*TRAITÉ DE ROME*

Il est important de se rappeler d'où nous venons. Après les tragédies de la Seconde Guerre mondiale, le Traité de Rome fut un accord clé entre six pays qui a lié leur destinée via la Communauté économique européenne. À l'occasion du 60ème anniversaire de sa signature, nous revenons sur la manière dont le traité a posé les bases de l'Europe et de sa réalisation, défendues par le Parlement européen.

🇪🇺EUROPE FOR CITIZENS! #HUB & #ThinkTank!

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🇪🇺POUR QUE L'EUROPE, EN TANT QU’ACTEUR MONDIAL, NE SOIT PAS LOINTAINE DES EUROPÉENS & DES FRANÇAIS!. BIENVENUE, WELCOME, BIENVENIDO, WILLKOMMEN, WELKOM, BENVENUTO, BOAS-VINDAS, WITAJ, VITAJTE... By @MorganeBravo.

2010*50Years of Traineeships at the European Commission*

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*Founded in 2006. From Paris, France. Fondatrice du "HUB EUROPEAN UNION", Morgane BRAVO* "United in diversity", that's the motto of the EU! *Mieux informer les citoyens UE! « So that Europe, as a global player, is not far from Europeans » * *Ancienne stagiaire (Blue Book) de la Commission Européenne, au Secrétariat Général. Bruxelles. * President & Founder HUB « DIGITAL DIPLOMACY» «DIPLOMATIE NUMERIQUE ». *‪Fondatrice HUB 
‪« DIGITAL DIPLOMACY» : « POLITIQUE & SOCIAL NETWORKING ». *Fondatrice HUB « ECOLOGIE &INNOVATION : DEVELOPPEMENT DURABLE DU XXIE SIÈCLE!»* Présidente et Fondatrice du «Think Tank» Europe-Mexique.

*LES PRINCIPALES INSTITUTIONS DE L'UNION EUROPÉENNE*

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🇪🇺L'EUROPE. « L'Europe ne doit pas être un commentateur du monde. Elle doit en être l'architecte.🕊 La diplomatie européenne doit être une » 🕊 May the force be with you! Que la force soit avec vous!

jeudi, août 09, 2007

*Les régions ont le vent en poupe : Europe*


*** Catalans, Ecossais, Flamands, tous aspirent à l'indépendance : l'Europe est en proie à la montée des mouvements séparatistes. Faut-il en conclure que l'intégration européenne favorise la dislocation des Etats nationaux ?

Les mouvements séparatistes ne sont pas l'apanage de l'Europe de l'Est où sont tombés les anciens Etats nationaux à la suite de l'effondrement du communisme et où de nouveaux Etats sont nés, ils sont également à l'ordre du jour en Europe de l'Ouest. Rares sont cependant les organisations séparatistes qui à l'instar de l'ETA basque recourent au terrorisme dans leur lutte pour l'indépendance. Leur combat est au contraire de nature culturelle, les séparatistes, tels les Catalans, se mobilisant pour la reconnaissance de leur langue, de leur culture et de leur nationalité.

Ce sont souvent les régions bien nanties qui se rebellent. Elles peuvent se permettre de prendre leur temps pour réfléchir au bien fondé d'une autonomie, comme c'est le cas par exemple des Ecossais qui disposent de ressources minières. L'exemple de la Belgique montre que la poussée de la décentralisation et de la régionalisation peut devenir un processus inéluctable ouvrant une brèche de plus en plus profonde dans la société.

Le cas de la Catalogne – un modèle à imiter ?

Pour la première fois, l'invité d'honneur de la Foire du Livre de Francfort sera cet automne non pas un pays mais une région, à savoir la Catalogne. Les organisateurs auraient-ils par là levé un lièvre ? Ils s'en avisèrent au plus tard lorsque l'institut culturel Ramon Llull sis à Barcelone et chargé de sélectionner les écrivains pour Francfort, élimina tous les auteurs écrivant en espagnol. Ainsi furent exclus des écrivains à succès, tel Edoardo Mendoza ou Carlos Ruiz Zafón, bien qu'ils soient catalans.

La question de l'indépendance de la Catalogne anime les débats depuis des décennies, mais ces derniers temps, le ton s'est durci. "Il est regrettable qu'au moment où l'influence de l'espagnol croît dans le monde, certains secteurs minoritaires prétendent l'éradiquer au sein même du territoire national", déplorait le quotidien espagnol ABC il y a un an déjà, le 13 juillet 2006, lorsque la Catalogne sollicita son propre stand à la Foire du Livre de Francfort. "Les langues sont un instrument de cohésion sociale et ne doivent pas se convertir en moyens de discrimination des citoyens ou servir une politique revancharde", soulignait le quotidien conservateur.

L'inquiétude que suscite l'unité espagnole est loin d'être immotivée. L'Espagne se compose de dix-sept communautés autonomes et, dans nombre d'entre elles, les esprits sont en effervescence. En février 2007, un référendum a hissé l'Andalousie au rang de "réalité nationale", hymne, drapeau et jour férié à l'appui. Quant aux nationalistes galiciens, ils exigent de Madrid des réparations s'élevant à 24 milliards d'euros. Les gouvernements des îles Canaries et des Baléares réfléchissent à haute voix à une autonomie renforcée. Et au Pays Basque, l'ETA a récemment dénoncé un armistice qui de toute façon n'était pas respecté.

Pour toutes ces entités, la Catalogne sert de modèle. De fait, jamais Barcelone n'avait été aussi éloignée de Madrid qu'aujourd'hui. Depuis 1978 la région nord-est de la péninsule ibérique, entre la Méditerranée et les Pyrénées, est considérée comme région autonome et dispose entre autres, outre ses compétences politiques élargies en matière d'éducation, de santé et d'économie, de sa propre police. Dans le cadre du nouveau statut d'autonomie la Catalogne a accédé au rang de "réalité nationale". Virtuellement, la Catalogne bénéficie depuis deux ans déjà du statut de "région": à l'époque, l'Internet Corporation for Assigned Names and Numbers ICANN l'a autorisée à porter la particule "cat". C'est la toute première particule synonyme de région et d'entité culturelle.

Le cas de l'Ecosse – pacifisme et ténacité

Sur les terrains de sport, l'indépendance des Catalans est déjà bien établie : lors de la coupe du monde de football en salle qui a eu lieu en juin 2007 à Jakutzk, en Russie, l'équipe catalane jouant pour la première fois a vaincu ses collègues espagnols 5 à 3. L'Ecosse aussi a sa propre équipe de football, et ce depuis 1872. À l'époque elle participait au tout premier match international contre l'Angleterre, et ce fut un match nul. Entre temps l'Ecosse a marqué des points sur la voie de l'autonomie politique. Le parti séparatiste Scottish National Party (SNP) est au pouvoir depuis les dernières élections de mai 2007, et dans trois ans la population sera appelée à se prononcer par référendum pour ou contre l'indépendance. À l'heure actuelle, presque 50 % de la population se prononcerait en faveur de l'indépendance.

L'Ecosse semble tentée par le modèle irlandais, pays qui par sa politique en faveur de l'économie affiche, à l'ombre du voisin britannique, des taux de croissance non négligeables. L'essayiste Michael O'Sullivan mettait en garde dans le Irish Times du 3 mai contre la puissance économique d'un voisin écossais accédant à l'autonomie : "Une Ecosse indépendante pourrait devenir un concurrent plus agressif de l'Irlande pour attirer les capitaux et la main-d'oeuvre étrangère, même s'il faut admettre que les deux pays pourraient agir plus étroitement sur le plan politique au sein du Conseil des îles [appellation utilisée pour désigner le Conseil britanno-irlandais] ou du Conseil de l'Union européenne".

