieusement depuis des années à l'ouverture définitive de la frontière. La plupart des villes à proximité font de même car elles savent qu'il en va de leur avenir. Mais seuls les médias locaux hongrois le relateront."
(20.12.2007)

Slovénie - Dnevnik
Le journaliste slovène Ervin Hladnik Milharcic se remémore le "rideau de fer" qui existait autrefois entre l'Italie et l'ancienne Yougoslavie. "Deux mondes distincts étaient séparés : dans le nôtre, on ne trouvait que des disques des Beatles ou des Rolling Stones, vendus dans le grand magasin de Nova Gorica [ville frontière entre l'Italie et la Yougoslavie] et probablement jusqu'à Vladivostok. En revanche, dans l'autre monde, on pouvait trouver tous les disques, ceux de Lou Reed, Velvet Underground, Grateful Dead et des Doors. (...) La frontière qui se trouvait autrefois au niveau de la gare de Nova Gorica marquait une séparation culturelle. Resté en place pendant quelques années, le panneau indiquant que la frontière n'allait être que provisoire, constituait l'un de ces signes, qui faisait battre votre coeur plus vite."
(20.12.2007)

Italie - La Repubblica
Predrag Matvejevic, écrivain bosniaque et professeur de littérature slave à l'université Sapienza de Rome, revient sur l'ouverture de l'espace Schengen. "Tant de personnes qui hier encore vivaient entre les frontières fermées de l'ex-Europe de l'est doivent aujourd'hui devenir les gardiens attentifs de l'espace limitrophe (...). Il n'est pas difficile d'imaginer par exemple un Polonais ou un Tchèque empêchant un Russe ou un Ukrainien de traverser son territoire. Mais comment se comportera un Slovène, qui a une vingtaine de kilomètres de Zagreb, devra arrêter un Croate ou un Bosniaque, avec lequel dans un passé récent il a partagé un sort commun ?"
(19.12.2007)

Eurotopics
*Photo : AP

*****Attention à Domain Registry of America !*****

***Vous êtes titulaire d’un nom de domaine sous une extension générique ? Voici ce que vous risquez de recevoir un jour dans votre boîte aux lettres :


* Il s’agit d’un courrier adressé par une société dénommée Domain Registry of America vous invitant à renouveler votre nom de domaine avant qu’il n’expire. En en-tête de ce courrier, votre nom de domaine, sa date d’expiration et une date limite de réponse pour son renouvellement. Le courrier de Domain Registry est subtilement rédigé, de telle façon qu’un lecteur non attentif (ou ne parlant pas couramment anglais) pourrait facilement assimiler celui-ci à une facture envoyée par son prestataire d’enregistrement, et se croire dans l’obligation de répondre positivement à ce “domain expiration notice” (avis d’expiration de nom de domaine).

* Qu’adviendrait-il de votre nom de domaine dans pareille hypothèse ? Et bien il serait certes renouvelé, mais également (c’est inscrit en caractère microscopique dans les conditions générales énoncées au dos du courrier) transféré auprès de Domain Registry of America, et par là-même soustrait au prestataire (registrar) que vous aviez choisi au moment de l’enregistrement de votre nom.

*Cette pratique baptisée "Slamming" constitue un véritable détournement de la clientèle des registrars, au détriment également du titulaire du nom de domaine qui perd le bénéfice des tarifs et services offerts par le prestataire qu’il avait sélectionné.*

Il semblerait qu’une condamnation aux États-Unis suite à une plainte du prestataire Register.com et Internet Registry of Canada n’ait pas suffit à mettre un terme aux agissements de Domain Registry of America.

*Lien ci-dessus!

mercredi, décembre 19, 2007

***La justice européenne déboute les syndicats suédois***


***La Cour européenne de justice a décidé que les syndicats ne pouvaient pas contraindre les entreprises d'un autre pays de l'UE à payer les salaires locaux.

La Cour s'est appuyée sur une affaire qui s'est déroulée à Vaxholm, en Suède. Un entrepreneur letton versait à ses employés un salaire correspondant au revenu minimum letton. En réaction, les syndicats suédois avaient bloqué tous les chantiers de l'entreprise. Le journal salue le jugement de la Cour : "En Lettonie, le niveau de vie et les salaires augmentent et rattrapent les autres pays de l'UE. Dans un tel contexte, le dumping social est toujours plus improbable. La liberté du marché intérieur européen est bénéfique pour tous : dans un avenir proche, les Lettons ne seront pas les seuls à concurrencer les Suédois ; les Suédois pourront faire de même en Lettonie et dans les nouveaux pays de l'UE."

Suède - Upsala Nya Tidning
(19.12.2007)

UE

mardi, décembre 18, 2007

*Déclaration de la Présidence de l'UE sur la Conférence de Donateurs de Paris‏*


***La Présidence de l'UE salue les résultats positifs de la Conférence des Donateurs de Paris et le soutien généreux souscrit par la communauté internationale, laquelle a atteint les objectives initialement délinées. La Conférence a confirmé indubitablement le soutien politique et l'engagement des partenaires internationaux, y compris des pays arabes, à promouvoir activement le développement économique et financier du futur État palestinien, conformément aux priorités définies dans le Plan de Réforme et de Développement présenté par le PM Fayyad. La Présidence de l'UE salue ce plan, qui représente un programme ambitieux mais réalisable dans le sens de la création de capacités économiques et institutionnelles. L'UE rappelle qu'elle se tient prête à maintenir son niveau élevé d'assistance économique et humanitaire au peuple palestinien, et cela notamment à Gaza. Elle souligne que pour que cette assistance soit efficace dans la promotion du développement économique, elle doit accompagner un processus politique crédible. Le progrès des négociations bilatérales en cours, une coopération accrue sur le terrain, et la création des institutions palestiniennes devraient être autant de processus simultanés qui se renforcent mutuellement, qui aboutissent à des améliorations dans la vie quotidienne des Palestiniens et qui permettent de poser les bases d'un État palestinien viable et prospère. La Présidence de l'UE fait appel aux deux parties et à la communauté internationale de conjuguer leurs efforts afin d'atteindre une solution compréhensive par la voie de la résolution équitable et durable du conflit dans tous ses volets sur la base du principe de terres contre paix, des Résolutions en question du SCNU, de la Feuille de Route et des accords antérieurs entre les parties, ainsi que de l'Initiative de paix arabe qui représente un élément capital pour faire avancer le Processus de Paix au Moyen-Orient.

UE
17/12/07

lundi, décembre 17, 2007

***Premier bilan depuis l'adhésion de la Bulgarie à l'UE***


***La Bulgarie fait partie de l'UE depuis un an. Depuis cette date, à en croire les instituts de sondage, le nombre d'européens convaincus a diminué de moitié dans ce pays. Svetoslav Tersiev commente ce résultat en ces termes. "Pourquoi nous éloignons-nous de l'Europe alors que nous nous y intégrons de plus en plus ? Il ne peut y avoir qu'une seule explication : ce rapprochement nous permet d'établir des comparaisons et de révéler ce qui nous différencie des autres pays. Il était évident qu'une baisse du moral allait suivre l'euphorie de l'adhésion, car l'illusion générée par l'accession à l'UE ne pouvait être qu'éphémère. (...) En réalité, la déception des Bulgares envers leurs propres hommes politiques s'est reportée sur les dirigeants européens. Au cours des négociations sur l'adhésion, on pensait que les dirigeants bulgares tiendraient compte des exigences européennes. Cependant, après l'adhésion, les sommations de Bruxelles les plus strictes stigmatisant les insuffisances de la lutte contre la criminalité et la corruption sont tombées dans l'oubli pour laisser la place aux compliments." (17.12.2007)

Bulgarie - Sega
Eurotopics

*Article intégral (lien externe, ci-dessus! bulgare)

dimanche, décembre 16, 2007

***Dernier Conseil de la PPUE : mission accomplie !‏***


***"La présidence portugaise s'est acquittée de tous les objectifs qu'elle s'était proposée", a indiqué José Sócrates, président en exercice du Conseil de l'Union européenne et Premier-ministre portugais, à Bruxelles, lors de la conférence de presse à l'issue de l'ultime Conseil des chefs d'Etat et de gouvernement des 27 qui s'est tenu sous présidence portugaise.

