2006 Création du Blog, From Paris, France *Morgane BRAVO, ancienne Stagiaire « Livre Bleu » de la Commission Européenne au sein du Secrétariat Général à Bruxelles. Avocat de formation, expérience Diplomatique... 2002 en France : Candidate (titulaire) aux élections Législatives, dans la 14ème Circonscription de Paris. 16e arrondissement (Sud)* Passionnée du Web depuis 1998, Geek 2.0, #Europe, #EU, #UE, #EURO, #ZoneEuro #Gov2.0 #Diplomatie digitale @EcologieI #G20 #Gouvernance

Wednesday, March 14, 2012

*Stimulation de la croissance et lutte contre le chômage au menu de la rencontre entre l’UE et les partenaires sociaux*



Le président de la Commission européenne, M. José Manuel Barroso, le président du Conseil européen, M. Herman Van Rompuy, et la Première ministre du Danemark, Mme Helle Thorning-Schmidt dont le pays assure la présidence du Conseil, ont rencontré les représentants des travailleurs et employeurs européens au Sommet social tripartite.

Ce sommet a porté, notamment, sur le rôle décisif des partenaires sociaux dans la gouvernance de l’Union européenne et sur l’importante contribution qu’ils peuvent apporter à la relance de l’emploi et de la croissance.
Le Premier ministre d’Irlande, M. Enda Kenny, le ministre du Travail de la République de Chypre, Sotiroula Charalambous, et le commissaire européen à l’emploi, aux affaires sociales et à l’inclusion, M. László Andor, ont également participé à la discussion.
Les partenaires sociaux européens (CES, BUSINESSEUROPE, CEEP et UEAPME) ont reconnu que la croissance et l’emploi devaient être placés de toute urgence au centre des préoccupations et que des investissements importants étaient nécessaires pour soutenir la reprise. Ils ont présenté leur programme de travail conjoint pour la période 2012-2014, programme qui comprend, entre autres, une étude commune consacrée à l’emploi des jeunes ainsi qu’une analyse approfondie de la question de l’emploi, de l’apprentissage tout au long de la vie et de la gouvernance économique et sociale de l’Union. Ils ont aussi demandé à participer de manière active à l’exécution de programmes de réforme nationaux et à la gouvernance de l’Union dans son ensemble.

Bien à vous,

*BREF APERCU : Colloque ADETEF « Coopérer pour promouvoir la responsabilité de l’administration »* France



Colloque : Adetef «  Coopérer pour promouvoir la responsabilité de l'administration » 
a eu lieu le 7 mars 2012, 
au centre de conférences Pierre Mendès France à Bercy, Paris.

Evénement parrainé par les Ministres en charge de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l'Etat, Porte-parole du Gouvernement, et de l'Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement.