Dans une tribune du quotidien belge La Libre Belgique du 1er juin 2007, Tom McCabe, membre du Parlement régional écossais et ancien ministre britannique des Finances, souligne la non-violence du nationalisme écossais, car "contrairement au nationalisme d'Europe de l'Est ou à celui des Balkans, le nationalisme de type écossais ne s'enracine pas dans un problème d'ethnie ou de religion. Une Ecosse nouvelle se lève, de même qu'une nouvelle Grande-Bretagne. C'est la leçon de l'Ecosse à l'Europe."

Grand coup télémédiatique en Belgique

Tandis que les nationalistes écossais attendent encore le bon moment pour leur indépendance, pour nombre de Belges la division du pays en un Nord flamand et un Sud wallon a déjà été une réalité : le 13 décembre 2006, la télévision belge diffusait un reportage fictif dans lequel un journaliste particulièrement excité annonçait depuis le Parlement que les députés de la Flandre du Nord venaient de voter l'indépendance et que la famille royale s'était enfuie à Kinshasa. Les téléspectateurs wallons furent 90% à prendre la nouvelle au sérieux.

"Au fond : une fiction pour faire comprendre que le séparatisme n'est pas…une 'fiction'", commentait Pierre Bouillon le lendemain dans le plus grand quotidien de langue française, Le Soir. De même, les anciens parlementaires Serge Moureaux et Antoinette Spaak émettaient leur opinion dans un 'manifeste pour l'unité francophone' publié dans Le Soir le 26 février, soulignant qu'il n'était plus possible de sauver l'unité de la Belgique. "Les francophones doivent s'y préparer", avançaient-ils d'une seule voix.

La Flandre domine la Belgique non seulement sur le plan politique – depuis 30 ans le Premier ministre est toujours un Flamand – mais aussi sur le plan économique. Autrefois pauvre, la Flandre s'est transformée en bastion du high tech, tandis que le déclin de l'industrie lourde fait de la Wallonie une région déficitaire acculée à de graves problèmes. Le Sud ne se rentabilise plus, observait Alois Berger dans une contribution au Deutschlandfunk du 6 juin 2007. "Les forces motrices du séparatisme ont élu domicile aux postes de direction flamands."

Pas de dénominateur commun

Le bien-être économique est, en d'autres endroits d'Europe, l'arrière-plan décisif sur lequel se déroulent les dialectiques séparatistes. Sans le Sud, l'Italie serait l'un des plus riches pays de l'UE, et, même au Pays Basque espagnol, le revenu est supérieur à celui du reste de l'Espagne. On ne peut guère ramener à un dénominateur commun les différents mouvements séparatistes d'Europe, considérait l'hebdomadaire britannique Economist dans une tribune du 1er mars 2007. L'argent cependant joue un rôle d'importance dans la plupart des cas : "Il est vrai que les entités les plus pauvres seraient moins tentées de se séparer d'un Etat riche, tandis que les régions riches – ou celles qui ont des ressources naturelles – pourraient fort bien le désirer."

Les motifs économiques sont-ils les seuls à jouer un rôle sur les scènes autonomistes des régions et des provinces européennes ? Jean-Michel Helvig ne cachait pas ses craintes, dans Libération du 29 décembre 2005, devant le nouveau spectre du "remembrement" qui hante l'Europe : "Ce national-régionalisme, s'il se radicalise depuis l'élargissement des années 90, est déjà enraciné dans le fonctionnement communautaire. Ce que l'Europe a de supranational sert aux régions en veine d'autonomie pour contourner leurs gouvernements et faire valoir des intérêts propres, surtout économiques."

Nombre de séparatistes sont les représentants de l'idée européenne. Et ce non sans raison. L'UE soutient depuis toujours le principe de la subsidiarité parce qu'il promet une gestion calquée sur les besoins spécifiques des régions et par là plus efficace. Ainsi fut créée en 1985 l'Assemblée des régions d'Europe qui s'est érigée depuis en modèle de réussite. Aujourd'hui, elle comprend 250 régions émanant de 30 pays, dont la Catalogne.

Cette assemblée fait-elle fonction d'exutoire pour la rhétorique séparatiste ou de catalyseur de nature à accélérer l'atomisation des vieux Etats nationaux ? Antoine Maurice, dans la Tribune de Genève du 1er mars 2007, brossait un sombre tableau des Etats de type traditionnel : "Il est vrai que les vieilles nations européennes, par temps de terrorisme et de mondialisation, ne sont pas sûres de maintenir une présence hégémonique dans les relations internationales ni dans leur cohésion interne."

Nicolas Levrat, politologue et professeur de droit à Genève, contrecarre cette opinion dans un entretien avec euro|topics : "Canaliser ainsi l'influence des régions fortes par leur représentation à l'échelle nationale était un coup habile qui a renforcé l'Etat, moins en sa qualité d'Etat national qu'en sa qualité d'Etat dans toute sa diversité, y compris ses pouvoirs régionaux." En apportant son soutien aux régions les plus pauvres, l'UE contribue à réduire les différences économiques entre les régions de chacun des Etats. Ainsi le chroniqueur Michael Mocek estimait-il dans le quotidien tchèque Mlada fronta dnes du 11 juillet 2006 que l'UE était plutôt une force de cohésion : "Si l'Europe de l'Ouest ne se délite pas, au contraire de l'Europe de l'Est, c'est en grande partie grâce à l'Union européenne, qui offre le cadre d'une autonomie accrue."

de Christoph Mayerl

Eurotopics

*Pendant une demonstration à Barcelone une femme montre un poster avec la
phrase en catalan "Nous sommes une nation". Photo: AP

mercredi, août 08, 2007

*France: le déficit commercial se creuse à 15 milliards d'euros au 1er semestre*



*** Le déficit commercial de la France s'est encore creusé au premier semestre 2007, atteignant un total de 15,046 milliards d'euros contre environ 12,917 milliards d'euros un an plus tôt à la même période, ont annoncé mercredi les Douanes.

Sur le seul mois de juin, le déficit s'est établi à 3,011 milliards d'euros contre 3,218 milliards en mai. Les exportations mensuelles ont augmenté à 34,276 milliards d'euros (32,277 milliards en mai) de même que les importations, qui ont atteint 37,287 milliards(35,495 milliards en mai).

"La tendance n'est pas excellente" et "la France perd des parts de marché", a reconnu sur RTL le secrétaire d'Etat aux Entreprises et au Commerce extérieur Hervé Novelli, pour lequel le niveau élevé de l'euro et des cours du pétrole ont fortement pesé mais n'expliquent pas tout.

"L'euro fort peut être un handicap notamment à la grande exportation, mais à l'évidence dans la zone euro cela n'est pas la seule variable explicative", a déclaré M.Novelli.

PARIS (AFP)

vendredi, août 03, 2007

*La politique extérieure de Sarkozy plaît aux Français*


*** Toujours au plus haut dans le baromètre Figaro Magazine, le chef de l’Etat donne aux Français une meilleure image de leur pays.

La cote de confiance de Nicolas Sarkozy reste au plus haut au mois d’août. Selon le baromètre mensuel TNS-Sofres / Figaro Magazine, le chef de l’Etat est à 64%, contre 65% en juillet et 63% en juin. Celle de François Fillon se maintient également, même si elle enregistre une légère baisse (53% contre 56% en juillet).

