*TRAITÉ DE ROME*

Il est important de se rappeler d'où nous venons. Après les tragédies de la Seconde Guerre mondiale, le Traité de Rome fut un accord clé entre six pays qui a lié leur destinée via la Communauté économique européenne. À l'occasion du 60ème anniversaire de sa signature, nous revenons sur la manière dont le traité a posé les bases de l'Europe et de sa réalisation, défendues par le Parlement européen.

🇪🇺EUROPE FOR CITIZENS! #HUB & #ThinkTank!

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🇪🇺POUR QUE L'EUROPE, EN TANT QU’ACTEUR MONDIAL, NE SOIT PAS LOINTAINE DES EUROPÉENS & DES FRANÇAIS!. BIENVENUE, WELCOME, BIENVENIDO, WILLKOMMEN, WELKOM, BENVENUTO, BOAS-VINDAS, WITAJ, VITAJTE... By @MorganeBravo.

2010*50Years of Traineeships at the European Commission*

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*Founded in 2006. From Paris, France. Fondatrice du "HUB EUROPEAN UNION", Morgane BRAVO* "United in diversity", that's the motto of the EU! *Mieux informer les citoyens UE! « So that Europe, as a global player, is not far from Europeans » * *Ancienne stagiaire (Blue Book) de la Commission Européenne, au Secrétariat Général. Bruxelles. * President & Founder HUB « DIGITAL DIPLOMACY» «DIPLOMATIE NUMERIQUE ». *‪Fondatrice HUB 
‪« DIGITAL DIPLOMACY» : « POLITIQUE & SOCIAL NETWORKING ». *Fondatrice HUB « ECOLOGIE &INNOVATION : DEVELOPPEMENT DURABLE DU XXIE SIÈCLE!»* Présidente et Fondatrice du «Think Tank» Europe-Mexique.

*LES PRINCIPALES INSTITUTIONS DE L'UNION EUROPÉENNE*

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🇪🇺L'EUROPE. « L'Europe ne doit pas être un commentateur du monde. Elle doit en être l'architecte.🕊 La diplomatie européenne doit être une » 🕊 May the force be with you! Que la force soit avec vous!

lundi, mai 04, 2009

***Les élections européennes***


***Dans un mois, l'Europe élira pour la septième fois un nouveau Parlement européen. Dans les 27 Etats membres de l'Union Européenne, la campagne électorale amorce sa phase intense.

La Presse européenne du 04/05/2009 :

La Repubblica - Italie
Le quotidien progressiste de gauche La Repubblica commente la progression du Piratpartiet [parti des pirates] en Suède, qui demande la suppression des licences et des droits d'auteurs ainsi que la protection de la liberté sur Internet : "Le Piratpartiet n'est pas officiellement rattaché à [la plate-forme d'échanges en ligne] The Pirate Bay, mais il y a d'étroites relations entre le site Internet et l'organisation politique. … Il y a 20 jours à peine, le parti ne comptait encore que quelques milliers de partisans et il n'avait remporté que 0,6 pour cent des voix en Suède en 2006. Un sondage réalisé par le quotidien suédois The Local jeudi dernier a toutefois alarmé les camps politiques suédois : le Piratpartiet obtiendrait environ 5,1 des suffrages. Un pourcentage qui en fait le quatrième parti du pays et lui donne de bonnes chances d'obtenir un siège au Parlement européen. … Il s'agit pour les sceptiques d'un phénomène provisoire et éphémère. Mais le parti est favorisé par l'importante diffusion d'Internet en Suède."
(04.05.2009)

The Observer - Royaume-Uni
L'hebdomadaire The Observer décrit les chances du parti d'extrême droite British National Party (BNP) aux élections européennes : "Si la région nord-ouest vote aux élections européennes le mois prochain, le BNP n'a pas besoin de gagner : dans un système qui utilise le mode de scrutin proportionnel, son candidat et président Nick Griffin n'a besoin que de huit pour cent des voix, un peu plus que les 6,5 pour cent de la dernière fois, pour remporter un siège au Parlement européen, le premier de l'histoire pour l'extrême droite britannique. … Il y a des signes qui montrent que le BNP manque de soutien, de ressources et de personnel. … Néanmoins, le 4 juin reste non seulement le jour J pour [le Premier ministre Gordon] Brown, mais ce pourrait également être un jour déterminant pour le devenir de la société britannique. Pour une fois, un simple croix sur un bulletin de vote pourrait réellement changer le cours de l'histoire. Et ne pas voter signifierait alors devoir vivre avec les conséquences."
04.05.2009)

Mladá fronta DNES - République tchèque
Le quotidien progressiste Mladá fronta Dnes qualifie de trompeurs des propos tenus par les sociaux-démocrates tchèques dans la campagne des élections européennes : "'Pas de coupes dans les allocations familiales', annoncent les sociaux-démocrates. 'Nous voulons un système de santé sans ticket modérateur, nous voulons la sécurité sociale pour tous, nous voulons des loyers abordables', disent-ils. Bien sûr, ce ne sont pas les députés européens, parmi lesquels se trouvent les hommes et les femmes tchèques qui gagnent le mieux leur vie, qui décident du montant des allocations familiales. Mais que reste-t-il aux sociaux-démocrates ? Ils doivent mobiliser autant de monde que possible. En 2004, seuls 28 pour cent des électeurs ont participé aux élections européennes."
(04.05.2009)

Neatkarīgā Rīta Avīze - Lettonie
D'après le quotidien Neatkarīgā rīta avīze, les élections européennes de juin ont déclenché un débat sur ce que les députés lettons ont obtenu ces dernières années: "Du haut de leur tribune, les députés lettons n'ont surtout pas cessé de rappeler la période de l'occupation soviétique. Toutes les personnes influentes d'Italie ou d'Espagne, qui n'avaient jusqu'à présent été abreuvées que par la propagande russe, savent désormais que l'origine des problèmes lettons vient de l'occupation. … L'Europe a enfin ouvert les yeux. Il sera désormais possible d'adopter une résolution avec laquelle les crimes du communisme seront jugés. Cela ouvrira à l'Europe une nouvelle perspective historique."
(04.05.2009)

Eurotopics

dimanche, mai 03, 2009

*Votons vraiment pour l'Europe le 7 juin !, par Gérard Larcher et Hubert Haenel*

***Cela fait trente ans que le Parlement européen est élu au suffrage universel direct. En près d'un tiers de siècle, son rôle a fondamentalement changé : en 1979, il était essentiellement consultatif ; aujourd'hui, il est l'institution-clé de l'Union européenne.

