*TRAITÉ DE ROME*

Il est important de se rappeler d'où nous venons. Après les tragédies de la Seconde Guerre mondiale, le Traité de Rome fut un accord clé entre six pays qui a lié leur destinée via la Communauté économique européenne. À l'occasion du 60ème anniversaire de sa signature, nous revenons sur la manière dont le traité a posé les bases de l'Europe et de sa réalisation, défendues par le Parlement européen.

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🇪🇺POUR QUE L'EUROPE, EN TANT QU’ACTEUR MONDIAL, NE SOIT PAS LOINTAINE DES EUROPÉENS & DES FRANÇAIS!. BIENVENUE, WELCOME, BIENVENIDO, WILLKOMMEN, WELKOM, BENVENUTO, BOAS-VINDAS, WITAJ, VITAJTE... By @MorganeBravo.

2010*50Years of Traineeships at the European Commission*

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*Founded in 2006. From Paris, France. Fondatrice du "HUB EUROPEAN UNION", Morgane BRAVO* "United in diversity", that's the motto of the EU! *Mieux informer les citoyens UE! « So that Europe, as a global player, is not far from Europeans » * *Ancienne stagiaire (Blue Book) de la Commission Européenne, au Secrétariat Général. Bruxelles. * President & Founder HUB « DIGITAL DIPLOMACY» «DIPLOMATIE NUMERIQUE ». *‪Fondatrice HUB 
‪« DIGITAL DIPLOMACY» : « POLITIQUE & SOCIAL NETWORKING ». *Fondatrice HUB « ECOLOGIE &INNOVATION : DEVELOPPEMENT DURABLE DU XXIE SIÈCLE!»* Présidente et Fondatrice du «Think Tank» Europe-Mexique.

*LES PRINCIPALES INSTITUTIONS DE L'UNION EUROPÉENNE*

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🇪🇺L'EUROPE. « L'Europe ne doit pas être un commentateur du monde. Elle doit en être l'architecte.🕊 La diplomatie européenne doit être une » 🕊 May the force be with you! Que la force soit avec vous!

lundi, juillet 09, 2007

*Entretien de M. Nicolas SARKOZY, Président de la République, accordé au Journal du Dimanche, interviewé par Jacques Espérandieu et Virginie Le Guay.

Présidence de la République

QUESTION - Pas de traditionnelle interview télévisée du Chef de l'Etat à l'occasion du 14 juillet cette année. La rupture, c'est aussi ça?

LE PRESIDENT - Depuis que j'ai été élu, je me suis souvent exprimé. Aujourd'hui encore je m'exprime dans votre journal. Le 12 juillet, je le ferais à Epinal à propos de l'avenir de nos institutions. Je veux entretenir un dialogue continu avec les Français, leur expliquer ce que je fais, leur rendre compte des décisions que je prends, leur parler chaque fois que j'ai quelque chose d'important à leur dire. La prise de parole obligée, convenue, à date fixe, le 14 juillet ou un autre jour, ce n'est pas ma conception du dialogue avec les Français. Je ne veux me démarquer de personne. Je veux juste fonder ma relation avec les Français sur la sincérité et sur le respect.

QUESTION - Fini le temps où la parole présidentielle était rare?

LE PRESIDENT - Ce n'est pas la rareté qui fait la force de la parole présidentielle mais ce qu'elle exprime.

QUESTION - Allez-vous renoncer au traditionnel droit de grâce présidentiel du 14 juillet?

LE PRESIDENT - Il n'y aura pas de grâce collective. J'avais dit, pendant la campagne présidentielle qu'il n'y aurait pas d'amnistie, j'ai tenu ma promesse. L'élection présidentielle ne donne pas le droit " d'effacer les ardoises ". Quelle logique y aurait-il à ne pas amnistier les contraventions et à gracier les délinquants ? Ou faut-il admettre que la justification de la grâce présidentielle soit de vider les prisons qui sont surpeuplées. Le décret qui m'a été proposé visait à faire sortir 3000 détenus de prisons. Depuis quand le droit de grâce sert-il à gérer les prisons ? Que les juges d'application des peines appliquent les textes et, alors on respectera l'indépendance de la justice. La justice réclame à corps et à cris son indépendance, et la première chose qu'on me demande c'est de gracier 3 000 personnes. Eh bien non !

QUESTION - C'est une évolution de taille...

LE PRESIDENT - C'est ma conception de la République. Je ne ferai pas d'amnistie collective et je n'accorderai pas de grâce collective. En revanche, je reconnais l'utilité, pour des raisons humanitaires ou exceptionnelles, d'une grâce individuelle prononcée de façon transparente. Un individu saute dans la Seine, sauve trois enfants en train de se noyer, il se trouve qu'il a un casier judiciaire. La grâce individuelle peut alors jouer. Mais la grâce collective pour réguler les prisons, je ne l'accepte pas.

QUESTION - Y aura-t-il des grâces individuelles cette année?

LE PRESIDENT - Comment le dire à l'avance ? Chaque cas est un cas de conscience. Ce que je rejette c'est la décision collective et automatique. J'ai voulu mettre en application cette doctrine. Je ne prétends pas que ce que je fais est bien, que c'est juste, que c'est la vérité. J'essaye de trouver une cohérence.

QUESTION - Vous êtes élu depuis deux mois, les choses se passent-elles comme vous les aviez imaginées?

LE PRESIDENT - Ce n'est pas à moi de faire un bilan et certainement pas au bout de deux mois ! J'essaye de faire ce que j'avais pensé devoir faire : l'ouverture, un style nouveau, une certaine rapidité de prise de décision, les grandes réformes engagées, oui tout cela je l'avais rêvé, j'en avais pris l'engagement. Je le mets en œuvre. C'est lourd, c'est grave, c'est passionnant, c'est difficile, je n'en suis pas surpris.

QUESTION - Vous avez annoncé vouloir poursuivre l'ouverture...

LE PRESIDENT - Pour faire de grandes réformes, il faut une grande majorité. Président de la République, je dois me libérer de mes attaches partisanes, de mes liens amicaux. Il y a des talents dans toutes les familles politiques. Etre le Président de tous les Français, est pour moi une obsession. Quand je commence ma journée de travail je ne me dis pas: je veux être le Président des 21 millions de Français qui ont voté pour moi, même si je ne veux pas trahir mes engagements vis-à-vis d'eux, mais je pense aux 17 millions qui n'ont pas voté pour moi. L'ouverture, je la fais d'autant plus facilement que je n'en avais pas besoin arithmétiquement. Ce n'est pas de la petite politique. Avec Bernard Kouchner, Jean-Pierre Jouyet, Eric Besson ou Jean-Marie Bockel les choses se passent bien. Je n'ai qu'à me louer de cette équipe. Le ministre des Affaires Etrangères fait un parcours sans faute. Je l'ai vu notamment au sommet de Bruxelles. Je suis fier de l'image qu'il donne de la France. Ce n'est pas anecdotique de confier à Hubert Védrine une mission sur la place de la France dans la mondialisation. C'est réfléchi. Quand Martin Hirsch me parle de "bouclier sanitaire", je trouve que c'est une réflexion intéressante. Quand je j'observe le parcours de Rachida Dati, je suis fier··· Je veux donner l'image d'une France apaisée, réconciliée.