Autre enseignement de notre enquête mensuelle : Pour la première fois depuis des années, les Français sont une majorité (50%) à estimer que le rôle de notre pays dans le monde se renforce. 31% pensent le contraire. Ce score, qui fait un bond de neuf points en un mois, est sans doute à mettre au crédit de l’activisme du chef de l’Etat en matière internationale.

Les Français moins pessimistes

Le renouvellement politique qu’a connu le pays permet également aux Français de reprendre espoir en l’avenir, même s’ils restent pessimistes. Ils sont 28% à estimer que «les choses vont aller en s’améliorant», deux points de plus qu’en juillet, et surtout 17 de plus qu’en mai.

Les sondés semblent cependant craindre une rentrée agitée. 58% des sondés (+5 par rapport à juillet) estiment que «dans les deux ou trois mois à venir, il va y avoir beaucoup de conflits sociaux». En revanche, 54% d’entre eux estiment que ces conflits «pourront être résolus par la négociation ou le compromis».

Strauss-Kahn à la hausse

Le gouvernement Fillon doit en revanche encore faire ses preuves concernant les priorités des Français, qui restent la lutte contre le chômage (43%, +1) et contre la hausse des prix (22%, +4). Son action en matière d’inflation n’est jugée efficace que par 15% des sondés. Quant au chômage, seuls un quart des Français (+3) sont convaincus.

Enfin, au baromètre des personnalités les plus populaires, Bernard Kouchner reste en tête à 62% (-1), suivi de Jean-Louis Borloo (56%) et de Rachida Dati (53%, -6). Dominique Strauss-Kahn se classe quatrième avec un bond de 9 points, qui le consacre personnalité de gauche la plus populaire. A noter, enfin, la hausse de Jack Lang (44%, +5), et la chute de Villepin (28%, -8).

Sondage réalise auprès d'un échantillon de 1000 personnes interrogées en face-à-face, méthode des quotas.

Samuel Laurent
Le Figaro
Publié le 01 août 2007

*Photo : Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande, Angela Merkel.
Kappeler/AFP.

jeudi, août 02, 2007

*L'UE a accepté que les infirmières bulgares renoncent à poursuivre Tripoli*


***Avant de pouvoir quitter, le 24 juillet, la Libye à bord d'un avion présidentiel français, les infirmières bulgares et le médecin d'origine palestinienne ont été obligés de signer un document où ils s'engagent à renoncer à tout recours judiciaire pour tortures, mauvais traitements, ou détention abusive. La signature de ce document a été une des conditions de leur libération. Elle a eu lieu à Tripoli en présence de diplomates européens, notamment d'un représentant bulgare.

La France s'est engagée à moderniser l'hôpital de Benghazi
Quel est le montant du budget que la France doit allouer à la modernisation de l'hôpital libyen de Benghazi, dans le cadre des gestes qu'elle a consentis en direction de la Libye pour faciliter la libération des infirmières bulgares? Selon le fils du colonel Kadhafi, Saïf Al-Islam, le projet s'élève à "plusieurs millions d'euros". "Ce sera énorme, et très coûteux", nous a-t-il déclaré. Le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, s'est refusé, jeudi matin, à tout commentaire sur le montant exact du projet, précisant que la mise en œuvre en est au "stade exploratoire". Le Quai d'Orsay précise que les sommes relèveront du budget de la coopération. Dans les mois qui ont précédé la libération des infirmières, Paris a négocié avec Tripoli un volet d'aide bilatéral, axé sur l'hôpital de Benghazi. Il est question de rénover l'établissement, de fournir des équipements médicaux sophistiqués et de former du personnel médical libyen.

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Chronologie
16 février 1999 : dix-neuf infirmières bulgares et un médecin palestinien sont arrêtés à Benghazi après la contamination d'enfants par le virus du sida. Treize seront libérées.

6 mai 2004 : cinq infirmières bulgares et le médecin, accusés d'avoir inoculé le sida aux enfants, sont condamnés à mort par un tribunal libyen. Les six, qui affirment avoir été torturés, font appel.

25 décembre 2005 : la Cour suprême libyenne ordonne un nouveau procès.

19 décembre 2006 : la peine de mort est confirmée.

17 février 2007 : appel des accusés.

11 juillet :la Cour suprême confirme les sentences.

24 juillet : libération des infirmières et du médecin.

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Cet aspect, soulève la question des suites judiciaires qui pourraient – ou devraient – être données en Europe à cette affaire. Arrêtés en février 1999 à Benghazi, en Libye, après l'apparition de plusieurs cas de sida chez des enfants ayant été traités dans un hôpital local, les infirmières bulgares et le médecin palestinien ont été affreusement torturés lors de leur détention, dans le but de leur arracher des aveux. La condamnation à mort, par la justice libyenne, des six praticiens étrangers – qui n'ont cessé par ailleurs de clamer leur innocence – a entièrement reposé sur ces aveux.

Or c'est précisément pour faire accepter aux familles des enfants libyens malades du sida l'idée que la peine de mort puisse être commuée en prison à vie – ce qui suppose en filigrane une acceptation de la soi-disant culpabilité des infirmières – que des gouvernements européens et la Commission de Bruxelles ont négocié et mis en place une série d'aides à la Libye, et facilité un dédommagement financier des familles, à hauteur d'un million de dollars par enfant contaminé.

"LES 27 ETATS MEMBRES ÉTAIENT CONSTAMMENT INFORMÉS DES DÉTAILS DES DISCUSSIONS"

Le verdict du juge libyen, basé sur une enquête où des aveux extirpés sous la torture ont été centraux, joue ainsi un rôle essentiel dans la façon dont le dossier a été traité, puis résolu, par les Européens, qui ont de fait monnayé des aides financières et médicales à la Libye contre l'élargissement des prisonniers.

Interrogé mercredi soir 1er août par Le Monde, le porte-parole de l'Elysée, David Martinon, a confirmé qu'un engagement a bien été signé par les infirmières, comportant un renoncement à toute procédure judiciaire en Europe contre des responsables libyens pour tortures. La démarche a été cautionnée à haut niveau du côté européen, puisque, selon M. Martinon, "cela avait fait l'objet d'un échange de lettres entre l'Union européenne et la Libye. Il y a une lettre signée par Benita Ferrero-Waldner, la commissaire européenne pour les relations extérieures, et Frank-Walter Steinmeier, le ministre allemand des affaires étrangères", datant du premier semestre 2007 lorsque l'Allemagne présidait l'Union européenne (UE).

De Bruxelles, la porte-parole de Mme Ferrero-Waldner nous a précisé, jeudi matin 2 août par téléphone, que "les 27 Etats membres étaient constamment informés des détails des discussions" qui se tenaient à Tripoli, et qu'aucun ne pouvait donc prétendre ignorer les conditions de la libération.

Le renoncement des infirmières à des poursuites judiciaires a par ailleurs figuré dans les discussions qu'ont eues, à Tripoli, le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, et l'épouse du président français, Cécilia Sarkozy. Les officiels libyens ont en effet déclaré à l'équipe française que les infirmières refusaient de signer le document en question. C'est en rencontrant ensuite les infirmières que les émissaires français ont appris qu'il n'en était rien, les prisonniers clamant au contraire qu'ils étaient prêts à signer pour hâter leur départ de Libye.