José Sócrates - accompagné de Luís Amado, ministre d'Etat et des Affaires étrangères et président en exercice du Conseil des ministres de l'UE, de José Manuel Durão Barroso, président de la Commission européenne, ainsi que de Manuel Lobo Antunes, secrétaire d'Etat-adjoint et aux Affaires européennes -, en a profité pour dresser un bilan des résultats de la présidence portugaise et exprimé sa fierté, car non seulement "tous les objectifs que la présidence portugaise s'était fixée" ont abouti, mais encore elle aura "marqué de son sceau l'agenda européen" dans plusieurs domaines. "C'est avec orgueil qu'il m'est permis de dire que les trois principales priorités ont été entièrement accomplies, au service d'une Europe plus forte pour un monde meilleur", a déclaré Sócrates en évoquant le sommet UE-Brésil, l'accord et la signature du Traité européen de Lisbonne et la réalisation du deuxième sommet UE-Afrique.

En ce qui concerne les "marques" que la présidence portugaise lègue à l'agenda européen, le Premier ministre portugais a cité l'"Agenda des libertés", l'élargissement de l'espace Schengen à la libre circulation des personnes - qui se matérialisera le 21 décembre 2007 - et l'instauration d'une Journée européenne contre la peine de mort au sein de l'UE.Pour ce qui est de l'agenda social, Sócrates s'est dit "fier et satisfait" du fait que "l'accord entre les partenaires sociaux quant aux directrices stratégiques de la flexicurité" soit intervenu alors que le

Portugal tenait la présidence de l'Union européenne. De même, José Sócrates s'est avéré convaincu que l'Union a beaucoup avancé dans le domaine de la politique intégrée des migrations au cours du semestre échu. Au plan de l'agenda économique, il a cité l'accord sur un "projet structurel pour le développement européen", à savoir GALILEO, et au plan énergétique et des changements climatiques, la contribution axée sur un plan technologique pour l'énergie."Nous avons aussi laissé une marque dans l'agenda du futur", a-t-il ajouté, en indiquant qu'à compter de ce jour le Groupe de réflexion sur le futur - Groupe futur - a été entériné, il sera dirigé par l'ex-Premier ministre espagnol Felipe González, et en parlant d'une déclaration sur la mondialisation. Le président en exercice de l'UE, a également fait état des conclusions de ce dernier Conseil relatives à la formalisation de la future composition du Parlement européen et à la décision politique des 27 de détacher une mission de l'UE au Kosovo.Pendant la conférence de presse, le président de la Commission européenne, José Manuel Durão Barroso, a félicité la présidence portugaise de "l'exceptionnel travail" entrepris au cours de ce second semestre 2007.

"Je tiens à féliciter très sincèrement la présidence portugaise, le Premier ministre, toute son équipe, le ministre des Affaires étrangères, le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, les diplomates portugais, les «techniciens». Tous ont réalisés un travail exceptionnel au long de ces mois", a dit José Manuel Durão Barroso. En évoquant le vin de Porto, millésime 1957, qui a été servi jeudi 13 décembre, lors du repas qui a couronné la signature du Traité de Lisbonne, Durão Barroso a précisé ne pas savoir "si 2007 serait une cuvée 'vintage' pour le vin de Porto. En revanche, je pense être en mesure de dire que ce fut une année 'vintage' pour l'Europe".

UE
16/12/07

vendredi, décembre 14, 2007

***Discours de José Sócrates en la Proclamation de la Charte des Droits Fondamentaux‏***


***Discours du Premier Ministre du Portugal et Président en exercice du Conseil européen, José Sócrates en la Proclamation de la Charte des Droits Fondamentaux

«Monsieur le président du Parlement européen,
Monsieur le président de la Commission européenne,
Mesdames et messieurs les parlementaires,

En session solennelle, ici, au Parlement européen, nous proclamons la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. A compter de ce jour, le 12 décembre sera une date fondamentale de l'histoire de l'intégration européenne.

Je me sens particulièrement honoré du fait que cet événement intervienne pendant la présidence portugaise. D'autant plus que ce fut aussi au cours de l'une de nos présidences, en l'an 2000, qu'a été lancé le chantier de la Convention, elle-même à l'origine de la Charte. C'est un honneur pour le Portugal d'être ainsi associé à cette nouvelle étape majeure du projet de la citoyenneté européenne.

Cette charte représente un engagement à l'égard des valeurs matricielles de la civilisation européenne, ancrées dans la défense de la dignité de la personne humaine. Nous restons fidèles à ces valeurs conformément à la tradition constitutionnelle des Etats membres de l'Union et aux instruments juridiques internationaux, en l'occurrence la Déclaration universelle des droits de l'Homme et la Convention européenne des droits de l'Homme.

Pour en souligner la compatibilité, le Traité de Lisbonne lui-même prévoit l'adhésion de l'Union à la convention du Conseil de l'Europe et reconnaît la synthèse indivisible que la tutelle des droits fondamentaux représente au sein des démocraties contemporaines.

La date d'aujourd'hui est, de ce fait, un jalon de taille.

Les droits fondamentaux font dorénavant - formellement et irréversiblement - partie intégrante du patrimoine commun de l'Union. Un patrimoine éthique et politique. Un patrimoine de citoyenneté. Un patrimoine de civilisation.

Nonobstant, il n'est pas seulement question de patrimoine. La Charte est aussi un instrument d'action.

Pour les institutions, parce que la Charte guide leur activité. Elles doivent respecter les droits et les principes de la Charte et veiller à leur application.

Et pour les citoyens, parce qu'elle montre que le projet de l'Union est un projet de citoyenneté. L'Union est au service des citoyens et elle protège et promeut leurs droits.

La Charte assume, dans le contexte européen, le rayonnement de la dignité humaine dans le domaine des droits sociaux, dans le monde du travail et de l'emploi, dans le cadre de la santé et de l'assistance sociale, dans la préservation de l'environnement.

C'est encore et aussi la Charte de l'égalité et de la solidarité, de la lutte contre les discriminations en tout genre.

Elle consacre une attention spéciale aux enfants et aux jeunes, à l'égalité entre les hommes et les femmes, au rôle des personnes âgées, ainsi qu'à l'acquis considérable de la protection des droits de la personnalité et des données personnelles. Je mettrai aussi en exergue les libertés consignées dans la Charte ayant trait à la citoyenneté européenne et aux droits politiques inhérents, ainsi que les libertés économiques qui se trouvent à la base du Traité de Rome, dont nous avons fêté le cinquantième anniversaire cette année. Fidèles à notre tradition, nous avons réitéré que nous bannissions la peine de mort et je me réjouis de la décision prise la semaine passée par le Conseil, en instaurant une Journée européenne de lutte contre la peine de mort. Enfin, je tiens à souligner que la Charte concilie les droits des citoyens et les droits des personnes, en préconisant un univers de destinataires qui aille bien au-delà des citoyens des Etats membres eux-mêmes.