QUESTION - Rachida Dati, ce n'est pas l'ouverture...

LE PRESIDENT - C'est l'ouverture à la diversité. Pour moi c'est très important de dire à tous les jeunes des banlieues: regardez d'où vient Rachida, regardez où elle est. Il n'y a pas deux justices, il n'y en a qu'une seule. Regardez ce qu'incarne Rachida, ce que cela signifie pour tous. La "nouvelle vague", comme titre un hebdomadaire cette semaine, c'est ça. On disait que j'étais sectaire, que je copiais Le Pen, voilà la réponse : Rachida Dati, Rama Yade, Fadela Amara···J'ajoute que la vraie parité, ce n'est pas le nombre des femmes, ce sont les responsabilités qu'elles occupent.

QUESTION - Prendre dans votre équipe des personnalités du parti socialiste, c'est aussi un calcul politique?

LE PRESIDENT - Je le répète, je ne dois pas être l'homme d'un seul parti. Je veux que Dominique Strauss-Kahn soit le candidat de la France à la direction générale du FMI parce qu'il m'a paru être le plus apte à ce poste. J'ai déjà présenté sa candidature à Zapatero, à Prodi, à Gordon Brown, à Bush... Je sais que c'est un poste très convoité. Pour obtenir ce poste, il faut avoir une forte crédibilité, une expérience incontestable, être polyglotte, Dominique Strauss Kahn a ces qualités. Lui et moi avons la même vision du fonctionnement du FMI. Et je devrais priver la France de sa candidature parce qu'il est socialiste? Comment serais-je le Président de tous les Français si je raisonnais comme ça. Je n'ai pas demandé à Dominique Strauss Kahn de ne plus être socialiste. Le Président de la République doit rassembler.

QUESTION - L'ouverture se pratiquera-t-elle aussi pour la commission qui va travailler sur la réforme des institutions.

LE PRESIDENT - Je veux changer les mœurs politiques dans notre pays. Il est de mon devoir de fixer la ligne, le cap. Mais ce travail ne se fera pas sur mes seules idées. J'ai demandé à Edouard Balladur, ancien Premier ministre de présider cette commission. J'ai également demandé à Jack Lang, agrégé de droit public d'y participer. Au nom de quoi devrais-je me priver de sa réflexion ? Sous le seul prétexte que cela déplait à M. Ayrault? J'ai aussi demandé à Pierre Mazeaud, ancien Président du Conseil Constitutionnel ainsi qu'à Jean-Louis Bourlanges, à Guy Carcassonne, à Olivier Schrameck d'y participer. Guy Carcassonne a été le conseiller de Michel Rocard, Olivier Schrameck a été le directeur de cabinet de M. Jospin, et alors?

QUESTION - Quand sera installée la commission sur la réforme des institutions?

LE PRESIDENT - Dans les quinze jours. Je souhaite que la réforme constitutionnelle soit prête avant la fin de l'année, au plus tard début janvier.

QUESTION - On a beaucoup parlé cette semaine de vos rapports avec François Fillon...

LE PRESIDENT - Parlons plutôt des conséquences du passage du septennat au quinquennat. Passer de sept ans à cinq ans, c'est passer d'un président arbitre à un président engagé. Au premier tour, j'avais 31,50 % des voix, au deuxième tour 53 %. Les Français ne m'ont pas élu pour regarder passer les trains ! Le Premier ministre est, pour moi, un interlocuteur indispensable, indissociable. Il met en œuvre le projet présidentiel que nous avons conçu ensemble. C'est une tâche considérable. C'est lui qui rend les arbitrages entre les ministres, c'est lui qui travaille avec eux la plupart du temps. Il va bientôt rencontrer M. Zapatero comme il a été voir Mme Merkel. Il le fait avec mon plein accord et je suis très heureux de la dimension européenne qu'il pourra prendre. Le Premier ministre va participer à la politique étrangère de la France.

QUESTION - Il n'y a donc plus de "domaine réservé" au Président de la République?

LE PRESIDENT - Un "domaine réservé" ? La politique étrangère serait si importante que ni le Parlement ni le Premier ministre ne pourraient y être associés ? Moi je pense au contraire que c'est parce qu'elle est importante, que le Premier ministre doit s'en mêler et le parlement s'y intéresser ! François Fillon et moi, nous avons fait campagne ensemble, nous avons rédigé le projet présidentiel ensemble. J'ai été heureux du discours de politique générale qu'il a fait mardi à l'Assemblée nationale. Il n'y a pas par définition, de rivalité entre nous. J'ai été élu pour conduire une action. Je la conduis avec le Premier ministre.

QUESTION - Demain lundi vous vous rendez à Bruxelles à l'Eurogroupe: une première là aussi.

LE PRESIDENT - Pourquoi pas? L'économie, la croissance, le plein-emploi sont des sujets si importants que les chefs de gouvernement et chefs d'Etat doivent s'en préoccuper directement. Je proposerai lundi qu'il y ait, à la rentrée, une réunion européenne des chefs d'Etat et de gouvernement pour parler de la politique économique. Lundi, j'assisterai à cette réunion de l'Eurogroupe avec Christine Lagarde. Je suis fier qu'elle soit la première femme Ministre de l'Economie. Lundi, j'expliquerai à nos partenaires ce que nous allons faire pour retrouver de la croissance. La France est de retour en Europe.

QUESTION - Cela ne va pas être facile de convaincre vos partenaires européens. La situation budgétaire française suscite des critiques...

LE PRESIDENT - Croyez-vous que ce que j'ai fait depuis deux mois a été facile? Faire accepter à nos partenaires le traité simplifié c'était facile? Mais c'est pour faire des choses difficiles que j'ai été élu. On ne peut pas continuer à être les seuls à ne pas avoir une monnaie au service de la croissance et de l'emploi. Je suis pour l'indépendance de la banque centrale, je suis pour diminuer les déficits. Cela passe par la réduction des dépenses et par l'augmentation des recettes. Mais si vous réduisez les dépenses et les recettes en même temps expliquez-moi, comment vous vous en sortez?