Selon l'Elysée, les avocats des infirmières "étaient tous d'accord" pour qu'un tel engagement soit pris. Contacté mercredi par Le Monde, l'un d'eux, le Français Emmanuel Altit, déclare qu'il s'est rendu à Sofia ces derniers jours, à la demande des infirmières, pour discuter avec elles des éventuelles suites judiciaires à donner à leur détention. Aucune décision n'a été prise à ce stade sur un recours au plan juridique, car pour l'heure, "elles sont détruites, il faut d'abord qu'elles se reconstruisent comme individus, après avoir tant été réduites à l'état de jouets dans les mains des Etats".

L'avocat souligne qu'en aucun cas un document signé dans des conditions de contrainte ne pourrait empêcher les infirmières et le médecin de "faire valoir leurs droitspour que leurs tortionnaires soient poursuivis".

"ELLES ONT ÉTÉ VIOLÉES"

Les récits qu'ont faits les six praticiens à différents médias européens, depuis leur retour en Bulgarie, ainsi que ce qu'ils avaient raconté en 2005 à une équipe de l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch, venue leur rendre visite, ne laissent guère de doute sur le degré de violence auquel ils ont été soumis dans les geôles libyennes, surtout au début de leur détention, en 1999-2000.

Le médecin palestinien, Achraf Hajouj, a ainsi raconté avoir été "enfermé les premiers jours dans une pièce avec trois chiens, qui ont reçu l'ordre de m'attaquer. (…) Une des choses qu'ils m'ont faite est d'enrouler un fil métallique autour de mon pénis et de me tirer à travers la salle. Je hurlais. Le pire, c'était la machine à torturer avec l'électricité. Ils mettaient un fil sur un doigt, et l'autre sur mes oreilles ou sur mes parties génitales. (…) Parfois, j'étais torturé dans la même pièce [que les infirmières].J'étais nu devant elles, et elles à moitié nues. J'ai honte de dire ce qu'ils ont fait aux femmes. Elles ont été violées." Lorsque nous avons lu une partie de ce témoignage à Saïf Al-Islam Kadhafi, le fils du dirigeant libyen, lors de l'entretien qu'il nous a accordé mardi, sa réaction a été de démentir : "Le médecin palestinien exagère, ce n'est pas vrai, les chiens, les chocs électriques… c'est de la fiction. A 100%." Mais il reconnaissait aussi que le verdict du procès des infirmières avait résulté d'un "dossier manipulé" car "les autorités médicales de Benghazi et la police localeont fait en sorte que les étrangers servent de bouc émissaire" après la contamination des enfants libyens.

Les pays de l'UE sont signataires de conventions internationales contre la torture. En théorie, nous explique le juriste Patrick Baudouin, de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), plusieurs recours pourraient s'offrir aux infirmières : une saisie de la justice bulgare avec possibilité de mandats d'arrêt internationaux contre les tortionnaires et les éventuels donneurs d'ordre, ou un recours dans un autre pays de l'UE mettant en jeu le mécanisme de "compétence universelle" qui pourrait entraîner l'arrestation, la traduction en justice, ou l'extradition des personnes visées. Ce mécanisme existe, en principe, en France.

Natalie Nougayrède
LE MONDE
02.08.07

*Photo : AP/VALENTINA PETROVA
Snezhana Dimitrova, l'une des cinq infirmières bulgares emprisonnées huit ans en Lybie. Seules trois d'entre elles étaient "en état" de participer à leur conférence de presse, le 25 juillet 2007.
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*Gordon Brown tenté par des élections anticipées*


*** Pour tirer le meilleur parti de son état de grâce, le premier ministre pourrait provoquer des législatives dès l'automne.

GORDON BROWN préparerait-il des élections surprises pour cet automne ? L'idée, encore fantaisiste il y a quelques semaines, commence à devenir sérieuse. Le Parti travailliste semble avoir commencé des préparatifs pour une telle éventualité. « Je peux confirmer que le parti a été mis en alerte pour des élections anticipées, qui pourraient se dérouler dès cet automne », affirme Martin Slater, le vice-président des travaillistes, dans un entretien au Times.

Tout juste un mois après être devenu premier ministre, Gordon Brown profite d'une véritable lune de miel. Pour la première fois en dix-huit mois, les sondages placent les travaillistes systématiquement en tête face aux conservateurs, avec une avance qui va jusqu'à sept points.

Le leader britannique a réussi un véritable sans-faute depuis son arrivée au pouvoir. Deux jours seulement après son installation à Downing Street, il a fait face, avec sang-froid, à des tentatives d'attentats terroristes à Londres et Glasgow. Les principaux suspects ont désormais tous été interpellés. Il a ensuite multiplié les annonces au Parlement, énumérant les réformes pour l'année à venir : construction de davantage de logements, allongement de la scolarité obligatoire jusqu'à 18 ans, réduction des émissions de gaz à effet de serre avec des objectifs chiffrés quinquennaux... Il a aussi lancé un projet de durcissement des lois antiterroristes, cherchant notamment à allonger la durée de la garde à vue.


Mais plus qu'un changement de politique, Gordon Brown a su imposer un nouveau ton. Au lieu de faire connaître ses annonces à l'avance aux médias, il en réserve désormais l'exclusivité au Parlement. Il s'est même permis d'écorcher le bilan de son prédécesseur, dont les méthodes étaient jugées trop peu protocolaires : « C'est un style différent du gouvernement de canapé », dit-il, faisant référence au fameux canapé sur lequel Tony Blair aimait à recevoir ses visiteurs. Enfin, son récent voyage aux États-Unis, où il fait montre d'une certaine distance avec George W. Bush, a été apprécié par l'électorat britannique.

Les erreurs de l'adversaire

Gordon Brown a aussi su profiter des erreurs de son adversaire, David Cameron. Le jeune leader des conservateurs, qui a fortement redressé son parti depuis sa prise de fonction en décembre 2005, connaît sa première véritable crise. Il a commis l'erreur de se rendre au Rwanda, où les députés conservateurs préparaient depuis de nombreux mois un projet caritatif, au lieu de rester dans sa circonscription près d'Oxford touchée par les inondations. Pendant ce temps-là, Gordon Brown s'est rendu à deux reprises dans les zones inondées et s'est laissé filmer quand il dirigeait les réunions gouvernementales de crise.

Pour autant, des élections anticipées sont loin d'être certaines. D'une part, le rebond des travaillistes dans les sondages n'a rien d'exceptionnel, selon les politologues. « C'est normal. Un premier ministre connaît toujours une telle période quand il arrive en poste, estime Roger Mortimore, analyste à l'institut de sondages Ipsos Mori. Une grande partie de la hausse est due au départ de Tony Blair, pas à l'arrivée de Gordon Brown. »

De plus, le Parti travailliste n'est pas pour l'instant prêt à mener une campagne électorale. Ses finances ne sont pas en ordre, avec une dette de 37 millions d'euros. Après le licenciement de plusieurs dizaines d'employés fin 2005, le parti manque aujourd'hui de bras pour préparer une élection. Enfin, le nombre de ses militants s'est effondré depuis cinq ans. « Organiser des élections anticipées maintenant ne serait pas judicieux, estime Roger Mortimore. En revanche, si la position de Gordon Brown continue à être positive au printemps prochain, c'est une autre affaire. »

Londres SÉBASTIEN MARTIN.
Publié le 02 août 2007
Le Figaro
*Photo : Wijngaert / AP.

mardi, juillet 31, 2007

*Bush-Brown : deux tempéraments pour une même alliance*


*** Si différents qu'ils soient, le Britannique et l'Américain sont décidés à poursuivre un partenariat privilégié.

APRÈS le flamboyant Tony Blair, un extraverti marchant à l'affectif qui entretint avec lui une relation de fidélité et de proximité exceptionnelle, George W. Bush aura sans doute un peu de mal à se faire au caractère réservé et ombrageux de l'intellectuel Gordon Brown qui lui rendait visite hier pour la première fois depuis son arrivée à la tête du gouvernement britannique. Blair aimait prendre la lumière des médias et savait, comme Bush, en jouer. Gordon Brown est un bloc de réserve et de timidité, qui pèse ses mots et semble détester l'à-peu-près.