Pourtant, en France, les électeurs ne semblent pas avoir perçu cette évolution. L'élection européenne paraît, pour nombre d'entre eux, un scrutin sans grande conséquence.

Au mieux, il leur permet de punir le gouvernement en place, voire de se défouler en votant pour des partis extrêmes. Au pire, pour beaucoup d'autres, c'est un scrutin sans enjeu qui ne mérite pas qu'on s'y intéresse : lors des élections de 2004, moins de la moitié des électeurs avaient jugé utile de se déplacer.

Est-ce raisonnable que les citoyens français se privent du droit qui leur est donné d'agir sur la marche de l'Europe ? Nous ne le croyons pas.

Ceux qui critiquent la Commission européenne doivent savoir qu'elle agit sous le contrôle du Parlement européen. Celui-ci investit le président de la Commission, auditionne chacun des commissaires pressentis, puis investit l'ensemble du collège des commissaires ; il peut à tout moment renverser la Commission.

Et ces pouvoirs ne sont pas théoriques. En 2004, le Parlement européen a récusé deux commissaires pressentis. En 1999, il a provoqué la chute de la Commission présidée par Jacques Santer. Est-il cohérent de se plaindre, comme on aime à le faire dans notre pays, d'une Commission européenne trop "lointaine", trop "bureaucratique" et de se désintéresser en même temps des élections européennes, qui donnent aux citoyens le moyen de la contrôler par l'intermédiaire de leurs représentants ?

Ceux qui critiquent la législation européenne ou le budget européen doivent savoir que, depuis les changements apportés par les traités de Maastricht, d'Amsterdam et de Nice, aucune décision essentielle en Europe ne peut être prise sans l'accord du Parlement européen. Avec le traité de Lisbonne, ce pouvoir de codécision ne connaîtra pratiquement plus d'exceptions. Qu'on se souvienne, par exemple, de la "directive Bolkestein", qui a été si souvent mise en avant lors du référendum de 2005 sur le traité constitutionnel : si ce texte a cessé de susciter la controverse, c'est parce qu'il a été complètement réécrit par le Parlement européen, qui a pris en compte les inquiétudes qui s'étaient exprimées. Là également, est-il cohérent de se plaindre de la "législation imposée par Bruxelles", et de rester chez soi quand il s'agit de choisir ceux qui la font ?

La construction européenne demeure la grande affaire politique de notre temps. C'est elle qui permet aux pays qui constituent l'Union européenne d'avoir, ensemble, un poids dans un monde de géants.

Et qu'on ne dise pas que l'Europe est incapable d'utiliser ce poids : durant la présidence française, l'Union a montré qu'elle était capable d'être réactive et d'avoir un grand rôle dans la concertation mondiale pour lutter contre la crise financière et économique. Grâce à la construction européenne, nos pays qui, après deux guerres mondiales, avaient cessé d'être des acteurs de l'histoire, sont en train de reconstituer, ensemble, un pôle d'influence. N'est-ce pas un débat majeur que de savoir dans quel sens cette influence va s'exercer ?

Le choix des députés européens est un des plus importants de ceux que doivent faire les citoyens. Céder à la tentation du vote protestataire, c'est prendre le risque que l'influence des représentants français soit réduite à presque rien ! Au sein du Parlement européen, l'extrême gauche comme l'extrême droite sont là pour entretenir une agitation purement négative : ce n'est pas sur elles qu'on peut compter lorsque les intérêts et les valeurs de notre pays sont en jeu.

Or le Parlement européen, qui sera élu le 7 juin, aura à se prononcer sur ces questions essentielles : faut-il conserver une politique agricole commune ? L'Europe doit-elle se doter d'une politique industrielle ? Faut-il aller plus loin dans la libéralisation ou mettre en place de nouvelles régulations du commerce mondial ? Comment réorienter nos économies et nos sociétés vers le développement durable ? Faut-il aller vers plus d'harmonisation sociale en Europe ?

Lorsque ces questions capitales seront abordées, ne serait-il pas consternant que la plupart de nos représentants incarnent un folklore politique dérisoire au lieu d'être des élus responsables, capables de peser sur l'issue des débats ?

La construction européenne est une affaire sérieuse. Nous avons besoin de députés européens - qu'ils soient de droite, de gauche ou du centre - se reconnaissant dans les valeurs européennes et décidés à agir efficacement pour sortir l'Europe d'une crise économique et sociale sans précédent.

C'est dans la construction européenne que se joue une part déterminante de notre avenir. Il est temps que tous ceux qui en sont conscients s'emparent du scrutin du 7 juin pour participer au choix de cet avenir. Il faut se saisir de ce scrutin comme d'une chance !

Gérard Larcher est président du Sénat ;

Hubert Haenel est président de la Commission des affaires européennes du Sénat.

Le Monde
Article paru dans l'édition du 02.05.09.

***René DESCARTES : Philosophe français (1596-1650) considéré comme le fondateur de la philosophie moderne***


Gravure ancienne reproduite dans l'Histoire de la littérature française d'Émile Faguet, Plon-Nourrit, 1916, 20e édition (droite)

***Vie et œuvre
Biographie de Descartes (par Harald Höffding)

«Le fondateur de la philosophie moderne naquit le 31 mars 1596 dans une famille noble de la Touraine. Maladif, il trahissait déjà enfant des dispositions exceptionnelles, et son père avait l'habitude de l'appeler le philosophe à cause du grand nombre de questions qu'il posait. Pour recevoir une éducation soignée, il entra au collège des Jésuites de la Flèche, fondé depuis peu par Henri IV. Par la suite, il se souvint toujours avec reconnaissance de ses anciens maîtres, et lorsque les Jésuites prirent parti contre sa philosophie, il en conçut un grand chagrin. Il apprit à la Flèche la physique et la philosophie selon le système scolastique, mais il se livra surtout aux mathématiques. Il semble s'être préoccupé de fort bonne heure des idées qui le menèrent à sa grande découverte mathématique, la fondation de la géométrie analytique, c'est-à-dire à l'application de l'algèbre à la géométrie. Il a décrit lui-même, dans le Discours de la méthode, l'histoire de sa jeunesse, qui est en même temps la genèse de sa philosophie.

Au sortir de l'école, il se sentit peu satisfait de tout ce qu'il avait appris. Il connaissait beaucoup de faits; beaucoup de belles pensées lui avaient été transmises; il admirait surtout la méthode rigoureuse des mathématiques. Mais ces faits et ces pensées ne lui semblaient que des fragments incohérents et les mathématiques n'étaient à ses yeux qu'une inutile chimère. Il pendit donc au croc les études et se jeta dans le tourbillon de la vie de Paris.