Programme
9h20-10h50 : Session introductive : L’usager, le citoyen et l’administration : quelle responsabilité dans l’action publique ?Les événements nationaux au sud et à l’est de la Méditerranée, que l’on a appelés le printemps arabe, ont rappelé que la relation entre politiques publiques et aspirations de la société est un des fondements de la gouvernance d’un pays. Comment et pourquoi l’usager-citoyen doit-il être au cœur de ces politiques ? 
    • M. Paul CLAIRET, Conseiller à la direction générale pour le Développement et la Coopération, Commission européenne (Union européenne)
    • M. Hedi LARBI, Directeur régional Moyen-Orient, Banque mondiale (Liban)
    • M. Patrick N’GOUAN, Coordonnateur national de la Convention de la Société civile ivoirienne (Côte d’Ivoire)
    • M. Michael RUFFNER, Directeur de la Coopération technique, Trésor
      (Etats-Unis)
    • Modération : Mme Delphine d’AMARZIT, Inspectrice générale des Finances, Chef du service des Affaires multilatérales et du Développement, direction générale du Trésor, ministère en charge de l'Economie (France) 
  • 11h20-13h : Table ronde 1 : Rendre compte aux citoyens, la transparence des politiques publiques.
  • 14h30-14h50
    Projection d’un documentaire d’Adetef sur les terrains de la coopération
  • 14h50-16h30 : Table ronde 2 : Les politiques du développement économique durable, posant de nouveaux enjeux de responsabilité.
  • 16h30-16h45 : Conclusion.
    • M. Etienne ROLLAND-PIEGUE, Directeur adjoint de l'Economie globale et des stratégies du développement, ministère des Affaires étrangères et européennes (France)
    • Egalement présents :
  • M. Kouakou Pascal ABINAN, Directeur général des Impôts,
    ministère de l’Economie et des Finances (Côte d’Ivoire)
  • Mme Manal ASSIR, Conseillère administration fiscale, FMI– METAC (Liban)
  • M. Amadou BA, Directeur général des impôts et des domaines,
    ministère de l’Economie et des Finances (Sénégal)
  • Mme Lily BEGIASHVILI, Directrice générale adjointe des Impôts,
    ministère des Finances (Géorgie)
  • M. Noureddine BENSOUDA, Trésorier général du Royaume,
    ministère de l’Economie et des Finances (Maroc)
  • M. Saša MOGIĆ, Conseiller du Ministre en charge des questions relatives à l'administration électronique, ministère de l’Administration publique et  l’Autonomie locale (Serbie)
  • M. Dragutin RADOSLAVJEVIC, Directeur général des Impôts,
    ministère des Finances (Serbie)
  • M. Andrian TIMOTIN, Directeur adjoint de l’Inspection générale des Impôts, ministère des Finances (Moldavie)
      • BREF APERCU
      • Crédit Photos ©Morgane BRAVO
      •  Table ronde 1 : Rendre compte aux citoyens, la transparence des politiques publiques.
      • Un équilibre entre ce qui relève de la décision publique, en particulier dans le cadre des missions régaliennes d'un Etat, et ce qui relève de la redevabilité à l’égard du citoyen-contribuable, est nécessaire. Il sera débattu au travers d’exemples concrets de réformes dans des pays partenaires de la France, certains accompagnés par une assistance française et internationale.
      • M. Mouhamadou Makhtar CISSE, Directeur général des Douanes,
        ministère de l’Economie et des Finances (Sénégal)
      • M. Artur PAPAJANI, Médiateur, ancien Directeur général des Impôts, ministère des Finances (Albanie)
      • M. Abderrahmane RAOUYA, Directeur général des Impôts,
        ministère des Finances (Algérie)
      • M. Filiga Michel SAWADOGO, Directeur général des Impôts,
        ministère chargé de l’Économie et des Finances (Burkina Faso)
      • M. Vyacheslav TOLKOVANOV, Directeur de l’Agence nationale de la Fonction publique (Ukraine) 
      • Mme Rabha ZEIDGUY, ancienne Secrétaire générale de l'Instance Centrale de Prévention de la Corruption et actuellement membre du Conseil supérieur de la Communication Audiovisuelle (Maroc)
      • Modération : M. Bruno PARENT, Inspecteur général des Finances (France) 
    • Table ronde 2 : Les politiques du développement économique durable, posant de nouveaux enjeux de responsabilité.
      Les administrations publiques sont plus généralement responsables de l'instauration des conditions d'un développement économique durable vis-à-vis de leurs citoyens. Dans ces matières, la responsabilité publique porte non seulement sur les moyens et les processus mis en œuvre, mais aussi sur les résultats. Comment l'adhésion des citoyens à ces nouveaux champs de politiques publiques se construit-elle ? Comment l'assistance technique peut-elle contribuer à assurer le succès de ces politiques ?

      • Mme Houda ALLAL, Directrice de la Stratégie de l’Observatoire méditerranéen de l'Energie
      • Mme Latifa ECHIHABI, Directrice générale de l’Agence nationale pour la promotion de la petite et moyenne entreprise (Maroc)
      • M. Sami GHAZALI, Directeur de l’Unité de développement de l’Economie numérique, ministère des Technologies de la Communication (Tunisie)
      • M. Mohamed HAMMOUDA, Expert formateur, ancien Directeur du tourisme de wilaya (Algérie)
      • M. Osman MAHOMED, Président de la commission Maurice Ile durable
        (Ile Maurice)
      • Modération : Mme Michèle PAPPALARDO, Conseillère maître à la Cour des Comptes (France)
      • M. Osman MAHOMED, Président de la commission Maurice Ile durable 
      • (Ile Maurice)
      • Mme. Latifa ECHIHABI, Directrice générale de l’Agence nationale pour la promotion de la petite et
      •  moyenne entreprise (Maroc)
    •  
    •                          Mme. Michèle PAPPALARDO, Conseillère maître à la Cour des Comptes (France)
M. Etienne ROLLAND-PIEGUE, Directeur adjoint de l'Economie globale et des stratégies du développement, ministère des Affaires étrangères et européennes (France)