Elle représente un étai fondamental de notre conviction selon laquelle un monde meilleur est un monde où les droits et les libertés sont universellement respectés.

Elle s'affiche donc, aussi, en ligne directrice du positionnement de l'Union européenne sur la scène internationale et de l'action qu'elle se propose de mener pour faire respecter les droits fondamentaux à l'échelle planétaire.

Les citoyens européens peuvent ainsi se reconnaître dans une Union qui est la leur. Les citoyens peuvent reconnaître quels droits l'Union leur garantit et comprendre que l'Europe est un projet de paix et de démocratie, au sein duquel les droits de la personne sont pleinement respectés.

Voilà pour le sens dont se revêt cette cérémonie qui rallie les trois institutions européennes. A la veille de la signature du Traité de Lisbonne, nous proclamons une charte qui a précisément la valeur juridique d'une loi fondamentale équivalente à la valeur des traités.

La Charte est, avant tout, un instrument politique et juridique à la fois novateur et moderne. Elle constitue, fort probablement, la synthèse la plus actuelle d'une vision intégrée des droits fondamentaux dont nous, les Européens, sommes fiers d'être les protagonistes.

Monsieur le président, Mesdames et messieurs les parlementaires,
Dans un monde globalisé, où nombre de personnes prônent que les règles économiques et financières sont absolues, le fait que 27 Etats européens, dans le cadre de l'Union, réitèrent cet engagement ferme à l'égard des valeurs et des objectifs de tutelle et de sauvegarde des droits fondamentaux contribue à signifier combien il est important de réguler la mondialisation elle-même.

Au vu de la tradition commune des Etats de droit démocratiques, les droits fondamentaux se constituent en formes de limitation du pouvoir et en instruments essentiels de protection de l'individu.

En liant les institutions de l'Union et les Etats, la Charte limite le pouvoir au nom de la protection des droits et des intérêts des citoyens et de leurs organisations.

Et en consacrant cette limitation de pouvoir, les limites de son application observent strictement le principe de la subsidiarité et renforcent la nature éminemment démocratique de l'Union.

Monsieur le président,
Mesdames et messieurs les parlementaires,

La défense des droits fondamentaux est sans aucun doute une valeur première de l'identité européenne, inscrite à son code génétique. C'est un élément structurant du projet européen dans son ensemble et qui permet de définir l'Europe comme une Union de valeurs.

Et l'affirmation inconditionnelle de ces valeurs est aussi ce que le monde attend de l'Europe.

Nous avons bien conscience que le combat des droits fondamentaux est une tâche quotidienne. C'est une tâche sans relâche, de la part des Etats, des sociétés civiles, des entreprises et des syndicats, des citoyens à titre individuel.

C'est pourquoi, en proclamant la Charte, nous ne pouvons que nous féliciter de l'agrément qu'elle a obtenu, ainsi que de la reconnaissance de sa valeur juridique nivelée sur les traités de l'Union.

Mais, plus qu'une journée de réjouissances, la proclamation de la Charte prend acte que les institutions de l'Union s'engagent à la respecter et à l'appliquer au jour le jour dans leur action.

Ce n'est qu'ainsi que nous serons les dignes héritiers de ce qu'il y a de meilleur dans notre identité collective et dans notre tradition commune.

Merci à vous.»

UE
13/12/07

jeudi, décembre 13, 2007

***Google rêve d'un monde complètement net...***


***Publicité, réseau social, et même traitement de texte, le géant californien multiplie les services sur le web. Son objectif ? Imposer ses règles sur la Toile. Jusqu'aux mobiles, dont il veut devenir un acteur majeur.

L'humour fait partie de la culture d'entreprise à Google. Son PDG Eric Schmidt pratiquait encore récemment son sens de l'autodérision lors d'une conférence devant le gratin de la Silicon Valley. «Je vous annonce que Google va offrir un service d'Internet wi-fi dans toutes les toilettes publiques», lâche-t-il de but en blanc. Rires dans la salle. «Non, en fait, Google a l'intention de se lancer dans les produits alimentaires.» Le public est hilare. Pourtant, rien ne paraît impossible au maître planétaire de la recherche et de la publicité sur le Net. La société n'a-t-elle pas indiqué, le 27 novembre, investir des centaines de millions de dollars pour générer de l'électricité peu chère à partir d'énergies renouvelables ? Le 30 novembre, elle a également officialisé sa candidature à des enchères d'au minimum 5 milliards de dollars pour devenir opérateur mobile aux Etats-Unis. Toute la stratégie du groupe se lit dans ces deux annonces : maintenir sa superpuissance et trouver des relais de croissance.

Infrastructure surpuissante

Google est avant tout le plus gros ordinateur du monde... et donc un des premiers consommateurs d'électricité de la planète. Si, avec ses services, la firme englobe à peu près tout ce qu'il est possible de faire sur le Net et si, avec ses publicités, elle finance tout l'écosystème - d'AOL au plus obscur blog -, c'est parce que, derrière, l'intendance suit. Google investit des fortunes dans ses infrastructures. Le nombre de ses serveurs est un secret bien gardé -au moins 500000 selon la rumeur -, mais le groupe ne peut cacher qu'il construit, dans l'Iowa et en Inde, d'immenses entrepôts qui en sont bourrés.
C'est grâce à la surpuissance de son infrastructure que la société californienne peut inonder le Net de nouveaux services issus de ses acquisitions en série (des groupes de discussion Usenet dès 2001 à YouTube en 2006 en passant par Blogger, Picasa, Keyhole, devenu Google Earth...) ou de la profusion de projets de ses équipes de recherche (Froogle, Gmail, Orkut, Google Talk...). Le groupe veut que l'internaute puisse tout faire : chercher, mais aussi communiquer, s'informer, s'amuser, travailler, faire des affaires ou du shopping avec ses services en ligne. Y compris ce qu'il faisait jusque-là «hors ligne».
S'attaquant au monopole de Microsoft dans les PC, Google a ainsi lancé en février Google Apps, intégrant un traitement de texte, un tableur, un logiciel de présentation, la gestion des courriels Gmail, l'agenda Google Calendar, la messagerie instantanée Google Talk. Largement gratuite, la suite logicielle est accessible en se connectant sur le web. Plus fort, GDrive, un service en préparation qui permettrait aux internautes d'héberger sur les serveurs de Google tous les fichiers stockés sur leur disque dur pour pouvoir y accéder n'importe où et les partager avec qui ils veulent.
«Google se veut le système d'exploitation du World Wide Web, explique Michael Mace, un ex de Palm et d'Apple aujourd'hui consultant Une sorte de Microsoft du Net.» Nourri par sa folle croissance, sa belle rentabilité, sa valorisation boursière, ses acquisitions en rafale (une par semaine) et ses embauches à marche forcée (25 par jour), l'expansionnisme de Google semble irrésistible. Au point de faire trembler ses rivaux du Net, mais aussi les géants du logiciel, des médias et des télécoms.