QUESTION - Berlin critique les choix économiques de la France

LE PRESIDENT - L'Allemagne est-elle aussi critique que vous le dîtes? En tout cas, Mme Merkel était très satisfaite qu'on ait si bien travaillé ensemble sur le traité simplifié. Et elle viendra le 16 juillet en France à Toulouse, pour réfléchir à l'avenir d'EADS. Il faut faire bouger les choses sur EADS, donner une gouvernance efficace à cette entreprise. Pour faire bouger les choses, il faut faire de la politique. Pour moi, la politique est dans tout. C'est le refus de la fatalité. Il y a toujours des marges de manœuvre.

QUESTION - Vous revenez du G8. Quels sont les chefs d'Etat dont vous vous sentez le plus proche?

LE PRESIDENT - Il y a déjà quelqu'un que je vais regretter : c'est Tony Blair. Je l'aime beaucoup. Il a un charisme, une joie de vivre··· J'apprécie aussi beaucoup M. Zapatero. Avec Angela Merkel, on forme un bon tandem···

QUESTION - La fusion Suez/ GDF revient à l'ordre du jour. Quel est le scénario le plus probable?

LE PRESIDENT - On y travaille. Je réfléchis énormément parce que l'emploi de dizaines de milliers d'hommes et de femmes est en jeu. Ces questions, ne sont pas pour moi du meccano. Au meccano, je préfère la stratégie et le respect des gens. J'ai besoin d'avoir encore quelques éléments pour bien appréhender la situation.

QUESTION - L'idée de la fusion n'est donc pas acquise?

LE PRESIDENT - J'approfondis avec François Fillon tous les aspects de ce dossier, nous nous efforçons de trouver la meilleure solution possible.

QUESTION - Qui pourrait être présentée quand?

LE PRESIDENT - Rapidement.

QUESTION - Est-ce pour cela que vous allez en Algérie la semaine prochaine ?

LE PRESIDENT - L'idée qu'un producteur de gaz est utile pour Gaz de France est intéressante. Mais on peut s'adosser à un producteur de gaz et en même temps faire la fusion. Ce n'est pas l'un ou l'autre. D'autre part, parmi les producteurs de gaz, il n'y a pas que Sonatrach, même si Sonatrach est important.

QUESTION - Que pensez-vous de la grève des journalistes aux Echos et à La Tribune?

LE PRESIDENT - Ce qui me semble extraordinaire c'est que les journalistes de La Tribune fassent grève pour que leur journal ne soit pas vendu par Bernard Arnault et que ceux des Echos fassent grèvent le même jour pour que leur journal ne soit pas acheté par Bernard Arnault. Comment la presse peut-elle se sortir d'une telle contradiction ? Les journaux se font avec des actionnaires. Mais vous ne me démentirez pas si je vous dis que le vrai problème de la presse pour moi c'est le problème de la distribution. Il faut favoriser la diffusion des journaux par une politique d'allègements de charges ambitieuse et par la multiplication des points de vente.

QUESTION - L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a été perquisitionné à deux reprises chez lui dans le cadre de l'affaire Clearstream. Une réaction?

LE PRESIDENT - Un Président de la république en exercice ne commente pas une instruction en cours. Je préside le Conseil Supérieur de la Magistrature, je suis garant de la séparation des pouvoirs, garant de l'indépendance de la justice. De plus, comment commenterai-je une affaire dans laquelle par ailleurs, je suis, à titre personnel, partie civile ?

QUESTION - Vous allez faire une étape sur le Tour de France?

LE PRESIDENT - Absolument. Je suis persuadé que le Tour de France fait partie des petits bonheurs des Français. Qu'un mois de juillet sans Tour de France, ce serait pas un mois de juillet. J'y vais d'autant plus que Christian Prudhomme, le nouveau patron du Tour, mène une action remarquable contre le dopage. Ce n'est pas au moment où les dirigeants du Tour s'efforcent d'assainir ce sport qu'on doit les laisser tomber!

QUESTION - Quel est votre favori?

LE PRESIDENT - Je n'ai pas un favori, j'ai une espérance: Christophe Moreau. Depuis qu'il a eu le maillot jaune, il a passé une période très difficile. Mais je ne fais pas la fine bouche sur son titre de champion de France parce qu'il a 36 ans.

QUESTION - Le Tour de France part de Londres. Comment se passe la collaboration avec les Anglais en ce qui concerne le terrorisme?

LE PRESIDENT - La menace est générale et élevée. J'ai demandé à Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, de réfléchir à un vaste plan d'installation de caméras dans nos réseaux de transports en commun. Il y a 25 millions de caméras au Royaume Uni, un million en France. Je suis très impressionné par l'efficacité de la police britannique grâce à ce réseau de caméras et il n'y a, à mon sens, aucune contradiction entre le respect des libertés individuelles et l'installation de caméras pour protéger la sécurité de chacun dans les transports en commun.

QUESTION - Quand ce plan pourrait-il être proposé?

LE PRESIDENT - A la rentrée.

QUESTION - Le choix de Bernard Laporte comme secrétaire d'Etat aux Sports, vous l'assumez totalement?

LE PRESIDENT - Totalement. Bernard Laporte est un homme intelligent, réfléchi. Et puis à travers lui, je fais un clin d'œil au Sud-Ouest, au monde du rugby bien sûr. J'apprécie énormément que le public du rugby soit calme, refuse la violence. Vous pouvez avoir 85 000 personnes au Stade de France, il n'y a pas de bagarre···

QUESTION - Faut-il un statut pour l'épouse du Chef d'Etat?

LE PRESIDENT - J'aime bien l'idée que ce statut se construise en fonction des personnalités de chacune, tranquillement, librement. Sans pression ni cadre prédéterminé.

Paru le dimanche 8 juillet 2007

samedi, juillet 07, 2007

***"Live Earth" : Concert planétaire contre le réchauffement, lancé à Sydney***




*** "Live Earth", un concert planétaire de 24 heures destiné à sensibiliser l'opinion contre le réchauffement climatique, a démarré samedi en Australie, le continent le plus sec de la planète et un des fronts critiques de la lutte contre la hausse des températures.

"Merci d'être les tout premiers à lancer le mouvement", a lancé dans un message retransmis sur écrant géant l'ancien vice-président américain Al Gore, un des grands animateurs du projet, à des milliers de spectateurs réunis dans un stade de Sydney.

Le coup d'envoi officiel des huit méga-concerts qui auront lieu de par le monde, auxquels est venu s'ajouter un spectable surprise à Washington, a été donné peu après 11h00 locales (01H00 GMT) dans la plus grande ville d'Australie, avec un spectacle de danse et de musique aborigènes, suivi d'un concert aux influences latino-africaines du groupe australien Blue King Brown.