« Après les paillettes des Blair, voici l'austère M. Brown », résumait hier The Times. La solidité du lien anglo-américain devrait toutefois résister sans peine à ce choc de personnalités contraires. « La relation entre nos deux pays est tellement forte que la discussion sur la spécificité des relations personnelles ne me paraît pas terriblement pertinente », notait hier Gordon Johdroe, porte-parole pour la sécurité nationale du président Bush. Ce dernier a décrit son interlocuteur « comme un homme de principe, qui veut vraiment réaliser quelque chose ».

Pour leur première prise de contact, les deux hommes se sont retrouvés pour un dîner et une journée de travail dans la résidence présidentielle de Camp David, lieu mythique qui fut le témoin de nombreuses pages de l'histoire diplomatique du XXe siècle. Ils ont abordé plusieurs dossiers difficiles dont l'Irak, l'Afghanistan, le nucléaire iranien, le Kosovo et le Darfour, sujet sur lequel Brown voudrait tenter une initiative avec la France. Ils se sont mis d'accord pour durcir les sanctions vis-à-vis de l'Iran. Mais ils auront surtout tenté de mieux cerner leurs attentes et intentions respectives.

Empêtré en Irak et de plus en plus contesté à l'intérieur comme à l'extérieur de son pays, à un an de la fin de son deuxième mandat, George W. Bush a plus que jamais besoin de la fidélité du partenaire britannique pour durer et empêcher l'aventure irakienne de finir en déroute.

Tout auréolé de son image de fonceur sobre et efficace - une réputation qu'il a acquise ces dernières semaines lors de sa gestion de la menace terroriste islamiste et des catastrophiques inondations qui ont submergé l'Angleterre -, Gordon Brown cherche, lui, à ne pas compromettre l'excellence traditionnelle de la relation anglo-américaine, tout en se démarquant d'un président des États-Unis en perte de vitesse. Il lui faut se poser en allié privilégié de l'oncle d'Amérique, sans apparaître aligné. Notamment sur la question de l'Irak, s'il ne veut pas hériter du sobriquet dont la cruelle presse britannique affubla son prédécesseur, en le taxant de « caniche de Bush ».

Frères siamois

Depuis quelques semaines, les signes de prise de distance vis-à-vis de Washington se sont multipliés à Londres. À peine promu secrétaire d'État au Foreign Office, Mark Malloch Brown, ancien patron du Pnud qui s'était distingué par ses critiques acerbes contre l'intervention en Irak et les néoconservateurs américains, estimait que « les États-Unis et la Grande-Bretagne ne doivent pas être des frères siamois attachés par la hanche ». Tout récemment, le ministre du Commerce, Douglas Alexander, un fidèle de Brown, déclarait que la force « ne peut se résumer à la puissance militaire ». Ces déclarations se sont accompagnées de ballons d'essai sur un éventuel changement de politique en Irak. Dimanche, le Sunday Times rapportait que le conseiller diplomatique de Gordon Brown, Simon McDonald, dépêché aux États-Unis pour préparer la visite, s'était enquis des conséquences que pourrait avoir un éventuel retrait britannique. Ces informations ont été démenties par les conseillers du nouveau premier ministre.

Hier, en conférence de presse, celui-ci est resté prudent, affirmant qu'« il y avait des missions à déléguer et des responsabilités à garder en Irak » tant que l'armée irakienne ne serait pas en mesure d'assurer elle-même la sécurité. Gordon Brown « comprend les enjeux de la lutte » en Irak, il comprend qu'« un échec serait un désastre pour la sécurité de nos deux pays », a confirmé le président Bush.

Nul ne prévoit donc de changement spectaculaire, dans une relation bilatérale remarquablement stable. Comme tout Britannique qui se respecte, Gordon Brown est un atlantiste assumé, qui n'a jamais caché son admiration pour le dynamisme de la société américaine. Le matin même, dans une tribune ouverte publiée par le Washington Post, il reprenait à son compte l'idée churchillienne d'« un héritage conjoint » de l'Amérique et de la Grande-Bretagne, parlant d'« un partenariat transatlantique ancré dans des idéaux partagés ». « L'Amérique, soulignait Brown, a montré par la résilience et le courage de son peuple après le 11 Septembre que si les immeubles peuvent être détruits, les valeurs elles, sont indestructibles. »

LAURE MANDEVILLE.
Le Figaro
Publié le 31 juillet

*Photo :Gordon Brown (à gauche) a assuré que "le Royaume-Uni et les Etats-Unis travaillent ensemble dans un partenariat qui va se renforcer dans les années à venir".
Dharapak/AP.

lundi, juillet 30, 2007

*Conférence de presse conjointe de M. Nicolas SARKOZY, Président de la République, et de M. Gordon BROWN, Premier ministre du Royaume-Uni. *

*** Nicolas SARKOZY - Mesdames et Messieurs, je voudrais vous dire le plaisir que j'ai eu à recevoir Gordon BROWN. Gordon BROWN est reçu, ici, en France, en ami. Il est reçu en ami d'abord parce qu'il est le Premier ministre d'une grande nation amie, ensuite parce que c'est un homme avec qui j'ai beaucoup travaillé lorsque j'étais ministre des Finances. Je veux dire aux Français que Gordon BROWN a été l'un des plus brillants ministres des Finances d'Europe. Il est resté dix ans à ses responsabilités et il a conduit l'économie britannique de succès en succès. C'est donc un homme que j'apprécie beaucoup et que je connais bien, que j'ai reçu ce matin. Je veux d'ailleurs le remercier d'être venu si rapidement. Je dois d'ailleurs dire qu'il voulait venir encore plus rapidement et que cela n'a pas été possible par notre faute, car il y avait la rencontre avec Angela MERKEL à Toulouse. Gordon voulait venir au déjeuner mais nous étions déjà à Toulouse et cela n'a pas été possible. Je veux l'en remercier.

Nous avons évoqué avec nos amis Britanniques de nombreux de dossiers. Je les résumerai en quelques mots avant que Gordon lui-même dise ce qu'il en pense, et de répondre à vos questions.

D'abord, nous voulons prendre des initiatives très fortes pour la défense de l'environnement et le respect des équilibres de notre planète. Comme vous le savez, c'est un combat ancien de la part de Gordon BROWN et nous allons demander aux deux ministres des Finances britannique et français de se rendre à la Commission dans les plus brefs délais pour proposer à nos partenaires européens que tous les produits écologiques propres bénéficient d'une TVA à taux réduit. Je prends un exemple : il est quand même anormal qu'une voiture qui pollue coûte moins cher qu'une voiture qui ne pollue pas. C'est une initiative franco-britannique qui nous permet de montrer l'exemple sur un cas concret. Je voudrais également dire que nous allons agir sur la question du Darfour, sur laquelle Gordon est extrêmement engagé, comme la France. Nous allons défendre un même projet de résolution devant la Nations Unies et nous allons demander à nos deux ministres des Affaires étrangères de porter le même message. Ce message est simple : la situation ne peut plus durer, il y a urgence. Des gens meurent et des gens souffrent, il faut que cela cesse. Gordon expliquera le détail de cette résolution. Je voudrais dire que nous sommes même prêts, si la résolution était votée, à nous rendre au Darfour, au Tchad et au Soudan, ensemble.