INTERVENTIONS





Présentation du Plan Solaire Méditerranéen :
*ECOLOGIE & INNOVATION : DEVELOPPEMENT DURABLE DU XXIe Siècle!* 
http://developpementdurablexxis.blogspot.com

*A SUIVRE...!*

Bien à vous,

*BREF APERCU : Colloque « Quelle place pour l'entrepreneuriat social en France » *


Crédit Photo ©Morgane BRAVO

Le Colloque « Quelle place pour l'entrepreneuriat social en France » 
a eu lieu
Mardi 6 Mars 2012 de 13h00 à 17h00 au
Ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie
à Paris
en présence de
Muhammad Yunus,
Fondateur de la Grameen Bank (Bangladesh),
Prix Nobel de la Paix 2006

Roselyne Bachelot-Narquin,
Ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale

Valérie Pécresse,
Ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l’Etat


Le Centre d’analyse stratégique (CAS) et le programme LEED de l’OCDE (Développement économique et création d'emplois locaux) ont organisé un colloque sur la place de l’entrepreneuriat social en France.
L'entrepreneuriat social a aujourd’hui le vent en poupe. Les plus grandes écoles de commerce autant que la sphère financière traditionnelle s'y intéressent. Des initiatives innovantes et des politiques ciblées se multiplient de par le monde. Ces deux dernières années ont été marquées par de nombreuses ibnitiatives : création du fonds d’innovation sociale aux Etats-Unis, lancement de la « Social Business Initiative » à l’initiative de la Commission européenne, Big Society au Royaume-Uni et, en France, relance du Conseil supérieur de l’Economie sociale et solidaire.
À la croisée des politiques publiques et du marché, les entreprises sociales  cherchent à conjuguer efficacité économique et finalité sociale dans le sillon de l’économie sociale et solidaire.  Porteuses d'innovations, elles répondent à des besoins sociaux peu ou pas couverts par le secteur public ou le marché.
Il s’agit d’un phénomène émergent qui préfigure peut-être un dépassement de l'opposition classique entre profit et utilité sociale. Il trouve un écho particulier dans le contexte actuel, alors que se pose de façon pressante la question de la satisfaction de la demande sociale en matière de couverture des risques dans un contexte de ressources publiques rares.
Ce foisonnement de l'entrepreneuriat social peut également amener à repenser les modalités d’intervention publique. Face à l'émergence de nouvelles alliances (Etat, marché et citoyens), de nouveaux modèles économiques et au besoin d’innovation sociale, on assiste à la transformation de la production de biens et  services d'intérêt général.  Comment ces innovations sociales peuvent-elles s’harmoniser avec les politiques traditionnelles ? Comment faire pour que les dépenses qui y sont consacrées deviennent des investissements, et non pas seulement un coût, pour la collectivité ? Le modèle de l’entreprise sociale, en dépit de sa capacité à répondre aux besoins sociaux, reste pourtant encore relativement peu développé. Comment favoriser son essor et lever les freins à son développement 
Programme
14h00 - Ouverture du Colloque 
François-Daniel Migeon , Directeur général de la modernisation de l’Etat
Entreprises sociales : quel rôle pour les politiques publiques ? 
Yves Leterme , Secrétaire général adjoint de l’OCDE Vincent Chriqui , Directeur général, Centre d’analyse stratégique
Présentation de l’initiative européenne sur l’entrepreneuriat social 
Jiří Plecitý , responsable pour l'initiative de l'entrepreneuriat social au cabinet de Laszlo Andor , Commissaire européen chargé de l'emploi, des affaires sociales et de l'inclusion
14h45 - Table Ronde : Comment favoriser le développement d’entreprises sociales en France ?
Animateur : Tarik Ghezali , co-fondateur et administrateur du Mouves (Mouvement des entrepreneurs sociaux)