Enjeux publicitaires

Pourtant, a y regarder de plus près, la société fondée par bergey Brin et Larry Page ne domine vraiment que dans la recherche. Gmail est bien loin de Yahoo ! Mail, Google Talk ne tait d ombre m a MSN Mes- s senger ni à Skype. Orkut est un nain face à MySpace ou Facebook. Et Google Apps n'apparaît pas encore sur le radar de Windows Office. Seul YouTube, avalé au prix fort, est leader dans la vidéo.
Le but n'est pas de s'imposer dans tous les domaines du vaste cyberespace. Michael Carr, ex-rédacteur en chef de la prestigieuse Harvard Business Review reconverti en blogueur high-tech, éclaire les dessous du modèle : «Contrairement à ce qui se passe dans la plupart des autres industries, il ne coûte pratiquement rien à Google de lancer de nouveaux produits, remarque-t-il. S'ils marchent, ils leur allouent des ingénieurs pour les développer. Sinon, ils les laissent s'étioler. Mais, sur chaque service, ils surveillent les usages.» Car le business de Google, celui qui fait 99% de son chiffre d'affaires et lui permet de dégager 25% de marge nette, c'est la pub. Et le succès de Google, celui qui lui permet une croissance de 50% par an de son chiffre d'affaires, c'est que ses algorithmes rendent ses pubs hyper-efficaces. Google décortique les données de tout ce que font les internautes par le biais de ses services. Il connaît nos centres d'intérêt, nos envies, et même nos rêves...

L'adversaire Facebook

Sur Internet, le seul qui inquiète Google aujourd'hui, c'est Facebook. Dans les réseaux sociaux, ces sites où l'on crée son univers personnel que l'on partage avec une communauté d'amis, Orkut, le site de Google, n'ajamais décollé. Or, si Google a réussi - en payant 900 millions de dollars pour quatre ans - à devenir la régie publicitaire du leader MySpace, il n'a pas mis le pied à Facebook, dont Microsoft lui a soufflé le ticket d'entrée dans le capital. Désormais unique destination web de nombreux jeunes internautes, Facebook connaît l'âge, le sexe, la profession, voire les orientations politiques de ses membres ... et peut donc proposer des offres très ciblées aux annonceurs. D'où la contre-attaque de Google, qui s'est associé, en octobre, à des grands noms comme MySpace, Friendster, Linkedin, Viadeo. Avec sûrement l'arrière-pensée d'obtenir un meilleur accès aux données des membres de ces sites, que les super-processeurs de Google sont impatients d'analyser.
Mais la vraie nouvelle frontière, pour Google, c'est l'Internet mobile. Un milliard d'humains disposent d'un ordinateur, contre 3 milliards possédant un mobile : le calcul est vite fait, le potentiel «m-publicitaire» est énorme, et il faut y aller vite et fort. Jusqu'ici, la société de Mountain View s'était montrée plutôt timide, laissant Microsoft avec son système d'exploitation (OS) Windows Mobile et Yahoo !, avec son portail «Yahoo Go», jouer les pionniers. Mais l'arrivée de FiPhone a tout changé. Eric Schmidt, membre du conseil d'administration d'Apple, est persuadé que le téléphone conçu par Steve Jobs va faire décoller l'accès à Internet par le portable.

L'eldorado du mobile

boogle a donc lance une double offensive. Début novembre, il a annoncé la création d'un OS pour mobiles intégrant l'ensemble des applications Google. Ce projet a fait l'objet de toute l'attention de Sergey Brin, passionné par l'aventure mobile, qui survolait souvent l'Amérique pour superviser le travail des équipes sans cesse grossissantes d'Android, la start-up bostonienne à l'origine de l'OS et qui lui a donné son nom. Les fabricants, comme Motorola, LG, HTC et les opérateurs Deutsche Telekom, NTT ou China Mobile, ont rejoint son «Open Handset Alliance».
Comble de l'audace, fin novembre, la société a déclaré qu'elle enchérirait sur des fréquences télécoms mises en vente aux Etats-Unis en janvier 2008 pouvant lui permettre de devenir un opérateur national. Maîtres absolus de leurs réseaux outre-Atlantique, ces derniers n'autorisaient jusqu'ici qu'un accès restreint à l'Internet, et ne laissaient pas aux clients le choix d'un téléphone hors de leur gamme réduite. Mais, dans le cadre de ces nouvelles fréquences, Google a interpellé le gendarme américain des télécoms, la FCC. Pour participer aux enchères, le groupe a posé pour condition d'obliger le gagnant à autoriser tous types de matériels et de logiciels à se brancher sur son réseau, ce que la FCC a approuvé. Du coup, même si les poids lourds AT&T ou Verizon remportaient l'enchère, ils devraient faire une place à Google. Cette assurance va-t-elle suffire ? Pas sûr. «Entre les enchères et le coût du réseau, il faudrait mettre plus de 20 milliards de dollars», s'effraie Mike Grant, consultant du cabinet spécialisé en télécoms Analysys.
Mais il en faudrait plus pour effrayer Google, car l'enjeu n'est pas tant de concurrencer les opérateurs mobiles que de pouvoir, si nécessaire, se passer d'eux. En effet, d'AT&T à Orange, les mastodontes des télécoms râlent contre les géants du web qui, selon eux, profitent à l'oeil de leurs gigantesques investissements pour accroître les débits sans jamais voir 1 centime des colossales recettes publicitaires. Et Google n'est pas partageur.

Les fondateurs de Google partent à la conquête de l'espace

Que fait un milliardaire américain du hightech de son argent et de ses loisirs ? Il réfléchit aux nouvelles frontières et veut se projeter dans l'espace intersidéral. Ainsi, après Paul Allen, cofondateur de Microsoft, Jeff Bezos, fondateur d'Amazon, Elon Musk, ex-PDG de PayPal, et Jim Benson, fondateur de Compusearch, voici Sergey Brin et Larry Page, les deux trentenaires fondateurs de Google, qui s'engagent dans des projets de conquête spatiale avec le lancement, le 13 septembre, du Google Lunar X Prize. Ce prix offre 20 millions de dollars à la première entreprise privée capable de faire atterrir sur la Lune d'ici à fin 2012 un robot capable de se déplacer d'au moins 500 mètres sur le sol lunaire et de renvoyer sur Terre un «Mooncast» (un pack de vidéos et données numériques). Leur projet est comparable à ceux de leurs collègues qui financent des navettes voyageant en orbite, voire des projets commerciaux de tourisme spatial. L'idée est de favoriser l'émergence d'une industrie privée de technologies et d'exploration spatiales. L'intérêt de Brin et Page n'est pas nouveau. Google a passé il y a deux ans un partenariat avec la Nasa qui, outre de permettre au Boeing 767 de ses fondateurs d'atterrir à Moffett Field, tout près du siège social de Mountain View, les a aidés à développer des services aussi fascinants que non rentables, comme Google Moon (cartes géographiques lunaires), Google Mars (images de paysages de Mars), et Google Sky (images satellites de notre galaxie).

par Gaëlle Macke

Magazine Challenges
13.12.2007

***Les 27 ont signé le Traité de Lisbonne***


***Les chefs d'Etat et de gouvernement européens ont paraphé ce jeudi 13 décembre à Lisbonne le nouveau Traité qui remplace la Constitution. Une fois ratifié, ce texte devrait faciliter les décisions dans une UE à 27. Son contenu suscite de nombreuses réserves dans la presse européenne.