Natalie Pa'apa'a lors du lancement le 7 juillet 2007 à Sydney de "Live Earth"Peter Garrett, ancienne star du groupe australien Midnight Oil, reconvertie à la politique, a ensuite assuré à la foule, dans un message pré-enregistré: "Votre voix compte, faites-la entendre". L'Australie, déjà le continent le plus sec de la planète, est un des fronts les plus importants de la lutte contre le réchauffement climatique. L'immense pays, déjà en grande partie recouvert de désert, subit actuellement la plus sévère sécheresse de son histoire, que beaucoup relient à la hausse de la température terrestre.

"Live Earth" doit se poursuivre tout au long de la journée par des méga-concerts réunissant le gotha mondial de la musique. Les plus importants spectables seront tenus à Tokyo, Shanghaï, Hambourg, Londres, Johannesburg, New York et Rio de Janeiro, sans compter un concert surprise rajouté vendredi à Washington, avec notamment Madonna, Police et Metallica.

"Live Earth" concert planétaire de 24 heures contre le réchauffement climatiqueOutre ces concerts géants, sept milliers d'événements seront organisés sur l'ensemble du globe, jusqu'en Antarctique où un groupe amateur organisera un concert dans une station scientifique britannique. L'opération sera visible en direct dans le monde sur les chaînes de télévision et sur internet (http://liveearth.msn.com) et devrait réunir deux milliards de spectateurs, espèrent les organisateurs.

Al Gore, infatigable porte-parole de la lutte contre le réchauffement climatique, a résumé dans son message diffusé à Sydney le but de la manifestation planétaire. Pour sauver la planète, il a appelé à un changement radical des comportements, aussi bien des politiques que des simples citoyens.

L'ancien vice-président démocrate a dressé la liste d'un engagement en sept points appelant notamment chacun à réduire ses émissions de gaz à effet de serre et à faire pression sur les dirigeants du monde pour qu'ils signent un traité international d'ici deux ans visant à réduire la pollution au CO2 de plus de la moitié, à temps pour que la prochaine génération puisse bénéficier d'un environnement plus sain.

Al Gore le 6 juillet 2007 à Sydney à la veille du lancement de "Live Earth"Al Gore espère que "ce SOS" soit le début d'une vaste campagne que son organisation, The Alliance for Climate Protection, bénéficiaire des profits de "Live Earth", compte mener sur trois ans pour finir de rallier le monde et contribuer à atteindre un point d'orgue capable de faire bouger politiques et entreprises.

L'organisation de "Live Earth" n'a pas été sans péripéties, avec notamment l'annulation du concert d'Istanbul, en raison de moyens financiers insuffisants et par crainte de terrorisme. Ce sont également des motifs de sécurité qui ont bien failli faire avorter le concert sur la plage de Copacabana, à Rio de Janeiro. Des critiques se sont également fait jour sur l'engagement tardif de certaines stars du rock.

SYDNEY (AFP)

*Photos :

Anek de Groot AFP

Al Gore le 6 juillet 2007 à Sydney à la veille du lancement de "Live Earth"
Stan Honda AFP

jeudi, juillet 05, 2007

***Réservée sur l'"ouverture", l'UMP rappelle au premier ministre les engagements de la droite***


Une certaine anxiété mêlée d'excitation se devinait parmi les députés qui pénétraient, mardi 3 juillet, dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale pour écouter la déclaration de politique générale de François Fillon. La plupart d'entre eux découvraient la place qui leur avait été attribuée pour la durée de la législature. Les arbitrages se montrent parfois facétieux. Ainsi, Patrick Devedjian (UMP, Hauts-de-Seine) - qui avait qualifié de "salope" l'ancienne député UDF du Rhône Anne-Marie Comparini - siège-t-il à côté de Nicole Ameline (UMP, Calvados), ancienne ministre de la parité chargée des droits des femmes. Pendant toute la durée de la séance ils n'échangeront ni un mot ni un regard.


*******************************

ANALYSE DU SCRUTIN
Voici le résultat du scrutin public sur la déclaration de politique générale du gouvernement de François Fillon prononcée le 3 juillet à l'Assemblée (sous réserve des modifications).


321 POUR. 300 UMP

(Bernard Accoyer, président de l'Assemblée, Pierre Cardo, Dominique Dord, Franck Marlin et les députés nommés au gouvernement dont les suppléants ne sont pas encore entrés en fonction n'ont pas pris part au vote); 20 Nouveau Centre; 1 non-inscrit (Véronique Besse)..
224 CONTRE.

1 UMP (Marie-Josée Roig) ; 200 Socialiste, Radical et Citoyen (SRC) ; 23 Gauche démocrate et républicaine (GDR). Marie-Josée Roig (UMP) et François-Xavier Villain (non-inscrit), qui ont voté contre, ont fait savoir qu'ils avaient voulu voter pour.


5 ABSTENTIONS.

5 non-inscrits (Abdoulatifou Aly, François Bayrou, Thierry Benoit, Nicolas Dupont-Aignan, Jean Lassalle).

*****************************

La standing ovation, sur les seuls bancs de l'UMP, qui accueille le premier ministre lorsqu'il monte à la tribune est convenue. Soixante-huit minutes plus tard, les mêmes renouvelleront l'exercice, sans excessive ferveur, accompagnés par la quasi-totalité des députés du Nouveau Centre. La majorité avait son guide, Nicolas Sarkozy ; elle vient de se doter d'un "patron". C'est d'évidence la consigne passée à entendre la fréquence d'utilisation du terme dans la bouche de ses élus.

"IL N'Y A PAS QUE DES CONS"

En fin de matinée, le "patron" avait successivement visité ses troupes de l'UMP et du Nouveau Centre. Jean-François Copé, attendant M. Fillon pour faire son entrée avec lui, lançait des regards inquiets : "Je cherche le premier ministre", indiquait le président du groupe UMP. Un premier ministre qui s'est évertué à réciter sans faillir les principaux "adages" de tout début de législature : il sera à l'écoute de sa majorité, les ministres devront en faire de même, "parlons-nous franchement"... Lionnel Luca a saisi l'occasion pour dire tout haut ce que nombre de députés de l'UMP ne cessent de ruminer à propos de l'"ouverture" et de l'appel aux "intelligences" : "Si toutes les compétences sont de l'autre côté, on va finir par se demander s'il n'aurait pas mieux valu qu'ils gagnent les élections, se plaignait le député des Alpes-Maritimes. Chez nous, il n'y a pas que des cons."