Il ne put cependant renier entièrement son goût pour la spéculation; parmi ses papiers se trouvait un traité sur l'escrime datant de cette époque. Il eut vite fait de se dégoûter de cette existence vide et brusquement il délaissa ses amis. Il s'était retiré dans un quartier solitaire de la ville pour étudier en paix. Dès lors son idéal fut de plus en plus de mener une vie solitaire, consacrée à la réflexion et à l'étude. Il prit pour devise «Heureux qui a vécu caché!»(bene vixit, qui bene latuit!). Au bout de deux ans, ses amis le retrouvèrent et l'arrachèrent à la solitude. Il résolut alors d'étudier le « grand livre du monde ». Peut-être la vie pratique, qui met à l'épreuve toutes les pensées, apprendrait-elle aux hommes les vérités que de savantes spéculations ne peuvent faire découvrir. Du reste il voulait s'éprouver lui-même sous les coups du sort. Il entra comme volontaire à ses frais au service de Maurice d'Orange, tout en consacrant ses heures de loisir aux études, surtout aux mathématiques. De Hollande il passa en Allemagne, où la guerre de Trente ans était sur le point d'éclater. Il se joignit à l'armée rassemblée par le prince électeur de Bavière contre la Bohème révoltée.

Pendant qu'il prenait ses quartiers d'hiver (1619-1620) à Neuburg sur le Danube, une crise scientifique se produisit en lui; il trouva alors la méthode générale qui le guida par la suite dans ses études philosophiques et mathématiques. Dans une note posthume provenant de cette époque il a même indiqué la date précise du jour où naquit cette pensée décisive «le 10 novembre 1619, lorsque rempli d'enthousiasme je trouvai le fondement d'une science admirable». Il s'enferma dans son «poêle» et se livra à des pensées, qui le menèrent à sa théorie générale de la méthode. Il lui vint à l'esprit que de même que l'œuvre commune à plusieurs hommes est généralement plus imparfaite que celle exécutée par un seul homme, de même l'imperfection de notre savoir vient du grand nombre de nos professeurs, dont chacun nous inculque ses propres opinions, de l'influence des diverses tendances, des divers jugenïents contradictoires que nous entendons porter par les savants et par les gens de métier.

Pour remédier à cette imperfection, il faudrait recommencer par le commencement, faire abstraction de la tradition et élever notre édifice lentement et sur un fondement unique. La vraie méthode consiste à n'admettre que ce qui est clairement et distinctement pensé, à décomposer chaque difficulté en ses diverses parties et à partir du plus simple et du plus facilement intelligible pour entrer ensuite pas à pas dans les questions plus complexes. Telle est la méthode analytique telle qu'elle apparut dans ses grands traits à son regard intérieur. Dans le domaine des mathématiques cette méthode le mena à l'idée d'une science plus générale que les sciences mathématiques particulières: elle devait examiner les rapports, les proportions en général, que ce soit entre des figures ou des nombres ou d'autres choses. C'était une théorie générale des grandeurs ou des fonctions dont la géométrie analytique était l'application spéciale. — Ses pensées travaillaient avec une telle ardeur à ces idées qu'il tomba dans un état d'exaltation. Il eut des rêves bizarres et le lendemain il promit à la mère de Dieu de faire un pèlerinage à Notre-Dame de Lorette, afin qu'elle activât ses pensées. (Il n'accomplit toutefois ce vœu que lorsqu'une occasion favorable se présenta.) Un vœu de pèlerinage, voilà une singulière introduction à la philosophie moderne — et un pendant à la voix surnaturelle où Herbert de Cherbury entendit peu d'années après la sanction de sa «religion naturelle»

— Mais il était encore trop tôt, croyait-il, pour procéder à l'élaboration de sa philosophie. Après avoir participé à la prise de Prague et à une campagne en Hongrie, il revint en France et prit possession de quelques domaines qui lui étaient échus en héritage. Sa famille désirait le voir se marier et occuper un poste de fonctionnaire; mais il n'avait pas l'esprit disposé à cela. Il prit la résolution de consacrer sa vie à la science et pour pouvoir s'y livrer en paix, il passa en Hollande (1629). Il avait déjà eu à différentes reprises l'occasion de développer ses idées philosophiques, notamment sur la méthode, dans des cercles littéraires de Paris. Deux remarquables traités inachevés qui ne parurent que longtemps après sa mort: Règles pour la direction de l'esprit et Recherches de la vérité par les lumières naturelles datent certainement de cette époque. Ils présentent un exposé considérable de la méthode analytique. Durant la première période de son séjour en Hollande, il s'occupa (comme on le voit au Discours de la méthode, 3° et 4° parties) des idées spéculatives qu'il développe tout au long dans les Méditations. Il fonda là sa théologie et sa psychologie et trouva un chemin qui du doute même le mena au point de départ de toute connaissance philosophique cohérente.

Si Descartes se fixa en Hollande, ce ne fut pas seulement parce qu'il cherchait le calme et que — comme il disait — il pouvait mieux philosopher dans un climat plus froid. L'espérance d'y trouver une plus grande liberté pour ses recherches y fut aussi pour quelque chose. Le mouvement réactionnaire qui fit monter Bruno sur le bûcher et soumit l'âme de Galilée à la torture, avait gagné la France. Quelques jeunes savants ayant voulu en 1624 dans une conférence publique soutenir la théorie des atomes contre la physique d'Aristote, la faculté de théologie déclara hérétique la doctrine qui fait tout consister en atomes, car elle est contraire au dogme catholique de la Cène. La conférence fut interdite au dernier moment, alors qu'il y avait déjà un millier de spectateurs environ venus pour y assister. Les auteurs furent arrêtés et expulsés de la ville. Et le 6 septembre 1624 le Parlement défendit — sous peine de mort! — de poser des principes contraires au témoignage des auteurs anciens, et de faire des conférences non autorisées par la faculté de théologie! Cela était bien fait pour rendre l'air de Paris peu supportable pour un philosophe!

En Hollande, il pouvait espérer trouver une atmosphère plus libre. Outre les spéculations purement philosophiques, Descartes se livrait dans sa nouvelle résidence à l'étude des sciences de la nature et il rédigea un ouvrage qui devait s'appeler Le monde, où il se proposait d'exposer comment le monde s'est développé et édifié, conformément à des lois purement mécaniques. Il se figurait que Dieu a créé la matière sous forme de chaos et qu'il l'a ensuite organisée d'après les lois qu'il respecte maintenant encore dans la conservation du monde. De cette façon il conciliait la foi au dogme de la création avec l'idée d'un développement accompli selon des lois naturelles, que l'on peut encore démontrer maintenant. L'application de ces lois à la formation de notre système du monde fait de lui le devancier de Kant et de Laplace. Mais alors vint la nouvelle que Galilée était condamné et que le collège inquisitorial avait réprouvé la théorie de Copernic, supposée par Descartes dans son hypothèse et l'ouvrage fut abandonné. Il ne veut rien enseigner, écrit-i1 à son ami, le P.

