*TRAITÉ DE ROME*

Il est important de se rappeler d'où nous venons. Après les tragédies de la Seconde Guerre mondiale, le Traité de Rome fut un accord clé entre six pays qui a lié leur destinée via la Communauté économique européenne. À l'occasion du 60ème anniversaire de sa signature, nous revenons sur la manière dont le traité a posé les bases de l'Europe et de sa réalisation, défendues par le Parlement européen.

🇪🇺EUROPE FOR CITIZENS! #HUB & #ThinkTank!

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🇪🇺POUR QUE L'EUROPE, EN TANT QU’ACTEUR MONDIAL, NE SOIT PAS LOINTAINE DES EUROPÉENS & DES FRANÇAIS!. BIENVENUE, WELCOME, BIENVENIDO, WILLKOMMEN, WELKOM, BENVENUTO, BOAS-VINDAS, WITAJ, VITAJTE... By @MorganeBravo.

2010*50Years of Traineeships at the European Commission*

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*Founded in 2006. From Paris, France. Fondatrice du "HUB EUROPEAN UNION", Morgane BRAVO* "United in diversity", that's the motto of the EU! *Mieux informer les citoyens UE! « So that Europe, as a global player, is not far from Europeans » * *Ancienne stagiaire (Blue Book) de la Commission Européenne, au Secrétariat Général. Bruxelles. * President & Founder HUB « DIGITAL DIPLOMACY» «DIPLOMATIE NUMERIQUE ». *‪Fondatrice HUB 
‪« DIGITAL DIPLOMACY» : « POLITIQUE & SOCIAL NETWORKING ». *Fondatrice HUB « ECOLOGIE &INNOVATION : DEVELOPPEMENT DURABLE DU XXIE SIÈCLE!»* Présidente et Fondatrice du «Think Tank» Europe-Mexique.

*LES PRINCIPALES INSTITUTIONS DE L'UNION EUROPÉENNE*

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🇪🇺L'EUROPE. « L'Europe ne doit pas être un commentateur du monde. Elle doit en être l'architecte.🕊 La diplomatie européenne doit être une » 🕊 May the force be with you! Que la force soit avec vous!

lundi, novembre 12, 2007

***Sarkozy : le gouvernement «ira au bout» de la réforme***



***Pour le chef de l’Etat, «la France n’a pas le choix» et doit réformer les régimes spéciaux.
«Il y a 21 millions de salariés du privé qui en 1994 sont passés à 40 années de cotisation. Il y a cinq millions de fonctionnaires qui en 2003 sont passés à 40 années de cotisation. Il y a 500.000 agents des régimes spéciaux de retraite qui passeront aux 40 années de cotisation». Intervenant devant les Progressistes, le nouveau parti d’Eric Besson, vendredi soir, Nicolas Sarkozy a eu recours à l’arithmétique pour justifier sa fermeté sur la réforme de régimes spéciaux.

«C’est une affaire d’équité de justice et cette affaire-là nous devons la mener à terme», a martelé le chef de l’Etat, qui assure que le gouvernement «ira au bout» de la réforme de manière «ferme», mais «sans être rigide» pour autant. Il a par ailleurs appelé les syndicats à être «très responsables» et «très calmes», car «la France doit tourner le dos à la brutalité».

Le chef de l’Etat a également affirmé que «la porte du dialogue restera ouverte quoi qu’il arrive», mais prévenu une nouvelle fois qu’il ne céderait pas. «J’ai été élu sur un projet présidentiel, j’ai un travail à faire, j’ai des solutions à apporter aux problèmes de la France. Ces solutions, on les apporterai».

Nicolas Sarkozy a également vanté les mérites de l’ouverture qu’il a engagé depuis son élection et dont l’ex-socialiste Eric Besson est l’un des ministres emblématiques. «L’ouverture était une obligation pour moi, justement parce qu’arithmétiquement je n’en avais pas besoin», a expliqué le chef de l’Etat, demandant : «comment peut-on engager de grandes réformes sans avoir une grande majorité ?», avant d’ajouter que cette ouverture «doit continuer».