  • Jérôme Faure , Chef de la mission de l'innovation, de l'expérimentation sociale et économie sociale, direction générale de la cohésion sociale
  • Jean-Louis Bancel , Président du Crédit Coopératif
  • Jean-Marc Borello , Délégué général du Groupe SOS, fondateur du Comptoir de l'Innovation (CDI Plateforme et CDI Ratings)
  • Olivier de Guerre , Fondateur de PhiTrust Active Investors 
  • Pierre Choux , Président directeur général, Groupe ID'EES 
  • Arnaud Mourot , Directeur général, Ashoka Europe
  • Rohan Silva , Cabinet du Premier ministre, Royaume-Uni
16h00 - Intervenant d'honneur
Muhammad Yunus , Fondateur de la Grameen Bank (Bangladesh), Prix Nobel de la Paix 2006
Précédé par une allocution de Maria Nowak , Fondatrice de l'ADIE (Association pour le droit à l'initiative économique) et Présidente de Adie Microfranchise Solidaire

Discours de clôture :

Roselyne Bachelot-Narquin , Ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale



Valérie Pécresse , Ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l’Etat


BREF APERCU
Crédit Photos ©Morgane BRAVO

Tarik Ghezali , co-fondateur et administrateur du Mouves (Mouvement des entrepreneurs sociaux)
Vincent Chriqui , Directeur général, Centre d’analyse stratégique


Muhammad Yunus,
Fondateur de la Grameen Bank (Bangladesh),
Prix Nobel de la Paix 2006

Roselyne Bachelot-Narquin,
Ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale

Valérie Pécresse,
Ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l’Etat


INTERVENTIONS





Intervenant d'honneurMuhammad YUNUS, Fondateur de la Grameen Bank (Bangladesh), Prix Nobel de la Paix 2006

***A SUIVRE...!***

Bien à vous,

Tuesday, March 13, 2012

*Rétablir la vérité sur une Europe qui agit en faveur de la régulation financière et de la croissance : Michel BARNIER...*

