*** La Roumanie et la Bulgarie rejoignent l'Europe le 1er janvier. La Slovénie intègre en même temps la zone euro. Derniers changements significatifs en Europe avant la fin de la "pause" décrétée dans l'élargissement, et alors que la Pologne, la République tchèque et la Hongrie peinent à remplir les conditions pour adopter l'euro.
Le visage de l'Europe va se modifier à partir de lundi prochain, 1er janvier. L'Union va tout d'abord accueillir deux nouveaux membres, la Roumanie et la Bulgarie, et comptera désormais vingt-sept pays. Et le club plus fermé de la zone euro va intégrer un treizième adhérent, la Slovénie, aussi anecdotique soit-il puisqu'il ne pèse que 0,4% du PIB de l'UE. Après cela, rideau. Il faudra sans doute quelques années en effet pour que les lignes bougent à nouveau en Europe. Affaiblie par le rejet du Traité constitutionnel, embarquée dans de longues négociations aux allures de bras de fer avec la Turquie, l'UE a décidé de faire une pause dans l'élargissement. Le prochain membre pourrait être la Croatie, mais pas avant 2010. Quant à la zone euro, son rythme de développement tourne lui aussi au ralenti. Chypre, Malte, les pays baltes et la Slovaquie pourraient certes entrer avant la fin de la décennie, mais les plus importantes économies de l'Est, la Pologne, la Hongrie, la République tchèque, peinent à remplir les conditions et n'adopteront pas l'euro avant le début de la prochaine décennie.
En attendant, les trois pays qui font encore avancer l'Europe ne boudent pas leur plaisir. La Slovénie, « bon élève » de l'UE, abandonnera sans regret sa monnaie, pour la remplacer par la monnaie unique européenne, avec un taux de 1 euro pour 239,64 tolar. Avec aussi une vigilance accrue sur les « arrondis par le haut » stigmatisés par les consommateurs des premiers pays à avoir adopté l'euro. A Sofia et à Bucarest, feux d'artifice, jeux de lumières, et concerts en plein air marqueront ce réveillon si particulier. José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, se rendra dans la capitale bulgare, tandis que Josep Borrel, président du parlement européen, et deux commissaires européens feront le déplacement dans son homologue roumaine. Durant le temps de la fête, les interrogations seront mises entre parenthèse pour profiter pleinement de ce jour historique.
Car l'entrée dans l'UE ne se fait pas sans heurt. Bruxelles a sommé les deux nouveaux membres d'accélérer les réformes. Déjà, la Roumanie a annoncé l'interdiction de la culture du soja OGM, et l'adoption d'un nouveau code fiscal, tandis que la Bulgarie s'apprête à fermer, à contre cœur, deux réacteurs de sa centrale nucléaire de Kozlodoui, jugés trop vétustes. Mais dans la lutte contre la corruption, la sécurité alimentaire, la surveillance des frontières ou encore la réduction des pollutions industrielles, la Commission attend encore davantage de ses deux nouveaux membres, et n'hésitera pas à les mettre sous tutelle si besoin, ce qui peut aller jusqu'à la suspension des aides. Comme leurs voisins de l'Est, et malgré leur forte croissance économique, la Roumanie et la Bulgarie ne sont donc pas à l'abri, selon certains experts, d'un regain d'euro scepticisme, favorisé par la lassitude des laissés pour compte des réformes néo libérales.
LExpansion.com
29/12/2006
vendredi, décembre 29, 2006
dimanche, décembre 17, 2006
*La pause dans l'élargissement reflète la montée...!
*** "La pause dans l'élargissement reflète la montée des égoïsmes nationaux en Europe" :
*Pour Jérôme Creel, économiste à l'OFCE, le coup d'arrêt donné à l'élargissement de l'Europe est symptomatique du repli sur soi des pays membres de l'Union européenne.Réunis depuis jeudi soir à Bruxelles, les 25 pays membres de l’Union européenne devaient arrêter vendredi leur stratégie d’élargissement. Un consensus se dégageait sur la nécessite de le ralentir une fois que la Roumanie et la Bulgarie auront fait leur entrée, le 1er janvier prochain. La Croatie, la Macédoine, l’Albanie, le Monténégro, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie et la Turquie : autant de candidats laissés dans l’antichambre pour le moment. Décryptage de cette « pause » avec Jérôme Creel, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques. Pourquoi l'UE a-telle décidé de ralentir son élargissement ?Avant 2004, l'Europe intégrait des économies qui avaient un niveau de PIB par habitant relativement proche de ses membres. De plus, elle en faisait rentrer peu à la fois. Elle se donnait alors les moyens de faire converger l'économie de ses nouveaux membres vers celle des anciens. Cela a été rendu plus difficile en 2004, où les nouveaux, nombreux, étaient en plus des pays pauvres. Leur croissance n'est pas assez rapide, ou si vous préférez, ils partaient de trop loin, pour rattraper facilement les Quinze. Et puis surtout, le « non » à la Constitution, qui a pu être interprété comme un « non » à l'élargissement, a indiqué que les peuples ne suivaient plus. Cela a entraîné une réflexion chez les dirigeants de l'UE sur la meilleure façon de « vendre » le projet européen à leur opinion publique. Et la réponse, c'est de dire stop aux pays qui frappent à la porte. Cela traduit-il un repli sur soi ?Oui, mais il ne s'agit pas d'un repli sur soi de l'Europe. Ce phénomène traduit au contraire un retour du chacun pour soi chez les membres de l'Union. A l'intérieur même de l'espace européen, il y a une suspicion généralisée à l'égard de l'étranger. Le concept de patriotisme économique brandi en France, la baisse des coûts de production en Allemagne, la crainte des délocalisations à l'Est, tout cela crée un climat non coopératif qui empêche l'Union de se constituer en forteresse face à la mondialisation. Les membres de l'UE préfèrent se situer dans une logique de compétition internationale, même avec leurs voisins, plutôt que dans une logique de coopération. Ce phénomène n'est évidemment pas propice à la solidarité. Or la solidarité est un des fondements même de tout élargissement. Pourquoi ?Si l'on met la Turquie à part, les futurs membres sont des pays de petite taille, comme la Croatie, la Macédoine, l'Albanie, et ils ne vont évidemment pas bouleverser l'économie de l'UE. Mais, du fait de leur entrée, ils doivent pouvoir profiter du budget européen, qui n'est pas élastique. C'est à dire que les sommes qui leur seraient versées devraient être retirées à d'autres, par exemple les pays de l'Est déjà intégrés, mais aussi les régions les plus pauvres des pays les plus riches. Le deuxième problème posé par ces futurs nouveaux membres, c'est un problème de pouvoir. D'abord, le Traité de Nice, en vigueur puisque la constitution a été rejetée, a donné à certains pays, comme l'Espagne ou la Pologne un poids important, presque disproportionné. Donner des voix à d'éventuels nouveaux membres implique d'en retirer aux anciens. Ensuite, plus il y a de membres, plus le risque de paralysie est grand, puisque le Traité de Nice prévoit que les décisions se prennent à l'unanimité dans un grand nombre de domaines. Le cas de la Turquie, un pays très peuplée, décuple évidemment ces problèmes.Vous décrivez un projet européen en échec …C'est largement le cas.
Il faut maintenant que l'UE sorte de l'impasse dans lequel le « non » l'a mise. Elle doit approfondir ses institutions pour se donner les moyens de renforcer les coopérations économiques, de faire plus de croissance et de réenclencher un cercle vertueux. A cette condition, elle rendra plus facile tout nouvel élargissement.