Autant dire que, si la majorité a accordé sans barguigner sa confiance au gouvernement, elle n'en reste pas moins réservée sur tout ce qui, peu ou prou, empiète sur son espace vital. Elle a dû faire contre mauvaise fortune bon coeur en acceptant que la présidence de la commission des finances revienne à un député de l'opposition. Mais elle ne s'est pas encore convertie à la religion de la proportionnelle. Quand, dans son discours, le premier ministre l'évoque prudemment, et sous forme interrogative - "Faut-il élire quelques députés au scrutin proportionnel ?" -, des rangs de l'UMP s'élèvent immédiatement des exclamations : "Non !", "Jamais !"

Dans sa réponse, M. Copé s'est fait l'interprète des attentes d'une majorité de droite qui, pour avoir été soulagée au dernier scrutin du recul de la menace du Front national, n'en est pas moins sensible aux pressions de son électorat. Tout en se félicitant de l'"esprit d'ouverture", le député de Seine-et-Marne a fermement rappelé qu'"il n'est pas question de reculer" sur les engagements pris. Et, tout en approuvant la "feuille de route" énoncée par M. Fillon, il a pris soin de rappeler "deux thèmes majeurs qui sont au coeur de notre projet" : "l'insécurité et l'immigration".

François Hollande, orateur du groupe Socialiste, radical et citoyen (SRC), s'est quant à lui inquiété des faibles marges de manoeuvre du gouvernement. Du fait de la "mutation vers l'omniprésidence" qu'incarne Nicolas Sarkozy. Et en raison des déficits des finances publiques et des comptes sociaux. "Vous héritez, j'en conviens, d'une situation dégradée, a souligné le premier secrétaire du PS. Mais ce bilan, c'est le vôtre. Vous voulez rompre avec lui, preuve qu'il ne doit pas être fameux. Mais vous auriez mauvaise grâce à accabler vos prédécesseurs. Vous êtes, si je puis dire, un de vos prédécesseurs." Le ton est donné. Pour cinq ans ?

Patrick Roger
Article paru dans l'édition du 05.07.07.
Le Monde

*Photo : REUTERS/PHILIPPE WOJAZER
Le premier ministre François Fillon devant les députés de l'Assemblée nationale, le 3 juillet 2007.

mardi, juillet 03, 2007

*Les défis de José Sócrates*


*** Le Premier ministre portugais José Sócrates a fixé lundi 2 juillet les objectifs de la présidence portugaise de l'UE. Outre la refonte du traité constitutionnel européen, l'immigration et les relations extérieures de l'Union, avec l'Afrique et l'Amérique latine notamment, seront au centre des préoccupations de Lisbonne.

Extraits des publications suivantes:
Royaume-Uni - Financial Times, Portugal - Diário de Notícias, Suède - Upsala Nya Tidning, Hongrie - Népszabadság

Royaume-Uni - Financial Times
"Le Premier ministre portugais José Sócrates devra terminer le travail initié par Angela Merkel", note le quotidien dans son éditorial. Certes, il sera difficile de satisfaire les exigences polonaises liées au traité simplifié, mais "Lisbonne devra faire à un nouveau défi, venant non de Varsovie, mais de Paris. Nicolas Sarkozy, le nouveau et fougueux président français, a été un précieux allié pour Angela Merkel lors de la négociation du nouveau traité. Mais il souhaite discuter de questions plus controversées concernant la France et l'Allemagne : le renforcement de la politique économique de l'Eurozone et tenter de définir quelles seront les futurs frontières de l'Europe. Préserver la paix entre Berlin et Paris risque d'être un plus grand défi pour José Sócrates que de terminer la négociation du traité simplifié." (03.07.2007)

Portugal - Diário de Notícias
Dans son éditorial, le quotidien portugais espère que José Sócrates parviendra à organiser le sommet Afrique-UE pendant sa présidence de l'Union, malgré l'épineux problème posé par le président zimbabwéen Robert Mugabe. "La majorité des pays de l'UE ne veut pas de la présence de Mugabe. Mais l'Union africaine exige qu'il soit invité au sommet du 8 et 9 décembre, à Lisbonne. Certains pays africains ont déjà annoncé qu'ils ne viendraient pas si ce n'était pas le cas. Or José Sócrates a répété à plusieurs reprises que ce sommet était une des priorités pour la présidence portugaise. (…) Le dernier sommet a eu lieu en 2000, celui qui était prévu en 2003 n'avait pu se tenir, déjà, à cause de Mugabe. Il est hors de question que Robert Mugabe se serve du sommet pour faire sortir son régime d'un isolement mérité. Si l'on parvient à éviter ce cas de figure, le Portugal aura rendu un réel service à l'Europe et à l'Afrique." (03.07.2007)

Suède - Upsala Nya Tidning
La Suède reprendra la présidence de l'UE dans deux ans, mais le journal exhorte d'ores et déjà les politiciens à se montrer plus attentifs. "En premier lieu, le travail sur le traité constitutionnel doit se poursuivre, ce qui ne sera pas chose aisée après les menaces de la Pologne. Viennent ensuite les négociations avec Ankara sur l'adhésion de la Turquie - et là, c'est Nicolas Sarkozy qui pose problème. Et comme si cela ne suffisait pas, le Portugal veut organiser pour la première fois un sommet UE-Brésil qui doit se dérouler parallèlement à une rencontre avec des dirigeants africains. La lutte de pouvoir et la planification viennent tout juste de commencer. (...) Les Portugais doivent faire face à une situation complexe. Pour le moment, impossible de savoir s'ils pourront faire preuve de suffisamment de fermeté." (03.07.2007)

Hongrie - Népszabadság
Balázs Pócs se demande pourquoi le Portugal passe encore pour la région la plus déshéritée d'Europe, 21 ans après son adhésion. "Pourquoi le Portugal ne rencontre-t-il pas le même succès que les deux autres retardataires européens, l'Espagne et l'Irlande ? Selon le ministre des Finances Teixeira dos Santos, le Portugal a omis des faire des réformes douloureuses à la fin des années 1990, avant l'introduction de l'euro. A l'époque, les Portugais avaient l'illusion que le pays était sur la bonne voie. Malgré un déficit budgétaire toujours croissant, le gouvernement s'est abstenu de faire des réformes, afin de préserver sa popularité. Le Premier ministre José Sócrates est aujourd'hui bien décidé à remettre l'économie portugaise sur pied. (...) C'est très urgent, car les Portugais sont sur le point de perdre leur confiance en eux. Rien d'étonnant : dans le dernier classement des pays de l'UE selon le PIB par habitant, la République tchèque et la Slovénie sont passées devant le Portugal." (03.07.2007)

Eurotopics

lundi, juillet 02, 2007

***Sarkozy à Strasbourg pour expliquer aux Français le traité simplifié sur l'Europe***


*** Le président Nicolas Sarkozy devait tenir lundi soir à Strasbourg une "grande réunion publique sur l'Europe" afin d'expliquer le traité simplifié, au moment où sa position sur la Turquie et le déficit inquiète certains de ses partenaires de l'Union.