Michel BARNIER Membre de la Commission européenne, chargé du Marché intérieur et des Services Rétablir la vérité sur une Europe qui agit en faveur de la régulation financière et de la croissance Audition devant les Commissions Affaires européennes, Finances et Economie du Sénat français Paris, le 6 mars 2012
Michel BARNIER
Membre de la Commission européenne, chargé du Marché intérieur et des Services
Rétablir la vérité sur une Europe qui agit en faveur de la régulation financière et de la croissance
Audition devant les Commissions Affaires européennes, Finances et Economie du Sénat français
Paris, le 6 mars 2012
"Messieurs les Présidents,
Mesdames et Messieurs les Sénateurs,
Merci pour cette nouvelle invitation collective de la part vos trois commissions que je connais bien.
Il y a un peu plus d'un an (25 janvier 2011), j'étais venu faire le bilan de ma première année en tant que Commissaire européen.
J'ai voulu revenir aujourd'hui devant vous avec une ambition très simple : faire le point sur l'action européenne qui me semble parfois méconnue ou passée sous silence.
Je ne suis pas venu vous dire que tout va bien en Europe mais comment l'Europe a fait face depuis 2 ans à des crises sans précédent, comment elle a réalisé des avancées majeures et comment elle s'attache à répondre aux vraies questions posées par la crise.
Depuis mon audition de l'année dernière, la situation économique s'est dégradée sous l'effet de la crise des dettes souveraines.
Cette crise nous a frappés alors que les effets des crises précédentes se faisaient toujours durement ressentir, avec un taux de chômage qui atteint aujourd'hui 10% dans l'Union, et même 23% en Espagne.
Pour l'année 2012, les dernières prévisions montrent que la croissance française devrait être limitée à 0,4% et la zone euro devrait connaître une récession de 0,3% du PIB.
Cela dit, cette succession de crises a conduit l'Europe à proposer des solutions inédites, en matière de gouvernance, de régulation financière et de croissance.
Ces avancées, trop de candidats, à gauche comme à droite, ont tendance à les nier, ou à se les approprier tout en reprochant à la Commission de ne rien faire.
Je veux ici rétablir la vérité en répondant à 3 grandes questions récurrentes.
I – Est-ce que la Commission en fait assez en matière de régulation financière ?
A la lecture de certains programmes, on pourrait en douter, tant ils présentent comme nouvelles des idées qui ont déjà été proposées ou discutées au niveau européen.
1. Ainsi, il a été proposé de séparer les activités des banques jugées utiles à l'économie de leurs activités spéculatives.
Voila 2 ans que nous mettons en place des règles qui ont précisément pour objet de ramener les banques à leur métier de base – prêter à l'économie !
Quelques faits :
J'ai proposé d'interdire aux banques, dans la révision de la MIF (Directive sur les Marchés d'Instruments Financiers) proposée en Octobre 2011, de mener des activités spéculatives sur les plateformes de négociation financières qu'elles détiennent elles-mêmes!
Depuis le 1er janvier 2012, grâce à la directive dite "CRD 3" (Capital Requirements Directive 3 / fonds propres règlementaires) les activités à risque sur les marchés sont strictement encadrées par des garanties exigées des banques. C'était un engagement du G20, l'Europe l'a mise en œuvre.
Parallèlement, nous encourageons les prêts à l'économie et notamment aux PME grâce un régime favorable proposé dans la Directive CRD IV. J'ai demandé, avec mon collègue le Vice-Président Tajani, à l'Autorité Bancaire européenne si on pouvait aller plus loin et j'attends leur rapport pour le mois de juin.
S'agissant de la séparation, je crois qu'il faut éviter l'improvisation et la rhétorique. Le modèle des banques dites "universelles" n'a pas provoqué la crise.
Certains considèrent que ce modèle est plus résistant avec ses deux piliers (banque de détail et banque d'investissement) qui permettent une meilleure diversification du risque. Cela dit, c'est une vraie question. Les Britanniques se sont engagés sur cette voie de séparation entre banque d'investissement et banque de détail. Les Etats-Unis, quand à eux, ont ciblé les activités spéculatives avec la Volcker rule. J'ai donc demandé à Erki Liikanen de conduire un travail approfondi avec un groupe d'experts indépendants pour faire des propositions sur le sujet. Ils produiront un rapport pour la Commission à l'automne.