S.L.
Le figaro avec AFP

Ayissi/AFP Crédits photo : AFP

dimanche, novembre 11, 2007

***6 premiers mois de réformes : François Fillon***

A l'occasion des questions d'actualité à l'Assemblé nationale, mardi, François Fillon a résumé le bilan exceptionnellement dense des six premiers mois de l'action du gouvernement et présenté les principales réformes à venir.

Extrait :

"Nous avons engagé la libération des heures supplémentaires pour mieux valoriser le travail et pour réduire un peu les effets négatifs des textes qui avaient été votés par la majorité précédente, s’agissant de la réduction du temps de travail.

Nous avons facilité l’accès à la propriété pour tous les Français, avec la déduction des intérêts d’emprunts.

Nous avons instauré un service minimum dans les transports publics qui sera effectif au 1er janvier prochain.

Nous avons donné aux universités les moyens de leur autonomie après 25 ans d’hésitation et d’immobilisme.

Nous avons triplé le crédit impôt-recherche.

Nous avons augmenté d’1,8 milliard les crédits de la Recherche et de l’Enseignement supérieur.

Nous avons engagé la fusion de l’ANPE et de l’Unedic, qui est une étape indispensable à la sécurisation des parcours professionnels.

Nous avons engagé la réforme de l’Etat avec la fusion de la Direction générale des impôts et de la comptabilité publique, celle d’OSEO et de l’Agence de l’innovation industrielle, ou encore celle de la carte judiciaire.

Nous avons durci les sanctions contre les multirécidivistes.

Nous avons renforcé les moyens de contrôle pour une immigration choisie et les outils d’une intégration réussie.

Nous avons sorti l’Europe de l’impasse institutionnelle avec le Traité simplifié, que nous nous apprêtons à être les premiers à ratifier en Europe.

Nous avons engagé, avec le "Grenelle de l’environnement", un processus pour faire de la France un pays exemplaire en matière écologique, tout en respectant nos objectifs de développement et de croissance.

Nous avons engagé l’expérimentation du Revenu de Solidarité Active dans une vingtaine de départements, avant de le généraliser en 2009 si l’expérience est positive.

Nous avons engagé la réforme des régimes spéciaux de retraites, parce qu’il faut continuer l’effort pour sécuriser, pour consolider la retraite par répartition, menacée par l’allongement de la durée de la vie et par la démographie".

Le Premier ministre a ensuite présenté les principales réformes à venir :

"Les six prochains mois ne seront pas moins chargés. Nous allons engager la réforme de nos institutions, afin de rééquilibrer les pouvoirs du Parlement.

Nous allons engager la loi de modernisation économique qui va s’inspirer largement des travaux de la commission Attali.

Nous allons réformer le marché du travail, en reprenant, je l’espère, les conclusions de la négociation sociale qui est en cours.

Nous allons engager un plan "respect et égalité des chances" pour les quartiers défavorisés de notre pays.

Nous allons vous proposer une loi pénitentiaire, une loi sur les délinquants dangereux, une loi d’orientation pour la sécurité intérieure, et une loi de programmation militaire".

François Fillon a conclu ainsi :

" Il y a encore beaucoup à faire pour rattraper les retards accumulés par notre pays, et pour s’inscrire dans le rythme des pays développés les plus performants en matière de croissance, d’emploi et de justice sociale ! (...) Le Gouvernement est à l’action, il écoute les Français, il n’ignore rien de leurs attentes et de leurs difficultés. Il tiendra tous les engagements pris".

Vendredi 9 novembre 2007

samedi, novembre 10, 2007

***Belgique et balkanisation***


***La Belgique peut subsister plus de 150 jours sans gouvernement mais ne survivra pas si l’intérêt général ne suffit plus à créer un minimum de consensus entre ses deux composantes, la Flandre et la Wallonie.

Depuis les élections du 10 juin, la sempiternelle question linguistique empêche la formation d’un nouvel exécutif et plonge le royaume dans une crise apparemment sans issue.