Mersenne, qui.soit contraire à la foi de l'Église, et au surplus, sa devise est: heureux qui vit caché, bene vixit, qui bene latuit;il désire avant tout avoir la paix et éviter la crainte et les désagréments; aussi, étant donné l'état de choses présent, veut-il se borner à étudier pour lui seul. La belle devise de Descartes eut ainsi une vilaine application et l'on a dit avec raison que cette affaire était une tache pour son caractère. On voit à ses lettres qu'il était absolument d'accord avec les résultats de Galilée. Et bien qu'on ait tout lieu de croire que Descartes ait été un catholique sincère, on ne peut guère mettre en doute que la crainte, et encore plus peut-être le besoin de repos, lui aient surtout dicté sa retenue. Il exposa plus tard (dans les Principia philosophiœ) sa théorie de la genèse du monde — sous une forme déguisée, il est vrai. Comme dit son premier biographe, il jeta de la poudre aux yeux de l'Inquisition.

Descartes n'avait encore rien confié à la presse. Ses idées sur la philosophie et la science de la nature étaient cependant connues dans des cercles assez étendus, soit à Paris, soit en Hollande. La philosophie cartésienne — ainsi qu'on a dit avec raison — a été enseignée avant d'être étudiée dans les livres. Plusieurs de ses disciples l'exposèrent dans les universités de Hollande. Elle provoqua des luttes violentes qui attirèrent à son auteur bien des querelles. Ce n'est qu'en 1637 que, sur les instances énergiques de ses amis, il laissa publier quatre traités (Essays philosophiques, Leyde 1637) qui devaient donner des exemples caractéristiques de son investigation et de ses résultats. Dans le premier traité (Discours de la méthode), le seul qui ait une signification purement philosophique, il donne l'histoire de ses idées et les traits fondamentaux d'une théorie de la connaissance et d'une métaphysique nouvelles. Dans le deuxième et le troisième traités (Dioptrique, Météores), il donne l'exemple d'une explication rigoureusement mécanique de la nature, et dans le quatrième (Géométrie), il fonde la géométrie analytique. Il donna l'exposé complet de sa philosophie quelques années plus tard dans les Méditations (1640) et dans les Principia philosophiae (1644). Il avait envoyé les Méditations en copies à plusieurs penseurs contemporains, par exemple à Antoine Arnauld, le célèbre Janséniste, à Gassendi, à Hobbes, et leurs objections furent imprimées en supplément dans l'ouvrage proprement dit avec les réponses de Descartes, ce qui lui confère un caractère de dialogue intéressant. La discussion avec Gassendi se continua assez longtemps et prit un ton passablement aigre. L'opposition de Gassendi et de Hobbes était purement philosophique et pour cette raison toujours instructive; mais la nouvelle philosophie se heurta pour de tout autres raisons à une résistance de la part des Jésuites et du protestantisme orthodoxe. À Utrecht, à Groningue et à Leyde se livrèrent de violents combats, car les théologiens tenaient à la philosophie scolastique comme à un rempart de la foi.

Enfin, une interdiction des idées nouvelles fut rendue. Les Hollandais, dit Descartes dans une lettre, font plus de cas de la barbe, de la voix et de la mine des théologiens que de leur honnêteté. Il croyait les théologiens protestants pires que les catholiques. Il se trouvait entre deux feux. Les théologiens protestants l'accusaient de scepticisme, d'athéisme; ils disaient qu'il dissolvait les Universités, l'Église et l'État, ils condamnaient en outre sa philosophie comme papiste; et les théologiens catholiques l'accusaient non seulement d'opinions hérétiques, par exemple de croire au mouvement de la terre (ce qu'il avait essayé de cacher), mais encore de pencher vers le protestantisme et de prendre part au culte protestant.

Le dernier ouvrage de Descartes qui parut de son vivant, est l'intéressant traité des émotions (Les passions de l'âme, 1649). La naissance de ce traité est due à la princesse palatine, Elisabeth (fille de Frédéric du Palatinat, le malheureux roi de Bohème), avec laquelle il entretenait une active correspondance. Il développait ses idées éthiques dans les lettres qu'il lui adressait. Il entama aussi une correspondance avec une autre princesse de talent, la reine Christine de Suède. Sur l'invitation de Christine, il alla à . Stockholm pour l'initier personnellement à sa philosophie. Ce séjour «au pays des ours, des glaces et des rochers» (comme il dit dans une lettre) ainsi que la vie de cour fut préjudiciable à sa santé. Un an après son arrivée il contracta une maladie qui entraîna sa mort (1650).

Les traits principaux du caractère de Descartes ressortent nettement de sa vie. L'amour de l'étude et de la réflexion, auquel il fut fidèle toute sa vie et qui, lorsque des idées nouvelles illuminaient son esprit, pouvait parfois s'élever jusqu'à la ferveur et à l'enthousiasme, tel était le plus important et le plus beau trait de sa nature. Une situation favorisée et indépendante lui permit d'exécuter le plan qu'il avait tracé de sa vie et qui visait surtout à conserver pour l'amour de l'étude le calme et l'égalité de l'esprit. Il ne manquait pas de courage, et il le prouva dans ses voyages; mais il montrait trop de timidité et de déférence envers les autorités. Le trait le plus désagréable de son caractère, c'était son impuissance à reconnaître les mérites d'autrui. Il sentait hautement la nouveauté de sa conception et il protestait énergiquement qu'il n'avait rien appris de ses devanciers. Il prétendait même que les opinions qu'il partageait avec eux, étaient fondées par lui d'une façon toute différente. Il cite Platon, Aristote, Epicure, et parmi les modernes, Telesio, Campanella, Bruno comme les auteurs qu'il connaît, mais dont il n'a rien appris — en dépit de toute concordance — vu que, dit-il, ses principes sont tout autres. Il prétend n'avoir appris quelque chose que de Kepler seul; la conception mécanique de la nature du savant allemand, et le relief qu'il donne à l'importance de la notion de quantité, ainsi que sa découverte partielle de la loi d'inertie, exercèrent notamment une grande influence sur la physique de Descartes, Mais ce trait tient aussi à sa complète absorption dans sa propre pensée. Ce qui le caractérise surtout comme penseur, c'est la faculté de la distinction nette, la réduction claire à des points de vue simples. Par là il fit œuvre d'importance durable, mit définitivement fin à l'arbitraire et à la fantaisie dans la méthode. S'il commet des fautes en pensant, il est en tout cas facile de voir où est la faute. Où il est le plus heureux, c'est dans ses élans, dans l'analyse s'élevant aux principes, bien qu'il ait visé à une construction embrassant le système tout entier de notre savoir. C'est un penseur dogmatique par son passage trop brusque de l'analyse à la construction; toutefois il avait conscience, à un plus haut degré que l'on n'a cru, du caractère hypothétique de ses idées. Bien que la connaissance ait été ce qu'il y avait de plus développé en lui, sa correspondance témoigne de la vivacité et de la profondeur de son sentiment.»