2. Il a été proposé, également dans le débat présidentiel, de mettre fin aux produits toxiques qui enrichissent les spéculateurs et menacent l'économie.
Mais l'Europe, et donc la France, a agi !
Désormais, les autorités de contrôle (dont ESMA, l'Autorité européenne des marchés financiers) ont le devoir d'interdire tout produit financier toxique. C'est la réforme de la supervision adoptée depuis plus d'un an !
A titre d'exemple, nous avons interdit, sauf dans des cas exceptionnels et très encadrés, la vente à nu des CDS souverains dans notre texte sur les ventes à découvert agrée fin 2011.
Par ailleurs, nous venons d'aboutir à un accord politique entre le Parlement européen et le Conseil des Ministres sur l'encadrement des produits dérivés de gré à gré. Ce marché qui représente des transactions de plus de 600 000 milliards de dollars par an, opère dans la plus grande opacité.
En ce qui concerne les marchés agricoles, nous avons proposé dans la révision de la MIF que toutes les plateformes de négociation soient tenues de mettre en place des limites de position.
3. Certains nous reprochent de ne pas aller assez loin dans l'encadrement des marchés financiers.
Nous pourrons revenir par la suite sur les observations critiques formulées par la récente résolution du Sénat sur notre proposition de révision de la directive sur les marchés d'instruments financiers.
Cette proposition constitue un progrès majeur en termes de règles, de transparence et de responsabilité des acteurs.
A ma connaissance l'Europe est la seule région du monde à aller aussi loin dans les propositions : sur les nouvelles plates-formes de négociation alternatives et pour lutter contre les effets négatifs des innovations technologiques telles que le trading à haute fréquence.
4. Beaucoup de candidats plaident pour l'encadrement des bonus.
Là aussi, nous avons agi ! La directive européenne [CRD 3] sur laquelle j'ai obtenu un accord du Parlement et du Conseil, et en vigueur dans tous les pays de l'Union depuis janvier 2011, exige que le versement des bonus soit étalé dans le temps et lié à une performance à long terme.
Nous vérifions en ce moment la bonne application de ces règles. Je suis prêt à aller plus loin si nécessaire. Par exemple en imposant un ratio chiffré entre la partie fixe et la partie variable de la rémunération, ou entre les rémunérations les plus élevées et les rémunérations les plus basses dans une même banque.
5. Enfin, beaucoup souhaitent la création d'une taxe internationale sur toutes les transactions financières.
Là aussi, je suis très heureux que la Commission européenne inspire à ce point les programmes des candidats ! Notre proposition en la matière date du 28 septembre 2011: la taxe porterait sur une assiette très large (sur toutes les transactions sur tous les produits financiers, avec des taux de prélèvement très faibles) et elle permettrait selon nos estimations de générer un revenu de 57 milliards d'euros par an.
II – Est-ce que la régulation financière européenne ne risque pas de pénaliser la croissance ?
On tombe ici dans la critique inverse de la précédente.
Il y a un vrai paradoxe dans ce débat : au moment où certains me disent qu'il faut aller plus loin et plus vite, d'autres me disent qu'il faut faire attention à ne pas tuer la croissance par un excès de règles.
Sur ce point, je ferai trois observations :
1. N'ayons pas la mémoire courte : ce qui a pénalisé la croissance, c'est justement le manque de régulation.
C'est cela qui a conduit certaines institutions financières sur la voie des excès que l'on connait.
2. Nous calibrons: nos propositions tiennent compte des risques qu'une régulation trop rigide ferait peser sur le financement de l'économie.
Par exemple, notre proposition visant à augmenter les exigences de fonds propres des banques, qui est fidèle à l'accord de Bâle III, a été minutieusement calibrée pour éviter que les banques ne réduisent par contrecoup leurs prêts à l'économie.
3. L'un des traits saillants de notre action consiste justement à diriger l'épargne vers des secteurs porteurs d'une croissance équilibrée plutôt que vers des placements risqués.
J'en prends quelques exemples :
  • La proposition d'un passeport européen pour les fonds de capital-risque permettra d'attirer l'épargne vers l'innovation et les PME, qui jouent un rôle fondamental dans le financement des jeunes pousses innovantes.
    Bien à vous,