Nous allons également créer un comité commun qui se réunira tous les trimestres pour échanger des renseignements en matière de lutte contre le terrorisme. Nous voulons renforcer nos méthodes de travail et notre coopération.

Enfin, nous allons travailler sur les questions de défense, dans la perspective du prochain sommet britannique-français qui se tiendra cet automne au Royaume-Uni, avant la fin de l'année 2007.

Vous le voyez, nous avons bien travaillé ensemble. Nous échangeons au téléphone quasiment chaque semaine et je puis vous dire que sur l'ensemble des dossiers évoqués, nous avons une volonté commune de travailler ensemble, d'affermir les liens entre le Royaume-Uni et la France, de prendre des initiatives pour que l'Europe aille de l'avant.


Gordon BROWN - J'aimerais tout d'abord dire que c'est un immense privilège que de venir à Paris si vite après avoir pris mes fonctions de Premier ministre britannique, pour renouer les liens d'amitié avec le Président SARKOZY, pour le féliciter de tout ce qu'il a fait pour la France, pour l'Europe, pour le reste du monde, et pour dire comme lui que les relations entre nos deux pays continueront de s'améliorer dans les années qui viennent. Cela fait 103 ans que l'Entente cordiale a été signée entre la France et la Grande-Bretagne. Je pense que nous entrons dans un deuxième siècle de coopération sur un grand nombre de questions sur lesquelles nous allons pouvoir faire avancer, non seulement nos pays, mais le monde entier. Nicolas SARKOZY a été un brillant ministre des Finances et j'ai beaucoup aimé travailler avec lui sur une vaste gamme de questions internationales et sur la question du renforcement de la prospérité de nos économies. Il a également été un ministre de l'Intérieur tout à fait brillant et il est maintenant un Président remarquable qui a, je pense, un impact énorme sur tous nos pays par son engagement à relever les grands défis de l'avenir.

Effectivement, nous avons parlé de plusieurs domaines dans lesquels nos pays pourront travailler ensemble plus étroitement pour relever des défis non seulement pour le bien de nos pays mais pour toute notre région et le monde entier.

Tout d'abord, nous avons parlé de questions de terrorisme et de sécurité. Ensemble, nous constituons un groupe de travail pour échanger des informations de façon régulière et pour traiter des causes et des conséquences du terrorisme et des menaces qui pèsent sur la sécurité de nos deux pays. Je pense que c'est là un des grands défis que nous devons relever, pas simplement dans les années mais dans les décennies à venir et je suis convaincu qu'il est effectivement fondamental que nos deux pays mettent en commun leurs expériences et travaillent main dans la main pour combattre ce fléau.

Le deuxième domaine dans lequel notre coopération va être renforcée immédiatement, c'est l'économie et l'environnement. La France a énormément contribué au débat sur le changement climatique. Nous nous réjouissons à l'idée de travailler ensemble pour obtenir un accord mondial sur la réduction des émissions de carbone, qui permette d'atteindre les seuils que nous nous sommes fixés. Aujourd'hui, on a parlé d'une initiative qui envoie un message très fort sur ce que nous pensons de la pollution, sur ce que nous pouvons faire concrètement, tout de suite, pour améliorer la situation environnementale de notre continent. Nous allons chacun envoyé nos ministres des Finances devant la Commission pour expliquer que nous ne pouvons plus attendre. Les consommateurs doivent être encouragés à acheter des produits propres, bons pour l'environnement, qui en tout cas qui ne nuisent pas à l'environnement. Nous avons donc proposé de réduire le taux de TVA sur les produits propres, qu'il s'agisse de réfrigérateurs ou d'autres produits qui pourraient être moins nocifs pour l'environnement. Nous espérons que cette initiative pourra être soutenue par tous les autres pays européens. Nous allons présenter cette initiative à la fois à la Commission et au Conseil des Ministres européen. Je suis convaincu qu'à l'avenir, la contribution de la science, des investissements plus lourds, plus importants, les échanges en matière de carbone et d'émissions et de permis seront autant d'initiatives qui nous permettront de faire avancer le débat sur la protection de l'environnement.

Le troisième domaine dans lequel la France a déjà pris le pas, c'est le drame humanitaire au Darfour. 2 millions de personnes ont été déplacées, 4 millions de personnes souffrent de la menace de la famine et dépendent entièrement de l'aide alimentaire. 200.000 personnes ont péri d'ores et déjà dans ce pays déchiré par le conflit, par la guerre, et où la guerre est endémique en quelque sorte. Les générations futures nous poseront des questions, nous serons redevables. Nous serons responsables devant les générations futures et nous devrons répondre à la question de savoir pourquoi nous n'avons pas agi et si nous avons tout fait pour résoudre les problèmes qui persistent dans cette région. Je soutiens les initiatives prises par le Président SARKOZY et nous pensons qu'en travaillant ensemble, main dans la main, nous pourrons d'abord obtenir une résolution des Nations unies qui permettra à la force hybride de l'Union africaine et des Nations unies d'arriver rapidement dans la région. Nous pensons que cette résolution doit être adoptée rapidement et c'est la raison pour laquelle nous allons envoyer nos deux ministres des Affaires étrangères à New York, dès que possible, pour dire l'importance que nous attachons à cette résolution et à un cessez-le-feu. S'agissant du cessez-le-feu, nous allons nous y attacher dès maintenant. Nous sommes prêts, d'ailleurs, à y mettre des sommes considérables sous forme d'aides économiques, dès qu'un cessez-le-feu nous permettra effectivement de redévelopper et de reconstruire la région. Nous serons fermes. Nous dirons que s'il n'y a pas de progrès réels et tangibles, il sera nécessaire de durcir un certain nombre de sanctions pour amener les autorités du pays à agir. Comme l'a dit le Président SARKOZY, une fois que les Nations Unies auront adopté la résolution, nous serons prêts à nous rendre personnellement au Darfour pour nous assurer que le processus de paix avance, pour dire que nous contribuerons à la reconstruction économique, et pour faire comprendre au gouvernement que la communauté internationale attend une action pour protéger les vies humaines et pour reconstruire le pays. Il s'agit effectivement de l'un des grands drames humanitaires de notre génération. Au moment même où nous parlons ici, dans cette salle, le drame se poursuit. Il est important que nous agissions. Nous pensons travailler avec d'autres pays au sein de l'Union européenne, avec les Etats Unis et la Chine également. Nous devons agir d'urgence.

Le Président SARKOZY et moi-même, comme vous l'aurez compris, avons beaucoup en commun et partageons les mêmes vues sur ce qu'il faut faire pour relever les grands défis de notre temps. Nous allons travailler ensemble pour renforcer nos économies. Nous allons coopérer dans la lutte contre le terrorisme et nous allons travailler ensemble pour voir si nous pouvons enfin créer un monde plus prospère, plus sûr, un monde de paix. Nous comprenons que la France et la Grande-Bretagne ont un vrai devoir envers le reste du reste. C'est un privilège que d'être ici avec le Président SARKOZY aujourd'hui.