Philosophie de la nature
«Harvey est au premier rang parmi les fondateurs de la science moderne de la nature; il est pour la physiologie ce qu'est Galilée pour la physique. Il donna le coup de grâce aux forces mystiques dans le domaine de la physiologie, en démontrant que le mouvement du sang n'est pas dû à sa propre force ou à la force de l'âme, mais qu'il est dû à la contraction du cœur qui le refoule dans le corps. Les lois générales du mouvement sont ainsi valables au dedans comme au dehors de l'organisme. Descartes fut un des premiers hommes marquants qui aient adopté la théorie d'Harvey. En déclarant dans le Discours de la méthode (chap. V) qu'il se rangeait à cet avis, il apportait un puissant appui à la théorie nouvelle, qui avait à vaincre une si grande résistance, à cause de l'antithèse violente qu'elle offrait avec l'ancienne conception de la vie organique. Descartes décrit dans différents ouvrages (notamment dans le Traité de l'homme) de quelle façon on peut concevoir le corps humain comme pure machine.» (voir cet extrait : http://agora.qc.ca/reftext.nsf/Documents/Rene_Descartes--La_philosophie_de_la_nature_chez_Descartes_par_Harald_Hoffding)

HARALD HÖFFDING, Histoire de la philosophie moderne, tome I, Paris, Félix Alcan éditeur, 1906.

*******
Citations sur Descartes

D'ALEMBERT
«— Christine de Suède
Ce temps de dégoût & de disgrace est passé pour vous; on vous rend enfin Justice; on vous rend même les honneurs qui vous sont dûs.

— Descartes
On m'a tourmenté pendant que je pouvois y être sensible; on me rend des honneurs quand ils ne peuvent plus me toucher; la persécution a été pour ma personne, & les hommages sont pour mes Manes. Il faut avouer que tout cela est arrangé le mieux du monde pour ma plus grande satisfaction. » (Dialogue de Descartes et Christine de Suède.)

*La suite :

http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Rene_Descartes

Encyclopédie de l'Agora

Wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9taphysique_cart%C3%A9sienne

******Morgane BRAVO******

1)My results for What French philosopher are you?

*René Descartes*

René Descartes thought, therefore he thought he was. Descartes was an influential French philosopher, mathematician, scientist, and writer. He is the "Father of Modern Philosophy", and his influence on math is evident in the Cartesian coordinate system, and the fact that "algebra" is named after him.

2)Morgane just took the "Quel écrivain français êtes-vous ?" quiz and the result is

Albert Camus

Esprit politique et vindicatif, vous êtes le défenseur de la liberté et le chantre de l'égalité. Combattant inlassable pour le respect des droits d'autrui, vous savez pourtant que ce monde n'a pas d'autre sens que celui qu'on a le courage de lui donner. Sans pouvoir vous défaire d'un pessimisme permanent, hérité de votre enfance et de ses durs malheurs, vous vous placez toujours du côté des faibles et des malmenés par l'existence. Fragile d'apparence, mais inébranlable à l'intérieur, vous êtes un modèle pour ceux qui vous entoure et vous vous attirez facilement leur sympathie, sinon plus.


*"Je pense donc je suis"*,

Bien à vous,

Morgane BRAVO
http://www.facebook.com/pages/Morgane-BRAVO/42491554804

***9 mai : Journée de l'Europe***


***Le 9 mai prochain aura lieu la vingt-troisième édition de la Journée de l'Europe.

Le 9 mai 1950, Robert Schuman présentait sa proposition relative à une organisation de l'Europe, indispensable au maintien de relations pacifiques. Cette proposition, connue sous le nom de "déclaration Schuman", est considérée comme l'acte de naissance de l'Union européenne.

Aujourd'hui, le 9 mai est devenu un symbole européen (journée de l'Europe) qui, aux côtés du drapeau, de l’hymne, de la devise et de la monnaie unique (l'euro), identifie l'Union européenne en tant qu'entité politique.

* 9 mai 2009 : agenda des événements :

En France comme dans tous les pays de l'Union européenne, les pouvoirs publics ainsi que de nombreux partenaires ont souhaité donner à la journée de l'Europe un caractère festif. Associations, relais européens, collectivités locales, entreprises et institutions et tous ceux qui font l'Europe se sont mobilisés pour que cette journée soit une véritable fête au plus près de chez vous.

Découvrez dès à présent le calendrier des événements à venir et testez vos connaissances en jouant avec le quiz spécial 9 mai !

http://www.touteleurope.fr/fr/nc/actions/construction-europeenne/information-et-communication-sur-l-europe/presentation/9-mai-journee-de-l-europe/9-mai-2009-agenda-des-evenements/cmdcal/VIEW_FLATWEEK/ts/1241454077.html

http://www.paris-europe.eu/spip.php?rubrique33&etat=encours

Toute l'Europe

***L'hymne qui sent le soufre, par Esteban Buch...***


***Le symbole sonore de l'Europe est l'oeuvre d'un ancien membre du parti nazi. Voici pourquoi et dans quel sens précis. L'hymne européen est la mélodie instrumentale de l'"Ode à la joie", issue de la Neuvième Symphonie de Ludwig van Beethoven, créée à Vienne en 1824. Un Conseil européen lui reconnut ce statut en 1985, à la suite du Conseil de l'Europe qui en avait pris l'initiative treize ans plus tôt.

Or, en 1972, l'arrangement officiel fut réalisé par Herbert von Karajan, chef du Philharmonique de Berlin, qui en publia la partition aux éditions Schott, en fit un enregistrement chez Deutsche Grammophon et en orchestra le lancement dans les médias. Ce morceau, qui est toujours reconnu par le Conseil de l'Europe et l'Union européenne, est techniquement une oeuvre de création récompensée par des droits d'auteur, et l'auteur en question fut membre du NSDAP de 1935 à 1945.