Propos recueillis par Thomas Bronnec
L'Expansion
15/12/200
*Pour Jérôme Creel, économiste à l'OFCE, le coup d'arrêt donné à l'élargissement de l'Europe est symptomatique du repli sur soi des pays membres de l'Union européenne.Réunis depuis jeudi soir à Bruxelles, les 25 pays membres de l’Union européenne devaient arrêter vendredi leur stratégie d’élargissement. Un consensus se dégageait sur la nécessite de le ralentir une fois que la Roumanie et la Bulgarie auront fait leur entrée, le 1er janvier prochain. La Croatie, la Macédoine, l’Albanie, le Monténégro, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie et la Turquie : autant de candidats laissés dans l’antichambre pour le moment. Décryptage de cette « pause » avec Jérôme Creel, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques. Pourquoi l'UE a-telle décidé de ralentir son élargissement ?Avant 2004, l'Europe intégrait des économies qui avaient un niveau de PIB par habitant relativement proche de ses membres. De plus, elle en faisait rentrer peu à la fois. Elle se donnait alors les moyens de faire converger l'économie de ses nouveaux membres vers celle des anciens. Cela a été rendu plus difficile en 2004, où les nouveaux, nombreux, étaient en plus des pays pauvres. Leur croissance n'est pas assez rapide, ou si vous préférez, ils partaient de trop loin, pour rattraper facilement les Quinze. Et puis surtout, le « non » à la Constitution, qui a pu être interprété comme un « non » à l'élargissement, a indiqué que les peuples ne suivaient plus. Cela a entraîné une réflexion chez les dirigeants de l'UE sur la meilleure façon de « vendre » le projet européen à leur opinion publique. Et la réponse, c'est de dire stop aux pays qui frappent à la porte. Cela traduit-il un repli sur soi ?Oui, mais il ne s'agit pas d'un repli sur soi de l'Europe. Ce phénomène traduit au contraire un retour du chacun pour soi chez les membres de l'Union. A l'intérieur même de l'espace européen, il y a une suspicion généralisée à l'égard de l'étranger. Le concept de patriotisme économique brandi en France, la baisse des coûts de production en Allemagne, la crainte des délocalisations à l'Est, tout cela crée un climat non coopératif qui empêche l'Union de se constituer en forteresse face à la mondialisation. Les membres de l'UE préfèrent se situer dans une logique de compétition internationale, même avec leurs voisins, plutôt que dans une logique de coopération. Ce phénomène n'est évidemment pas propice à la solidarité. Or la solidarité est un des fondements même de tout élargissement. Pourquoi ?Si l'on met la Turquie à part, les futurs membres sont des pays de petite taille, comme la Croatie, la Macédoine, l'Albanie, et ils ne vont évidemment pas bouleverser l'économie de l'UE. Mais, du fait de leur entrée, ils doivent pouvoir profiter du budget européen, qui n'est pas élastique. C'est à dire que les sommes qui leur seraient versées devraient être retirées à d'autres, par exemple les pays de l'Est déjà intégrés, mais aussi les régions les plus pauvres des pays les plus riches. Le deuxième problème posé par ces futurs nouveaux membres, c'est un problème de pouvoir. D'abord, le Traité de Nice, en vigueur puisque la constitution a été rejetée, a donné à certains pays, comme l'Espagne ou la Pologne un poids important, presque disproportionné. Donner des voix à d'éventuels nouveaux membres implique d'en retirer aux anciens. Ensuite, plus il y a de membres, plus le risque de paralysie est grand, puisque le Traité de Nice prévoit que les décisions se prennent à l'unanimité dans un grand nombre de domaines. Le cas de la Turquie, un pays très peuplée, décuple évidemment ces problèmes.Vous décrivez un projet européen en échec …C'est largement le cas.
Il faut maintenant que l'UE sorte de l'impasse dans lequel le « non » l'a mise. Elle doit approfondir ses institutions pour se donner les moyens de renforcer les coopérations économiques, de faire plus de croissance et de réenclencher un cercle vertueux. A cette condition, elle rendra plus facile tout nouvel élargissement.
Propos recueillis par Thomas Bronnec
L'Expansion
15/12/200
samedi, décembre 16, 2006
*M. Sarkozy veut faire de l'adhésion de la Turquie...!
*** M. Sarkozy veut faire de l'adhésion de la Turquie à l'UE un thème de la campagne présidentielle
* A lors que l'Union européenne s'apprête à geler les négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE, Nicolas Sarkozy a choisi, jeudi 14 décembre, de relancer la controverse qu'il sait exister en France sur le sujet.
Lors d'un sommet du Parti populaire européen (PPE) à Meise, près de Bruxelles, le futur candidat de l'UMP à l'élection présidentielle s'est montré très critique sur le dossier turc. Selon un responsable allemand, le ministre de l'intérieur "a dit aux autres que s'il était élu, il aurait une obligation envers le peuple français". Et d'inviter les participants à la réunion, parmi lesquels les chanceliers allemand et autrichien, Angela Merkel et Wolfgang Schüssel, à réfléchir à quoi pourrait ressembler le "partenariat privilégié" qu'il prône comme alternative à l'adhésion.
Selon plusieurs sources proches du PPE, plusieurs pays comme la Grèce, les Pays-Bas et la Suède ont plaidé au contraire pour une politique de la main tendue envers Ankara. "Un partenariat privilégié n'est pas une bonne option", a estimé un responsable néerlandais. Le premier ministre grec, Costas Caramanlis, a estimé pour sa part qu'"une Turquie orientée vers l'Europe serait bénéfique pour tout le monde".
A la sortie de la réunion, Nicolas Sarkozy s'est dit décidé à croiser le fer sur ce thème avec les socialistes durant la campagne présidentielle. "J'ai regretté que le Parti socialiste européen appelle à l'adhésion de la Turquie. Ce sera l'un des débats qu'il y aura en France", a-t-il estimé. "Les socialistes sont pour l'adhésion de la Turquie, moi pas. Parler de l'adhésion de la Turquie alors même que la famille européenne n'est pas encore réunifiée, cela n'a pas beaucoup de sens", a-t-il ajouté devant la presse, avant de rentrer à Paris.
SÉGOLÈNE ROYAL POUR UN RÉFÉRENDUM
La candidate socialiste à la présidentielle, Ségolène Royal, s'est prononcée pour une poursuite des négociations avec Ankara et l'organisation d'un référendum en France, comme le prône le président Jacques Chirac. "Mon opinion est celle du peuple français", avait-elle lancé en octobre à ce sujet.
Un proche de Nicolas Sarkozy a fait remarquer que le prochain conseil européen, sous présidence allemande, aurait lieu fin juin, peu après le second tour des législatives françaises. "Le nouveau pouvoir aura quatre jours pour prendre position, alors il faut être prêt", a-t-il dit. Pour l'heure, Nicolas Sarkozy a salué la décision "ferme" de Bruxelles de ralentir les négociations après le refus d'Ankara d'ouvrir ses ports et ses aéroports au commerce en provenance de Chypre.
Cette position doit être entérinée lors du conseil des chefs d'Etat et de gouvernement, qui a commencé jeudi, à Bruxelles, sous présidence finlandaise. "La Turquie doit comprendre que ce n'est pas à l'Europe de s'adapter aux règles des autres", a dit le président de l'UMP, pour qui "la nécessité absolue" d'une reconnaissance de Chypre par Ankara est une évidence.