Le chef de l'Etat entend "expliquer aux Français le traité simplifié décidé à Bruxelles et les perspectives qu'il ouvre pour la relance du projet européen", selon le porte-parole de la présidence David Martinon.

M. Sarkozy a joué un rôle important au côté de la chancelière allemande Angela Merkel dans cet accord obtenu lors du Conseil européen des 21 et 22 juin, visant à remplacer la Constitution, que les Français et les Néerlandais ont rejetée en 2005 par référendum.

Dominique Strauss-Kahn, un des principaux responsables socialistes, a d'ailleurs salué lundi "le travail" de M. Sarkozy qui, selon lui, "a joué son rôle et plus que son rôle" pour arracher un accord.

"C'est le retour de la France en Europe", s'est-il félicité.

Bien décidée à conserver une place centrale dans la construction européenne, la France a d'ores et déjà assuré le Portugal, qui assure la présidence tournante de l'UE depuis dimanche, de son "soutien sans faille afin que ce texte puisse être signé avant la fin de l'année".

En revanche, sur d'autres sujets sensibles, notamment l'adhésion de la Turquie et le respect des promesses en matière de déficit public, les relations risquent d'être plus tendues.

Sur la Turquie, Lisbonne semble décidé à freiner Nicolas Sarkozy dans sa volonté de rouvrir immédiatement le débat sur l'avenir européen de ce pays qui, selon lui, n'a "pas sa place dans l'Union".

Dès jeudi, le secrétaire d'Etat portugais aux Affaires européennes, Manuel Lobo Antunes, avait dit que le Portugal ne voulait pas organiser au sommet européen de décembre un débat sur les futurs élargissements et les frontières de l'Union, comme le demande M. Sarkozy.

"C'est très difficile d'ouvrir un nouveau débat qui divise quand on en a déjà un qui n'est pas terminé", a déclaré en fin de semaine le ministre portugais des Affaires étrangères, Luis Amado.

Le Portugal, ainsi que le Royaume-Uni, la Suède ou encore l'Espagne, sont parmi les principaux avocats d'une adhésion turque à l'UE.

Autre sujet de tension entre Paris et la plupart de ces partenaires, le déficit public. Les 13 pays de la zone euro se sont engagés en avril à équilibrer leurs comptes publics d'ici à 2010, mais M. Sarkozy a repoussé unilatéralement cet objectif à 2012, fin de son mandat, au grand dam des partenaires européens.

Le président mise sur le "paquet fiscal", avec de nombreuses réductions d'impôts, qui doit être adopté dès la session extraordinaire du parlement en juillet pour relancer la croissance et ensuite revenir à l'équilibre.

"Si un pays ne veut pas respecter un engagement, cela soulève un problème qui n'est pas juridique mais politique", a mis en garde le ministre portugais des Finances Fernando Teixeria dos Santos, promettant que "c'est par la pression des pairs que nous le ferons respecter".

Pression qui devrait se faire sentir dès le 9 juillet lors d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles, à laquelle participera exceptionnellement M. Sarkozy, déterminé à tenter de convaincre personnellement ses partenaires que Paris sera "au rendez-vous de la réduction de l'endettement et des déficits".

STRASBOURG (AFP)
AFP

dimanche, juillet 01, 2007

*** Discours prononcé par la chancelière fédérale Angela Merkel devant le Parlement européen à Bruxelles ***


*** Monsieur le Président, Chers collègues du Parlement européen, Mesdames, Messieurs,

Quelques jours seulement après un Conseil européen mémorable, je tiens tout d'abord dans cette enceinte à rappeler la cérémonie organisée au mois de mars à Berlin à l'occasion du cinquantième anniversaire des Traités de Rome. Nous avions voulu souligner que les 50 ans écoulés depuis la signature des Traités de Rome, 50 ans de paix et de liberté, de démocratie et de primauté du droit n'étaient rien de plus qu'un clin d'œil à l'échelle de l'histoire. Et nous ne savons pas s'il en sera autrement un jour.

Lors de la cérémonie du mois de mars, nous avons montré qu'aucun de ces acquis, que ce soit la paix ou la liberté, la démocratie ou l'état de droit, aucun dis-je, ne va de soi. Tous ces acquis doivent toujours être consolidés et défendus. Ne pas avancer signifie reculer. Instaurer la confiance prend des décennies, la décevoir va très vite, du jour au lendemain en fait. Lorsque l'Europe se divise, elle perd beaucoup plus vite la cadence qu'on ne le croit. Bref, la construction européenne doit sans cesse être remise sur le métier.

Aussi suis-je très heureuse que ce soit précisément ce que le résultat du dernier Conseil européen nous a permis de faire. Nous avons posé des jalons pour asseoir l'Union européenne sur des bases communes rénovées. Nous sommes sortis de l'inertie. Nous n'avons finalement pas déçu la confiance placée en nous. Nous avons évité la division. En résumé, le résultat obtenu dans la nuit de samedi à dimanche dernier donne à l'Europe un nouvel élan commun.

Je ne reviendrai pas aujourd'hui sur les négociations laborieuses des dernières semaines et des derniers mois. Car nous nous en souvenons tous trop bien, les perspectives de départ étaient déjà compliquées avec, d'un côté, les pays qui avaient ratifié le traité constitutionnel et le soutenaient pleinement et, de l'autre, ceux qui, s'appuyant sur les critiques de leurs populations, exigeaient de vastes modifications.

Inutile de nous leurrer, il y a toujours eu un risque latent, celui de voir se poursuivre l'état de paralysie et les tendances à la division. Bien sûr, l'échec du Conseil européen n'aurait pas pour autant sonné le glas de l'Europe. Il aurait néanmoins eu, c'est certain, des conséquences difficilement descriptibles. C'est pourquoi il est essentiel que nous soyons parvenus à l'éviter.

L'unanimité obtenue à Bruxelles permet de conserver la substance du traité constitutionnel. Le Conseil européen a été un succès, un succès pour l'Europe et pour le Parlement européen, je pense qu'en fin de compte, nous sommes tous bien d'accord sur ce point. Vous avez toujours défendu la substance du traité constitutionnel et voilà que le traité modificatif pourra entrer en vigueur à temps avant les élections européennes de 2009. Ce fait est de la plus haute importance pour tous ceux qui se présenteront devant les citoyennes et les citoyens.