Non pas que la contribution artistique de Karajan semble irremplaçable. Sa partition est en ré majeur, tout comme le finale de la Neuvième, et elle commence par une phrase directement tirée de l'annonce de l'"Ode à la joie" aux mesures 77 à 80 du quatrième mouvement de l'opus 125 de Beethoven. Elle se poursuit par la mélodie complète jouée aux violons, puis variée sous forme de marche solennelle, exactement comme dans les mesures 140 à 187.

Elle conclut ritenuto molto sur une cadence identique à celle qui, dans la partie chantée de la symphonie, suit chaque strophe du poème de Schiller. Cependant, l'hymne européen, qui n'a pas de paroles, se distingue de la partition originale par un ralentissement du tempo et par un renforcement de l'orchestration (une "trombonisation"). A ces détails près, le travail de l'arrangeur a donc consisté à copier/coller trois fragments de Beethoven.

C'est que Karajan, surnommé Generalmusikdirektor d'Europe, avait été sollicité surtout à cause de sa notoriété. Le 24 juillet 1971, le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Lujo Toncic-Sorinj, lui écrit de Strasbourg : "Après consultation avec plusieurs collègues de l'Assemblée, je voudrais te demander de diriger la version officielle de l'hymne. Pour ce faire je m'en remets complètement à tes suggestions et tes souhaits, y compris en ce qui concerne l'orchestre et le lieu d'exécution." La réponse de Salzbourg ne va pas tarder : "Herr von Karajan est très intéressé par la perspective d'arranger l'"Hymne à la joie" et de le diriger pour un disque." On le voit, l'idée de confier à ce dernier non seulement la direction de l'hymne mais également son arrangement n'est pas venue du Conseil de l'Europe mais... de Karajan lui-même.

Pendant les mois suivants ont lieu d'intenses discussions sur les droits d'auteur, lesquels, selon un mémorandum interne du 25 janvier 1972, constituent "une préoccupation pour de nombreuses personnes". Plusieurs documents montrent le souhait de hauts fonctionnaires de voir le chef d'orchestre renoncer à ces droits "dans le souci d'éviter (tel un mémorandum du 28 janvier) que l'hymne européen ne profite financièrement à une personne ou une maison d'édition".

Ces textes disent également la ténacité avec laquelle Karajan refusa toute concession sur ce point, et insista pour que la partition et l'enregistrement se fassent avec ses partenaires de travail habituels, Schott et la Deutsche Grammophon. Le secrétaire général en personne lui demanda en vain de céder ses droits : "Après avoir contacté personnellement M. von Karajan à Salzbourg, explique un autre mémorandum, il a fait savoir au Comité des ministres que M. von Karajan reste le propriétaire de l'adaptation nouvelle de l'oeuvre de Beethoven conçue en tant qu'hymne européen."

C'est dans ces conditions que le 5 mai 1972, journée de l'Europe, l'hymne européen est lancé par Eurovision sur les images d'Herbert von Karajan et de son orchestre mêlées à celles du drapeau bleu aux douze étoiles. A l'évidence, l'institution de Strasbourg n'était pas capable d'en imposer au musicien le plus puissant d'Europe, pas plus que ne l'était Toncic-Sorinj, malgré ses liens personnels avec lui.

Ceux-ci semblent pourtant avoir été réels, car dans sa première lettre, tout en lui disant tenir l'adresse de son frère Wolfgang, il le tutoie et lui donne du "cher ami". Herbert von Karajan était né à Salzbourg, en 1908, au sein d'une famille bourgeoise anoblie, de sensibilité politique conservatrice. Lujo Toncic-Sorinj, né à Vienne, en 1915, d'une lignée d'aristocrates diplomates, avait vécu à Salzbourg pendant son adolescence.

Son élection, en 1969, à la tête du Conseil de l'Europe fut le couronnement d'une carrière menée dès la fin de la seconde guerre mondiale au sein de l'ÖVP (Parti du peuple autrichien), qui, entre 1966 et 1968, lui avait déjà valu d'être ministre des affaires étrangères de son pays. Son successeur à ce dernier poste fut son coreligionnaire Kurt Waldheim, futur secrétaire général des Nations unies, dont le nom reste lié au scandale international qui éclata lors de la campagne présidentielle de 1986 à propos de son passé d'agent d'intelligence de la Wehrmacht.

En fait, l'épisode de l'hymne européen fait partie des ambiguïtés historiques de la droite autrichienne à l'égard de l'Anschluss et de l'extrême droite, remises à l'ordre du jour, en 2000, lorsque l'Autriche encourut des sanctions de l'Union européenne à cause de l'alliance de l'ÖVP du chancelier Wolfgang Schüssel avec le parti de Jörg Haider.

Tout comme le passé de Waldheim, depuis les années 1980, l'appartenance d'Herbert von Karajan au NSDAP a donné lieu à des interprétations controversées. Les faits, toutefois, sont établis. Le chef d'orchestre remplit un formulaire, le 8 avril 1933 à Salzbourg, mais la démarche resta sans suite à cause du gel des recrutements ayant suivi la prise du pouvoir par Hitler. En mars 1935, alors qu'il était sur le point d'être nommé Generalmusikdirektor à Aix-la-Chapelle, il déposa une deuxième demande qui, elle, fut complétée en bonne et due forme, et lui valut le carnet 3 430 914. L'inabouti de la première adhésion ne dispense pas de s'interroger sur ce qui a pu pousser ce jeune Autrichien à rejoindre le parti nazi allemand dès avril 1933.

Malgré la rareté des indices, la première hypothèse à considérer reste bien sûr une sympathie à l'égard des idées du parti en question. Quant à celle de 1935, d'après les déclarations de Karajan, en 1946, devant le comité de dénazification autrichien, elle aurait été une condition pour obtenir le poste à Aix-la-Chapelle. C'est donc l'intéressé qui est à l'origine de la thèse d'un comportement opportuniste, partant apolitique.

Mais, au-delà du problème des sources, on peut se demander si un tel cynisme au service de l'ambition ne serait pas plus proche de l'idéologie nazie qu'un acte contraint d'allégeance au Führer. Et il est évident que, au sein de la palette qui va du blanc résistant au noir bourreau, ce n'est là jamais qu'une forme de gris foncé et, en aucun cas, un comportement exemplaire face à la dictature.