QUESTION - Monsieur BROWN vous avez dit à Madame MERKEL que vous envisagiez éventuellement l'adoption par la Grande-Bretagne de la monnaie unique. Est-ce que vous y réfléchissez ? Qu'en est-il exactement ?

Gordon BROWN - Nous avons un débat sur la monnaie unique depuis quelques temps déjà. Il y a quelques années, j'ai du faire une recommandation au Parlement britannique pour savoir s'il y allait de notre intérêt de rejoindre la zone euro. A ce moment-là, nous avons décidé que ce n'était pas bon pour l'économie britannique vus les critères de convergence. C'est clair que nous y réfléchissons de façon continue. Je ne peux pas dire qu'il y ait des propositions précises pour adopter la monnaie unique dans un futur immédiat. Je peux dire que notre coopération sur le plan économique et environnemental permet de renforcer les liens entre la Grande-Bretagne, la France, la Grande-Bretagne et l'Europe. Si nous pouvons effectivement prendre des mesures qui renforcent et qui rendent plus prospères nos économies, si nous pouvons adopter une TVA réduite qui rende plus flexible et plus souple un certain nombre de critères, effectivement nous pourrons y réfléchir. Je pense que la conférence intergouvernementale portera notamment sur la façon de renforcer l'économie européenne pour faire de l'Europe un acteur à part entière sur la scène mondiale. Cela fait partie d'un tout : la réforme du marché intérieur, la façon d'obtenir plus de croissance grâce à une plus grande flexibilité à l'avenir. Sur ce plan là, nous pourrons prospérer et envisager plusieurs possibilités dans les mois à venir.


QUESTION - Ma première question s'adresse au Premier Ministre. Il paraît clair aujourd'hui que personne ne sera condamné dans l'affaire du financement des partis politiques britanniques (cash for honours inquiry). J'aimerais avoir votre réaction sur ce sujet. Pensez-vous qu'il est temps de réformer les modes de financement des partis politiques en Grande-Bretagne ?

Ma seconde question d'adresse au Président SARKOZY. Il apparaît que le Premier ministre Gordon BROWN et vous n'avez pas la même vision de la mondialisation et de la question de la concurrence. Qu'en pensez-vous ?


Gordon BROWN - Je me rappelle très bien du jour où le Président SARKZOY est venu en Grande-Bretagne pour parler de la question de la concurrence et défendre l'intérêt des Français, des entreprises françaises ainsi que des entreprises britanniques. On a parlé, on vous l'a dit, de TVA, d'environnement, de prospérité. Je pense que nous avons énormément de choses en commun. Evidemment, il y a la question des échanges commerciaux et je pense, j'espère surtout, que nous pourrons obtenir un accord au sein de l'OMC qui sera positif pour l'économie mondiale et pour nos économies nationales. Je ne peux pas vraiment répondre à votre question sur les enquêtes en cours, précisément parce qu'elles sont en cours donc il ne m'appartient pas de me prononcer. Je sais que c'est un dossier très sérieux et j'espère qu'après des mois de spéculation, nous pourrons tirer un trait sur cette question. En ce qui concerne le financement des partis, un certain nombre de propositions ont d'ors et déjà été faites et j'espère que nous pourrons avancer rapidement sur cette question dans notre pays.


Nicolas SARKOZY - Je voudrais rassurer nos amis britanniques, je n'ai rien contre la concurrence. Nous sommes d'ailleurs en train de mettre en œuvre des réformes qui permettront à l'économie française d'être plus efficiente et plus moderne. Mais il est vrai que je me suis battu pour que la concurrence reste un moyen et pas une fin. Cela ne remet pas en cause les bienfaits de la concurrence mais je simplement rappeler que le but de l'Europe, c'est le plein emploi, c'est la croissance, c'est la création de richesses. La concurrence est un moyen pour y arriver, de même que les échanges commerciaux. Comme Gordon BROWN, je crois à la mondialisation, je crois au libre-échange. Mais, Madame, je vais vous dire les choses très simplement : je crois aux échanges commerciaux loyaux, pas déloyaux. Je crois à la concurrence équitable, pas injuste. L'Europe ne peut pas être la seule partie du monde qui joue le jeu face à d'autres parties du monde qui adoptent d'autres règles. Je prends des exemples. Nous voulons, avec Gordon, respecter l'équilibre de la planète. Nous demandons donc que toutes les parties du monde respectent les équilibres de la planète. Nous voulons ouvrir nos marchés, donc nous demandons que toutes les parties du monde ouvrent leurs marchés. La concurrence, oui, mais une concurrence loyale. L'ouverture, oui, mais sur la base de la réciprocité. Je suis partisan d'un discours européen fort en la matière.


QUESTION - Monsieur le Premier ministre, Monsieur le Président, avez-vous évoqué la construction en commun d'un porte-avions ?


Nicolas SARKOZY - Naturellement, nous avons parlé de questions de défense ensemble. Nous en avons parlé dans la perspective du prochain sommet franco-britannique qui aura lieu en Angleterre. Nous avons besoin de travailler tranquillement, dans la discrétion, pour aboutir à un certain nombre de résultats. Je dois moi-même revoir l'ensemble des programmes de la défense française pour rendre un certain nombre d'arbitrage. Notre volonté de travailler avec les Anglais est totale et la crédibilité de la défense européenne repose sur la collaboration entre le Royaume Uni et la France. Donc, nous en avons parlé et nous travaillons très bien ensemble. Il y a des perspectives. Nous avons un calendrier mais je crois que, pour l'instant, moins on en dit et plus on a de chances de progresser dans les semaines qui viennent.


Gordon BROWN - La question des marchés publics en France est entièrement entre les mains des autorités françaises. Si une commande est passée, c'est leur décision souveraine. Nous nous réjouirions d'une décision qui irait dans ce sens, mais c'est une décision qui revient aux autorités françaises. Si, effectivement, nous pouvions avoir un projet commun et conjoint, nous serions ravis.


Nicolas SARKOZY - Nous avons des ambitions communes. Il y a même une idée sur la table qui est excellente, vous l'avez citée, le porte-avions. Je dois simplement conduire une réforme du Ministère de la Défense avec Hervé MORIN, et procéder à des choix budgétaires. Avec Gordon BROWN, nous avons convenu que nous pourrions faire des annonces au moment du Conseil franco britannique.


QUESTION - Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre, l'environnement, le Darfour et l'économie : tous ces grands sujets dont vous venez de parler sont liés avec la Chine. Que pensez-vous faire avec la Chine pour résoudre tous ces problèmes ? Que pensez-vous des relations actuelles entre la Chine et la France, et entre la Chine et la Grande Bretagne ? Par ailleurs, pouvez-vous nous dire quelques mots sur la relation avec la Russie ?


Gordon BROWN - Vous savez que nous avons dû prendre des décisions difficiles s'agissant du cas LITVINENKO. Nous n'admettons pas une situation où on assassine un citoyen britannique sur le sol britannique. Notre magistrature a identifié une personne que nous souhaitons traduire en justice et nous ne pouvons pas le faire parce que les autorités russes refusent pour l'instant de l'extrader vers la Grande Bretagne. C'est la raison pour laquelle nous avons pris les décisions que nous avons prises, les mesures que nous avons prises, qui visent principalement à protéger nos citoyens et à faire en sorte de rétablir l'ordre public dans nos rues.