Le dernier coup de force des députés flamands est particulièrement grave, dans la mesure où il vise l’un des derniers symboles, avec la monarchie, de l’unité du pays : le statut de Bruxelles et de ses environs. La périphérie de la capitale abrite la seule circonscription mixte du pays, qu’il est question maintenant de scinder en deux.

Pour la première fois depuis la création du pays, en 1830, les représentants des six millions de Flamands ont utilisé leur majorité pour imposer leur volonté aux quatre millions de francophones. La tradition du compromis à la belge, qui a permis aux deux communautés de vivre ensemble depuis 177 ans, est sérieusement mise à mal.

La Flandre a su profiter des transferts venant d’une Wallonie industrielle jadis prospère pour investir, se moderniser et devenir la région la plus riche du pays. Elle veut maintenant s’émanciper, opte pour un libéralisme économique visant à lui faire profiter de la mondialisation et cherche à se libérer du boulet que représente pour elle une communauté francophone attachée à la défense de ses acquis sociaux.

Aux dernières élections, un Flamand sur quatre a voté pour des partis qui veulent la fin de la Belgique.

L’hypothèse de la partition, naguère invraisemblable, doit aujourd’hui être prise au sérieux.

Il y a dans la surenchère autonomiste – et parfois indépendantiste – flamande le même parfum de revanche historique que celui qui existe en Espagne, avec les revendications du Pays basque et de la Catalogne. Même s’il est moins avancé, un processus similaire est à l’œuvre dans d’autres pays européens comme en Italie du Nord ou au Royaume-Uni avec la dévolution accordée à l’Écosse et au pays de Galles.

Il est paradoxal de constater que la logique du chacun-pour-soi s’étend à mesure que progresse la construction européenne. Certains semblent plus enclins à aider un pays éloigné, récemment entré dans l’Union, qu’à se montrer solidaires de leurs propres compatriotes moins favorisés.

Certes, l’Europe encourage la décentralisation et le régionalisme. Il y a là un facteur de développement et de libération d’énergies considérable. Mais il ne faudrait pas que les séparatistes de tout poil aient le sentiment d’agir en parfaite impunité et qu’ils puissent penser bénéficier, quoi qu’il arrive, des avantages de l’Union européenne.

À l’heure où se profile l’indépendance du Kosovo, l’Europe devrait se poser la question de ses frontières intérieures. Laisser imploser la Belgique, pays fondateur de l’Union européenne, siège de ses institutions, serait ouvrir la porte à la balkanisation de l’Europe.


L’éditorial de Pierre Rousselin du 9 novembre 2007.
Le Figaro

vendredi, novembre 09, 2007

***Le président du Conseil européen, José Sócrates, invite : levée des frontières intérieures...***


*** José Sócrates invite le président Barroso et le vice-président Frattini à participer à la levée des frontières intérieures - les 21 et 22 décembre

COMIX/Conseil «JAI». Le président du Conseil européen, José Sócrates, invite le président de la Commission, José Manuel Barroso, et le vice-président, Franco Frattini, à participer, les 21 et 22 décembre 2007, à la levée des frontières intérieures : entre les pays baltes; entre la République Tchèque, l'Allemagne et la Pologne; entre l'Autriche, la Hongrie et la Slovaquie; ainsi qu'entre l'Italie et la Slovénie.

UE
2007-11-08

mardi, novembre 06, 2007

***Ce que Bush et Sarkozy se sont (presque) dit...***


*** Nicolas Sarkozy devait être reçu pour la première fois à la Maison-Blanche le 6 novembre. Voici comment le chroniqueur du New York Times Roger Cohen imagine son entretien avec le président américain.

Bush Yo, Sarko !

Sarkozy Bonjour George !

B. J'étais en train de penser – oui, ça m'arrive – que tu es mon meilleur ami en Europe, à présent. Berlusconi est fini. Je ne sais pas où est passé Blair. Et quant à cet ancien coco polonais, je n'ai jamais réussi à me souvenir de son nom [l'ancien président Aleksander Kwasniewski]. Je vais peut-être devoir apprendre le français !

