*TRAITÉ DE ROME*

Il est important de se rappeler d'où nous venons. Après les tragédies de la Seconde Guerre mondiale, le Traité de Rome fut un accord clé entre six pays qui a lié leur destinée via la Communauté économique européenne. À l'occasion du 60ème anniversaire de sa signature, nous revenons sur la manière dont le traité a posé les bases de l'Europe et de sa réalisation, défendues par le Parlement européen.

🇪🇺EUROPE FOR CITIZENS! #HUB & #ThinkTank!

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🇪🇺POUR QUE L'EUROPE, EN TANT QU’ACTEUR MONDIAL, NE SOIT PAS LOINTAINE DES EUROPÉENS & DES FRANÇAIS!. BIENVENUE, WELCOME, BIENVENIDO, WILLKOMMEN, WELKOM, BENVENUTO, BOAS-VINDAS, WITAJ, VITAJTE... By @MorganeBravo.

2010*50Years of Traineeships at the European Commission*

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*Founded in 2006. From Paris, France. Fondatrice du "HUB EUROPEAN UNION", Morgane BRAVO* "United in diversity", that's the motto of the EU! *Mieux informer les citoyens UE! « So that Europe, as a global player, is not far from Europeans » * *Ancienne stagiaire (Blue Book) de la Commission Européenne, au Secrétariat Général. Bruxelles. * President & Founder HUB « DIGITAL DIPLOMACY» «DIPLOMATIE NUMERIQUE ». *‪Fondatrice HUB 
‪« DIGITAL DIPLOMACY» : « POLITIQUE & SOCIAL NETWORKING ». *Fondatrice HUB « ECOLOGIE &INNOVATION : DEVELOPPEMENT DURABLE DU XXIE SIÈCLE!»* Présidente et Fondatrice du «Think Tank» Europe-Mexique.

*LES PRINCIPALES INSTITUTIONS DE L'UNION EUROPÉENNE*

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🇪🇺L'EUROPE. « L'Europe ne doit pas être un commentateur du monde. Elle doit en être l'architecte.🕊 La diplomatie européenne doit être une » 🕊 May the force be with you! Que la force soit avec vous!

jeudi, juillet 19, 2007

*Déclaration conjointe de M. Nicolas SARKOZY, Président de la République, et de Mme Angela MERKEL, Chancelière de la République fédérale d'Allemagne*

LE PRESIDENT - Mesdames et Messieurs, je voudrais tout d'abord vous dire combien je suis heureux d'être ici en compagnie de la Chancelière Angela MERKEL, que je veux remercier d'avoir accepté de venir dans les usines AIRBUS. Je voudrais qu'on lui dise merci, parce que c'est une démarche qui n'est pas anodine. Naturellement, si elle le veut, je viendrai en Allemagne dans les mêmes conditions. Je voudrais vous dire que, derrière nous, il y a d'abord les actionnaires de l'entreprise dans laquelle vous travaillez. Nous nous sommes tous mis d'accord, tous les actionnaires, pour doter l'entreprise d'une structure de direction normale, monocéphale, avec un responsable à chaque étage. Airbus et EADS sont des entreprises qui doivent être dirigées comme des entreprises, et pas comme des organisations internationales. Il a fallu se mettre d'accord. Nous avons travaillé depuis dix jours, tous ensemble, d'arrache-pied. Et nous avons travaillé en pensant que nous n'avions pas le droit de nous diviser alors que les emplois de dizaines de milliers de salariés en Allemagne, en France et dans toute l'Europe étaient en jeu. Ensemble, nous venons de signer une nouvelle organisation, une organisation avec un responsable à chaque niveau, comme toutes les entreprises. Dans le cadre de cette organisation, le CEO d'EADS sera Monsieur Louis GALLOIS, que vous connaissez, que vous appréciez. En tout cas, moi, je l'apprécie, et je le remercie d'avoir accepté. Le Président sera un Allemand, Monsieur GRUBE, qui va faire équipe avec Louis GALLOIS. Airbus sera dirigé par Monsieur ENDERS avec Monsieur Fabrice BREGIER en numéro 2. Angela dira ce qu'elle en pense, mais sachez que cela faisait des années qu'on en parlait, et des années que cela ne se faisait pas. Pour y arriver, il fallait que chacun fasse beaucoup d'efforts.

Nous avons prévu l'alternance des nationalités au bout d'un mandat de cinq ans. Le futur chairman d'EADS sera donc un français et ce sera, s'il le souhaite, Arnaud LAGARDERE, que je veux absolument remercier pour son engagement au service de cet accord. Je crois vraiment que l'on peut l'applaudir. J'ajoute que c'est désormais Arnaud LAGARDERE ou un de ses collaborateurs qui présidera l'organisme qui porte les actions de l'Etat français et de LAGARDERE.

J'ajoute que l'Etat français fera ce qu'il faut pour vous aider dans la recherche. C'est un grand jour pour cette entreprise, c'est une grande décision qui a été prise, c'est un grand jour pour l'axe franco-allemand. Je puis vous dire une chose : nous avions pris des engagements - c'est peut être la cinquième ou sixième fois que je viens dans cette usine - et ces engagements, nous les avons tenus et nous les tiendrons dans la compétition mondiale contre BOEING. Vous pouvez compter sur l'engagement total des actionnaires de vos entreprises. Merci.

Mme Angela MERKEL - Cher Nicolas, chers salariés, je suis, en cet instant, très émue d'être ici, à Toulouse. Lorsqu'il est venu me voir le jour même de son investiture, Nicolas SARKOZY m'a dit : "Ne faisons pas une rencontre uniquement dans le joli cadre d'une préfecture, mais venons donc dans une usine ". J'ai été touchée de rencontrer tant de salariés français et allemands aujourd'hui et cela montre à quel point l'amitié franco-allemande est réellement vécue à Toulouse, et pas seulement de façon théorique.