Extraits des publications suivantes:
Pays-Bas - De Volkskrant, Estonie - Postimees, Belgique - Le Soir, Royaume-Uni - The Guardian, Italie - Corriere della Sera

Pays-Bas - De Volkskrant
"A en croire les élites politiques de l'Europe, la période de stagnation est aujourd'hui terminée", écrit le quotidien néerlandais. "La discussion au sujet de l'avenir de l'UE doit à nouveau être à l'ordre du jour et, de préférence, avec une attitude positive. (...) On peut débattre, on le doit même, mais seulement si on ne met pas en danger la ratification du traité réformé. (...) Mais le déficit démocratique de l'UE ne pourra être résolu que si les élites politiques réussissent à formuler et à proclamer 'une idée bien déterminée de l'Europe'. (...) Avant qu'un dialogue avec les électeurs ne puisse reprendre, les partis politiques doivent d'abord eux-mêmes trouver une réponse aux questions essentielles liées à la direction et au but final de l'Union européenne."
(13.12.2007)

Estonie - Postimees
Le journal estonien estime que le Traité permettrait à l'UE de sortir de l'impasse. Dans le même temps, il fait preuve d'un certain scepticisme. "Certes, pour l'Estonie, l'UE est un choix judicieux, mais certains points du Traité modifié vont nous donner du fil à retordre. A long terme, tous les Etats membres ne disposeront plus d'un représentant au sein de la Commission, ce qui va à l'encontre du principe d'égalité. En outre, nous ignorons si la politique extérieure commune de l'UE servira réellement nos intérêts. Enfin, rien ne garantit que le traité de réforme entrera effectivement en vigueur en 2009, car il sera soumis à un référendum en Irlande et peut-être en Grande-Bretagne."
(13.12.2007)

Belgique - Le Soir
Alexandre Defossez, assistant à l'Institut d'études juridiques européennes (IEJE) de l'Université de Liège, "doute que ce Traité apporte une solution au problème majeur révélé par l'échec de la défunte Constitution. L'Union demeure dans l'esprit de nombre de ses citoyens (...), un objet politique non identifié, aux objectifs uniquement économiques, un projet pour lequel il est difficile de s'enthousiasmer. Les symboles de l'Union - son drapeau, son hymne, la quasi-totalité du préambule, le terme (malheureux) de 'Constitution' – ne seront pas repris dans le Traité. L'Union s'est vue dénudée de ses plus beaux atours pour ne présenter aux citoyens que la façade morne d'un texte hermétique, composé d'une litanie indigeste d'amendements. Elle demeure ainsi une forme de coopération internationale inédite mais qui n'a pas vocation à se transcender par l'adoption d'une symbolique propre à laquelle ses citoyens pourraient s'identifier."
(13.12.2007)

Royaume-Uni - The Guardian
Timothy Garton Ash considère que le Traité modifié est une réussite, "mais n'a rien d'un noble document constitutionnel, comparable à celui des Etats-Unis. (...) En soi, il ne fera rien pour convaincre les citoyens européens, ou le reste du monde, de l'intérêt de l'Union européenne. Mais cela aidera l'UE à faire des choses qui pourraient les convaincre. (...) Cela devrait nous libérer de nous concentrer sur ce que fait cette union, plus que sur ce qu'elle est, ou ce qu'elle affirme être. En réalité, l'UE définira ce qu'elle est par ce qu'elle fait. Cela nous aidera-t-il à créer des emplois, à renforcer le libre-échange, à encourager le développement ou à combattre le changement climatique ? Qu'est-ce qu'elle peut offrir à des voisins qui ne deviendront pas membres, dans le cercle de crise qui nous entoure, de Mourmansk à Casablanca ? Les dirigeants européens (...) devraient se projeter à plus long terme."
(13.12.2007)

Italie - Corriere della Sera
Maurizio Ferrera estime qu'en en signant le traité de Lisbonne, "les leaders européens vont adopter une version édulcorée et réduite de la Constitution européenne qui fut bloquée par la France et la Hollande en 2005. Fruit d'un patient travail diplomatique, le traité contient différentes innovations qui faciliteront le fonctionnement de l'UE (...). La signature de Lisbonne ne sera que le premier pas vers le processus de ratification du nouveau traité. Mais cette fois les gouvernements chercheront à éviter comme le feu les référendums populaires (...). Mieux vaut éviter les référendums et faire avancer l'Europe par le truchement d'accords entre les élites, négociés par les gouvernements et ratifiés par les parlements (...). Les arènes politiques internes risquent de devenir le théâtre d'une mobilisation néo-populiste, de gauche comme de droite, contre les gouvernements (...), contre les technocrates de Bruxelles, ou pire, contre la politique tout court."
(12.12.2007)

Eurotopics

***Discours de José Sócrates à la Cérémonie de signature du Traité de Lisbonne‏***


***Messieurs les chefs d'Etat
Messieurs les chefs de gouvernement, chers collègues
Monsieur le président du Parlement européen
Monsieur le président de la Commission européenne
Messieurs les ministres des Affaires étrangères
Monsieur le président de l'Assemblée de la République
Chers collègues du gouvernement et cher Luís Amado, ministre d'Etat et des Affaires étrangères
Monsieur le maire de Lisbonne
Distingués invités

Aujourd'hui nous signons le Traité de Lisbonne. Et l'idée qui nous anime au cours de cette cérémonie de signature est simple : faire avancer le projet européen. Un projet qui a toujours été généreux quant à ses propos et ambitieux quant à ses objectifs. Un projet qui a fait ses preuves au service de la paix, du développement et de l'affirmation des valeurs que nous partageons.

C'est ce projet de construction européenne dont maintes générations ont rêvé et d'autres, avant nous, ont érigé, avec un sens et une vision de futur. Or c'est ce projet que nous voulons aujourd'hui porter plus loin, renforcer et développer. Et c'est cela que les peuples de l'Europe, que nous représentons ici, attendent de nous.

Il nous faut aujourd'hui une Union plus forte. Plus forte pour répondre aux désirs ardents des citoyens européens, pour promouvoir l'économie européenne et pour défendre les valeurs européennes.

Mais une Europe plus ambitieuse est aussi la plus importante contribution que nous puissions apporter à un monde meilleur. Il se peut que l'Histoire n'évoque pas les mots qui seront prononcés en cette enceinte au cours de cette cérémonie. Pourtant j'ai une conviction : ce que nous faisons en ce moment même est d'ores et déjà inscrit dans l'Histoire.

L'Histoire remémorera cette date comme étant le jour où se sont ouverts de nouveaux chemins d'espoir à l'idéal européen. Avec le Traité de Lisbonne, l'Europe a enfin raison de l'impasse politique et institutionnelle qui a limité sa capacité d'action ces dernières années. Transposer cette impasse a commencé lorsque, face aux doutes et aux incertitudes, le trio des présidences - allemande, portugaise et slovène - a assumé qu'il était prioritaire d'élaborer un nouveau traité.

De même, il est entièrement juste de reconnaître que ce processus a pu être couronné de succès car il a compté, au bon moment, sur l'engagement de la chancelière Angela Merkel, qui a su obtenir un mandat sans lequel il n'aurait pas été possible de parcourir ce chemin.

Tout au long de ce processus, nous avons compté sur la Commission européenne. Je tiens à remercier le président de la Commission, José Manuel Durão Barroso, de toute l'aide donnée à la présidence portugaise pour parachever ce Traité.

Je remercie, aussi, le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering et les groupes parlementaires de l'appui qu'ils nous ont toujours apporté pendant les dures tractations qui ont précédé cet accord.

Mais ce qui a véritablement fait aboutir au résultat du sommet de Lisbonne, ce qui nous a réellement amené jusqu'au traité que nous signons ici aujourd'hui, c'est la volonté politique des leaders européens et la confiance qu'ils ont toujours manifesté vis-à-vis du développement du projet européen.

Le Traité de Lisbonne relève un défi central. Le défi de la citoyenneté européenne. Hier, à Strasbourg, le Conseil, la Commission et le Parlement ont proclamé la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Ce Traité de Lisbonne reconnaît à cette Charte sa pleine valeur juridique. Y est réaffirmé notre engagement aux valeurs inhérentes à l'identité du projet européen; la légalité démocratique, le respect des droits fondamentaux, les libertés communautaires, l'égalité des chances, la solidarité, l'accès à la justice, le respect à l'égard du pluralisme et de la diversité de nos sociétés. Ce sont là les valeurs de l'Europe. Ce sont ces valeurs qui ont inspiré les pères fondateurs du projet européen et que nous réaffirmons ici aujourd'hui avec orgueil.