Or les symboles sont tenus à l'exemplarité sous peine d'affaiblir les valeurs dont ils sont la représentation sensible dans l'espace public. Dans ce dernier cas, ils restent exemplaires, certes, mais seulement des compromis historiques dont ils sont issus. L'"Ode à la joie" de Beethoven fut choisie pour représenter l'Europe non seulement à cause de sa grandeur musicale, mais aussi des valeurs proclamées dans le fameux vers de Schiller, que la mélodie instrumentale évoque à défaut de chanter : "Tous les hommes deviennent frères."

A priori, c'est moins convaincant dans la bouche d'un membre du parti nazi, fût-il, comme certains le pensent, le plus brillant des chefs d'orchestre. C'est pourquoi, à vingt ans de la mort d'Herbert von Karajan, la véritable question soulevée par son arrangement de la Neuvième dépasse celle de ses convictions ou motivations à telle époque de sa vie.

Elle est, comme une ironie de l'histoire, celle de la trace persistante de l'organisation responsable de la seconde guerre mondiale et de la Shoah sur le symbole d'une Europe qui prétend faire des droits de l'homme et de la démocratie le socle moral de son projet politique.

Persistante, en effet. Aujourd'hui, l'arrangement par Karajan de l'hymne européen est toujours disponible chez Schott et Deutsche Grammophon. Il est toujours reconnu par le Conseil de l'Europe - qui a pourtant lancé des "variations" sur l'"Ode à la joie" en style jazz, rom ou hip-hop, en passant par le classique - comme seule version officielle. Il est régulièrement utilisé par l'Union européenne pour ses cérémonies, en Europe comme à l'étranger.

A l'approche d'élections européennes marquées par la crise, on peut penser que cette contradiction n'a qu'une valeur... symbolique, c'est-à-dire insignifiante. On peut aussi juger que c'est un problème, et qu'il faut que l'Europe se mette en accord avec ses valeurs.

Un hymne n'est jamais que ce que les gens en font. En tout état de cause, du moment qu'il s'agit d'un symbole politique, c'est aussi une question politique.


Esteban Buch

Directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS)

Historien, anthropologue et spécialiste des rapports entre politique et musique, il a consacré un essai remarqué à La Neuvième de Beethoven. Une histoire politique (Gallimard, 1999). Son dernier ouvrage, qui analyse les relations entre un mouvement artistique et sa réception par les critiques musicaux dans la Vienne 1900, s'intitule Le Cas Schönberg (Gallimard, 2006)

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/05/02/l-hymne-qui-sent-le-soufre-par-esteban-buch_1188051_3232.html

LE MONDE
Article paru dans l'édition du 03.05.09

*Himno de la Unión Europea / European Union Anthem*



Bien à vous,

Morgane BRAVO
http://www.facebook.com/pages/Morgane-BRAVO/42491554804

***François Fillon : Je dénonce un "hoax" détestable relayé sur le net***


***Depuis quelques semaines, la toile relaye des propos inacceptables sur les musulmans qui me sont attribués et qui se propagent sous forme de courrier électronique repris par plusieurs blogs. Je vous confirme qu'il s'agit d'un "hoax", en français un canular, détestable, en l'occurrence une fausse déclaration. Ce courrier circule en réalité dans le monde entier depuis plus d'un an et a déjà attribué ces propos à plusieurs dirigeants ou chefs de gouvernement étrangers. J'invite les internautes qui seraient susceptibles de croiser ce canular à le dénoncer. Le web ne doit pas être l'espace des mensonges et de la haine raciste. Ceux qui me connaissent savent que de tels propos sont aux antipodes de ce que je suis, de ce que je pense, de tout mon engagement politique républicain e humaniste.

François FILLON
Samedi 2 mai 2009

***Union européenne : Quel soutien pour les PME?***


***À un mois des élections, alors que l'Europe est secouée par la crise, le Journal des Entreprises s'est penché sur la politique à destination des PME. L'Europe s'est saisi de la question, c'est sûr. Mais si le marché unique présente des avantages, il n'est pas encore fluide, loin s'en faut. Et le fossé culturel entre aides publiques et réalité des PME n'est pas moins large à Bruxelles qu'à Paris. Les plus organisées peuvent saisir des opportunités. À elles, aussi, de s'organiser pour faire valoir leurs droits à Bruxelles.

Dossier réalisé par les éditions 33, 67, 68 et 69
du Journal des Entreprises

Deux grands types d'aides européennes sont accessibles aux PME: les fonds européens, gérés par l'Etat via les régions, et les programmes européens directement pilotés par Bruxelles. Les fonds européens Il existe quatre types de fonds européens programmés pour 2007-2013 pour environ 308Md€. Chaque collectivité a défini des thématiques prioritaires pour attribuer ces fonds. -le Fonds européen de développement régional (Feder) a pour cible prioritaire les PME. Des aides au développement de l'entreprise sont directement accessibles souvent via les régions. 392M€ ont été alloués à l'Aquitaine. -le Fonds social européen (FSE) vise à améliorer les compétences en matières de ressources humaines. Il permet de travailler sur l'insertion, le chômage, la formation. Les aides ne sont pas directement versées aux PME mais indirectement via les organismes de formation professionnelle des salariés sauf pour les entreprises d'insertion. L'Aquitaine bénéficie d'une enveloppe de 188M€. -le Fond européen agricole de développement rural (Feader) vise à développer des territoires ruraux et à accompagner leur mutation. Certaines aides sont individuelles et directes. 136M€ sont alloués à l'Aquitaine -le Fonds européen pour la pêche (FEP) vise à assurer le développement durable de la filière pêche et aquacole ainsi que la diversification des activités économiques dans les zones de pêche.

Les programmes européens

Directement pilotés par Bruxelles, ces programmes sont les plus intéressants pour les PME innovantes désireuses de participer à un projet européen. -le plus connu se nomme le 7e programme cadre de recherche et développement (PCRD) 2007-2013. Ce programme constitue la plus grande partie du montant total du budget prévu pour les politiques internes de l'UE (50Md€). Il vise à regrouper l'ensemble des initiatives européennes de recherche sous un même toit afin de renforcer les efforts pour l'emploi, la croissance et la compétitivité en Europe. -il existe une multitude d'autres microprogrammes également accessibles aux PME: programme cadre pour l'innovation et la compétitivité (PIC), Eureka, Life+...

Lobbying. Les PME défendent leurs intérêts à Bruxelles
Gérard Boesch, président de l'Association des Viticulteurs d'Alsace.

Même si la France est en retard en terme de lobbying par rapport aux Anglo-Saxons, les PME nationales ont pris conscience de son importance et s'organisent pour peser de tout leur poids à Bruxelles.