"Je ne comprends même pas que la question se pose. Si la Turquie veut entrer dans l'Europe – et vous connaissez mes réserves –, elle doit d'abord considérer que l'Europe est à vingt-cinq, pas à vingt-quatre, a-t-il dit. Ce n'est pas un préalable que de reconnaître l'ensemble des Etats qui constituent l'Union européenne. C'est un principe, c'est une nécessité absolue."
LEMONDE.FR avec Reuters
14.12.06
* A lors que l'Union européenne s'apprête à geler les négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE, Nicolas Sarkozy a choisi, jeudi 14 décembre, de relancer la controverse qu'il sait exister en France sur le sujet.
Lors d'un sommet du Parti populaire européen (PPE) à Meise, près de Bruxelles, le futur candidat de l'UMP à l'élection présidentielle s'est montré très critique sur le dossier turc. Selon un responsable allemand, le ministre de l'intérieur "a dit aux autres que s'il était élu, il aurait une obligation envers le peuple français". Et d'inviter les participants à la réunion, parmi lesquels les chanceliers allemand et autrichien, Angela Merkel et Wolfgang Schüssel, à réfléchir à quoi pourrait ressembler le "partenariat privilégié" qu'il prône comme alternative à l'adhésion.
Selon plusieurs sources proches du PPE, plusieurs pays comme la Grèce, les Pays-Bas et la Suède ont plaidé au contraire pour une politique de la main tendue envers Ankara. "Un partenariat privilégié n'est pas une bonne option", a estimé un responsable néerlandais. Le premier ministre grec, Costas Caramanlis, a estimé pour sa part qu'"une Turquie orientée vers l'Europe serait bénéfique pour tout le monde".
A la sortie de la réunion, Nicolas Sarkozy s'est dit décidé à croiser le fer sur ce thème avec les socialistes durant la campagne présidentielle. "J'ai regretté que le Parti socialiste européen appelle à l'adhésion de la Turquie. Ce sera l'un des débats qu'il y aura en France", a-t-il estimé. "Les socialistes sont pour l'adhésion de la Turquie, moi pas. Parler de l'adhésion de la Turquie alors même que la famille européenne n'est pas encore réunifiée, cela n'a pas beaucoup de sens", a-t-il ajouté devant la presse, avant de rentrer à Paris.
SÉGOLÈNE ROYAL POUR UN RÉFÉRENDUM
La candidate socialiste à la présidentielle, Ségolène Royal, s'est prononcée pour une poursuite des négociations avec Ankara et l'organisation d'un référendum en France, comme le prône le président Jacques Chirac. "Mon opinion est celle du peuple français", avait-elle lancé en octobre à ce sujet.
Un proche de Nicolas Sarkozy a fait remarquer que le prochain conseil européen, sous présidence allemande, aurait lieu fin juin, peu après le second tour des législatives françaises. "Le nouveau pouvoir aura quatre jours pour prendre position, alors il faut être prêt", a-t-il dit. Pour l'heure, Nicolas Sarkozy a salué la décision "ferme" de Bruxelles de ralentir les négociations après le refus d'Ankara d'ouvrir ses ports et ses aéroports au commerce en provenance de Chypre.
Cette position doit être entérinée lors du conseil des chefs d'Etat et de gouvernement, qui a commencé jeudi, à Bruxelles, sous présidence finlandaise. "La Turquie doit comprendre que ce n'est pas à l'Europe de s'adapter aux règles des autres", a dit le président de l'UMP, pour qui "la nécessité absolue" d'une reconnaissance de Chypre par Ankara est une évidence.
"Je ne comprends même pas que la question se pose. Si la Turquie veut entrer dans l'Europe – et vous connaissez mes réserves –, elle doit d'abord considérer que l'Europe est à vingt-cinq, pas à vingt-quatre, a-t-il dit. Ce n'est pas un préalable que de reconnaître l'ensemble des Etats qui constituent l'Union européenne. C'est un principe, c'est une nécessité absolue."
LEMONDE.FR avec Reuters
14.12.06
jeudi, décembre 14, 2006
*En attendant la présidance allemande,les vingt-cinq débattent..!
*** En attendant la présidence allemande, les Vingt-Cinq débattent d'immigration et d'élargissement :
* Les chefs d'Etat et de gouvernement européens devaient se rendre, jeudi soir 14 décembre, à Bruxelles pour un sommet d'attente avant la prochaine présidence allemande de l'Union, qui commence le 1er janvier. Les deux questions les plus controversées du moment, les négociations d'adhésion avec la Turquie et la relance du traité constitutionnel, ont été écartées de l'ordre du jour.La question turque a été provisoirement réglée, le 11 décembre, par les ministres des affaires étrangères, qui ont suspendu l'examen de huit chapitres jusqu'à ce qu'Ankara accepte d'étendre à Chypre son union douanière avec l'UE. Les chefs d'Etat et de gouvernement prendront acte de cette décision.La relance constitutionnelle a été renvoyée à la présidence allemande, qui devrait déboucher en juin 2007 sur des propositions pour un nouveau traité, dont Berlin souhaite qu'il soit soumis avant la fin de l'année à une Conférence intergouvernementale.Dans sa lettre d'invitation, le premier ministre finlandais, Matti Vanhanen, indique qu'il présentera seulement "une analyse des conclusions tirées de consultations menées au cours des derniers mois". La discussion devrait être brève, afin de ne pas compliquer les consultations que l'Allemagne prévoit d'accélérer dès le 1er janvier.Calendrier, grandes lignes d'un futur compromis, les points de vue sont trop éloignés, à ce stade, pour espérer le moindre progrès. "Aucune discussion sérieuse n'a eu lieu sur le sujet depuis six mois", observe un diplomate, en précisant que les différents scénarios possibles dépendront de l'issue de l'élection présidentielle française.LE CAS DE LA SERBIEToutefois, ni la question de l'élargissement ni celle du fonctionnement institutionnel de l'Union ne seront absentes du sommet. Les Vingt-Cinq - qui seront vingt-sept à partir du 1er janvier 2007 avec l'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie - vont discuter de leur "stratégie d'élargissement" et en particulier de la "capacité d'absorption" de l'Union face aux nouvelles candidatures. "L'objectif est de confirmer une conception commune du futur processus d'élargissement", écrit M. Vanhanen."Des questions légitimes se posent sur les conséquences de l'élargissement", a déclaré, mercredi 13 décembre, José Manuel Barroso, président de la Commission, devant le Parlement européen. La France tente ainsi de convaincre ses partenaires de la nécessité, avant d'accueillir de nouveaux membres, de vérifier que l'Union est en mesure d'en assumer la charge, à la fois sur le plan institutionnel et sur le plan financier, et de s'assurer du soutien des opinions publiques.Le cas spécifique de la Serbie devait être évoqué. Les négociations pour un accord d'association et de stabilisation, préalable à l'ouverture de pourparlers d'adhésion, ont été interrompues dans l'attente de l'arrestation des anciens chefs de guerre Radovan Karadzic et Ratko Mladic.A l'initiative du chef du gouvernement italien, Romano Prodi, plusieurs pays demandent un assouplissement de cette position. Aucune décision ne devrait être prise avant les élections serbes du 21 janvier.Deuxième grand thème à l'ordre du jour, le passage au vote à la majorité qualifiée en matière de coopération judiciaire et policière divise les Etats membres, mais la présidence finlandaise a tenu à l'organisation d'un débat. "L'objectif des travaux du Conseil européen sera de confirmer notre volonté de renforcer la prise de décision dans le domaine de la justice et des affaires intérieures", écrit M. Vanhanen, en écho, là aussi, à une demande française. Plusieurs pays s'opposent à ce changement, soit qu'ils y soient hostiles par principe, comme la Grande-Bretagne, soit qu'ils refusent toute modification institutionnelle, comme l'Allemagne, hors traité constitutionnel.