Je crois que ce que nous vous annonçons aujourd'hui est d'important. Cette entreprise se voit dotée d'une structure de gouvernance plus efficace, juste, équilibrée, et qui fait sens économiquement parlant. Nous avons durement travaillé pour y arriver, pour vous l'annoncer aujourd'hui.

Je voudrais dire, en mon nom et au nom de Daimler Chrysler, que du côté allemand, nous sommes très satisfaits. Nous avons assuré l'équilibre. Nous avons pu traduire dans les faits une idée que Daimler a déjà depuis assez longtemps, à savoir une structure de gouvernance monocéphale. Et nous avons réussi à ce que les choses soient organisées de telle façon que les personnes vont parfaitement s'entendre, vont pouvoir s'impliquer pleinement dans le travail. Ce qui montre également la justice du dispositif est le fait que nous annonçons d'ores et déjà l'alternance, car les deux parties peuvent très bien accepter l'autre formule.

Voilà ma vision de l'amitié et de la coopération franco allemande. Voilà pourquoi c'est une grande journée pour EADS, une grande journée pour Airbus, et c'est aussi une reconnaissance de votre travail, vous qui fabriquez les avions les plus modernes. Nous espérons que vous allez continuer à rattraper les retards de l'Airbus A380. Ce sera un grand moment lorsqu'on verra le premier A380 s'envoler pour Singapour à la fin de l'année. Ensuite vous continuerez avec l'A 350.

Lorsque je vois tous ces jeunes, ces jeunes filles, ces jeunes gens, je crois que c'est une très bonne solution que nous avons trouvée pour l'avenir de EADS et d'Airbus. Je suis, quant à moi, sûr que la coopération entre nos pays, dans ce projet européen sans équivalent, aura un rayonnement vers les autres pays d'Europe. On vient de voir quels étaient les différents pays qui participaient aux pièces de ces avions. Et je voudrais m'adresser au Président, Monsieur GRUBE, au CEO, Monsieur GALLOIS, au numéro un d'Airbus, Monsieur ENDERS qui sera davantage à Toulouse - sa vie va un peu changer - à Monsieur BREGIER, pour leur dire tous mes vœux de succès et de bonne coopération avec les actionnaires, avec les responsables, mais surtout avec chacune et chacun d'entre vous.
Merci à tous.

LE PRESIDENT - Je pense qu'on peut également saluer le Ministre des Affaires étrangères allemand, Monsieur Frank-Walter Steinmeier, qui est ici, le Ministre des Affaires étrangères français, Monsieur Bernard KOUCHNER, et la Ministre de l'Economie et des Finances, Madame Christine LAGARDE.

MME ANGELA MERKEL - Nicolas vient de dire qu'il souhaitait porter ce tee-shirt quand il fait son jogging. Moi, je le porterai lorsque je travaillerai dans mon jardin, et je penserai à Airbus.

Toulouse, le lundi 16 juillet 2007

Présidence de la République

*Tensions entre Londres et Moscou*


*** Le Royaume-Uni a expulsé quatre diplomates russes lundi 16 juillet. Cette expulsion fait suite au refus russe d'extrader Andreï Lougovoï, principal suspect dans le meurtre d'Alexandre Litvinenko, un ex-agent russe assassiné à Londres en novembre dernier.


Allemagne - die tageszeitung
Pour Ralf Sotscheck, l'expulsion des diplomates russes par le Royaume-Uni est une 'diplomatie de façade'. "Gordon Brown et son ministre des Affaires étrangères David Miliband doivent lancer un feu d'artifice d'initiatives au cours des cent premiers jours de leur mandat, pour bien marquer la rupture avec l'ère Blair. Mais l'expulsion des diplomates est un instrument dépassé. Comme l'a laissé entendre la Russie, la solution aurait été d'échanger Andreï Lougovoï contre le dissident russe Boris Berezovski, accusé de blanchiment d'argent, qui souhaite ardemment renverser le gouvernement russe. Les Britanniques refusent, avançant que Boris Berezovski ne bénéficierait pas d'un procès équitable à Moscou. Mais le Royaume-Uni lui réserve-t-il vraiment un procès équitable ? Car après tout, la récente histoire britannique regorge d'erreurs judiciaires."
(18.07.2007)

France - Le Figaro
Pour Pierre Rousselin, "l'évolution est inquiétante. Il ne faudrait pas en exagérer la portée, en se référant constamment à la guerre froide, période très différente d'aujourd'hui. Il ne faudrait pas non plus se voiler la face, comme ce fut le cas lors du dernier sommet à Kennebunkport [le 1er juillet], aux États-Unis, où, entre deux parties de pêche, George W. Bush et Vladimir Poutine ont voulu montrer que leurs relations étaient encore excellentes. (...) La vérité n'est ni dans cet optimisme officiel devenu sans objet ni dans un alarmisme excessif. La Russie n'est plus le partenaire auquel on avait pu rêver. Elle n'est pas, non plus, l'ennemie qu'elle était pendant la guerre froide. Pour éviter qu'elle ne le redevienne, il faudrait remettre notre discours sur la Russie en accord avec la réalité, et, surtout, arrêter toute escalade irrémédiable."
(18.07.2007)

Royaume-Uni - The Daily Telegraph
L'écrivain Alex Goldfrab, qui connaissait personnellement Litvinenko, estime que la façon dont Moscou gère cette affaire s'apparente à de la folie. "Bien qu'ils aient pratiquement été pris avec du sang sur les mains en train de commettre un acte de terrorisme nucléaire dans la capitale d'un de leurs alliés, les Russes ont choisi la confrontation. (...) La découverte, par des enquêteurs britanniques, de polonium 210 comme l'arme du crime a été un incident inattendu dans ce qui aurait été sinon un meurtre parfait. Et le Kremlin reste ferme. A ses yeux, le moindre signe de faiblesse mettrait en péril le pays et son système de pouvoir. (...) Dans ces conditions, le Royaume-Uni doit rester ferme et durcir son discours. Laisser le suspect s'en sortir serait perçu comme une faiblesse qui enhardirait le pseudo-Staline qui succédera à Poutine. Londres ne peut pas agir seul. Une action commune de l'Occident est nécessaire pour avoir un impact."
(18.07.2007)