Le projet européen est un projet fondé sur l'égalité entre les Etats, sur le respect mutuel, sur l'étroite coopération et sur la tolérance. Le projet européen n'efface ni n'amoindri les identités nationales, pas plus que les intérêts spécifiques des Etats, à l'inverse puisqu'il fournit un cadre de régulation multilatérale au bénéfice de l'ensemble et de chacune des parties qui y participent. C'est pourquoi le projet de l'Union politique et économique de l'Europe continue à être une source d'inspiration pour d'autres continents et un terme de référence pour un monde en quête d'institutions, de principes et de règles passibles de contribuer à une régulation à l'échelle mondiale.

Mais ce traité répond encore au défi visant à améliorer l'efficacité du processus décisionnel. Au fil de ces cinquante années, nous avons toujours su que le projet européen se légitime en fonction des résultats. Et ce n'est qu'en comptant sur une Europe capable de décider, que l'Europe sera capable d'obtenir des résultats. Dans un monde en mutation rapide, dans une économie globale de plus en plus exigeante, il est absolument impérieux et urgent d'adopter les réformes institutionnelles qui permettent à l'Europe de répondre aux défis auxquels elle est confrontée.

L'Europe entend être une économie ouverte; qui relève le défi de la compétitivité globale, qui mise sur la qualification des Européens, sur la recherche et sur l'innovation, qui mise sur une croissance économique, motrice pour l'emploi et bienveillante à l'égard de l'environnement, et qui mise sur une politique énergétique plus efficace et mieux à même de lutter contre les changements climatiques.

Dans tous ces domaines, le Traité de Lisbonne assouplit les procédures de décision, il accroît le nombre de décisions prises à la majorité qualifiée, il étend les conditions de participation démocratiques du Parlement européen, il renforce le rôle de nos parlements nationaux et il sauvegarde la place centrale de la Commission européenne et du système judiciaire européen.

Mais le Traité de Lisbonne établit, aussi, une nouvelle architecture institutionnelle : le nouveau président permanent du Conseil européen; le Haut représentant pour la politique étrangère et de défense; la nouvelle composition de la Commission et le renforcement de sa légitimité démocratique; la nouvelle méthode de pondération des voix au Conseil. Ces changements représentent un nouvel équilibre entre les Etats et dotent les institutions d'un meilleur fonctionnement, en garantissant à l'Europe de nouvelles conditions pour qu'elle puisse affirmer sa voix, son économie et ses valeurs.

Le Traité de Lisbonne recueille tout ce que le projet européen a de meilleur en termes de tradition et de patrimoine, mais il ne s'agit pas d'un traité du passé, c'est un traité de futur. Il s'agit d'un traité pour la construction d'une Europe plus moderne, plus efficace et plus démocratique.

Mesdames et messieurs

Pour nous Portugais, cette cérémonie signifie un retour aux Jerónimos. C'est ici même qu'en 1985 le Portugal signait le Traité d'adhésion au projet européen. C'est ici que le Portugal est devenu membre de la famille européenne.

J'aimerais que vous sachiez que c'est un honneur pour mon pays que ce même lieu abrite la signature d'un nouveau traité pour l'avenir de l'Europe. Et l'honneur est d'autant plus grand du fait que ce traité prenne le nom de Lisbonne, la ville où les 27 Etats membres ont scellé leur accord.

De tous temps, Lisbonne a été une ville d'ouverture et de rencontre. L'histoire de Lisbonne est aussi l'histoire des découvertes, ce monument en est l'évocation. Avec le Traité de Lisbonne, cette ville restera également liée à l'histoire de la construction européenne.

Ce traité n'est pas la fin de l'histoire, cela est certain. Il y aura toujours de nouvelles pages d'histoire à écrire. Cependant, ce traité constitue un moment nouveau de l'aventure européenne et du futur de l'Europe. Et nous envisageons ce futur avec la même âme de toujours : sûrs de nos valeurs, confiants de notre projet, confortés dans notre Union.

Merci beaucoup.

UE
13/12/07

mercredi, décembre 12, 2007

***Les Québécois et les achats en ligne...***


***Le commerce électronique au Québec se porte très bien merci et à tous les mois, plus d’un million de personnes effectuent des transactions sur Internet pour un total moyen de 266 millions de dollars. C’est ce qui ressort d’une étude, publiée aujourd’hui par le CEFRIO, VDL2 et la firme de sondage SOM.

Mais au cours des prochaines semaines, cette étude prendra la forme de «l’Indice du commerce électronique au Québec» puisqu’à compter de 2008, de nouveaux résultats seront publiés tous les mois, de façon à suivre l’évolution de cette habitude d’achat.

Les résultats publiés aujourd’hui nous indiquent donc que les achats sur Internet représentent environ 3 pour cent de tout le commerce de détail dans la province. 18 pour cent des Québécois achètent désormais en ligne pour une facture moyenne de 322 dollars par mois.

Le sondage révèle aussi que près de 130 000 personnes effectuent des achats pour plus de 1000$ et plus chaque mois. Pour arriver à ces résultats, les responsables ont sondé mensuellement près de 1 000 adultes sur leurs habitudes de consommation en ligne, depuis le mois de mai.

Ces résultats vont certainement en surprendre plusieurs puisqu’en se basant sur des données de Statistique Canada, on peut dire que le commerce électronique au Québec a triplé en 2 ans.

«Les ventes en ligne de plusieurs de nos clients nous démontraient chaque mois une croissance importante…L’absence de statistiques récentes nous semblait dommageable pour les entreprises et c’est pour cela que nous avons eu l’idée de lancer cet indicateur économique» a déclaré Philippe Le Roux, président de l’agence Internet VDL2.

Les responsables de cet indice ont également décidé d’ajouter une question au sondage. Ainsi, il sera dorénavant possible de connaitre la nature des achats faits par les Québécois. La publication de cet indice sera sûrement utile pour ceux et celles qui s’intéressent à la vente au détail et aux différentes stratégies d’affaires.

Yvon Laporte
Canoë
12/12/2007

*Photo : Corbis

*Óbidos accueille la 28ème Réunion du réseau judiciaire européen - 12 et 13 décembre*


***C'est en partenariat avec le procureur-général de la République et dans le cadre de la PPUE que le ministère de la Justice promeut la 28ème Réunion du réseau judiciaire européen qui se tient à Óbidos, les 12 et 13 décembre 2007.

Depuis qu'il a été instauré en mai 2001, le Réseau judiciaire européen (RJE) s'est affirmé être un instrument essentiel pour l'espace de liberté, de sécurité et de justice de l'Union européenne, dont la finalité consiste à faciliter l'accès des citoyens et des sociétés à la justice de par l'Europe.

Le RJE se compose de points de contact issus des autorités judiciaires et des instances centrales des Etats membres de l'UE. Le principal objectif de ces réunions annuelles consiste à échanger des informations et des expériences concrètes passibles de renforcer la coopération judiciaire pénale dans le cadre des activités des autorités judiciaires compétentes localement.

Le RJE attache aussi beaucoup d'importance aux relations avec les organismes et les partenaires hors Union européenne et qui sont impliqués dans la coopération judiciaire internationale en matière pénale, afin de rehausser la coopération internationale dans ce domaine grâce à l'échange d'expériences et à une meilleure compréhension réciproque des systèmes juridiques. Sur ce point précis, la présidence portugaise mise fortement sur les contacts avec les autorités judiciaires des Etats membres de la CPLP - Communauté des pays de langue portugaise.