S. Doucement, George.

B. (Rires.) T'as raison, amigo, je devrais peut-être laisser ça à Giuliani. Comment dit-on 9/11 en français ? Ça a un air de déjà-vu, non ? Comme je l'ai dit à Kennebunkport, nous avons eu de vrais différends sur l'Irak mais je n'ai jamais laissé un différend m'empêcher de travailler avec quelqu'un. Ou pas.

S. (Perplexe.) Quel philosophe éclairé !

B. Ah, ne me traite pas d'intello !

S. Non, non ! Ce qui compte, c'est que nous sommes une famille. L'Irak, c'est de l'histoire ancienne. Entre vieux alliés, on peut pas divorcer.

B. (Etonné.) Divorcer ?

S. Quand mari et femme se séparent.

B. Tu sais, c'est pas que je lui en veuille, mais la façon dont elle a refusé mes hamburgers et mes myrtilles [lorsque Cécilia Sarkozy a prétexté une angine blanche pour ne pas aller chez les Bush en août dernier]…

S. (L'interrompant.) A propos d'histoire, j'ai décidé de décorer de la Légion d'honneur six vétérans américains de la Seconde Guerre mondiale.

B. Excellent ! Ecoute, toi et moi, on est des beaux parleurs qui ont leur franc-parler. En Amérique, on considère toujours les Français comme des lâches et des ingrats qui croient avoir gagné la guerre, alors que nous sommes persuadés que c'est nous qui l'avons gagnée pour eux. Cette distribution de légions est une bonne chose.

S. Merci, George. Je suis déterminé à changer l'image de la France. Tu sais, on a créé plus de 200 000 nouvelles entreprises l'année dernière en France.

B. Pas étonnant, mon pote. Depuis que je suis à la Maison-Blanche, j'ai appris qu'"entrepreneur" se disait "entrepreneur" en français. Et, depuis que tu es président, j'ai appris qu'en français "week-end" ne se disait pas "long week-end".

S. Les Français veulent travailler et gagner plus. A l'américaine ! C'est pour ça que je viens de m'augmenter de 200 000 dollars [240 000 euros brut par an, contre 101 000 jusqu'à présent]. Avant, les hommes politiques étaient frileux, mais je pense que nous pouvons être aussi cupides que les Anglo-Saxons !

B. Tu gagnes toujours 150 000 dollars de moins que moi, et 17 millions de dollars de moins que Stan O'Neal [ex-PDG de Merrill Lynch]. T'as eu raison. Mais ta façon d'emboîter le pas à cet imbécile de pseudo-prophète d'Al Gore ! On dit ici que vous allez bientôt arrêter de construire des routes !

S. Oui, oui, nous allons instaurer une écotaxe sur les voitures les plus polluantes, et doubler la capacité de notre réseau TGV. Les Européens s'excitent pour un rien là-dessus. Demande à Angela Merkel !

B. (Chantonnant le refrain des Rolling Stones.) Angie, Annn-gie, ain't it good to be alive ?

S. (Inquiet.) Monsieur le président, êtes-vous...

B. (L'interrompant) J'ai jamais compris les Européens. Plus de routes ! Essayez voir de faire ça au Texas ! En plus, vous êtes contre la peine de mort. Vous êtes vraiment laxistes.

S. Il faut regarder vers l'avenir. Quoi de neuf, M. le président ?

B. Voyons voir, qu'est-ce que tu penses de notre conférence de paix sur le Moyen-Orient ?

S. Pas grand-chose. Tu as passé sept ans à ne rien faire et maintenant tu organises un grand sommet ? Bizarre. Mais, comme je dis toujours, mieux vaut avoir l'air d'être actif que d'être actif sans le montrer.

B. Joue pas au Parisien rive gauche, Sarko ! Mon plan est simple : faire plaisir à Tony [Blair, émissaire spécial du Quartette au Moyen-Orient] ! Il me manque, le bougre. Brown me rappelle la différence qu'il y a entre un Ecossais renfrogné et un rayon de soleil.