Autriche - Der Standard
Pour Christoph Prantner, aucun Etat ne devrait tolérer que le crime demeure impuni sur son territoire. "Cela vaut pour le Royaume-Uni et cela aurait également valu pour les Russes si le lieu du crime avait été Moscou et non Londres, et si la victime avait été un dissident du régime britannique. Au Royaume-Uni, les principes de l'Etat de droit et de l'équité judiciaire seront très certainement respectés. C'est moins sûr dans la Russie de Poutine. C'est pourquoi il est grand temps que l'UE cesse d'observer le conflit pour commencer à agir. L'affaire Litvinenko fait partie des cas dans lesquels il n'est plus question d'affaires ou d'intérêts, mais de principes. Même si les Britanniques mettent souvent des bâtons dans les roues de l'UE, ils ont mérité son soutien."
(18.07.2007)

Eurotopics

mardi, juillet 17, 2007

*Pression fiscale au sein de l'Union européenne*

***L'évolution à la hausse de la charge fiscale globale dans l'UE.

Communiqué de presse Eurostat, STAT/07/89, 26 juin 2007.

Chaque année, l'Office statistique des Communautés européennes et la Direction générale Fiscalité et Union douanière de la Commission (Eurostat) publient un document présentant un ensemble d'indicateurs fiscaux. Ces indicateurs permettent notamment de chiffrer la pression fiscale dans l'Union européenne (UE) et de comparer les systèmes fiscaux de ses pays membres.

Dans ce document publié en 2007, l'Office statistique de la Commission indique que la charge fiscale globale - c'est-à-dire le montant total des impôts et cotisations sociales - dans l'Union européenne (UE) a augmenté en 2005 pour la première fois depuis 6 ans. Elle représentait 39,6 % de la richesse produite (PIB) en 2005.
Remarque : les recettes fiscales des pays membres de la zone euro sont plus élevées et atteignaient 39,9 % du PIB en 2005.
Selon la Commission européenne, la charge fiscale de l'UE demeure élevée par rapport au reste du monde. En effet, le taux d'imposition de l'UE dépassait en moyenne de 13 points celui des États-Unis et du Japon.

Mais, la Commission observe des disparités notables au sein de l'EU, la charge fiscale variant de façon significative d'un État membre à l'autre. Celle-ci allant, en 2005, de moins de 30 % en Roumanie (28,0 %) et en Lituanie (28,9 %), en passant par 44 % en France, à plus de 50 % en Suède (51,3 %) et au Danemark (50,3 %).

Toujours en 2005, Eurostat souligne par ailleurs que l'imposition du travail, a représenté près de la moitié du total des recettes des pays membres de l'Union, elle est restée globalement stable à un niveau élevé. Quant à l'imposition du capital, elle a représenté environ 22 % du total des recettes alors que les taxes sur la consommation ont représenté 28 % de ce total, et ont globalement augmenté.
À noter : la France se place parmi les pays affichant une pression fiscale relativement élevée. Elle se situe respectivement en quatrième et deuxième position pour le poids de sa fiscalité sur le travail et le capital.
En s'intéressant aux taux de l'impôt sur le revenu des personnes et de l'impôt des sociétés, de fortes disparités apparaissent. Les taux d'imposition sur le revenu des personnes allant de 59 % pour le Danemark à 16 % pour la Roumanie. Le taux de la France, relativement élevé, est de 40 %.

Quant à l'impôt des sociétés, les taux les plus élevés sont enregistrés en Allemagne (38,7 %), en Italie (37,3 %) et en France (34,4 %) et les plus faibles en Bulgarie et à Chypre (10,0 % chacun), en Irlande (12,5 %) et en Lettonie (15,0 %).

Ces dernières années, les taux ont affiché une tendance à la baisse dans l'ensemble de l'UE, en particulier pour l'impôt des sociétés, mais également pour l'impôt sur le revenu des personnes. En moyenne, les nouveaux États membres présentent des taux nettement plus faibles.

Plus anecdotique, mais néanmoins intéressant, la Commission révèle qu'en dépit de l'intérêt affiché par le grand public pour les questions environnementales, les recettes des taxes environnementales connaissent une baisse depuis 6 ans, et le plus faible taux de collecte depuis 10 ans.


par Delphine Gourbeyre

TPE-PME

*Allocution de M. Nicolas SARKOZY, Président de la République, à l'occasion de la reception à l'Hôtel de Brienne.*


Hôtel de Brienne, Paris, le vendredi 13 Juillet 2007

Je suis heureux de me retrouver, ce soir, parmi vous.

Après ma visite à Landivisiau et à l'île Longue ce matin, c'est une journée entière que j'aurai passée avec nos forces armées. C'est bien sûr, dans mon esprit, la marque du lien direct qui unit le Président de la République, Chef des armées, avec toutes celles et tous ceux qui ont la difficile mission de veiller sur nos intérêts et sur la sécurité de nos concitoyens.

C'est pour cela que je tenais à vous rencontrer la veille de notre fête nationale. Le 14 juillet, lors du traditionnel défilé, c'est la Nation tout entière qui vous rend hommage. Elle salue le courage, elle salue la loyauté, elle salue le dévouement et l'esprit de sacrifice de celles et de ceux qui ont choisi de servir sa défense, ses intérêts et ses valeurs à travers le monde. C'est la raison pour laquelle, au nom de la République, j'honorerai certains d'entre vous dans quelques instants.