Ainsi, au cours de ces deux journées, Óbidos et la «région Ouest» accueilleront les délégués des 27 Etats membres de l'Union européenne, ainsi que des représentants de la Norvège, de l'Islande, du Lichtenstein, de la Suisse, de la Turquie, de la Croatie et de l'ex-République Yougoslave de Macédoine et encore de nombreuses agences et institutions européennes qui ont des liens avec le RJE. En étroite collaboration avec leurs partenaires d'Afrique et du Brésil, cette rencontre permettra de creuser plusieurs thèmes d'intérêt commun : la coopération internationale sur le plan judiciaire au-delà des frontières de l'UE; le mandat d'arrêt européen; et les nouvelles dimensions de la coopération internationale relatives à la lutte contre la criminalité.

UE
2007-12-12

mardi, décembre 11, 2007

***LE WEB3... : LIVE (EN)***

***LE WEB3 07 :

Fourth Edition

PARIS

DECEMBER 11-12


*Live en video : Lien ci-dessus!

*Terrorisme et trafic de stupéfiants à l'ordre du jour de Washington*


***Le ministre de la Justice, Alberto Costa, se rend à Washington les 10 et 11 décembre afin de participer à une troïka JAI entre l'Union européenne et les Etats-Unis, une réunion qui s'inscrit dans le programme de la présidence portugaise de l'UE.

Avec son homologue nord-américain, l'«Attorney General» Michael Mukasey, il sera notamment question des stratégies de prévention et de recherche dans le domaine du terrorisme aussi bien aux Etats-Unis qu'en Europe, mais aussi du renforcement de la coopération pour endiguer le trafic de stupéfiants à l'échelle internationale, en particulier face à la situation de Afrique occidentale.

Dans ce contexte, la coopération européenne et américaine à propos du MAOC-N sera certainement un des points saillants de cette rencontre. En effet, le Centre d'opération et d'analyse maritime de lutte contre le trafic de drogue (MAOC-N, Maritime analysis and operation center - narcotics), sis à Lisbonne et dont l'accord constitutif a été signé le 30 septembre 2007, est cependant déjà actif depuis quelques mois. Des spécialistes opérationnels de sept Etats membres - l'Espagne, la France, l'Italie, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l'Irlande et le Portugal - y ont établi leurs quartiers en association avec le groupe de travail congénère outre-Atlantique, le JIATFS-Joint Interagency Task Force South dont le siège se trouve à Miami.

L'activité du MAOC-N vise à contrôler le trafic de stupéfiants par voie maritime et cible notamment les dogues provenant d'Amérique du Sud en direction à l'Afrique occidentale. Il lui revient de déclencher des opérations de surveillance et d'interception en mettant en commun les ressources opérationnelles et en ayant recours aux moyens de police et militaires des Etats qui font partie du centre.

Attaché de presse - Ministre de la Justice

UE
2007-12-10

*CAGRE : Accords de partenariat économique : le règlement sur l'accès au marché adopté politiquement‏* (EN)


***External Relations

The Council reviewed progress in negotiations on economic partnership agreements (EPAs) with African, Caribbean and Pacific (ACP) regions and states, in the run-up to the 31 December deadline for completion of these agreements.

It reached a political agreement on a draft regulation on market access, aimed at enacting the provisions of interim EPAs with certain ACP regions and states. The market access regulation opens duty- and quota-free access to the Community market, with improvements to the previous rules of origin provided for by the ACP-EU Cotonou partnership agreement, to those ACP states that have initialled agreements with the Community that are compatible with WTO rules. The Council welcomed the holding of the Annapolis Conference on the Middle East peace process and the joint understanding reached between Prime Minister Olmert and President Abbas to immediately launch good-faith bilateral negotiations in order to conclude a peace treaty before the end of 2008.

It underlined the EU's determination to accompany this new momentum by supporting the parties in their negotiations in a sustained and active manner and through working closely with international partners. The Council had an exchange of views with the Palestinian Prime Minister Salam FAYYAD. The Council reaffirmed its strong support for African Union and UN efforts towards solving the conflict in Darfur. It underlined its full commitment to contribute to the implementation of Security Council resolution 1778 which authorizes the deployment in Chad and Central African Republic of a multidimensional presence, including the EU providing the military element of it, and looked forward to soon finalising the current process of force generation and making all necessary resources available in order to conduct this operation. General Affairs The Council adopted conclusions on enlargement of the EU, welcoming the Commission's assessment of progress on the enlargement strategy agreed on last December and of the current main challenges, and assessing the pace of reform in Turkey and Croatia.

UE
11/12/07

lundi, décembre 10, 2007

***Un nouveau dialogue entre l'UE et l'Afrique ?***


***Européens et Africains ont adopté le 9 décembre à Lisbonne une déclaration qui pose les principes d'un partenariat "d'égal à égal" censé ouvrir une nouvelle page de leurs relations, au terme d'un sommet où l'Afrique a fait entendre ses exigences, parfois avec véhémence, sur cet avenir commun.

Belgique - Le Soir
"Si ce sommet est important, c'est parce que les chefs d'Etat africains, massivement présents à la malheureuse exception du président Kabila, ne se sont pas laissé diviser", estime Colette Braeckman. "Courtisés ou menacés individuellement et priés de signer des accords séparés, les pays africains se sont insurgés ensemble et ont obtenu un nouveau délai de négociation [en matière de partenariat commercial]. (...) Cela étant, au delà de la puissance économique et de l'ampleur de son aide, l'Europe garde des atouts qui font l'admiration des Africains, l'exemple de son intégration, de ses valeurs de droits de l'homme, de tolérance, de respect des minorités. S'il se confirme sur ces bases-là et si l'Europe est capable d'exporter ses valeurs autant que ses produits finis, le dialogue qui s'est noué à Lisbonne, même s'il peut être franc voire conflictuel, demeure riche de tous les possibles."
(10.12.2007)

République tchèque - Mlada fronta dnes
Selon Ladislav Kryzánek, le sommet Europe-Afrique n'a apporté aucune véritable réponse à des questions bien concrètes, telles que les échanges commerciaux. "Certains pays africains ont clairement signifié qu'ils préféreraient collaborer avec la Chine ou l'Inde. Un demi-siècle après la fin de l'ère coloniale, les relations entre l'Afrique et l'Europe sont à la fois délicates et complexes. Or la concurrence ne connaît pas de trêve. Certes, l'UE reste le premier partenaire commercial de l'Afrique, mais la Chine cherche à la supplanter par tous les moyens. Pékin ne s'en fait pas : elle n'a aucun scrupule et ne se pose pas autant de questions que les Européens sur les droits de l'Homme. Seul le commerce l'intéresse."
(10.12.2007)

Portugal - Público
Pour Teresa de Sousa, le sommet UE Afrique a marqué une "nouvelle frontière" pour l'Europe et a représenté une chance pour l'Afrique. "L'Europe a tourné la page. Elle a adapté sa politique pour l'Afrique aux nouvelles conditions mondiales, à ses intérêts et à ses ambitions nouvelles. Elle a proposé aux Africains ce qui est spécifique à sa politique externe: une approche multilatérale, un dialogue politique soumis à certaines conditions et un partage de valeurs et d'intérêts. Reste maintenant à passer le test pratique, et à gérer la pression de son opinion publique, sensible aux drames africains (…) Mais les sommets ne peuvent être jugés à l'aune de leurs résultats 'concrets'. Ils fonctionnent comme des indicateurs de changement. A Lisbonne, il y a eu à la fois un changement d'agenda, de discours et d'engagement politique. C'est déjà beaucoup même si tout n'est pas parfait”.
(10.12.2007)

