mardi, avril 12, 2011

*Les Etats membres en faveur d’une politique budgétaire raisonnable*



« Nous n’avons pas encore tout à fait surmonté la crise ». C’est ce qu’a déclaré György Matolcsy, ministre de l’économie nationale, lors de la réunion informelle des ministres de l’économie et des finances (ECOFIN) du 9 avril, à l’issue d’une rencontre de deux jours. Les participants à la réunion ont constaté que malgré les signes de reprise économique, il convenait d’accorder une attention particulière à la stabilité du secteur financier, en particulier à celle du système bancaire.

« L’Union européenne est le microcosme des déséquilibres globaux », a affirmé M. Matolcsy, citant les paroles de Angel Gurría, secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OECD), en rendant compte à la presse de la deuxième journée de l’ECOFIN. M. Gurría a prononcé, lors de cette réunion de travail, une allocution introductive, après quoi les ministres et les présidents des banques centrales ont procédé à un échange de vues sur les dernières évolutions économiques et financières ainsi que les autres mesures à prendre. M. Gurría et l’autre intervenant qui avait été invité, John Lipsky, premier directeur général adjoint du Fonds monétaire international, ont tous deux souligné que malgré les tendances positives, des déséquilibres macroéconomiques subsistaient aux niveaux international et européen.
M. Matolcsy, qui présidait la réunion, a estimé que le débat était « intellectuellement stimulant » et « électrisant ». Dans son intervention, il a insisté sur le fait que l’Union européenne n’avait pas encore tout à fait surmonté la crise et que malgré tous les efforts qui avaient été consentis, il y avait toujours d’importants risques en vue. « Poursuivons donc les réformes structurelles », a enjoint M. Matolcsy, « car c’est le seul moyen d’assurer la croissance économique équilibrée et durable ainsi que la création d’emplois ». « Les instruments existants tels que la Stratégie Europe 2020 et le Semestre européen, qui constituent par ailleurs les priorités de la présidence hongroise, nous mènent dans la bonne direction », a ajouté György Matolcsy.

Dissiper les inquiétudes
M. Matolcsy a retenu, des deux allocutions introductives et des autres interventions, qu’un ajustement budgétaire devait être poursuivi afin de garantir la durabilité des finances publiques, et que les stress-tests bancaires qui auraient lieu dans un avenir proche devaient être transparents et crédibles afin de pouvoir dissiper les inquiétudes du marché vis-à-vis du système bancaire européen. Il a ajouté que de l’avis général, il serait convenable d’assortir ces tests de sérieuses mesures de réduction des déficits.
Lors de la conférence de presse de clôture de la réunion d’ECOFIN, Olli Rehn, commissaire en charge de l’économie et des finances, ainsi que Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne, ont annoncé avec un optimisme prudent l’amélioration de la situation macroéconomique. Ils ont estimé que les événements au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ainsi que la catastrophe naturelle qui était survenue au Japon ne pouvaient pas « faire dérailler la reprise ». M. Trichet a évoqué, au rang des répercussions positives, une croissance du commerce international plus rapide que prévue et un rétablissement de la confiance des entreprises. Ces deux facteurs compensent à eux deux les répercussions négatives telles que l’inflation et les incertitudes financières et géopolitiques. M. Trichet est d’avis que si la crise n’entraîne aucun effet secondaire, cela peut être considéré comme rassurant.

Rehn : « Le fardeau de la dette hypothèque l’avenir »
Cependant, en réponse à une question relative à la manifestation contre l’austérité organisée par les syndicats de vingt-deux Etats membres à Budapest, MM. Rehn et Trichet ont tous deux souligné l’importance d’une politique budgétaire raisonnable. « Le fardeau de la dette hypothèque l’avenir », a déclaré M. Olli Rehn, justifiant ainsi la nécessité des ajustements budgétaires. M. Jean-Claude Trichet a également rappelé que l’expérience avait montré que, dans l’Union européenne, le fait que les politiques des différents Etats membres soient raisonnables influençait le taux d’activité.
Evoquant la réponse globale de l’Union européenne à la crise, le président de la Banque centrale européenne a également mentionné les six propositions législatives visant à renforcer la gouvernance économique. Il a estimé que l’accord politique conclu lors du Conseil du 15 mars ne répondait pas à l’objectif initialement fixé.

La consolidation à long terme du secteur financier et du système bancaire constituait également l’un des sujets les plus importants de la deuxième journée de la réunion informelle de l’ECOFIN du 9 avril. La sévérité des stress tests s’illustre par le fait que l’Autorité bancaire européenne (ABE) récemment créée exige des 90 banques européennes soumises aux stress tests qu’elles affichent un ratio d’adéquation des fonds propres, appelé Tier 1, de 5 %, a annoncé M. Olli Rehn. La question de la redéfinition du ratio d’adéquation des fonds propres figurait également à l’ordre de jour de la réunion de travail, dans la mesure où la Commission devrait présenter, en juin, sa proposition de modification des directives 2006/48/CE et 2006/49/EC. Pour l’heure, les Etats membres n’ont pas encore trouvé d’accord en ce qui concerne le ratio des fonds propres ni décidé si ce dernier devrait constituer une exigence minimale ou maximale.
Les ministres de l’ECOFIN ont appuyé la déclaration que M. György Matolcsy fera au nom de la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne lors de l’assemblée générale du FMI du 16 avril. Ils ont aussi approuvé « les termes de référence » visant à harmoniser les positions des pays de l’Union participants lors la réunion des ministres des finances et des présidents des banques centrales des G20, qui aura lieu les 14 et 15 avril, à Washington. Pour l’Union européenne, les sujets prioritaires tiendront à l’identification des grands déséquilibres macroéconomiques mondiaux, à la réforme du système financier international, à la réforme du système de surveillance financière ainsi qu’à l’augmentation rapide du prix des matières premières.
Les ministres se sont préalablement mis d’accord au sujet du projet de conclusions du Conseil sur la manière de relever les défis posés par les matières premières et les marchés des produits de base, lequel serait officiellement adopté lors de la prochaine réunion de l’ECOFIN, prévue pour le mois de mai. Etant donné que ce sujet figure également à l’ordre du jour de la réunion du G20, il était important que le Conseil élabore dès à présent une position commune.
Au premier jour de la réunion informelle des ministres de l’économie et des finances qui se tenait à Gödöllő, il a été décidé que la Commission Européenne engagerait, en association avec le FMI, les négociations sur l’aide financière à accorder au Portugal.
10 avril 2011

Bien à vous,
Morgane BRAVO

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