Cette année, j'ai tenu à ce que cette fête nationale soit aussi celle de l'Europe. Demain, ce sont les 26 drapeaux de nos partenaires européens qui défileront aux côtés de nos armées J'en remercie d'ailleurs, cher Hervé, cher Alain, tout spécialement les ministres de la Défense qui sont parmi nous ce soir et je leur adresse un salut très amical. C'est l'image d'une Europe qui repart d'un même pas. Une Europe résolue à se remettre en mouvement après deux années d'immobilisme. Une Europe vigilante, qui n'oublie pas l'impératif de protection dans un monde plus instable et moins prévisible. Une Europe prête à assumer ses responsabilités et au sein de laquelle la France a bien l'intention de tenir son rang. Les bases d'une défense européenne existent. Il faut les faire grandir, en quittant le terrain des mots pour celui de l'action :

Demain davantage qu'aujourd'hui, je souhaite que l'Europe soit capable d'assurer sa sécurité de façon plus autonome.

Si la France pèse aujourd'hui sur la scène internationale, il lui faut un outil de défense adapté et à la hauteur de ses ambitions. C'est aussi là l'intérêt fondamental de l'Europe et de nos partenaires.

Aujourd'hui, plus que jamais, - et vous le savez mieux que personne - c'est sur le terrain que se gagne ou se perd le combat. C'est sur le terrain qu'une nation affirme son influence, qu'elle pèse dans une coalition au travers des forces qu'elle est capable d'engager.

Cet engagement sur le terrain est pour vous de plus en plus difficile et de plus en plus dangereux. L'Afghanistan, le Proche-orient : Je sais la somme de courage et d'abnégation que requiert l'accomplissement de vos missions dans un tel contexte. Je sais ce que cela signifie pour vos familles, que je veux saluer particulièrement, dont j'imagine qu'elles sont souvent confrontées à l'absence et parfois à l'angoisse. Je sais aussi, hélas, le lourd tribut payé par certains de vos compagnons d'armes, tribut qui peut aller jusqu'au sacrifice ultime. Mes pensées émues vont vers eux et leurs proches. Je veux leur témoigner la reconnaissance imprescriptible de la Nation tout entière.

Dès les premiers jours de ma présidence, j'ai parlé directement aux commandants des forces en opération, avec Hervé MORIN. Pour moi la règle est simple : chaque soldat français engagé en opération le sera de manière utile, au service d'une cause légitime, pour mettre en œuvre une politique lisible et sera jugée sur des résultats concrets.

C'est dans cet esprit que j'ai appelé, avec Bernard KOUCHNER, à la mobilisation de la communauté internationale sur le Darfour. Car chaque jour, le silence y tue et on ne peut accepter qu'on n'y fasse rien. Nous avons relancé, ici, à Paris, le processus. Du côté tchadien, nous n'avons pas attendu pour agir. La rapidité et l'efficacité avec laquelle vous avez mis en œuvre le pont aérien méritent d'être saluées.

Mais soyons francs, nos armées aujourd'hui ne disposent pas toujours des équipements dont elles ont besoin. Les causes en sont multiples, les responsabilités aussi. Il s'agit maintenant de construire l'avenir. Il s'agit de construire l'armée de nos besoins, pas celle de nos habitudes. Je m'y emploierai, car c'est ma responsabilité de chef des armées.

C'est pourquoi j'ai souhaité la rédaction d'un nouveau livre blanc qui sera régulièrement actualisé. Qui peut croire aujourd'hui qu'une vérité d'il y a quinze ans soit encore totalement pertinente ? Qui peut croire qu'une vérité d'aujourd'hui le sera encore dans quinze ans ? Le monde bouge, nous devons en tenir compte. La faculté de nos armées à s'adapter et à anticiper son évolution est la clé de votre efficacité et de votre crédibilité.

C'est dans cette perspective que se poursuivra la consolidation de notre effort de défense. Cette consolidation ne se réduit pas à une question de moyens. Elle exige des réformes de fond dans l'organisation et la gestion de notre outil de défense. Je demanderai au ministre de la Défense de les conduire.

Il y a des pistes simples, que nous devons explorer sans tarder car nous n'avons pas de temps à perdre. Nous avons fait l'Europe mais, sur notre continent, au moment où je parle, il n'y a rien moins que 3 programmes d'avions de combat, 6 programmes de sous-marins, 8 programmes de blindés··· Ne nous plaignons pas que nos concitoyens doutent de l'Europe, si on leur parle d'Europe de la défense et que l'on est capable d'aligner 8 programmes différents de blindés.

Dans le domaine des équipements, il nous faut une remise à plat de nos programmes. Je l'ai annoncée, nous la ferons.

Dans le sillage de la rédaction du Livre blanc, nous préparerons une nouvelle Loi de Programmation Militaire. Elle traduira en termes de capacités, d'équipements et d'effectifs, les conclusions politiques que nous tirerons du Livre blanc.

Pour ce vaste chantier, je sais pouvoir compter sur votre loyauté, sur le sens de l'intérêt général de vos chefs et sur votre dévouement. J'ai la responsabilité d'être chef des armées et je l'assumerai. Vous aurez les moyens de vos missions, mais nous avons un devoir vis à vis de nos concitoyens : s'assurer que chaque euro investi est utilisé de la meilleure façon.

Mesdames et messieurs, je vous demande de constater une information très importante : la baraka faisant partie de la bonne gestion, il pleut depuis un mois et demi sur Paris, et cela s'arrête le 13 juillet : c'est de bonne augure pour le 14 !

Bon défilé et bonne fête à tous !

Présidence de la République

mercredi, juillet 11, 2007

*Des bouées sous-marines qui produisent de l'énergie *


*** Une société écossaise a inventé un nouveau type de générateur capable de convertir le mouvement des vagues en électricité. Contrairement aux systèmes existants, il est totalement immergé dans l'eau et n'est donc pas sensible aux conditions météorologiques à la surface.