Thomas Ferenczi et Philippe Ricard
Article paru dans l'édition du 15.12.06.
BRUXELLES BUREAU EUROPÉEN
LE MONDE
* Les chefs d'Etat et de gouvernement européens devaient se rendre, jeudi soir 14 décembre, à Bruxelles pour un sommet d'attente avant la prochaine présidence allemande de l'Union, qui commence le 1er janvier. Les deux questions les plus controversées du moment, les négociations d'adhésion avec la Turquie et la relance du traité constitutionnel, ont été écartées de l'ordre du jour.La question turque a été provisoirement réglée, le 11 décembre, par les ministres des affaires étrangères, qui ont suspendu l'examen de huit chapitres jusqu'à ce qu'Ankara accepte d'étendre à Chypre son union douanière avec l'UE. Les chefs d'Etat et de gouvernement prendront acte de cette décision.La relance constitutionnelle a été renvoyée à la présidence allemande, qui devrait déboucher en juin 2007 sur des propositions pour un nouveau traité, dont Berlin souhaite qu'il soit soumis avant la fin de l'année à une Conférence intergouvernementale.Dans sa lettre d'invitation, le premier ministre finlandais, Matti Vanhanen, indique qu'il présentera seulement "une analyse des conclusions tirées de consultations menées au cours des derniers mois". La discussion devrait être brève, afin de ne pas compliquer les consultations que l'Allemagne prévoit d'accélérer dès le 1er janvier.Calendrier, grandes lignes d'un futur compromis, les points de vue sont trop éloignés, à ce stade, pour espérer le moindre progrès. "Aucune discussion sérieuse n'a eu lieu sur le sujet depuis six mois", observe un diplomate, en précisant que les différents scénarios possibles dépendront de l'issue de l'élection présidentielle française.LE CAS DE LA SERBIEToutefois, ni la question de l'élargissement ni celle du fonctionnement institutionnel de l'Union ne seront absentes du sommet. Les Vingt-Cinq - qui seront vingt-sept à partir du 1er janvier 2007 avec l'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie - vont discuter de leur "stratégie d'élargissement" et en particulier de la "capacité d'absorption" de l'Union face aux nouvelles candidatures. "L'objectif est de confirmer une conception commune du futur processus d'élargissement", écrit M. Vanhanen."Des questions légitimes se posent sur les conséquences de l'élargissement", a déclaré, mercredi 13 décembre, José Manuel Barroso, président de la Commission, devant le Parlement européen. La France tente ainsi de convaincre ses partenaires de la nécessité, avant d'accueillir de nouveaux membres, de vérifier que l'Union est en mesure d'en assumer la charge, à la fois sur le plan institutionnel et sur le plan financier, et de s'assurer du soutien des opinions publiques.Le cas spécifique de la Serbie devait être évoqué. Les négociations pour un accord d'association et de stabilisation, préalable à l'ouverture de pourparlers d'adhésion, ont été interrompues dans l'attente de l'arrestation des anciens chefs de guerre Radovan Karadzic et Ratko Mladic.A l'initiative du chef du gouvernement italien, Romano Prodi, plusieurs pays demandent un assouplissement de cette position. Aucune décision ne devrait être prise avant les élections serbes du 21 janvier.Deuxième grand thème à l'ordre du jour, le passage au vote à la majorité qualifiée en matière de coopération judiciaire et policière divise les Etats membres, mais la présidence finlandaise a tenu à l'organisation d'un débat. "L'objectif des travaux du Conseil européen sera de confirmer notre volonté de renforcer la prise de décision dans le domaine de la justice et des affaires intérieures", écrit M. Vanhanen, en écho, là aussi, à une demande française. Plusieurs pays s'opposent à ce changement, soit qu'ils y soient hostiles par principe, comme la Grande-Bretagne, soit qu'ils refusent toute modification institutionnelle, comme l'Allemagne, hors traité constitutionnel.
Thomas Ferenczi et Philippe Ricard
Article paru dans l'édition du 15.12.06.
BRUXELLES BUREAU EUROPÉEN
LE MONDE
mercredi, décembre 13, 2006
* La France prête à relever le défi de l’Internet...
*** Intervention de Nicolas SARKOZY
Président de l'Union pour un Mouvement Populaire
Web 3 – 3ème Conférence internationale des Blogs
Paris – mardi 12 décembre 2006
* Mesdames et Messieurs,Chers amis,
1. Permettez-moi d’abord de souhaiter la bienvenue à tous ceux d’entre vous qui venez de l’étranger. La France est heureuse et fière d’accueillir une manifestation de cette importance et de ce prestige, qui réunit plus de 37 nationalités et tous ceux qui font Internet jour après jour. Vous êtes les acteurs d’une révolution technologique majeure, comparable à l’apparition de l’électricité ou de la machine à vapeur. La première différence entre le monde de 1990 et le monde de 2006, ce sont les mutations intervenues dans la communication, les médias, les échanges économiques, les services informatiques, et bien d’autres secteurs encore, sous l’effet du développement d’Internet. Ce sont seulement 15 années qui se sont écoulées entre ces deux dates, mais ce sont à l’évidence des transformations très profondes qui se sont produites. A ce jour, nous n’en mesurons que très imparfaitement les conséquences.Permettez-moi aussi de saluer très chaleureusement l'organisateur de cette manifestation, Loïc Le Meur, qui fait tant pour promouvoir la culture de l'Internet dans notre pays, comme l’illustre votre rassemblement en ce lieu. J’ai la chance de figurer au nombre de ses amis. Merci, cher Loïc, de m'avoir offert la possibilité de rencontrer aujourd'hui des personnalités qui, dans le monde entier, inventent l'Internet de demain et bravo pour la qualité l’événement qui nous réunit aujourd’hui.
2. Je vais vous parler avec beaucoup de franchise parce que c’est dans ma nature. Je ne suis pas un grand familier du monde de l’Internet. Je ne passe pas ma vie à surfer sur la toile ou à écrire sur la blogosphère. Ce n’est pas tant une question de génération. C’est surtout une question d’engagement sans limite dans le métier qui est le mien depuis 30 ans, la politique. Je n’ai aucun doute sur le fait qu’Internet est devenu un instrument du débat politique, et un instrument important. Ça ne me donne pas pour autant le titre d’expert de l’Internet. Les spécialistes, c’est vous. Le politique, c’est moi. Internet est un élément, un élément tout à fait capital, que je dois intégrer à la réflexion qui est la mienne, une réflexion globale sur l’avenir de notre pays, sur les aspirations des Français, sur la place de la France en Europe et sur le message que la France veut faire entendre dans le monde.