S. Pas de commentaire, George.

B. L'Iran est notre priorité. S'ils ont la bombe nucléaire, ils pourraient proliférer. Ils pourraient perpétuer, euh persécuter, non perpétrer, des attaques contre la marche en avant de la liberté. Les démocrates ne reconnaîtraient pas Hitler s'ils l'avaient à déjeuner.

S. Doucement, George. Comme je l'ai déjà dit, on a le choix entre la bombe iranienne et les bombes sur l'Iran. La diplomatie vise à éviter ça. Tu veux avoir trois guerres dans des pays musulmans ?

B. D'accord, ça fait beaucoup, mais Dick [Cheney, le vice-président] en réclame toujours davantage !

S. En tout cas, il ne faut pas le moindre nuage entre nous, c'est mon credo !

B. Paris by night, c'est le mien ! Un pour tous !

S. Je dois m'adresser au Congrès. Qu'est-ce que je dois leur dire ?

B. Que ce sont tous des losers adorateurs de l'ONU, des francophones mangeurs d'ail et de fromages puants !

S. Quoi ? What ?

B. Désolé. J'ai d'horribles flashbacks. Dieu bénisse la France !

S. Et Vive l'Amérique !


Roger Cohen
The New York Times

Courrier International

6 nov. 2007

*Photo : Nicolas Sarkozy et son homologue américain, 11 août 2007
AFP

samedi, novembre 03, 2007

***Le Québec a peur de perdre son âme***


*** Depuis septembre, une commission gouvernementale conduit une vaste consultation populaire sur les "accommodements" ethnoculturels et religieux consentis aux minorités issues de l'immigration. Au cours de cette "thérapie collective", certaines interventions marquées par l'ignorance et la xénophobie choquent. Elles ont incité plus de 200 Québécois "de souche" à signer et mettre en ligne cette semaine une lettre ouverte "contre l'intolérance", tandis que le premier ministre s'inquiète "pour la réputation internationale" de la province francophone canadienne.

« RÉAFFIRMONS la primauté du caractère français et catholique du Québec. » « J'ai peur qu'on ne protège pas assez ma langue, ma culture et mes droits. » « Si l'on avait une identité forte, on n'aurait pas peur d'accueillir des étrangers. » Trois phrases de trois intervenants différents, dans un débat de deux heures, illustrent l'image chancelante que le miroir de l'immigration renvoie à une société québécoise tiraillée entre ses besoins démographiques et les « accommodements » que lui impose l'accueil de minorités porteuses de cultures et de traditions « étrangères » dans tous les sens du terme. « Certains prêtent aux immigrants l'intention de nous changer, ce qui souligne notre propre sentiment de faiblesse ; mais pour d'autres, nous avons une identité assez forte et les immigrants ne demandent qu'à s'intégrer », résume en conclusion le philosophe Charles Taylor qui, avec l'historien et sociologue Gérard Bouchard - le frère de l'ancien premier ministre québécois Lucien Bouchard -, préside la commission de consultation sur les pratiques d'accommodement liées aux différences culturelles. Avant de remettre leur rapport au gouvernement le printemps prochain, les deux hommes ont voulu donner la parole au peuple autant qu'aux experts.

Depuis le mois de septembre et jusqu'à la fin de novembre, une vingtaine de journées d'information ont été organisées dans seize régions du Québec pour prendre le pouls de l'opinion à la faveur de présentations de mémoires ou de témoignages, suivies de forums populaires. Le débat public de Saint-Hyacinthe, une grosse agglomération rurale à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Montréal, n'avait attiré qu'une centaine de personnes, mais dans les zones urbaines, des salles de trois cents places se sont avérées trop petites.

La présence continue des chaînes de télévision et de radio encourage indéniablement la participation du public. « Les travaux d'une autre commission gouvernementale, sur les aînés (seniors) sont loin d'être aussi suivis », commente le porte-parole Sylvain Leclerc. Selon lui, il faut remonter aux débats sur la souveraineté ou la loi sur la langue pour retrouver le même engouement populaire. Mais celui-ci répond aussi au besoin, pressenti par les deux coprésidents de la commission sur les accommodements, d'évacuer « une part importante de non-dits, faite de désaccords, de malaises, d'insatisfactions, sinon de frustrations ».