Elles font penser à des mines sous-marines, mais leur fonction est beaucoup moins sinistre : ces bouées immergées à 50 mètres de la surface sont capables de récupérer l'énergie produite par les vagues. Elles ont été mises au point en Ecosse par l'entreprise AWS Ocean Energy, qui va ancrer cinq prototypes sur un site d'essai situé au large des côtes du pays l'année prochaine.

L'énergie houlomotrice n'est pas une nouveauté. Il existe plusieurs types de convertisseurs d'énergie des vagues, dont le plus connu est sans doute le Pelamis, un dispositif flottant qui ondule comme un serpent à la surface de l'océan. Ses cylindres joints par des charnières captent l'énergie de la houle en montant et descendant au gré des vagues. Mais le problème des systèmes de surface comme celui-ci, c'est qu'ils sont très vulnérables aux fortes tempêtes.

Le convertisseur d'AWS, en revanche, est fabriqué avec les mêmes matériaux que l'on utilise pour les parties sous-marines des plates-formes pétrolières et baigne dans le calme des eaux profondes. Il capte l'énergie des vagues à distance, à partir des variations de pression qu'elles provoquent en modifiant la hauteur d'une colonne d'eau. Les bouées sont remplies d'un gaz compressible qui permet à leur moitié supérieure de se déplacer selon un axe vertical. Lorsqu'une vague passe en surface, l'augmentation de la masse d'eau accroît la pression de la colonne d'eau, et la partie supérieure du système est poussée vers le bas. Entre deux vagues, la colonne d'eau étant moins haute et la pression plus basse, cette partie remonte. Ce mouvement de pompe est transformé en électricité, qui est ensuite transférée dans le réseau national terrestre.

"Une ville de 55 000 habitants aurait besoin de 100 bouées ancrées sur un demi-kilomètre carré de sol marin pour subvenir à ses besoins en énergie", explique Simon Grey, directeur d'AWS. Et il ajoute que ce système pourrait être efficace dans l'Atlantique Nord (depuis l'Ecosse jusqu'au Portugal), sur la côte Pacifique de l'Amérique du Nord (de San Francisco à Vancouver), le long de la côte chilienne et même en Afrique du Sud et en Nouvelle-Zélande. En revanche, dans les eaux plus calmes, comme celles de la Méditerranée, les vagues ne sont pas assez hautes pour actionner les bouées.

Catherine Brahic
New Scientist
Courrier International


*Photo : Le procédé AWS Ocean Energy, des bouées pour produire de l'électricité
DR

* Quatrième Réunion Informelle des Ministres des Affaires Etrangères de la Méditerranée *


*** Lors de cette rencontre, les Ministres iront analyser ensemble l’initiative française pour l’Union de la Méditerranée, le Processus de Paix au Moyen-Orient, la Politique Européenne de Voisinage, les migrations et l’avenir de l’Europe.


*Conclusión de la Quatrième Réunion Informelle des Ministres des Affaires Etrangères de la Méditerranée-version anglaise :

THE KOPER CONCLUDING REMARKS
5-6 July 2007

We, the European Union Foreign Ministers of the Mediterranean area, gathered at an informal meeting on the Slovenian coast on 5 and 6 July 2007. Our Bulgarian and Romanian colleagues joined us for the first time. We had an open and comprehensive discussion on a number of issues that are of high interest and importance for the Mediterranean EU Member States and the entire European Union.
 Our exchange of views on the situation in the Middle East showed that the transitional Palestinian government needed quick and clear political and economic support of the entire international community in order to overcome the humanitarian crisis and ensure stability in the Palestinian territories. We agreed that the best way to support the moderate Palestinian forces is to provide a political solution and resume peace talks as soon as possible in order to make the two states solution a reality. We called for Israeli full engagement and cooperation. We urged the Quartet to convene its meeting this month.
 We reaffirmed the great importance of the European Neighbourhood Policy (ENP). We supported a balanced approach to the ENP and agreed that we should actively involve our Mediterranean and Eastern European partners into the dialogue on issues of mutual concern, such as economic integration, energy, transport, migration, intercultural dialogue and strengthening of the human dimension. Furthermore, we agreed to further develop the Black Sea Synergy Initiative within the strengthened ENP, building on synergies with regional bodies and initiatives. In this respect, full cooperation between the EU and the Organisation of the Black Sea Economic Cooperation as well as other regional initiatives is necessary. We also agreed that our High Officials would meet in Madrid in the last week of July, prior to the conference “Working together – Strengthening the European Neighbourhood Policy”, to be organized in Brussels by the European Commission on 3 September, in order to elaborate some concrete proposals.
 Slovenia’s initiative on the establishment of the Euro-Mediterranean University was warmly welcomed and encouraged as an important step forward through a cooperation network of existing universities. Its creation could significantly contribute to the enrichment and strengthening of intercultural dialogue in the Mediterranean basin and elsewhere.
 We stressed that the European Union’s policy on migration must take into account all aspects of migration, with the purpose of strengthening the Union’s internal security as well as respect for human rights. Such comprehensive policy should include management of legal migration, effective border control and readmission of illegal immigrants, but also protection of refugees and prevention of human trafficking. We called for an intensified partnership between the EU and the countries of transit and origin of migratory flows. We underlined the need for further contributions of member states to FRONTEX joint operations. In this respect, successful cooperation and solidarity among all EU Member States are of greatest importance. We also underscored the importance of circular migration and the European Commission proposal on mobility partnerships.
 We welcomed the compromise reached at the June 2007 European Council on the treaty reform process and expressed support to the Portuguese Presidency to convene the Intergovernmental Conference later this month and conclude it by the end of this year. The mandate agreed by the European Council provides the exclusive basis and framework for the work of the Intergovernmental Conference. The new “Reform Treaty” should make the EU more transparent, effective and closer to its citizens. We agreed that the institutional reform is also necessary for further enlargement of the Union.
 We stressed the need to remain engaged in the Western Balkan region and make real its EU perspective. As regards Kosovo, we reiterated that the unity of the European Union is of utmost importance. We urged for an active approach of all sides involved considering also the time element of the issue. We also expressed our support for the efforts by the Portuguese Presidency.
 We reiterated the usefulness of such informal consultations and agreed to meet in Cyprus on January 17-18, 2008. We welcomed the proposal by Cyprus to invite the Secretary-General of the Arab League to that meeting.