«Il est indispensable d'assurer une veille sur le processus législatif européen car les lois communautaires ont un impact grandissant sur les activités des PME», rappelle Jean-François Roubaud, président de la CGPME. Le syndicat s'est doté d'un bureau de représentation à Bruxelles depuis 2003. Trois personnes y assurent un travail de veille et de représentation à la Commission européenne, au Parlement européen ou à la Représentation permanente de la France auprès de l'UE. La CGPME participe également à l'Union européenne de l'Artisanat et des PME (UEAPME). Jean-François Roubaud est le vice-président de cette organisation européenne fédératrice. Grâce à sa structure de réseau, la CGPME bénéficie aussi de l'appui de ses experts présents au sein des fédérations sectorielles. Par ces trois leviers, le syndicat intervient sur tous les dossiers importants.

La viticulture mobilisée

Les filières sont également actives. À commencer par l'industrie. Au niveau national, l'Union des industries chimiques (UIC), par exemple, établit des contacts permanents avec Bruxelles. «Le lobbying a une vocation positive, affirme Jean-Jacques Gillot, délégué général de l'UIC Rhône-Alpes. L'UIC réalise par exemple des études d'impact concernant une loi, elle apporte des connaissances aux législateurs européens. La réglementation sur Reach en est une belle illustration, comme sur les installations classées. L'objectif est d'arriver, après discussions, à des compromis acceptables.» Les entreprises s'organisent également au niveau régional pour défendre leurs intérêts. Ainsi, Raymond Baltenweck, président honoraire de l'Association des Viticulteurs d'Alsace (AVA), est aujourd'hui président de l'assemblée des régions européennes viticoles (Arev), au sein du collège professionnel. Au sein de cet organisme, siègent des représentants du monde professionnel, à côté des représentants politiques des institutions régionales. «Pour influencer la Commission, nous possédons un cabinet à Bruxelles. Nous nous consultons avec la Confédération nationale des AOC, l'Inao (Institut national de l'origine et de la qualité) et le ministère de l'Agriculture pour aller à Bruxelles avec un discours commun», précise Gérard Boesch, président de l'AVA. L'union fait la force, c'est bien connu.

Bureau Aquitaine Europe. Faire entendre la voix de la Région
Marie-Pierre Mesplède.

L'Aquitaine dispose d'une représentation à Bruxelles depuis 10 ans. Marie-Pierre Mesplède, sa responsable, explique le rôle de ce bureau.
Pourquoi l'Aquitaine a-t-elle une représentation à Bruxelles?
En matière d'Europe, et cela est peu perçu en France, le niveau régional est très pertinent
car souvent ce sont les régions qui ont les compétences pour les politiques développées par l'Union européenne: développement économique, aménagement du territoire... Toutes les régions européennes ont une représentation à Bruxelles et ce d'autant plus que la commission européenne utilise ces bureaux comme des relais pour faire passer l'information.
Quel est le rôle du bureau aquitain à Bruxelles?
Nous avons trois missions
: la veille informative et législative, le lobbying et l'aide au montage de dossiers. Concernant la première, avec mon équipe de cinq personnes, nous suivons la production législative et les projets de loi dans les domaines touchant aux compétences de la région: innovation, recherche, formation professionnelle, agriculture, coopération décentralisée et transport. Concernant le lobbying, il s'agit de faire connaître la position et les intérêts de l'Aquitaine auprès de la commission. Le bureau suit de très près le dossier de la LGV, tout ce qui concerne le vin et les problématiques liés aux produits d'origine et à la labellisation. En terme de développement économique, nous avons un grand rôle à jouer lors des négociations pour l'allocation des fonds européens (Fonds européen de développement régional, Fonds social européen....). Mon travail est bien évidemment d'obtenir le maintien de l'enveloppe précédente voire son augmentation. En résumé, nous faisons entendre la voix de l'Aquitaine à Bruxelles. Pour l'aide au montage de dossiers, nous intervenons uniquement pour les entreprises qui souhaitent entrer dans un programme européen type PCRD. Nous n'aidons pas précisément les PME à remplir leur dossier mais nous pouvons les aider à trouver des partenaires ou à rencontrer les fonctionnaires européens. Nous sommes également un centre d'affaires, nous pouvons accueillir des réunions dans nos locaux à Bruxelles.

René Lasserre. «Aucun effort pour s'adapter aux entreprises»

René Lasserre.

René Lasserre est professeur des universités (Cergy-Pontoise), directeur du centre d'information et de recherche sur l'Allemagne contemporaine. Il dresse un constat sans concession de la politique européenne à destination des PME.
Que penser de la politique européenne à destination des PME?
Tant le traité de Lisbonne que le Small business act européen restent pour l'instant du ressort des grands principes. On affiche une volonté de développer les PME, ce qui va dans le bon sens. Mais dans les faits, cela reste vague. Les programmes d'aides ne sont pas conçus pour les PME; elles n'ont ni les moyens ni le temps de se plier aux exigences bureaucratiques qui vont de pair avec un dossier de financement européen comme le PCRD, pour ne citer qu'un exemple. Les PME sont sur le marché, leurs projets de R & D ne sont pas très longs. En face, la bureaucratie bruxelloise ne fait aucun effort intellectuel ni de méthode pour s'adapter. Alors que c'est possible. Preuve s'il en est, le programme allemand en faveur de l'innovation dans les PME ou encore pour celles qui travaillent en réseau à sept ou huit. Si on veut aider les PME, il faut être proche du terrain. En France, les exonérations de charge ne sont efficaces qu'à la marge, et elles arrivent bien tard.
Qu'est-ce que les PME peuvent attendre de l'Europe à l'approche des élections?
D'une manière générale, l'Europe manque de démocratie et de lisibilité. Le parlementarisme européen tel qu'il est pratiqué tient plus du lobbying que de la démocratie, et cela ne joue pas toujours en faveur de notre compétitivité. À mon sens, il y a encore de gros efforts à faire pour fluidifier le marché unique et lever les obstacles au commerce intra-européen qui subsistent, en revoyant les conditions économiques générales, que ce soit en terme de politique sociale ou fiscale. En ce qui concerne les PME, elles souffrent clairement du fait qu'aucun effort n'est fait pour penser des politiques en fonction de leur réalité.

* de 250 à 5.000 salariés.

*La suite :
http://www.lejournaldesentreprises.com/editions/33/actualite/fait-du-mois/union-europeenne-quel-soutien-pour-les-pme-01-05-2009-68393.php

du Journal des Entreprises
1 mai 2009