Le traité modificatif tient compte des inquiétudes des citoyens vis-à-vis d'un "super-État" européen présumé et de leur peur de devoir renoncer trop largement à l'identité des États-nations. Si je ne partage pas ces inquiétudes, je me devais de les respecter. C'est ce que j'ai fait et c'est la raison pour laquelle nous avons renoncé dans le traité modificatif aux symboles et désignations qui sont les attributs d'un État.

Parallèlement, le traité modificatif signifie que nous avons fait de grands progrès concernant l'action de l'Union européenne. Nous sommes même parvenus dans certains domaines à aller plus loin que dans le traité constitutionnel. La protection du climat et la solidarité énergétique ont été incorporées au traité modificatif, les parlements nationaux sont encore plus fortement associés à la définition de la politique nationale européenne, les compétences entre l'Union européenne et les États membres sont encore plus clairement délimitées, et les conditions préalables à une coopération renforcée, en particulier en matière de justice et d'affaires intérieures, et ont été simplifiées.

Mesdames et Messieurs, avec le traité modificatif, trois éléments essentiels pour l'avenir de l'Union européenne deviennent réalité:

Premièrement, le renforcement de la capacité d'agir de l'Union européenne, à l'intérieur et à l'extérieur. C'est ce à quoi contribuent la personnalité juridique unique conférée à l'Union européenne et l'extension du vote à la majorité qualifiée pour les décisions au Conseil.

Les nouvelles dispositions concernant la "double majorité", qui accordent un poids accru au facteur démographique, ne prendront effet, il est vrai, qu'à partir de 2014, en même temps que siégera pour la première fois une Commission de taille réduite, et cela avec un délai de transition jusqu'en 2017, mais elle devient néanmoins réalité. Le "président du Conseil européen" et les "présidences par équipe" qui seront mis en place lors de l'entrée en vigueur des nouveaux traités assureront également aux activités du Conseil une plus grande continuité.

De plus, le traité modificatif fait avancer différents domaines, par exemple celui de l'action extérieure de l'Union européenne. La cohérence de la politique étrangère et le fait de parler d'une seule voix revêtent chaque jour plus d'importance pour une Europe qui cherche à s'affirmer dans le monde. Nous désignerons un "haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité" qui dirigera le Conseil "Relations extérieures", pourra s'appuyer sur un service européen pour l'action extérieure et qui sera membre de la Commission dont il exercera la vice-présidence. C'est là une formidable avancée politique pour l'Europe.

Des progrès importants ont également été réalisés dans le domaine de la justice et des affaires intérieures, domaine qui intéresse au plus haut point les Européens, par exemple pour ce qui concerne la lutte commune contre la criminalité transfrontalière. Le nouveau mode de décision à la majorité qualifiée permettra ici d'accélérer considérablement les procédures. Nous pourrons par ailleurs montrer plus clairement que les transferts de compétences ne sont pas des voies à sens unique permettant à l'Union européenne d'acquérir sans cesse de nouvelles compétences, mais qu'il peut aussi y avoir des situations dans lesquelles des compétences sont retransférées, si nécessaire, aux États nationaux. Car voir l'Europe plus présente dans certains domaines importants et moins présente dans d'autres que les États membres peuvent bien gérer tout seuls, voilà un souhait souvent exprimé par les citoyens européens. De ce souhait, nous tenons compte.

Mesdames et Messieurs, le deuxième élément: le traité modificatif montre clairement que l'Europe est devenue plus proche du citoyen. Comme le prévoyait le traité constitutionnel, il est introduit à cet effet une initiative citoyenne. Des progrès se concrétisent dans la dimension sociale. Il y aura, par exemple, des dispositions plus claires dans le domaine des services d'intérêt général. De plus, la conférence intergouvernementale adoptera un protocole séparé qui rendra hommage aux services d'intérêt économique général. Il est précisé que les États membres disposent d'une grande marge de manœuvre dans le domaine non commercial.

Je suis très satisfaite, tout comme la grande majorité d'entre nous je crois, que nous soyons parvenus à trouver une solution également pour la Charte des droits fondamentaux. Cette charte renforce les droits des citoyens vis-à-vis des institutions. La Charte des droits fondamentaux acquiert le caractère juridique contraignant qui, à mon avis, sied à une Europe sûre de ses valeurs.

Nous savons qu'en raison de sa tradition juridique, la Grande-Bretagne a choisi de suivre sa propre voie. Nous devons le respecter. Sinon, cela aurait impliqué de limiter le caractère juridique contraignant de la Charte pour tous les États membres, chose inacceptable pour la majorité d'entre eux. Il est donc bon que cela ait été évité. Je crois que c'est aussi ce que pense la majorité des eurodéputés.

J'en arrive, Mesdames et Messieurs, au troisième élément qui reflète les progrès accomplis par le nouveau traité modificatif: le renforcement des droits des parlements. La réforme des traités fait du Parlement européen en règle générale un co-législateur à égalité de droits. Le Parlement européen élit désormais le président de la Commission européenne. Il était en même temps important pour de nombreux États membres d'insister davantage sur le rôle des parlements nationaux. C'est ce qui est fait dans un nouvel article. Nous sommes convenus à titre supplémentaire de renforcer l'implication des parlements dans le contrôle du principe de la subsidiarité, tout en respectant le droit d'initiative de la Commission européenne. Les parlements nationaux ne disposeront pas non plus à l'avenir d'un droit de veto. Je pense que cela est judicieux.

Mesdames et Messieurs, la réforme des traités était l'un des deux grands objectifs de la présidence allemande de l'Union européenne. L'autre était de réorienter le contenu de l'Union européenne vers ce que nous ne pouvons faire qu'ensemble dans le concert européen. Car, et j'en suis intimement persuadée, nous ne pourrons obtenir des résultats sensibles pour nos citoyens que si nous agissons ensemble et de manière ciblée.

Il est clair, et nous l'avons vu une fois de plus dans les conclusions du Conseil européen, qu'il y aura toujours des dérogations, des cas où certains États membres ne voudront pas, ou du moins pas encore, participer à certaines politiques, tandis que d'autres iront de l'avant, dans le cadre des traités bien entendu. Mais cela n'a rien à voir avec "l'Europe à deux vitesses". Laissez-moi vous dire franchement ceci: je suis contre. Cela ne doit pas être l'objectif de notre politique, sinon nous creuserons de nouveaux fossés en Europe et nous affaiblirons ainsi, Mesdames et Messieurs, le Parlement européen. Nous ne devons pas relâcher nos efforts afin de permettre à tous les États membres de l'Union européenne d'avancer côte à côte. L'enjeu en vaut la peine.