Des frustrations qui ont débordé le 27 janvier dernier à Hérouxville, et convaincu le premier ministre, Jean Charest, de créer la commission Bouchard-Taylor un mois plus tard. La municipalité de ce village de 1 300 habitants a adopté un « code de conduite » à l'intention des immigrants, interdisant le port de la burqa et l'excision, mais aussi la lapidation et l'immolation par le feu ! Par prévention sans doute. Mais aussi par réaction à des accommodements jugés déraisonnables : la Cour suprême du Canada n'a-t-elle pas autorisé un jeune sikh à porter à l'école son kirpan (petit poignard), alors qu'elle l'interdit dans ses propres locaux ? « À quoi servent nos politiciens si le pouvoir est transféré aux tribunaux ? », a-t-on entendu à Saint-Hyacinthe.

L'identité québécoise n'est sans doute pas menacée par la légalisation du turban dans la police montée, qui est fédérale. Mais elle ne se reconnaît pas dans l'octroi de lavabos spéciaux pour les ablutions dans les écoles, les services séparés pour hommes et femmes, voire la possibilité de voter, récemment accordée à deux musulmanes, le visage entièrement voilé : « Me donnerait-on le même droit si je portais un passe-montagne ? », s'est indigné un Québécois de pure souche à Saint-Hyacinthe.

Sans attendre les recommandations de la commission Bouchard-Taylor, le premier ministre Charest vient d'annoncer son intention d'amender la Charte québécoise des droits de la personne pour stipuler la primauté de l'égalité des hommes et des femmes sur la liberté de religion - primauté déjà reconnue dans la charte canadienne. Opportuniste ou non, le geste traduit l'inquiétude de l'opinion. Paradoxalement, les « accommodements » en faveur des minorités religieuses ont ranimé la flamme catholique des Québécois au moment où ils l'avaient consignée à la sphère privée. Des parents déplorent la « déchristianisation » des écoles.

Pourquoi tolérer le port du voile dans les espaces publics où l'on fait disparaître les crucifix et les sapins de Noël ? Du coup, quatre décennies après la « révolution tranquille », c'est la place de la religion dans la société qui revient au coeur du débat. C'est ainsi que l'on redécouvre l'un des deux piliers du sentiment identitaire québécois. « La langue française et le catholicisme font partie de notre patrimoine, dont nous devrions être fiers, et le meilleur moyen d'intégrer les immigrants, c'est de leur enseigner notre histoire », estime Onil Perrier, fondateur de la Maison nationale des patriotes à Saint-Denis.

« Le vieux fonds catholique ressort », commente Pierre Chassat, un ancien directeur d'école, lui-même croyant et pratiquant mais partisan d'une « laïcité intégrale » : « J'ai vu dans mon temps une commission scolaire de recrutement rejeter la candidature d'un professeur qui n'avait pas de religion déclarée ! Nous avons trop longtemps souffert de l'emprise de l'Église pour regretter de l'avoir remise à sa place. Ne plus accorder de privilèges à une religion devrait nous permettre de les refuser aux autres. »

Daniel Moreau, prêtre et président d'une association de scouts, se félicite lui aussi de la déconfessionnalisation des écoles mais se prononce pour une « laïcité ouverte » où les paroisses et l'État travaillent en « partenariat » dans le cadre d'une « autonomie réciproque » : « On ne peut pas exclure les communautés religieuses de l'espace public. Le sous-sol de mon église accueille des réfugiés afghans. L'Église est présente dans le tissu social. »

Multiculturalisme à l'anglo-saxonne ou laïcité à la française ? Coincé entre deux modèles culturels, le Québec cherche une troisième voie. À peine affranchi de la tutelle de l'Église catholique, l'État provincial se demande jusqu'où aller dans la tolérance du recours aux « accommodements raisonnables », c'est-à-dire aux dérogations, sans « contrainte excessive » pour la communauté, à une règle dont l'application lèse un citoyen dans l'exercice de ses libertés individuelles, religieuses et autres.