3. La France a pris trop de retard dans le domaine de l’internet. Certes, nous le comblons progressivement en termes d’équipement des ménages et des entreprises. Le taux d’accès des foyers à l’Internet haut débit est bon comparé à celui de nos partenaires, ce qui est la conséquence involontaire du fait que nous avions du retard et que les nouveaux foyers qui s’équipent font le choix direct du haut débit. Surtout, nous avons des talents exceptionnels, depuis des millions de blogueurs (3 millions de blogs créés pour le seul premier trimestre 2006) jusqu’à des entreprises et chefs d’entreprise au potentiel mondialement reconnu. Je pense par exemple à Exalead, à Tariq Krim et Pierre Chappaz, ou encore Tristan Nitot, Marc Simoncini, Louis Choquel et beaucoup d’autres, à commencer par tous ceux dont le travail anonyme et discret fait de la France l’un des pays les plus en pointe en matière de logiciel libre.
Leur action, leur réussite, la qualité de l’événement qui nous réunit aujourd’hui, votre présence aujourd’hui dans cette salle, montrent en réalité que la France est prête à relever le défi de l’Internet, mais qu’il lui manque une ambition nationale.
Notre retard, c’est précisément le retard de cette ambition. C’est un retard étatique et culturel.
Etatique, parce que l’Etat n’a pas créé, au moment où il le fallait, les conditions pour faire de la France un pays d’innovation, de créativité, de création d’entreprises dans le domaine de l’Internet.
Internet est un monde où les choses vont vite. C’est une économie de réseaux instable où le premier à diffuser sa norme devient difficile à rattraper et risque par là-même d’imposer sa domination à un secteur entier. L’initiative est partout. Elle est profondément décentralisée. Il faut savoir la saisir, la soutenir au bon moment.
La France, avec sa centralisation excessive, son économie rigidifiée, n’était pas prête. L’Etat n’a pas saisi le levier de l’administration électronique pour stimuler le secteur. L’Etat a fait partir les Business angels [investisseurs providentiels] au moment où nous avions besoin de financer des jeunes entreprises innovantes. Notre économie reste dominée par de grands groupes qui mobilisent l’essentiel des capitaux, de la recherche, et même des talents, quand Internet est une économie fondée sur l’initiative individuelle et de petites structures qui incubent de l’innovation.
Le miracle, c’est que nous ayons quand même des gens comme Loïc, Tariq et beaucoup d’autres, des gens comme ces millions de blogueurs et développeurs indépendants de logiciels. Mais reconnaissons que les grandes inventions du Net sont américaines ; que, quand elles sont françaises, elles ne restent pas en France ; que la France est tragiquement absente, à quelques exceptions près, des négociations internationales relatives aux normes. Notre retard est ensuite culturel, parce que nous n’avons pas vraiment construit les outils d’une réflexion sur Internet, sur ses conséquences sur l’organisation de la vie économique et sociale, sur l’émergence d’un cinquième pouvoir, sur l’impact d’Internet sur la démocratie, sur son rôle dans le domaine culturel et éducatif. Nous avons eu en France un débat difficile sur la question des droits d’auteurs et des droits voisins. Je me suis impliqué pleinement pour faire respecter le droit d’auteur, parce que créer c’est travailler, parce qu’il n’y a pas de génie sans un travail acharné et que je n’accepte pas que le travail soit spolié sous prétexte qu’aujourd’hui ce serait techniquement possible, que les producteurs de disques gagneraient trop d’argent ou que ce serait plus pratique de télécharger sur Internet plutôt que d’aller à la FNAC. Pour autant, entre utiliser n’importe comment le téléchargement, au risque d’ailleurs de pénaliser une technique prometteuse qui est celle du peer to peer, et la répression érigée en seule solution, il y a beaucoup d’alternatives possibles, gagnantes pour les uns comme pour les autres, et sans doute aurions-nous pu les imaginer ensemble si nous avions eu des éléments de prospective et si nous avions pu anticiper plus rapidement les conséquences du Net sur l’évolution de notre société, des industries culturelles, de nos modes de consommation. 4. Mon credo, les Français le savent et ceux d’entre vous qui êtes étrangers allez le découvrir, c’est le refus de la fatalité. Il n’y a pas de fatalité à ce que la France voit les inventions se faire ailleurs ou à ce qu’elle se fasse piquer les siennes ; à ce qu’elle voit ses PME partir à l’étranger ou être rachetés par des capitaux étrangers ; à ce qu’elle utilise les inventions des autres quand elle est capable de les inventer elle-même ; à ce qu’elle soit à la traine de la réflexion sur Internet alors qu’elle a toujours été à la pointe de la réflexion humaniste, politique et philosophique. Je veux que la France reprenne son rang dans tous les secteurs qui vont forger l’avenir du monde et naturellement Internet en est un des tous premiers. J’ajoute qu’Internet, ce sont des centaines de milliers d’emplois à la clé, une perspective que nous ne pouvons laisser échapper. 5. C’est pourquoi Internet doit une priorité de notre action. Avec les sciences du vivant notamment, Internet doit d’abord être un des quatre ou cinq secteurs prioritaires de notre effort de recherche, un effort que je veux par ailleurs renforcer et dynamiser. Concentrer la recherche sur des secteurs stratégiques, c’est déjà gagner en efficacité. La France a créé récemment plusieurs pôles de compétitivité mondiaux dans les domaines des technologies de l’information et de la communication (Minalogic à Grenoble dans les nanotechnologies et les solutions miniaturisées intelligentes, SCS dans la région PACA dans les solutions communicantes sécurisées, et System@tic en Ile-de-France dans les systèmes électroniques complexes). C’est un acquis important pour le futur. La France n’investit pas assez sur Internet. Nous sommes avant-dernier sur 19 pays dans l’OCDE quant à la contribution d’Internet à la croissance. L’administration électronique est le levier que l’Etat a entre ses mains pour stimuler l’économie du Net, montrer l’exemple, permettre à des PME qui ont des idées sur Internet de se développer grâce à la commande publique. C’est pour moi une priorité. Je pense évidemment aux téléprocédures qu’il faut généraliser, mais aussi, par exemple, à l’éducation, qui peut trouver avec Internet un outil puissant de modernisation et d’égalité des chances, ou à la médecine, qui peut trouver avec Internet un instrument de transmission et d’échanges d’informations entre professionnels, en particulier l’imagerie médicale, pour une plus grande qualité des soins pour chaque malade. De même, je voudrais que nous investissions massivement dans des sites publics et gratuits permettant de mettre à disposition des Français et du monde entier notre patrimoine culturel : je pense à la numérisation systématique des archives, et à la mise en ligne du patrimoine culturel français tombé dans le domaine public ou financé avec des fonds publics. Ce qui est privé doit être respecté. Mais ce qui est public doit être vraiment public. Je voudrais que nos étudiants aient accès, en ligne et gratuitement également, au fond documentaire dont ils ont besoin pour réussir leurs études. La bibliothèque Sainte-Geneviève, c’est un des plus hauts lieux de concentration de la pensée, de la culture, de la réflexion et du travail universitaires. Je n’accepte pas qu’on y fasse la queue sur le trottoir le samedi matin à 9 h pour espérer pouvoir y entrer à midi. L’avenir, c’est évidemment la bibliothèque numérique pour tous. Il faut également achever l’équipement du territoire pour l’accès à l’Internet haut débit. Nous avons fait des progrès, mais il y a encore de nombreux efforts à faire et il faut maintenant envisager l’équipement en très haut débit. C’est d’autant plus