UE

lundi, juillet 09, 2007

*Entretien de M. Nicolas SARKOZY, Président de la République, accordé au Journal du Dimanche, interviewé par Jacques Espérandieu et Virginie Le Guay.

Présidence de la République

QUESTION - Pas de traditionnelle interview télévisée du Chef de l'Etat à l'occasion du 14 juillet cette année. La rupture, c'est aussi ça?

LE PRESIDENT - Depuis que j'ai été élu, je me suis souvent exprimé. Aujourd'hui encore je m'exprime dans votre journal. Le 12 juillet, je le ferais à Epinal à propos de l'avenir de nos institutions. Je veux entretenir un dialogue continu avec les Français, leur expliquer ce que je fais, leur rendre compte des décisions que je prends, leur parler chaque fois que j'ai quelque chose d'important à leur dire. La prise de parole obligée, convenue, à date fixe, le 14 juillet ou un autre jour, ce n'est pas ma conception du dialogue avec les Français. Je ne veux me démarquer de personne. Je veux juste fonder ma relation avec les Français sur la sincérité et sur le respect.

QUESTION - Fini le temps où la parole présidentielle était rare?

LE PRESIDENT - Ce n'est pas la rareté qui fait la force de la parole présidentielle mais ce qu'elle exprime.

QUESTION - Allez-vous renoncer au traditionnel droit de grâce présidentiel du 14 juillet?

LE PRESIDENT - Il n'y aura pas de grâce collective. J'avais dit, pendant la campagne présidentielle qu'il n'y aurait pas d'amnistie, j'ai tenu ma promesse. L'élection présidentielle ne donne pas le droit " d'effacer les ardoises ". Quelle logique y aurait-il à ne pas amnistier les contraventions et à gracier les délinquants ? Ou faut-il admettre que la justification de la grâce présidentielle soit de vider les prisons qui sont surpeuplées. Le décret qui m'a été proposé visait à faire sortir 3000 détenus de prisons. Depuis quand le droit de grâce sert-il à gérer les prisons ? Que les juges d'application des peines appliquent les textes et, alors on respectera l'indépendance de la justice. La justice réclame à corps et à cris son indépendance, et la première chose qu'on me demande c'est de gracier 3 000 personnes. Eh bien non !

QUESTION - C'est une évolution de taille...

LE PRESIDENT - C'est ma conception de la République. Je ne ferai pas d'amnistie collective et je n'accorderai pas de grâce collective. En revanche, je reconnais l'utilité, pour des raisons humanitaires ou exceptionnelles, d'une grâce individuelle prononcée de façon transparente. Un individu saute dans la Seine, sauve trois enfants en train de se noyer, il se trouve qu'il a un casier judiciaire. La grâce individuelle peut alors jouer. Mais la grâce collective pour réguler les prisons, je ne l'accepte pas.

QUESTION - Y aura-t-il des grâces individuelles cette année?

LE PRESIDENT - Comment le dire à l'avance ? Chaque cas est un cas de conscience. Ce que je rejette c'est la décision collective et automatique. J'ai voulu mettre en application cette doctrine. Je ne prétends pas que ce que je fais est bien, que c'est juste, que c'est la vérité. J'essaye de trouver une cohérence.

QUESTION - Vous êtes élu depuis deux mois, les choses se passent-elles comme vous les aviez imaginées?

LE PRESIDENT - Ce n'est pas à moi de faire un bilan et certainement pas au bout de deux mois ! J'essaye de faire ce que j'avais pensé devoir faire : l'ouverture, un style nouveau, une certaine rapidité de prise de décision, les grandes réformes engagées, oui tout cela je l'avais rêvé, j'en avais pris l'engagement. Je le mets en œuvre. C'est lourd, c'est grave, c'est passionnant, c'est difficile, je n'en suis pas surpris.

QUESTION - Vous avez annoncé vouloir poursuivre l'ouverture...

LE PRESIDENT - Pour faire de grandes réformes, il faut une grande majorité. Président de la République, je dois me libérer de mes attaches partisanes, de mes liens amicaux. Il y a des talents dans toutes les familles politiques. Etre le Président de tous les Français, est pour moi une obsession. Quand je commence ma journée de travail je ne me dis pas: je veux être le Président des 21 millions de Français qui ont voté pour moi, même si je ne veux pas trahir mes engagements vis-à-vis d'eux, mais je pense aux 17 millions qui n'ont pas voté pour moi. L'ouverture, je la fais d'autant plus facilement que je n'en avais pas besoin arithmétiquement. Ce n'est pas de la petite politique. Avec Bernard Kouchner, Jean-Pierre Jouyet, Eric Besson ou Jean-Marie Bockel les choses se passent bien. Je n'ai qu'à me louer de cette équipe. Le ministre des Affaires Etrangères fait un parcours sans faute. Je l'ai vu notamment au sommet de Bruxelles. Je suis fier de l'image qu'il donne de la France. Ce n'est pas anecdotique de confier à Hubert Védrine une mission sur la place de la France dans la mondialisation. C'est réfléchi. Quand Martin Hirsch me parle de "bouclier sanitaire", je trouve que c'est une réflexion intéressante. Quand je j'observe le parcours de Rachida Dati, je suis fier··· Je veux donner l'image d'une France apaisée, réconciliée.

QUESTION - Rachida Dati, ce n'est pas l'ouverture...