Comme le dit un proverbe africain, "si tu veux aller vite, vas-y seul, mais si tu veux aller loin, alors il faut y aller ensemble". Je crois, Mesdames et Messieurs, que ce proverbe africain renferme toute la sagesse de l'idée de la construction européenne. Ce n'est qu'en agissant ensemble et de manière ciblée que nous parviendrons à préserver ce qui, depuis plus de cinquante ans, fait toute la grandeur et le caractère unique de la construction européenne: la paix, la liberté et la sécurité juridique pour les citoyens européens.

Nous ne pourrons renforcer les droits du citoyen au sein de l'Union européenne que si nous agissons ensemble et de manière ciblée, par exemple en intégrant le Traité de Prüm dans le cadre juridique de l'Union européenne. Cela permettra de pratiquer une coopération policière renforcée dans la lutte transfrontalière contre le terrorisme, la criminalité et les migrations clandestines dans l'Union européenne. De même, ce n'est qu'en agissant ensemble et de manière ciblée que nous accroîtrons la compétitivité de l'Europe. Le règlement sur l'itinérance, par exemple, que nous avons signé dans cette enceinte, en témoigne. Et ce n'est qu'en agissant ensemble et de manière ciblée que nous pourrons relever l'un des grands défis pour l'humanité: la menace liée au changement climatique. À cet égard, les décisions adoptées par le Conseil de printemps de l'Union européenne concernant une politique européenne intégrée en matière de climat et d'énergie sont prometteuses. Elles ont d'ailleurs été la condition primordiale qui nous a permis de nous entendre, lors du sommet du G8, sur le fait que nous avions besoin d'un accord de suivi dans le cadre du Protocole de Kyoto sous l'égide des Nations Unies et qui a permis à tous les pays du G8 de prendre un engagement dans ce sens. Sans le sommet de printemps de l'Union européenne et sans l'appui du Parlement européen, cela n'aurait pas été possible. C'est cela défendre les intérêts européens. Et c'est pourquoi il est juste également que la protection du climat figure maintenant dans le nouveau projet de traité parmi les objectifs de l'Union européenne.

Ce n'est en effet qu'en agissant ensemble et de manière ciblée que nous, Européens, avons des chances de défendre nos intérêts et nos objectifs dans le monde. C'est également ce qu'ont montré les sommets que nous avons tenus pendant notre présidence avec les pays du G8 extérieurs à l'Union européenne: avec les États-Unis, la Russie, le Japon et le Canada. Outre les décisions relatives à la protection du climat, d'autres arrangements importants ont été conclus sur le long terme: sur le renforcement de la coopération réglementaire avec les États-Unis et le Canada, sur la mise en place d'un système d'alerte précoce en matière d'énergie et d'un dialogue sur la sécurité des investissements avec la Russie, et sur une meilleure application de la protection de la propriété intellectuelle avec le Japon.

Mesdames et Messieurs, tous les progrès institutionnels et la réorientation de l'Union européenne ne sont finalement possibles que si nous, Européens, sommes sûrs de nos valeurs, et que ces valeurs guident nos actes tel un fil conducteur. Selon moi, ce fil conducteur peut également contribuer à convaincre les citoyens européens en mettant en relief nos points communs, en montrant clairement que nous agissons ensemble dans le monde sur la base de nos valeurs.

L'Europe n'est pas une option, c'est un engagement que nous prenons pour aider à ce que notre planète Terre reste habitable, pour que de moins en moins d'hommes et de femmes soient obligés de quitter leur pays natal à cause de la violence ou de la guerre, et pour que des maladies comme le sida, le paludisme et la tuberculose soient combattues avec succès.

Et voilà, Mesdames et Messieurs, la boucle de la présidence allemande du Conseil de l'Union européenne est bouclée. Le traité modificatif est désormais nécessaire pour que l'Europe puisse maintenir le cap. Le Conseil européen espère que la conférence intergouvernementale pourra être convoquée avant la fin du mois de juillet. C'est pourquoi je vous demande aujourd'hui de prendre position dans les meilleurs délais.

Vous souhaitez, tout comme la présidence allemande, que nous puissions dire aux Européens lors de la campagne électorale pour les élections au Parlement européen en 2009: c'est comme cela et pas autrement que l'Europe avancera. C'est pourquoi il est bon aussi que le Parlement européen s'efforce en permanence de sensibiliser les citoyens à ces questions, qu'il recherche le dialogue avec les sociétés civiles et qu'il en fasse la démonstration en organisant à l'automne une "Agora citoyenne".

Mesdames et Messieurs, pour conclure la présidence allemande, je me permettrai de citer à nouveau l'écrivain allemand Peter Prange et son livre "Valeurs. De Platon à la pop". Vous vous en souvenez peut-être, je l'avais déjà cité dans cette même enceinte dans mon discours du mois de janvier au début de notre présidence. Il écrit : "Tout ce que nous, Européens, avons accompli, nous le devons à nos contradictions internes, à l'éternel conflit que nous portons en nous, au va-et-vient constant entre opinion et contre-opinion, entre idée et anti-idée, entre thèse et anti-thèse."

Et je me permets d'ajouter à titre personnel que c'est grâce à notre aptitude à supporter également ces contradictions internes que nous avons réussi, après d'innombrables guerres et d'infinies souffrances, quelque chose d'aussi grandiose que l'œuvre de paix européenne.

Notre chance pour nous, citoyennes et citoyens d'Europe, c'est vraiment d'être unis. J'espère que dans 50 ans les Européens se diront qu'en 2007, l'Europe unie, au terme de débats épuisants et éprouvants, a choisi la bonne voie pour l'avenir. Telle a été et telle reste notre mission, notre mission pour l'avenir. Après sa présidence, l'Allemagne continuera de s'atteler à cette tâche de toutes ses forces.

Je vous remercie.

UE

*** Récital donné par Marianne FISET, soprano, Premier Grand Prix du Concours Musical International de Montréal! : au Sénat à Paris ***




* A propos de l'Invitation de :

Monsieur Christian PONCELET

Président du Sénat

et

Monsieur Wilfrid-Guy LICARI,

Délégué général du Québec,

*** RECITAL au SENAT, le 30 Juin 2007 :

* Récital donné par Marianne FISET, soprano, Premier Grand Prix du Concours Musical International de Montréal, chant 2007 et lauréate du Prix Joseph-Rouleau remis au meilleur artiste québécois!


*** EXCELLENT! ***


Morgane BRAVO

*Photos Sénat: Escalier d'Honneur & Salle des Conférences!