Cette disposition destinée à lutter contre toute discrimination dite indirecte, reconnue depuis 1985 par la Cour suprême du Canada dans le droit fil de l'exemple du voisin américain, n'exclut pas la procédure amiable dite de « l'arrangement concerté ». Le directeur d'un centre sportif de Montréal a ainsi accepté d'opacifier les baies vitrées d'une salle donnant sur une école juive orthodoxe, pour épargner aux élèves la vue de femmes en tenue légère. Mais l'affaire a relancé la polémique sur la cohabitation culturelle et l'incompatibilité des moeurs. La commission Bouchard-Taylor s'est fixé pour objectif de définir un « cadre de référence » permettant aux 7,6 millions de Québécois actuels, sans perdre leurs repères identitaires, de s'adapter au nouveau visage d'une immigration qui compense à peine la dénatalité, et dans laquelle les populations non chrétiennes représentent 11 % des 46 000 nouveaux arrivants annuels.


De notre envoyé spécial à Saint-Hyacinthe JEAN-LOUIS TURLIN.
Le Figaro
03 novembre 2007


*Photo :La petite ville d'Hérouxville, au centre du Québec, a adopté un "code de conduite" à l'intention des immigrants qui a révélé le malaise identitaire québécois.
David Boily/AFP

***La Belgique empêchera-t-elle la conclusion du nouveau traité européen ?***


*** L’absence prolongée de gouvernement n’a pas fini de faire parler de la Belgique à l’étranger. Notre pays qui ressemble à un petit village gaulois en pleine guerre des chefs (et des territoires), au point que les druides ne cachent pas que le ciel leur est tombé sur la tête, pourrait à nouveau faire parler de lui, et, cette fois, avec une gravité accrue.

Une question embarrassante circule dans les coulisses de l’Europe, peu évoquée chez nous, car, après tout, « on-a-déjà-assez-à-faire-avec-les-affaires-intérieures-du-pays… » : la Belgique sera-t-elle capable de signer, dans les prochaines semaines, le nouveau traité européen ?

Les chefs d’État ou de gouvernement des vingt-sept États membres de l’Union européenne ont, en effet, convenu de signer, le 13 décembre 2007, à Lisbonne, le nouveau traité européen. Or, rien n’indique, avec certitude, que notre gouvernement démissionnaire soit en mesure de le faire puisqu’il doit, pour des raisons liées au contrôle et à la sanction démocratiques, limiter son action aux « affaires courantes ».

Sauf à considérer que la signature du nouveau traité relève bien des « affaires courantes », la Belgique empêcherait, dans l’immédiat, la conclusion du traité.

Le concept « d’affaires courantes » relève de la catégorie des règles juridiques non écrites, voire des coutumes constitutionnelles ; et l’on accepte généralement qu’il recouvre trois situations.

La première concerne les actes de gestion journalière, à savoir les affaires de faible ou de moyenne importance qui affluent régulièrement et dont le règlement, encore qu’il puisse laisser place à un certain pouvoir discrétionnaire, n’implique pas de décision sur la ligne politique à suivre.

Dans une acception plus large, ce concept s’étend également aux affaires qui revêtent une plus grande importance, mais qui ne sont finalement que l’aboutissement des procédures qui avaient été engagées antérieurement. Il vise, enfin, les affaires urgentes : celles qui, si elles n’étaient pas immédiatement réglées, pourraient causer un dommage grave à la collectivité.

L’analyse se fait au cas par cas.

À l’évidence, la signature d’un traité international est un acte bien trop fondamental pour être considéré comme émargeant de la sphère journalière d’un gouvernement.

L’argument de l’urgence ne semble pas plus approprié, même si l’absence de signature de la Belgique empêcherait la conclusion du traité par les vingt-six autres États, à Lisbonne.

En effet, ce ne serait pas la première fois que la conclusion d’un traité international serait reportée.