LE PRESIDENT - C'est l'ouverture à la diversité. Pour moi c'est très important de dire à tous les jeunes des banlieues: regardez d'où vient Rachida, regardez où elle est. Il n'y a pas deux justices, il n'y en a qu'une seule. Regardez ce qu'incarne Rachida, ce que cela signifie pour tous. La "nouvelle vague", comme titre un hebdomadaire cette semaine, c'est ça. On disait que j'étais sectaire, que je copiais Le Pen, voilà la réponse : Rachida Dati, Rama Yade, Fadela Amara···J'ajoute que la vraie parité, ce n'est pas le nombre des femmes, ce sont les responsabilités qu'elles occupent.

QUESTION - Prendre dans votre équipe des personnalités du parti socialiste, c'est aussi un calcul politique?

LE PRESIDENT - Je le répète, je ne dois pas être l'homme d'un seul parti. Je veux que Dominique Strauss-Kahn soit le candidat de la France à la direction générale du FMI parce qu'il m'a paru être le plus apte à ce poste. J'ai déjà présenté sa candidature à Zapatero, à Prodi, à Gordon Brown, à Bush... Je sais que c'est un poste très convoité. Pour obtenir ce poste, il faut avoir une forte crédibilité, une expérience incontestable, être polyglotte, Dominique Strauss Kahn a ces qualités. Lui et moi avons la même vision du fonctionnement du FMI. Et je devrais priver la France de sa candidature parce qu'il est socialiste? Comment serais-je le Président de tous les Français si je raisonnais comme ça. Je n'ai pas demandé à Dominique Strauss Kahn de ne plus être socialiste. Le Président de la République doit rassembler.

QUESTION - L'ouverture se pratiquera-t-elle aussi pour la commission qui va travailler sur la réforme des institutions.

LE PRESIDENT - Je veux changer les mœurs politiques dans notre pays. Il est de mon devoir de fixer la ligne, le cap. Mais ce travail ne se fera pas sur mes seules idées. J'ai demandé à Edouard Balladur, ancien Premier ministre de présider cette commission. J'ai également demandé à Jack Lang, agrégé de droit public d'y participer. Au nom de quoi devrais-je me priver de sa réflexion ? Sous le seul prétexte que cela déplait à M. Ayrault? J'ai aussi demandé à Pierre Mazeaud, ancien Président du Conseil Constitutionnel ainsi qu'à Jean-Louis Bourlanges, à Guy Carcassonne, à Olivier Schrameck d'y participer. Guy Carcassonne a été le conseiller de Michel Rocard, Olivier Schrameck a été le directeur de cabinet de M. Jospin, et alors?

QUESTION - Quand sera installée la commission sur la réforme des institutions?

LE PRESIDENT - Dans les quinze jours. Je souhaite que la réforme constitutionnelle soit prête avant la fin de l'année, au plus tard début janvier.

QUESTION - On a beaucoup parlé cette semaine de vos rapports avec François Fillon...

LE PRESIDENT - Parlons plutôt des conséquences du passage du septennat au quinquennat. Passer de sept ans à cinq ans, c'est passer d'un président arbitre à un président engagé. Au premier tour, j'avais 31,50 % des voix, au deuxième tour 53 %. Les Français ne m'ont pas élu pour regarder passer les trains ! Le Premier ministre est, pour moi, un interlocuteur indispensable, indissociable. Il met en œuvre le projet présidentiel que nous avons conçu ensemble. C'est une tâche considérable. C'est lui qui rend les arbitrages entre les ministres, c'est lui qui travaille avec eux la plupart du temps. Il va bientôt rencontrer M. Zapatero comme il a été voir Mme Merkel. Il le fait avec mon plein accord et je suis très heureux de la dimension européenne qu'il pourra prendre. Le Premier ministre va participer à la politique étrangère de la France.

QUESTION - Il n'y a donc plus de "domaine réservé" au Président de la République?

LE PRESIDENT - Un "domaine réservé" ? La politique étrangère serait si importante que ni le Parlement ni le Premier ministre ne pourraient y être associés ? Moi je pense au contraire que c'est parce qu'elle est importante, que le Premier ministre doit s'en mêler et le parlement s'y intéresser ! François Fillon et moi, nous avons fait campagne ensemble, nous avons rédigé le projet présidentiel ensemble. J'ai été heureux du discours de politique générale qu'il a fait mardi à l'Assemblée nationale. Il n'y a pas par définition, de rivalité entre nous. J'ai été élu pour conduire une action. Je la conduis avec le Premier ministre.

QUESTION - Demain lundi vous vous rendez à Bruxelles à l'Eurogroupe: une première là aussi.

LE PRESIDENT - Pourquoi pas? L'économie, la croissance, le plein-emploi sont des sujets si importants que les chefs de gouvernement et chefs d'Etat doivent s'en préoccuper directement. Je proposerai lundi qu'il y ait, à la rentrée, une réunion européenne des chefs d'Etat et de gouvernement pour parler de la politique économique. Lundi, j'assisterai à cette réunion de l'Eurogroupe avec Christine Lagarde. Je suis fier qu'elle soit la première femme Ministre de l'Economie. Lundi, j'expliquerai à nos partenaires ce que nous allons faire pour retrouver de la croissance. La France est de retour en Europe.

QUESTION - Cela ne va pas être facile de convaincre vos partenaires européens. La situation budgétaire française suscite des critiques...

LE PRESIDENT - Croyez-vous que ce que j'ai fait depuis deux mois a été facile? Faire accepter à nos partenaires le traité simplifié c'était facile? Mais c'est pour faire des choses difficiles que j'ai été élu. On ne peut pas continuer à être les seuls à ne pas avoir une monnaie au service de la croissance et de l'emploi. Je suis pour l'indépendance de la banque centrale, je suis pour diminuer les déficits. Cela passe par la réduction des dépenses et par l'augmentation des recettes. Mais si vous réduisez les dépenses et les recettes en même temps expliquez-moi, comment vous vous en sortez?