important que c’est un enjeu, en France, d’aménagement du territoire. La France est un beau pays, riche de paysages variés. Nous voulons conserver tous nos territoires, dans leur diversité et dans leur dynamisme, et Internet est une chance à cet effet. Nous devons soutenir nos PME innovantes dans le domaine du Net. C’est un serpent de mer. Nous réagissons beaucoup trop tard parce que nous attendons de l’Etat qu’il désigne, du haut de son pouvoir omniscient, les entreprises qui méritent son soutien. Il suffit de regarder les Etats-Unis pour s’apercevoir que ce n’est pas comme ça que ça marche, et notamment dans l’économie du Net. Mon ambition, et elle vaut pour le Net comme pour les autres secteurs, c’est que la France redevienne un pays où l’on a envie d’investir, où l’on a envie de faire des affaires, où l’on a envie de créer et de prendre des initiatives, où l’on a envie de réussir, où l’on a envie d’avoir confiance et de croire en l’avenir. Au-delà de l’envie, un pays où tout redevient possible. Les problèmes de nos PME innovantes sont bien connus. C’est d’abord celui de la taille du marché. Toute nouvelle entreprise se heurte rapidement aux barrières nationales, là où une entreprise américaine a un accès immédiat à un marché de 300 millions d’habitants. Cela milite pour la poursuite du marché intérieur européen. C’est ensuite celui de la capitalisation et du financement bancaire. Sur ce point, mon ambition est de rétablir la confiance des investisseurs dans ce pays. Cela passe par une certaine manière de gouverner, une manière plus transparente, une manière plus responsable, une véritable éthique des finances publiques parce que c’est l’argent des Français, une plus grande confiance dans les partenaires sociaux, une plus grande confiance dans les acteurs individuels, une plus grande sécurité juridique, bref un environnement favorable à la création et au développement des entreprises. Je souhaite que la France cesse d’être le pays qui enrichit la Suisse, la Belgique et la Grande-Bretagne en poussant vers la sortie ceux qui veulent investir. Quant à notre jeunesse, je souhaite que nous nous dotions d’une grande réforme de l’enseignement supérieur pour que notre pays et nos jeunes se battent dans la bataille mondiale de l’intelligence, de la recherche et de l’innovation avec les mêmes armes que les autres. 82% des blogueurs ont moins de 24 ans. Dans le cadre de cette réforme de l’enseignement supérieur, je propose que les universités soient considérées comme des zones franches fiscales, c’est-à-dire que les jeunes qui y déposent des brevets et qui y créent des entreprises bénéficient de la franchise fiscale nécessaire à leur développement. 6. Si Internet est une priorité stratégique, cela ne saurait nous dispenser de réfléchir à ce que nous voulons en faire. C’est ce qui fait le prix et l’intérêt de votre rencontre aujourd’hui. Internet offre évidemment d’immenses potentialités, dont ni vous, ni moi encore moins, sommes vraiment capables de dessiner toutes les facettes et tous les contours. Internet abolit les distances et accélère la communication. Certains modes de télécommunications entre les hommes sont devenus gratuits. C’est un phénomène qui ne peut que s’accroître.Internet diffuse la connaissance, le savoir, dans des proportions inégalées. C’est une sorte de campus universitaire de taille mondiale et c’est important parce que l’on considère que 40% du savoir et de l’intelligence qui sont produits sur un campus viennent de la fréquentation des autres étudiants et des enseignants. Internet produit de l’intelligence collective parce qu’on est plus intelligent à plusieurs que tout seul ; parce que plus de monde peut participer à l’élaboration de la pensée ; parce que des connaissances disparues ou oubliées peuvent revivre. C’est ce qu’illustre par exemple l’encyclopédie libre Wikipedia, où la langue française connait un dynamisme exceptionnel. Internet rapproche les peuples en partageant les cultures. Internet peut être un instrument d’émancipation, et je souhaite qu’il le soit. Je pense à la Chine où il faut espérer qu’Internet finisse par enfoncer les digues de la désinformation et du mépris des libertés politiques. Je pense aux pays pauvres où Internet peut être une chance de diffuser plus rapidement le savoir, l’alphabétisation, la culture. La première conquête d’Internet, c’est l’ouverture de citadelles jusque là bien gardées. Chacun peut faire du journalisme à la place des journalistes. Chacun peut diffuser ses films à la place des majors d’Hollywood. Chacun peut mettre ses biens aux enchères, exposer ses travaux, afficher ses idées. Un nouvel espace de liberté d’expression s’est ouvert, avec la suppression de la barrière économique à la diffusion de masse des images, des textes ou des sons. Je ne le conçois pas comme une menace pour la démocratie, mais comme un avantage. Internet doit être un instrument de diversité culturelle. C’est un point capital. C’est pourquoi, je souhaite qu’à l’échelon européen, nous agissions par la recherche et par une politique industrielle pour retrouver et garder notre indépendance technologique. Je suis convaincu que notre indépendance technologique est la clé de notre indépendance culturelle et d’un équilibre des cultures dans le monde. Sachons faire du continent Internet, le continent du partage des cultures, mais pas celui du nivellement des valeurs.
Président de l'Union pour un Mouvement Populaire
Web 3 – 3ème Conférence internationale des Blogs
Paris – mardi 12 décembre 2006
* Mesdames et Messieurs,Chers amis,
1. Permettez-moi d’abord de souhaiter la bienvenue à tous ceux d’entre vous qui venez de l’étranger. La France est heureuse et fière d’accueillir une manifestation de cette importance et de ce prestige, qui réunit plus de 37 nationalités et tous ceux qui font Internet jour après jour. Vous êtes les acteurs d’une révolution technologique majeure, comparable à l’apparition de l’électricité ou de la machine à vapeur. La première différence entre le monde de 1990 et le monde de 2006, ce sont les mutations intervenues dans la communication, les médias, les échanges économiques, les services informatiques, et bien d’autres secteurs encore, sous l’effet du développement d’Internet. Ce sont seulement 15 années qui se sont écoulées entre ces deux dates, mais ce sont à l’évidence des transformations très profondes qui se sont produites. A ce jour, nous n’en mesurons que très imparfaitement les conséquences.Permettez-moi aussi de saluer très chaleureusement l'organisateur de cette manifestation, Loïc Le Meur, qui fait tant pour promouvoir la culture de l'Internet dans notre pays, comme l’illustre votre rassemblement en ce lieu. J’ai la chance de figurer au nombre de ses amis. Merci, cher Loïc, de m'avoir offert la possibilité de rencontrer aujourd'hui des personnalités qui, dans le monde entier, inventent l'Internet de demain et bravo pour la qualité l’événement qui nous réunit aujourd’hui.
2. Je vais vous parler avec beaucoup de franchise parce que c’est dans ma nature. Je ne suis pas un grand familier du monde de l’Internet. Je ne passe pas ma vie à surfer sur la toile ou à écrire sur la blogosphère. Ce n’est pas tant une question de génération. C’est surtout une question d’engagement sans limite dans le métier qui est le mien depuis 30 ans, la politique. Je n’ai aucun doute sur le fait qu’Internet est devenu un instrument du débat politique, et un instrument important. Ça ne me donne pas pour autant le titre d’expert de l’Internet. Les spécialistes, c’est vous. Le politique, c’est moi. Internet est un élément, un élément tout à fait capital, que je dois intégrer à la réflexion qui est la mienne, une réflexion globale sur l’avenir de notre pays, sur les aspirations des Français, sur la place de la France en Europe et sur le message que la France veut faire entendre dans le monde.