Espagne - El País
Le quotidien dresse un bilan critique du sommet UE-Afrique. L'une de ses faiblesses tient "à son incapacité à mettre en haut de l'agenda deux des crises les plus brutales du moment, et complètement oubliées : le Zimbabwe et le Darfour (...). L'Europe ne parle pas d'une seule voix quand il s'agit de l'Afrique. Elle continue d'entretenir des relations bilatérales avec ce continent qu'elle s'est partagé en 1885, et cela restera ainsi dans le futur. C'est pour cela que l'ex-guérillero Robert Mugabe, oppresseur exemplaire et saigneur de l'ex-Rhodésie, ou le non moins dictateur soudanais Omar Al-Bachir, qui dirige le génocide du Darfour et s'emploie depuis des années à torpiller l'envoi d'une force onusienne, ont pu se promener avec arrogance dans les couloirs de la réunion lisboète."
(10.12.2007)

Autriche - Der Standard
Interrogé par Sonja Fercher, le politologue Sebastian Wadle, chercheur de l'Institut allemand pour la politique internationale et la sécurité, plaide pour le développement de relations multilatérales entre l'UE et les pays africains. "L'Union africaine se révèle problématique à plusieurs égards. D'une part, les qualités d'une organisation multilatérale telle que l'Union africaine (UA) ne peuvent pas être supérieures à celle de ses Etats membres. Nous l'avons constaté avec l'ONU et avec l'UE, et il convient de prendre ce fait en considération. D'autre part, l'UA est une organisation jeune dont la construction est inachevée et qui présente encore des faiblesses tant sur le plan institutionnel que financier. L'histoire de l'UE a valeur d'exemple pour le développement de l'UA : qui coopère n'ouvre pas les hostilités. Dans les relations multilatérales, il faut aussi prendre en compte le nombre des participants : l'UE et l'UA comptent respectivement 27 et 53 Etats membres dont les différents intérêts doivent être pris en considération. Il s'agit d'un processus de négociation très complexe. Une institutionnalisation est donc essentielle pour déboucher sur des accords cohérents."
(10.12.2007)

Eurotopics

***EU Presidency Statement on the celebration of Human Rights Day (disponible l'original en anglais)‏***


***As we celebrate today the Human Rights day, the EU Presidency would like to take this opportunity to recall that all human rights are universal, indivisible, interdependent and interrelated.Human Rights are the principles that make us humans and are applicable worldwide.

The struggle for the realization of human rights is a struggle for each and everyone as it is fundamental to ensure the equal enjoyment of human rights by all. The values of universality of all Human Rights, the ideals of justice and human dignity enshrined in the Universal Declaration and reaffirmed in the Vienna World Conference of 1993 constitute essential objectives of the European Union and serve as a fundamental basis for our action. Today, we also begin the celebration of the 60th anniversary of the Universal Declaration of Human Rights. We have come a long way since the Declaration was adopted in 1948 and have faced serious challenges, but the EU is confident that the simple and basic idea of human rights for all will continue to have a dramatic and positive impact in history. The EU is firmly committed to continue to develop a deeply rooted culture of human rights worldwide, with education playing a crucial role to this end. The EU stresses once again the necessity to ensure that civil, cultural, economic, political and social rights are treated equally without any discrimination in their applicability. The EU Presidency would also like to recall, on the Human Rights day, that we are celebrating this year the 18 th anniversary of the Convention on the Rights of the Child, which has almost universal ratification, representing a landmark achievement in the promotion and protection of human rights.

The EU Presidency acknowledges that the protection and promotion of human rights, for which governments have responsibility, cannot be realised without the help and the work of human rights organs and of international organisations and, in this regard, the EU pays tribute to the United Nations High Commissioner for Human Rights and to her Office. The EU also praises the courageous work of Human Rights Defenders and of civil society, which have vital role in the worldwide promotion of these rights and deserve our unfailing support. The EU Presidency reiterates that human rights are the foundation of our coexistence and that we must keep united to achieve our common goal of bringing effectiveness, within each country, to the Universal Declaration of Human Rights and to the major Human Rights instruments.

UE
10/12/07

dimanche, décembre 09, 2007

*Déclaration de Lisbonne - Sommet UE-Afrique‏*


***Le Sommet réunissant, à Lisbonne, l'Union européenne et l'Afrique, nous a offert une occasion unique de nous pencher ensemble sur les défis qui se posent actuellement à nos deux continents et ce, l'année où nous célébrons le cinquantenaire de l'intégration européenne et le cinquantenaire du début de l'indépendance africaine.

Nous nous sommes réunis en ayant à l'esprit les leçons et les expériences du passé, mais aussi en étant convaincus que notre avenir commun exige une démarche audacieuse, qui nous permette de faire face avec confiance aux exigences de la mondialisation que connaît notre planète.Depuis notre première rencontre, en 2000 au Caire, bien des choses ont changé.

En Afrique, nous avons assisté à la création de l'Union africaine, qui offre un nouveau cadre continental pour traiter les questions africaines et qui est désormais devenue une voix reconnue du continent, ainsi que de son instrument économique, le nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique. En Europe, l'UE a vu le nombre de ses membres et de ses domaines d'activité augmenter, elle a approfondi son processus d'intégration et assumé de nouvelles responsabilités sur la scène mondiale.

À l'échelle mondiale, nous comprenons mieux aujourd'hui à quel point l'interdépendance qui nous caractérise est vitale et nous sommes décidés à unir nos efforts, sur la scène internationale, pour relever les grands défis politiques de notre époque, tels que l'énergie et les changements climatiques, les migrations ou les questions de l'égalité des sexes.Conscients de nos ambitions, conscients de tout ce que nous partageons aujourd'hui et que nous avons partagé par le passé, nous sommes résolus à bâtir un nouveau partenariat politique stratégique pour l'avenir, en dépassant nos relations traditionnelles établies sur le mode bailleurs de fonds/bénéficiaires et en nous appuyant sur des valeurs et des objectifs communs dans notre recherche de la paix et de la stabilité, de la démocratie et de l'État de droit, du progrès et du développement.

Nous développerons ce partenariat entre égaux, fondé sur l'adhésion effective de nos sociétés, afin d'obtenir des résultats significatifs au regard de nos engagements fondamentaux, à savoir: la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, la mise en place, en Afrique, d'une architecture de paix et de sécurité robuste, le renforcement des investissements, de la croissance et de la prospérité à travers l'intégration régionale et des relations économiques plus étroites; la promotion de la bonne gestion des affaires publiques et des droits de l'homme; et la création de possibilités de façonner la gouvernance mondiale dans un cadre ouvert et multilatéral.

Nous sommes résolus à doter ce nouveau partenariat stratégique des moyens et instruments nécessaires, qui lui permettront d'atteindre les objectifs de la stratégie commune et du plan d'action que nous avons adoptés aujourd'hui; pour ce faire, nous avons créé un mécanisme de suivi global et efficace, grâce auquel il sera possible d'atteindre ces objectifs et de présenter des résultats lors du troisième Sommet, qui aura lieu en 2010.Nous sommes convaincus que ce Sommet restera dans les mémoires comme un moment de reconnaissance de la maturité et de la transformation de notre dialogue de continent à continent, ouvrant de nouvelles voies et possibilités d'actions collectives pour notre avenir commun.

UE
09/12/07