QUESTION - Berlin critique les choix économiques de la France

LE PRESIDENT - L'Allemagne est-elle aussi critique que vous le dîtes? En tout cas, Mme Merkel était très satisfaite qu'on ait si bien travaillé ensemble sur le traité simplifié. Et elle viendra le 16 juillet en France à Toulouse, pour réfléchir à l'avenir d'EADS. Il faut faire bouger les choses sur EADS, donner une gouvernance efficace à cette entreprise. Pour faire bouger les choses, il faut faire de la politique. Pour moi, la politique est dans tout. C'est le refus de la fatalité. Il y a toujours des marges de manœuvre.

QUESTION - Vous revenez du G8. Quels sont les chefs d'Etat dont vous vous sentez le plus proche?

LE PRESIDENT - Il y a déjà quelqu'un que je vais regretter : c'est Tony Blair. Je l'aime beaucoup. Il a un charisme, une joie de vivre··· J'apprécie aussi beaucoup M. Zapatero. Avec Angela Merkel, on forme un bon tandem···

QUESTION - La fusion Suez/ GDF revient à l'ordre du jour. Quel est le scénario le plus probable?

LE PRESIDENT - On y travaille. Je réfléchis énormément parce que l'emploi de dizaines de milliers d'hommes et de femmes est en jeu. Ces questions, ne sont pas pour moi du meccano. Au meccano, je préfère la stratégie et le respect des gens. J'ai besoin d'avoir encore quelques éléments pour bien appréhender la situation.

QUESTION - L'idée de la fusion n'est donc pas acquise?

LE PRESIDENT - J'approfondis avec François Fillon tous les aspects de ce dossier, nous nous efforçons de trouver la meilleure solution possible.

QUESTION - Qui pourrait être présentée quand?

LE PRESIDENT - Rapidement.

QUESTION - Est-ce pour cela que vous allez en Algérie la semaine prochaine ?

LE PRESIDENT - L'idée qu'un producteur de gaz est utile pour Gaz de France est intéressante. Mais on peut s'adosser à un producteur de gaz et en même temps faire la fusion. Ce n'est pas l'un ou l'autre. D'autre part, parmi les producteurs de gaz, il n'y a pas que Sonatrach, même si Sonatrach est important.

QUESTION - Que pensez-vous de la grève des journalistes aux Echos et à La Tribune?

LE PRESIDENT - Ce qui me semble extraordinaire c'est que les journalistes de La Tribune fassent grève pour que leur journal ne soit pas vendu par Bernard Arnault et que ceux des Echos fassent grèvent le même jour pour que leur journal ne soit pas acheté par Bernard Arnault. Comment la presse peut-elle se sortir d'une telle contradiction ? Les journaux se font avec des actionnaires. Mais vous ne me démentirez pas si je vous dis que le vrai problème de la presse pour moi c'est le problème de la distribution. Il faut favoriser la diffusion des journaux par une politique d'allègements de charges ambitieuse et par la multiplication des points de vente.

QUESTION - L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a été perquisitionné à deux reprises chez lui dans le cadre de l'affaire Clearstream. Une réaction?

LE PRESIDENT - Un Président de la république en exercice ne commente pas une instruction en cours. Je préside le Conseil Supérieur de la Magistrature, je suis garant de la séparation des pouvoirs, garant de l'indépendance de la justice. De plus, comment commenterai-je une affaire dans laquelle par ailleurs, je suis, à titre personnel, partie civile ?

QUESTION - Vous allez faire une étape sur le Tour de France?

LE PRESIDENT - Absolument. Je suis persuadé que le Tour de France fait partie des petits bonheurs des Français. Qu'un mois de juillet sans Tour de France, ce serait pas un mois de juillet. J'y vais d'autant plus que Christian Prudhomme, le nouveau patron du Tour, mène une action remarquable contre le dopage. Ce n'est pas au moment où les dirigeants du Tour s'efforcent d'assainir ce sport qu'on doit les laisser tomber!

QUESTION - Quel est votre favori?

LE PRESIDENT - Je n'ai pas un favori, j'ai une espérance: Christophe Moreau. Depuis qu'il a eu le maillot jaune, il a passé une période très difficile. Mais je ne fais pas la fine bouche sur son titre de champion de France parce qu'il a 36 ans.

QUESTION - Le Tour de France part de Londres. Comment se passe la collaboration avec les Anglais en ce qui concerne le terrorisme?

LE PRESIDENT - La menace est générale et élevée. J'ai demandé à Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, de réfléchir à un vaste plan d'installation de caméras dans nos réseaux de transports en commun. Il y a 25 millions de caméras au Royaume Uni, un million en France. Je suis très impressionné par l'efficacité de la police britannique grâce à ce réseau de caméras et il n'y a, à mon sens, aucune contradiction entre le respect des libertés individuelles et l'installation de caméras pour protéger la sécurité de chacun dans les transports en commun.

QUESTION - Quand ce plan pourrait-il être proposé?

LE PRESIDENT - A la rentrée.

QUESTION - Le choix de Bernard Laporte comme secrétaire d'Etat aux Sports, vous l'assumez totalement?

LE PRESIDENT - Totalement. Bernard Laporte est un homme intelligent, réfléchi. Et puis à travers lui, je fais un clin d'œil au Sud-Ouest, au monde du rugby bien sûr. J'apprécie énormément que le public du rugby soit calme, refuse la violence. Vous pouvez avoir 85 000 personnes au Stade de France, il n'y a pas de bagarre···

QUESTION - Faut-il un statut pour l'épouse du Chef d'Etat?

LE PRESIDENT - J'aime bien l'idée que ce statut se construise en fonction des personnalités de chacune, tranquillement, librement. Sans pression ni cadre prédéterminé.

Paru le dimanche 8 juillet 2007