S'agissant de la Chine, nous avons d'excellentes relations avec les autorités chinoises et avec la Chine. Nous avons d'ailleurs eu une conversation avec les dirigeants chinois sur un certain nombre de questions, discussions qui furent fort utiles. Sur le Soudan, lorsque vous avez 2 millions de personnes déplacées, 4 millions de personnes qui vont peut-être mourir de faim si nous ne leur mettons pas une aide alimentaire à disposition, je pense qu'il est urgent que nous agissions tous. J'espère que la Chine, l'Union Européenne, les Etats-Unis et d'autres pays travailleront ensemble pour reconnaître qu'il y a urgence à agir vite. Nous sommes venus ici pour discuter de bon nombre de questions. Vous savez, quand une catastrophe humanitaire se produit sous nos yeux, et quand on peut même calculer le nombre de gens qui risquent de mourir jour après jour, nous avons le devoir d'agir. J'espère que nous allons avoir une résolution des Nations Unies, qui sera soutenue par la Chine, par les Etats-Unis et par tous les autres les mêmes membres du Conseil de Sécurité. Effectivement, nous allons mettre la pression nécessaire sur les autorités soudanaises pour qu'elles agissent. Nous sommes prêts à mettre à disposition une aide économique pour permettre aux gens qui ont tant souffert de reconstruire leur pays. Cette aide sera mise à disposition par plusieurs pays, mais nous ne pouvons pas rester les bras ballants et simplement regarder ce drame sans agir. Je pense que le fait que Monsieur KOUCHNER se soit déjà rendu aux Darfour, comme notre propre Ministre britannique du Développement International, montre à quel point nous prenons cette situation au sérieux. Nous allons envoyer nos Ministres des Affaires Etrangères à New York de façon à ce que cette résolution puisse être adoptée le plus rapidement possible. Comme l'a dit le Président, nous sommes prêts à aller au Darfour nous-mêmes, physiquement, pour faire en sorte que cette souffrance cesse.


Nicolas SARKOZY - Vous savez combien la France a été solidaire de nos amis britanniques. C'est une question de principe, nous avons été solidaires d'eux. Moi, je crois à la solidarité des démocraties lorsqu'il y a un problème de cette nature. On ne pouvait pas faire autrement et je ne regrette pas ce choix de la solidarité.

A propos de la Chine, je veux dire que nous avons besoin de la Chine. Comme l'a dit Gordon, au Darfour, la Chine peut avoir une influence déterminante pour obliger à la paix. Nous voulons travailler avec les chinois. Je veux dire également combien je crois à l'importance des Jeux Olympiques de Pékin. C'est un évènement mondial, et je suis sûr que les chinois auront à cœur d'organiser cet évènement dans les meilleures conditions. Nous avons deux problèmes avec la Chine. Le premier, c'est la valeur du yuan. C'est une question dont je souhaite pouvoir parler avec nos amis chinois, parce que c'est une question importante que la façon dont la parité des monnaies est organisée. Deuxièmement, un empire, un grand pays comme la Chine doit participer au respect des équilibres de la planète. C'est une question essentielle. Il ne s'agit pas de donner des leçons à qui que ce soit, mais qui peut imaginer que la Chine, que l'Inde, que l'Indonésie, que les grands pays émergents soient absents d'une affaire aussi importante que le réchauffement planétaire. Vous savez, si le niveau des eaux monte à cause du réchauffement planétaire, les premiers pays qui auront à faire face à des centaines de milliers de victimes, ce sont ces pays là. Donc nous devons continuer le dialogue avec eux pour faire avancer cette cause. Naturellement, le Royaume Uni et la France ne vont pas résoudre le problème de réchauffement climatique et des équilibres planétaires à eux deux. Peut-être une dernière question ?


QUESTION - Monsieur le Premier ministre, n'avez-vous pas des raisons de penser que les autorités soudanaises recommenceront une fois de plus à tergiverser après être entrées dans le processus ? Un Premier ministre britannique s'est déjà rendu au Soudan, il avait parlé aux autorités soudanaises, pensait avoir un accord, et il ne s'est rien passé au final.


Gordon BROWN - Je pense que nous attachons tellement d'importance à cette question que nous sommes prêts à préparer une vraie stratégie pour l'avenir. Il ne faut se limiter à dire aux autorités soudanaises qu'il faut qu'elles agissent. Nous parlons ici d'une stratégie beaucoup plus complète qui consiste à réussir à faire adopter une résolution des Nations Unies et obtenir un cessez-le-feu sur le terrain. Notre stratégie inclut également une véritable aide économique à la reconstruction du pays pour rétablir l'ordre, la sécurité et la prospérité. Nous sommes tout à fait prêts à envisager des sanctions par le biais des Nations Unies pour nous assurer que les actions que nous demandons aux autorités soudanaises soient effectivement engagées. Il ne s'agit pas simplement d'une demande, d'une requête, c'est un plan d'action qui va être défendu par nos Ministres des Affaires Etrangères aux Nations Unies. Je pense que c'est la première fois qu'on annonce qu'un Premier ministre et un Président se rendront dans la région pour parler concrètement des problèmes qui s'y posent. J'aimerais dire qu'après plusieurs années de conflit, avec un nombre des victimes tout à fait inacceptable et presque 2 millions de personnes déplacées, il est urgent d'agir. Nous ne pouvons plus attendre. Nous ne pouvons attendre plus d'un mois pour que les Nations Unies adoptent cette résolution. Nous n'avons pas ce luxe. Il faut que nous agissions vite pour que la situation s'améliore nettement, et clairement. Voilà le plan d'action dont nous espérons qu'il sera mis en œuvre rapidement et avec la détermination de nos deux pays.


Nicolas SARKOZY - Ce n'est pas parce que ça n'a pas marché qu'on doit renoncer. Ce n'est pas parce que nous y irons que ça marchera forcément, mais j'aimerais que l'on m'explique comment cela marchera si l'on ne s'en occupe pas ? Deuxièmement, les acteurs, même sur place, nous disent de renforcer la pression. J'ai reçu hier le Président tchadien, Monsieur Idriss DEBY, qui m'a dit qu'il fallait renforcer la pression maintenant, pas simplement sur les Etats de la région, mais aussi sur les rebelles qui se trouvent en nombre dans la région. En tout cas, ce que nous disons avec Gordon BROWN, c'est qu'on ne peut pas rester sans rien faire. Il y a des gens qui meurent. Il y a véritablement une catastrophe de grande ampleur humanitaire. Bien sûr que c'est difficile mais, si on ne fait rien, quelle responsabilité prenons-nous ? Et qu'est-ce qu'on attend de nous ? Qu'on reste simplement à regarder les images à la télévision, en disant que c'est dommage ? Non. Nous ne pouvons pas nous résoudre à cette catastrophe. Nous disons qu'il faut que ça bouge, il faut que ça change. Nous voulons le faire en aidant à la reconstruction, en aidant à la constitution d'une force hybride. Comme l'a dit Gordon, s'il y a des gens qui ne veulent pas comprendre qu'on ne peut pas jouer avec des vies humaines, on donnera des sanctions et on prendra des sanctions. Voilà les responsabilités que nous prenons. Nous ne voulons pas gérer les affaires des Africains à leur place. Et nous nous passerions bien d'avoir à nous préoccuper de cette question. Mais en même temps, il faut peut-être qu'il y ait des gens de bonne volonté qui disent que maintenant, ça suffit. C'est ce qu'a fait Bernard KOUCHNER avec mon plein soutien. C'est ce qu'on essaye de faire : mobiliser les énergies jusqu'aux chinois pour obtenir des résultats. On ne peut pas vous garantir le succès, mais on a décidé d'agir.

Palais de l'Élysée, Paris,
le vendredi 20 juillet 2007