3. La France a pris trop de retard dans le domaine de l’internet. Certes, nous le comblons progressivement en termes d’équipement des ménages et des entreprises. Le taux d’accès des foyers à l’Internet haut débit est bon comparé à celui de nos partenaires, ce qui est la conséquence involontaire du fait que nous avions du retard et que les nouveaux foyers qui s’équipent font le choix direct du haut débit. Surtout, nous avons des talents exceptionnels, depuis des millions de blogueurs (3 millions de blogs créés pour le seul premier trimestre 2006) jusqu’à des entreprises et chefs d’entreprise au potentiel mondialement reconnu. Je pense par exemple à Exalead, à Tariq Krim et Pierre Chappaz, ou encore Tristan Nitot, Marc Simoncini, Louis Choquel et beaucoup d’autres, à commencer par tous ceux dont le travail anonyme et discret fait de la France l’un des pays les plus en pointe en matière de logiciel libre.
Leur action, leur réussite, la qualité de l’événement qui nous réunit aujourd’hui, votre présence aujourd’hui dans cette salle, montrent en réalité que la France est prête à relever le défi de l’Internet, mais qu’il lui manque une ambition nationale.
Notre retard, c’est précisément le retard de cette ambition. C’est un retard étatique et culturel.
Etatique, parce que l’Etat n’a pas créé, au moment où il le fallait, les conditions pour faire de la France un pays d’innovation, de créativité, de création d’entreprises dans le domaine de l’Internet.
Internet est un monde où les choses vont vite. C’est une économie de réseaux instable où le premier à diffuser sa norme devient difficile à rattraper et risque par là-même d’imposer sa domination à un secteur entier. L’initiative est partout. Elle est profondément décentralisée. Il faut savoir la saisir, la soutenir au bon moment.
La France, avec sa centralisation excessive, son économie rigidifiée, n’était pas prête. L’Etat n’a pas saisi le levier de l’administration électronique pour stimuler le secteur. L’Etat a fait partir les Business angels [investisseurs providentiels] au moment où nous avions besoin de financer des jeunes entreprises innovantes. Notre économie reste dominée par de grands groupes qui mobilisent l’essentiel des capitaux, de la recherche, et même des talents, quand Internet est une économie fondée sur l’initiative individuelle et de petites structures qui incubent de l’innovation.
Le miracle, c’est que nous ayons quand même des gens comme Loïc, Tariq et beaucoup d’autres, des gens comme ces millions de blogueurs et développeurs indépendants de logiciels. Mais reconnaissons que les grandes inventions du Net sont américaines ; que, quand elles sont françaises, elles ne restent pas en France ; que la France est tragiquement absente, à quelques exceptions près, des négociations internationales relatives aux normes. Notre retard est ensuite culturel, parce que nous n’avons pas vraiment construit les outils d’une réflexion sur Internet, sur ses conséquences sur l’organisation de la vie économique et sociale, sur l’émergence d’un cinquième pouvoir, sur l’impact d’Internet sur la démocratie, sur son rôle dans le domaine culturel et éducatif. Nous avons eu en France un débat difficile sur la question des droits d’auteurs et des droits voisins. Je me suis impliqué pleinement pour faire respecter le droit d’auteur, parce que créer c’est travailler, parce qu’il n’y a pas de génie sans un travail acharné et que je n’accepte pas que le travail soit spolié sous prétexte qu’aujourd’hui ce serait techniquement possible, que les producteurs de disques gagneraient trop d’argent ou que ce serait plus pratique de télécharger sur Internet plutôt que d’aller à la FNAC. Pour autant, entre utiliser n’importe comment le téléchargement, au risque d’ailleurs de pénaliser une technique prometteuse qui est celle du peer to peer, et la répression érigée en seule solution, il y a beaucoup d’alternatives possibles, gagnantes pour les uns comme pour les autres, et sans doute aurions-nous pu les imaginer ensemble si nous avions eu des éléments de prospective et si nous avions pu anticiper plus rapidement les conséquences du Net sur l’évolution de notre société, des industries culturelles, de nos modes de consommation. 4. Mon credo, les Français le savent et ceux d’entre vous qui êtes étrangers allez le découvrir, c’est le refus de la fatalité. Il n’y a pas de fatalité à ce que la France voit les inventions se faire ailleurs ou à ce qu’elle se fasse piquer les siennes ; à ce qu’elle voit ses PME partir à l’étranger ou être rachetés par des capitaux étrangers ; à ce qu’elle utilise les inventions des autres quand elle est capable de les inventer elle-même ; à ce qu’elle soit à la traine de la réflexion sur Internet alors qu’elle a toujours été à la pointe de la réflexion humaniste, politique et philosophique. Je veux que la France reprenne son rang dans tous les secteurs qui vont forger l’avenir du monde et naturellement Internet en est un des tous premiers. J’ajoute qu’Internet, ce sont des centaines de milliers d’emplois à la clé, une perspective que nous ne pouvons laisser échapper. 5. C’est pourquoi Internet doit une priorité de notre action. Avec les sciences du vivant notamment, Internet doit d’abord être un des quatre ou cinq secteurs prioritaires de notre effort de recherche, un effort que je veux par ailleurs renforcer et dynamiser. Concentrer la recherche sur des secteurs stratégiques, c’est déjà gagner en efficacité. La France a créé récemment plusieurs pôles de compétitivité mondiaux dans les domaines des technologies de l’information et de la communication (Minalogic à Grenoble dans les nanotechnologies et les solutions miniaturisées intelligentes, SCS dans la région PACA dans les solutions communicantes sécurisées, et System@tic en Ile-de-France dans les systèmes électroniques complexes). C’est un acquis important pour le futur. La France n’investit pas assez sur Internet. Nous sommes avant-dernier sur 19 pays dans l’OCDE quant à la contribution d’Internet à la croissance. L’administration électronique est le levier que l’Etat a entre ses mains pour stimuler l’économie du Net, montrer l’exemple, permettre à des PME qui ont des idées sur Internet de se développer grâce à la commande publique. C’est pour moi une priorité. Je pense évidemment aux téléprocédures qu’il faut généraliser, mais aussi, par exemple, à l’éducation, qui peut trouver avec Internet un outil puissant de modernisation et d’égalité des chances, ou à la médecine, qui peut trouver avec Internet un instrument de transmission et d’échanges d’informations entre professionnels, en particulier l’imagerie médicale, pour une plus grande qualité des soins pour chaque malade. De même, je voudrais que nous investissions massivement dans des sites publics et gratuits permettant de mettre à disposition des Français et du monde entier notre patrimoine culturel : je pense à la numérisation systématique des archives, et à la mise en ligne du patrimoine culturel français tombé dans le domaine public ou financé avec des fonds publics. Ce qui est privé doit être respecté. Mais ce qui est public doit être vraiment public. Je voudrais que nos étudiants aient accès, en ligne et gratuitement également, au fond documentaire dont ils ont besoin pour réussir leurs études. La bibliothèque Sainte-Geneviève, c’est un des plus hauts lieux de concentration de la pensée, de la culture, de la réflexion et du travail universitaires. Je n’accepte pas qu’on y fasse la queue sur le trottoir le samedi matin à 9 h pour espérer pouvoir y entrer à midi. L’avenir, c’est évidemment la bibliothèque numérique pour tous. Il faut également achever l’équipement du territoire pour l’accès à l’Internet haut débit. Nous avons fait des progrès, mais il y a encore de nombreux efforts à faire et il faut maintenant envisager l’équipement en très haut débit. C’est