À cela, l’on pourrait objecter que les pays faisant partie de l’Union ont accepté, lors de la Conférence intergouvernementale, de tout mettre en œuvre pour que le nouveau traité entre en vigueur le 1er janvier 2009 ; ce qui nécessite une ratification dans les vingt-sept États membres, dans des délais très courts, ratification qui ne peut débuter qu’une fois le traité signé…

Dans cette perspective, l’urgence serait donc de mise… Mais l’argument semble insuffisant car l’article 6 du traité indique que le nouveau texte s’appliquera lorsque le dernier État l’aura ratifié. En pratique, le 1er janvier n’est qu’une date cible.

Serait-ce alors une affaire politiquement importante et qui serait menée depuis longtemps ? En ce sens, l’on pourrait soutenir, notamment, que les discussions relatives au nouveau traité ont commencé début 2007, sous la présidence allemande du Conseil, voire antérieurement. L’on pourrait encore ajouter que la Belgique avait déjà signé la « Constitution européenne », en 2004, et que le traité actuel reprend ce texte en substance, réalité que l’on veut cacher à bon nombre de citoyens de l’Union mais que nous utiliserions, en Belgique, pour justifier la signature du traité…

L’accord intervenu au Conseil européen fin juin, la Conférence intergouvernementale subséquente et la signature du traité à Lisbonne ne constitueraient alors, en réalité, que le parachèvement d’un processus enclenché depuis bien longtemps.

À nouveau, cette interprétation reste fragile. En effet, des négociations, aussi intenses soient-elles, ne peuvent être assimilées à la signature d’un acte, comme simple aboutissement. Seul un traité signé engage, sur le plan international, un État, puisque celui-ci marque son consentement à être lié par un traité sur le plan international.

Un État reste libre de ne pas conclure un traité, même à la dernière minute, notamment parce que son opinion publique y serait opposée.

En outre, eu égard au contenu du traité, qui aura des répercussions majeures sur la législation belge future, l’on est en droit de se demander très sérieusement si un gouvernement en « affaires courantes » peut de jure s’engager de la sorte sur la scène internationale ? Surtout lorsque l’on sait que l’actuel nouveau traité suscite des débats, dans l’opinion publique, notamment quant à sa forme singulière et quant au fond.

Que faire alors ? Opter pour l’idée que la signature n’est pas l’acte essentiel et que seul l’assentiment du Parlement donnera des effets au traité dans l’ordre juridique interne belge ?

Rappeler que l’article 168 de la Constitution précise que « dès l’ouverture des négociations en vue de toute révision des traités instituant les Communautés européennes, les Chambres en sont informées et ont connaissance du projet de traité avant sa signature » ? Amener ainsi les Chambres, dûment informées, à faire œuvre constructive et à inciter le gouvernement démissionnaire à signer, même si cela ne s’inscrit pas dans les limites traditionnelles des « affaires courantes » ? Ou encore anticiper, avant la signature, le débat au Parlement sur la loi d’assentiment ?

Dans tous les cas, il s’agit de conférer un rôle assez inhabituel et pour le moins ambigu aux Chambres afin de permettre au gouvernement démissionnaire de ne pas être sanctionné juridictionnellement pour avoir dépassé les « affaires courantes »…

On le voit, la crise de l’Orange bleue peut conduire à des difficultés sur la scène européenne, sauf à les dépasser à l’aide d’arguties juridiques. Sans préjuger du débat sur le projet de traité, la Belgique, État fondateur de l’Union européenne et siège de multiples institutions, perdrait un crédit inutile si, en raison de sa seule incapacité à instaurer un gouvernement fédéral, elle bloquait la signature d’un acte très important à l’échelle européenne.

Une pelure d’orange – amère – fera-t-elle glisser l’Europe vers des horizons troublés… ?

Carine Doutrelepont Professeur de droit européen à l’ULB, avocate

Pascal Lefèvre Chargé de questions institutionnelles aux institutions européennes


*En ce qui concerne Pascal Lefèvre, cette opinion n’engage que son auteur.

Le Soir
31 octobre 2007