  • Nous venons également de proposer des mesures pour que les fonds d'entreprenariat social soient mieux identifiés et puissent lever des capitaux dans toute l'Europe. Il s'agit là d'orienter l'épargne vers des secteurs nouveaux, ou qui ne figuraient pas sur nos écrans radars parce que leur contribution économique est fortement sous-estimée, comme l'économie sociale et solidaire.
Ces exemples montrent les bénéfices que peut apporter une finance intelligemment régulée à l'économie réelle. La finance en tant que telle n'est pas l'ennemi. C'est la finance dérégulée qui pose problème, et à laquelle nous nous attaquons avec détermination au niveau européen.
III – Est-ce que l'Europe est capable de proposer autre chose qu'un projet d'austérité ?
Là aussi, je voudrais rétablir quelques vérités.
1. J'entends parfois dire que la Commission promeut l'austérité au détriment de la croissance.
La crise a mis en évidence l'irresponsabilité de nos comportements budgétaires. Je n'ai pas besoin de rappeler aux Sénateurs que vous êtes que le dernier budget en équilibre de la France remonte à 1975. Cette situation, nous en sommes tous responsables, à gauche comme à droite.
Il est donc nécessaire de consolider nos finances publiques, et nous ne pouvons pas nous permettre un nouveau plan massif de relance budgétaire. Mais cela ne signifie pas que nous ne faisons rien pour la croissance.
Nous avons adopté en avril 2011 avec une dizaine de mes collègues l'Acte pour le marché unique qui contient 12 leviers et autant d'actions clés pour faire revenir la croissance. Parmi ces 12 actions clés, 10 ont déjà été proposées par la Commission européenne.
Je pense en particulier au brevet unique européen, à la modernisation de la reconnaissance des qualifications professionnelles entre pays européens ou encore à la construction d'un véritable marché unique numérique.
2. Pour faire revenir la croissance, certains promettent de créer de nouveaux outils financiers pour lancer des programmes industriels innovants.
Mais nous le faisons déjà au niveau européen ! La Commission a proposé la souscription de "project bonds", ces emprunts obligataires qui visent à financer des projets d'infrastructures de transport, d'énergie et de télécommunications, en partenariat avec la Banque européenne d'investissement.
3. D'autres insistent sur le "acheter français" ou "produire en France".
Chacun exprime finalement les mêmes préoccupations avec des sensibilités différentes,
Mais tous expriment en réalité la même interrogation: va-t-on continuer de produire en Europe? Ou perdra-t-on progressivement nos moyens de productions pour devenir simplement consommateurs des produits des autres? Voilà la vraie question.
Je ne parle par de protectionnisme. Je parle de notre besoin d'investir sur le long-terme. Je parle de la nécessité de définir et de mettre en œuvre une véritable politique industrielle européenne. Je parle des mesures que nous devons prendre, ici en France, mais aussi dans d'autres pays européens, pour restaurer une compétitivité qui se dégrade et permettre à nos entreprises de bénéficier pleinement des débouchés que leur offre un grand marché de 500 millions de consommateurs.
4. D'autres enfin proposent plus de réciprocité en matière commerciale.
C'est un sujet qui ne peut être résolu qu'au niveau européen, puisque la politique commerciale relève de la compétence de l'Union.
Dans le cadre de l'Accord mondial sur les marchés publics, nous venons d'obtenir l'ouverture de nouveaux marchés aux Etats-Unis, au Japon ou en Corée. Nous travaillons activement à la question de la réciprocité avec la Chine, qui n'est pas encore membre de cet accord. Et puis, avec mon collègue Karel de Gucht, nous proposerons avant la fin de ce mois, un instrument qui permette de fermer nos marchés publics en tout ou partie aux entreprises des partenaires commerciaux qui ne donnent pas accès à leurs propres marchés publics.
5. Dernier point : j'entends dire que les nouveaux outils européens de gouvernance ne serviront qu'à verrouiller une politique d'austérité.
J'ai déjà dit que la consolidation budgétaire est nécessaire car nous devons arrêter de faire payer à nos enfants notre mode de vie d'aujourd'hui.
Le nouveau "pacte budgétaire" est un progrès pour assurer la soutenabilité de notre modèle social et éviter à l'avenir une nouvelle crise des dettes souveraines.
Je rappelle qu'il s'agit d'un compromis entre 25 pays. Il s'agit aussi d'un élément clé de la confiance: la confiance entre Européens, la confiance du monde extérieur dans l'Europe, mais aussi la confiance des marchés financiers dans la solidité de la zone euro. Je recommanderais donc qu'on fasse très attention.
Cela dit, la consolidation budgétaire n'est pas une fin en soi.
D'ailleurs, tous les outils dont nous avons besoin sont dans le pacte intergouvernemental et dans le "six-pack" qui, à côté du "pacte budgétaire", met en place une coordination très étroite des politiques économiques nationales, dans le cadre du nouveau "semestre européen". La vraie question est de savoir comment nous allons utiliser au mieux ces outils pour combiner la nécessaire rigueur budgétaire et des mesures de politique économique coordonnées au service d'une nouvelle croissance équilibrée et inclusive.
Par ailleurs, nous voulons faire du futur Mécanisme européen de stabilité un pare-feu efficace, qui permette d'agir rapidement en cas de difficultés financières d'un Etat tout en renforçant la solidarité au sein de la zone euro. J'avoue avoir encore du mal à comprendre pourquoi ce texte n'a pas recueilli l'unanimité au sein du Parlement français.
Mesdames et Messieurs les Sénateurs,
Vous le voyez, l'Union européenne prend des initiatives ambitieuses pour répondre à la succession de crises que nous traversons toujours. Nos efforts en faveur d'une régulation financière intelligente, d'une meilleure gouvernance et d'une croissance plus forte et plus soutenable sont en bonne voie.
Pour les concrétiser, nous avons besoin de soutien et de propositions nouvelles plus que de controverses inutiles.
Je vous remercie pour votre attention, et je suis à votre disposition pour dialoguer".