d’autant plus important que c’est un enjeu, en France, d’aménagement du territoire. La France est un beau pays, riche de paysages variés. Nous voulons conserver tous nos territoires, dans leur diversité et dans leur dynamisme, et Internet est une chance à cet effet. Nous devons soutenir nos PME innovantes dans le domaine du Net. C’est un serpent de mer. Nous réagissons beaucoup trop tard parce que nous attendons de l’Etat qu’il désigne, du haut de son pouvoir omniscient, les entreprises qui méritent son soutien. Il suffit de regarder les Etats-Unis pour s’apercevoir que ce n’est pas comme ça que ça marche, et notamment dans l’économie du Net. Mon ambition, et elle vaut pour le Net comme pour les autres secteurs, c’est que la France redevienne un pays où l’on a envie d’investir, où l’on a envie de faire des affaires, où l’on a envie de créer et de prendre des initiatives, où l’on a envie de réussir, où l’on a envie d’avoir confiance et de croire en l’avenir. Au-delà de l’envie, un pays où tout redevient possible. Les problèmes de nos PME innovantes sont bien connus. C’est d’abord celui de la taille du marché. Toute nouvelle entreprise se heurte rapidement aux barrières nationales, là où une entreprise américaine a un accès immédiat à un marché de 300 millions d’habitants. Cela milite pour la poursuite du marché intérieur européen. C’est ensuite celui de la capitalisation et du financement bancaire. Sur ce point, mon ambition est de rétablir la confiance des investisseurs dans ce pays. Cela passe par une certaine manière de gouverner, une manière plus transparente, une manière plus responsable, une véritable éthique des finances publiques parce que c’est l’argent des Français, une plus grande confiance dans les partenaires sociaux, une plus grande confiance dans les acteurs individuels, une plus grande sécurité juridique, bref un environnement favorable à la création et au développement des entreprises. Je souhaite que la France cesse d’être le pays qui enrichit la Suisse, la Belgique et la Grande-Bretagne en poussant vers la sortie ceux qui veulent investir. Quant à notre jeunesse, je souhaite que nous nous dotions d’une grande réforme de l’enseignement supérieur pour que notre pays et nos jeunes se battent dans la bataille mondiale de l’intelligence, de la recherche et de l’innovation avec les mêmes armes que les autres. 82% des blogueurs ont moins de 24 ans. Dans le cadre de cette réforme de l’enseignement supérieur, je propose que les universités soient considérées comme des zones franches fiscales, c’est-à-dire que les jeunes qui y déposent des brevets et qui y créent des entreprises bénéficient de la franchise fiscale nécessaire à leur développement. 6. Si Internet est une priorité stratégique, cela ne saurait nous dispenser de réfléchir à ce que nous voulons en faire. C’est ce qui fait le prix et l’intérêt de votre rencontre aujourd’hui. Internet offre évidemment d’immenses potentialités, dont ni vous, ni moi encore moins, sommes vraiment capables de dessiner toutes les facettes et tous les contours. Internet abolit les distances et accélère la communication. Certains modes de télécommunications entre les hommes sont devenus gratuits. C’est un phénomène qui ne peut que s’accroître.Internet diffuse la connaissance, le savoir, dans des proportions inégalées. C’est une sorte de campus universitaire de taille mondiale et c’est important parce que l’on considère que 40% du savoir et de l’intelligence qui sont produits sur un campus viennent de la fréquentation des autres étudiants et des enseignants. Internet produit de l’intelligence collective parce qu’on est plus intelligent à plusieurs que tout seul ; parce que plus de monde peut participer à l’élaboration de la pensée ; parce que des connaissances disparues ou oubliées peuvent revivre. C’est ce qu’illustre par exemple l’encyclopédie libre Wikipedia, où la langue française connait un dynamisme exceptionnel. Internet rapproche les peuples en partageant les cultures. Internet peut être un instrument d’émancipation, et je souhaite qu’il le soit. Je pense à la Chine où il faut espérer qu’Internet finisse par enfoncer les digues de la désinformation et du mépris des libertés politiques. Je pense aux pays pauvres où Internet peut être une chance de diffuser plus rapidement le savoir, l’alphabétisation, la culture. La première conquête d’Internet, c’est l’ouverture de citadelles jusque là bien gardées. Chacun peut faire du journalisme à la place des journalistes. Chacun peut diffuser ses films à la place des majors d’Hollywood. Chacun peut mettre ses biens aux enchères, exposer ses travaux, afficher ses idées. Un nouvel espace de liberté d’expression s’est ouvert, avec la suppression de la barrière économique à la diffusion de masse des images, des textes ou des sons. Je ne le conçois pas comme une menace pour la démocratie, mais comme un avantage. Internet doit être un instrument de diversité culturelle. C’est un point capital. C’est pourquoi, je souhaite qu’à l’échelon européen, nous agissions par la recherche et par une politique industrielle pour retrouver et garder notre indépendance technologique. Je suis convaincu que notre indépendance technologique est la clé de notre indépendance culturelle et d’un équilibre des cultures dans le monde. Sachons faire du continent Internet, le continent du partage des cultures, mais pas celui du nivellement des valeurs.
lundi, décembre 11, 2006
*Les 25 gèlent partiellement les négociations avec la Turquie...!
*** Les Vingt-Cinq sont finalement tombés d'accord lundi pour ralentir les négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Conformément à la recommandation effectuée par la Commission européenne, ils ont décidé de suspendre 8 des 35 chapitres de la discussion, estimant insuffisante l'offre de compromis faite par Ankara en fin de semaine dernière sur la question chypriote. Toutefois, les discussions se poursuivaient sur la façon dont les Vingt-Cinq réévalueront les progrès éventuellement effectués par la Turquie pour respecter ses obligations. Chypre et la Grèce, les plus remontées contre le refus de la Turquie d'ouvrir ses ports et aéroports au trafic chypriote grec, demandent notamment à fixer une date butoir à laquelle ils pourraient éventuellement durcir les sanctions contre la Turquie, faute de progrès. La présidence finlandaise de l'UE a, de son côté, proposé une réévaluation "constante" de ces progrès, sans date butoir. Une proposition destinée à arriver à un compromis entre les positions de Chypre et de la Grèce et celle du Royaume-Uni notamment, qui refuse absolument une date butoir.
LExpansion.com avec AFP11/12/2006
LExpansion.com avec AFP11/12/2006
*Conférence à Paris :Président de la Caisse de dépôt et placement du Québec!
*** Le 11/12/2006, à la Délégation générale du Québec à Paris :
* A propos de l'Invitation du Délégué général du Québec, Monsieur Wilfrid-Guy LICARI,dans le cadre des activités du Club Economique France-Québec :
Conférence de
* Monsieur Henri-Paul ROUSSEAU
Président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec.
sur le thème :
"La stratégie internationale de la Caisse de dépôt et placement du Québec".
**** Une brillante & très intéressante intervention de la part de Mr. ROUSSEAU!
*** Nous avons assisté à la Conférence ***
Morgane BRAVO
* A propos de l'Invitation du Délégué général du Québec, Monsieur Wilfrid-Guy LICARI,dans le cadre des activités du Club Economique France-Québec :
Conférence de
* Monsieur Henri-Paul ROUSSEAU
Président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec.
sur le thème :
"La stratégie internationale de la Caisse de dépôt et placement du Québec".
**** Une brillante & très intéressante intervention de la part de Mr. ROUSSEAU!
*** Nous avons assisté à la Conférence ***
Morgane BRAVO
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